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Joel Miller: « Unstoppable »

Saxophoniste (ténor et soprano), compositeur, improvisateur, leader d’orchestre essentiel à l’écosystème du jazz montréalais, Joel Miller réalise un rêve : composer pour un grand ensemble à forte teneur jazz, créer le prolongement orchestral de son univers créatif.

Au terme d’un cycle d’apprentissage auprès du compositeur et pédagogue John Rea, ainsi que du maestro français et pédagogue Guillaume Bourgogne, Joel Miller accouche d’une maîtrise en composition de l’œuvre Unstoppable, « fantaisie épique » où se succèdent 4 tableaux répartis en 14 stations – « Song Story », dirigé par Christine Jensen, « What You Can’t Stop », « Dance of the Nude Fishes » et « Deerhead Hoof ».

Les référents sont différents, témoignent des intérêts musicaux du compositeur et improvisateur pour le folklore afro-péruvien, pour l’avant-rock de « Deerhead Hoof » et consorts, pour le minimalisme américain post-Steve Reich, pour les big bands de jazz moderne ou contemporain.

Véritable synthèse orchestrale de Joel Miller, cette œuvre rassemble 18 interprètes chevronnés, et dont l’instrumentation est singulière, dans un contexte jazzistique — saxophones, trompettes, flûtes, clarinettes, cor, guitare, piano, contrebasse, percussions. Fantaisie épique, on ne pourra pas dire mieux

***1/2

19 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Penguin Cafe: « Handfuls of Night »

Le Penguin Cafe revient pour une quatrième album, cette fois dominé par le piano. Ce n’est pas forcément le plus original mais il conserve toujours cette sa poésie et son côté bucolique.

Depuis qu’Arthur, le fils de Simon Jeffes a repris le Penguin Cafe Orchestra pour en faire le Penguin Cafe, le groupe sort des albums au rythme d’un tous les deux ans avec à chaque fois la satisfaction de retrouver un peu de ce qui faisait le charme et la qualité de ce groupe au style si singulier et novateur dans les années 70 et 80.

Penguin Cafe officie dans un registre à la fois Folk Jazz et Modern Classical. Sur Handfuls of Night, le piano tient plus que jamais une place centrale. Autour, viennent se poser des cordes ou des instruments divers (kalimba, xylophone, guitare, synthés, etc…) dans des arrangements assez discrets dans l’ensemble.
Moins séduisante que pouvait l’être The Imperfect Sea, Handfuls of Night est un exercice assez sage et sans surprise qui s’écoutera néanmoins avec plaisir, dans un registre évoquant par moment Yann Tiersen ou la musique de film.

***

13 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Siavash Amini: « Serus »

La scène électronique iranienne est assez peu connue chez nous, mais un nom ressort depuis le début des années deux mille dix : Siavash Amini. Le guitariste ébouriffé de Téhéran a su construire une solide carrière au gré d’albums solo audacieux et de collaborations fructueuses dans un registre ambient/expérimental hors normes.
Serus est inspiré par la nuit et les écrits de Maurice Blanchot. Pour le musicien qui a souffert d’insomnies et de moments de trouble qui l’ont conduit à faire une dépression nerveuse, « nous résistons à la nuit dans le sommeil, par la voie du rêve ». Cet attrait pour l’obscurité et l’onirisme est très prégnant dans cet opus. Dès les premiers instants le ton est donné. Les sonorités sont dark, menaçantes : une vision cauchemardesque renforcée par des drones et divers bruits agressifs. Néanmoins, « A Recollection of the Disappeared » s’avère plus complexe, l’angoisse cède la place à la rêverie, un brin mélancolique quand le violon de Nima Aghiani apparaît en contrepoint d’une ambient lumineuse.

« Semblance » poursuit sur cette ligne positive. Peu événementiel au départ, ce titre s’impose sobrement, tout en cordes longilignes, avant de s’enfoncer dans une forme expérimentale. Les divers effets sonores perturbent ainsi l’équilibre précédent, le brouillard s’épaissit progressivement, et malgré une accalmie, les grondements clôturent la pièce de façon inquiétante.
« All that remaine» est sans doute le morceau le plus démoniaque. Il se vautre dans une débauche de bruitages farouches, impliquant l’auditeur dans un sabbat noir violent, tissé par des crépitements tendus et autres vrombissements macabres. Enfin, Serus se termine sur une note sereine avec « All that remained Pt. 2 », gorgé de cordes mélancoliques, témoignage de l’amour que porte le musicien au modern classical.

***1/2

12 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

r beny: « Echo’s Verse »

Cela fait trois ans que le Californien Austin Cairns nous livre sous l’alias r beny de somptueux albums ambient faisant scintiller les nappes de synthétiseurs modulaires et les loops de cassettes consommées comme des étoiles au-dessus de nos têtes. Après l’album eistla l’année passée Echo’s Verse est un nouveau ravissement sensoriel ajoutant parfois à ses valses électroniques un mellotron conférant à l’ensemble une touche légère de modern classical. Mais c’est bien un ambient cotonneux, délicat, volatil et suspendu au temps qui prédomine ici à travers ces six compositions mastérisées soit dit en passant par l’indispensable Ian Hawgood.

Toujours loin de s’embourber dans un genre d’ambient à la superficialité new age, le travail d’Austin Cairns reste une recherche constante de l’émerveillement voire de la beauté pure. Cette recherche ne peut se faire qu’en profondeur et r beny (en minuscule) prolonge ici une réflexion sur le rôle que possède l’écho dans la musique. Comment ce dernier pourrait justement créer une forme nouvelle de beauté à partir d’un son initial et solitaire, ou comment la complémentarité entre un son originel et son écho peut dessiner de nouveaux éléments non plus que musicaux mais également émotionnels tels que la joie, l’espoir, la mélancolie, etc.

Echo’s Verse est une autre de ces rares gemmes lancées dans la sphère electro-ambient par un compositeur à suivre de près.

***1/2

22 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Erland Cooper: « Sule Skerry »

Après un premier album solo, Golan Goose, Erland Cooper revient une nouvelle fois en solo pour évoquer un endroit qui lui est cher, l’archipel écossais des Orcades, déjà évoqué dans un album du groupe, The Magnetic North dont il fait également partie.
Pour cette nouvelle réalisation, ce musicien par ailleurs rattaché au groupe
Erland and the Carnival propose un disque qui n’est plus totalement instrumental puisqu’on y entendra la soprano Lottie Greenhow. A ses côtés, Anna Phoebe (violon), Leo Abrahams (guitare ambient), Jacob Downs (alto), et la violoncelliste Klara Schumann viennent souligner la beauté d’une œuvre inspirée et inspirante.


Ce
Sule Skerry, qui constitue le second volet d’un triptyque consacré aux Orcades, est une véritable ode à la mer et aux grands espaces… un disque à la frontière entre ambient et modern classical souligné par une forme de lyrisme tout à fait saisissant.

***1/2

8 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sophie Hutchings: « Yonder »

La pianiste Sophie Hutchings continue de nous étonner année après année en sortant des disques indispensables.  Ses trois albums figuraient tous parmi les « essentiels » de musique « modern classical » et ce Yonder vient à nouveau placer la barre très haut.

L’artiste accouche de six compositions à la beauté fulgurante plus apaisées et rayonnantes que sur ses précédents efforts.  Bien que le piano soit au centre de chaque morceau, la présence de cordes vient ajouter une puissance supplémentaire aux sublimes mélodies développées par l’Australienne.

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10 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire