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Jaye Jayle: « No Trail and Other Unholy Paths »

Révélé fin 2013 avec It’s Jayle Time!, Jaye Jayle est bien parti pour faire parler de lui. Le projet musical mené par le chanteur et guitariste Evan Patterson a de quoi impressionner son auditeur avec sa musique hallucinée. On en veut pour preuve son dernier album en date nommé No Trail and Other Unholy Paths.

Le frontman du groupe noise Young Widows continue dans sa lencée entre épopées indie rock et country-follk avec un soupçon de krautrock et de blues. Et ce No Trail and Other Unholy Paths qui convie sa principale source d’inspiration Emma Ruth Rundle à plusieurs reprises en fait légion. Il en résulte des morceaux pesants à la rythmique écrasante comme « No Trail », « Ode to Betsy » et autres « Accepting » qui ont de quoi faire penser tantôt à du Mark Lanegan tantôt à du Nick Cave.

Le nouvel album de Jaye Jayle est la représentation de sa Louisiane natale selon les dires de son auteur. Avec ses allures de roman noir et son odeur de souffre et d’huile de moteur qui aurait tourné au vinaigre, des morceaux arrivent à illustrer cette ambiance avec « As Soon as sight » et « Cemetery Rain ». Il ne manque plus qu’un duo avec sa muse pour une rencontre au sommet nommée « Marry Us » avant de repartir de plus belle avec « Low Again Street » en guise de conclusion. Pour faire un tour vers l’Amérique profonde, voilà un disque qui ne se discute pas.

***1/2

18 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Jimbo Mathus: « Blue Healer »

Le premier album de Jimbo Mathus, Dark Night of the Soul, offrait une juxtaposition entre roadhouse rock et blues. Les compositions oscillaient entre rédemption et chaos et Blue Healer semble en être la suite et un nouveau développement.

Enregistré en analogique, nous avons ici une sorte de « concept album » ambigu et bordélique, aux structures décousues et tournant autour de la même thématique à laquelle s’ajoute un peu de pathos intime et de mythes centrés autour la lutte menée pour obtenir le salut.

« Shoot Out The Lights » nous donnera un délire garage piano-guitare comme on n’en trouve qu’à Memphis et nous présente un protagoniste dont le rôle sera, à la six cordes, celui qu’aurait un bandit armé dans un western. C’est une belle manière d’attaquer un album d’autant plus que c’en est un de ses meilleurs chansons.

La chanson titre vient d’un album de Muse, une jeune femme mystérieuse qui offre la possibilité de la délivrance mais aussi de l’inspiration. En combinant le blues et le tango avec la pulsation d’un clavier l’instrumentation souligne la voix de Mathus rempli d’une conviction presque fanatique. Les chorus rappelleront Delaney & Bonnie et y on trouvera aussi des échos de Willie Nile et Willy DeVille.

La section médiane de l’album sera plus acoustique, la ballade « Thank You » ou « Coyote » qui évoque un rêve hallucinogène sur fond de desert-country mais c’est dans son amalgame de soul R&B et de gospel que les tonalités psychédéliques que Mathus infuse à « Bootheel Witch » qu’il se sortira le mieux des clichés et stéréotypes.

On pourra ajouter une prestance à la Jerry Lee Lewis qui nous rappelle qu’aucun voyage vers la transcendance ne se passe sans heurts et on arrivera sur un « closer », « Love And Affection », qui nous mettra en tête que le pèlerinage entrepris repose sur ces deux qualificatifs. Une bien belle et sincère utilisation des racines musicales de Memphis et du Mississippi.

***1/2

26 avril 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire