Martina Bertoni: « All The Ghosts Are Gone »

13 janvier 2020

Ceci est le premier album complet de la violoncelliste et compositrice berlinoise Martina Bertoni, après quelques EP’s et, celui-ci ne durant que 37minutes, on aurait pus souhaiter qu’il soit plus long.

En effet, son jeu de violoncelle relativement pur se trouve au cœur de chaque plage, principalement au travers de longues notes graves et prolongées, d’un genre qui est utilisé de manière stéréotypée par les compositeurs de films pour dépeindre des paysages arides ou le désespoir et la tristesse seraient de rigueur.

À ce titre, et c’est à mettre au cradit d’une telle démarche, l’électronique et les atmosphères qui entourent le violoncelle sont bien plus qu’un simple dispositif de cadrage et ils brillent résolument par eux-mêmes. « Stuck Out Of Lifetime », en deuxième position, est une sorte de surprise lorsque l’on anticipe un travail presque ambiant et qu’un doux rythme de d’horlogerie arrive, un mouvement structurel subtil mais puissant qui maintient une énergie cruciale sous l’œuvre mélodique lente. « Impossible Routines » va un demi-pas plus loin dans la direction de l’electronica. Les ténèbres, peut-être les fantômes titanesques, sont ici un courant sous-jacent plutôt qu’une force dominante, avec des compositions comme « Invisible Cracks », menaçantes et doucement inquiétantes tout en conservant un sens du mélodisme et du calme, en grande partie grâce au violoncelle.

Seuls quelques titres dépassent les cinq minutes eton y trouve ainsi parfois un certain sens de la vignette statique, chaque partie représentant un environnement ou une idée et ne progressant pas en elle-même. Il n’y a pas de mal à cela en soi, mais on se demande parfois où des morceaux comme « Principles and Petals » , qui vibrent doucement, seraient allés si on les avait laissés faire un voyage plus long et plus profond. « Notes At The End Of The World » se distingue par son côté narratif parlé qui fait office de post-scriptum, même si quand un album instrumental vous a laissé vagabonder dans votre propre imagination à l’écoute, les mots de dernière minute peuvent parfois vous sembler malvenus car ils peuvent contredire ce que vous avez en tête.

Il y a un sous-entendu délicat tout au long de cet album et Bertoni pourra sans doute être un peu plus ambitieuse. Il n’esn demeure pas moins que cet oups est hautement recommandable et, par conséquent, particulièrement prescrit.

***1/2