NOTHING: « Dance on the Blacktop »

6 septembre 2018

La genèse de NOTHING est marquée par la turbulence et la violence puisque sa naissance a pour sources les conduites infractionnelles de la scène hardcore menée par Domenic Palermo. De ce nihilsme est pourtant issu un deuxième album, Tired of Tomorrow, une surprenante lichée de shoegaze et de dream pop qui cristallisa le renouveau de cette scène; réunion fantasmée de Slowdive, My Bloody Valentine et Ride.

NOTHING s’appuyait sur la façafe la plus sombre du mouvement, celel qui était marquée par des riffs grunge et des textes émanant des ruminations les plus anxiogènes qui peuvent miner nos esprits.

Dance on the Blacktop les voit moduler leurs émotions; celles-ci demeurent toujours le récit d’agitations et de frustrations mais la tonalité sonique est beaucoup plus axée sur l’élévation. Les riffs sont toujours aussi lourds mais une forme d’apesanteur seimble s’en dégager, un peu comme si les montagnes russes de nos tourments avaient atteint une sorte de plateau.

Les sons métalliques acquièrent alors une fibre tactile qui pourrait être celle d’une plume même quand le groupe appuie un peu plus sur la pédale de distorsion et les « singles » « Zero Day » et « Blue Line Baby » sont rudes mais chatoyants et « (Hope) Is Just Another Word In It » se situent sur le pendant le plus optimiste de l’emo.

« Us/We/Are » rappelera étrangement le « Creep » de Radiohead ce qui ne fera qu’accentuer la sensation que, malgré cette tentative louable d’aller de l’avant, Dance on the Blacktop se rapproche plutôt de l’involution.

**1/2


Odonis Odonis: « Hard Boiled Soft Boiled »

25 avril 2014

Odonis Odonis, ou Odonis gauche et Odonis droite, ont, jusqu’à présent fait dans ce rock que l’on nomme « industrial surfgaze ». Hard Boiled Soft Boiled a une dénomination appropriée pour introduire un nuance de taille dans ce nouvel album des Canadiens de Toronto.

Le disque s’ouvre sur « Tension », un crescendo de guitares pulvérisantes et explosant avec fureur dans « Are You Friends », vacarme fracassant qui reflète la nature habituelle qu’on est en droit d’attendre du combo. Il s’agit bien évidemment de la partie Hard Boiled du disque, rappelant Ministry ou Nine Inch Nails. Un titre le résume, « Order In The Court », explicitant à merveille qu‘aucune apparence d’ordre ne peut être établie. Les percussions y ont de l’intensité d’une mitrailleuse ouvrant le feu depuis un hélicoptère et même les vocaux de Dean Tzenos rugissant qu’il est « le gars le plus cool de la terre » ne parviendront pas à atténuer ce que nos tympans perçoivent.

Il est aisé alors de deviner que Soft Boiled va nous présenter la facette la plus mesurée de Odonis Odonis (« High Notes » et sa guitare raide ou le vaporeux « Transmission From The Moon »). Ce changement n’est pourtant pas dénué de volonté évocatrice comme en témoigne le morceau qui va terminer le disque. « Alexa Wait » est une épopée de six minutes où le groupe mêle dream pop, shoegaze et climats ensommeillés, ces derniers pas toujours heureux. En effet, au lieu de déboulonner la norme, Odonis Odonis semble l’adopter et ôter tout le venim dont il pourrait pourtant être capable.

On peut apprécier ce désir de ressusciter le côté vynil de cette approche tout comme respecter leur souhait d’exploration sonique ; il restera à choisir entre le Odonis droit et le Odonis gauche. Pour cela le vote de chacun trouvera matière à satisfaction.

**1/2