Charmer: « Ivy »

Le groupe indie-punk Charmer sort ici Ivy, son deuxième opus. Il est accrocheur, énergique et surtout agréable à écouter. Le combo a une formule où il se montre influencé par différents groupes de math rock et d’indie du passé et du présent. Les chansons du premier album étaient puissantes sur le plan émotionnel et parlaient d’une sorte d’aliénation qui est souvent ressentie tout au long de la vie. Dans Ivy, le groupe continue à s’inspirer de cette même formule, mais cette fois-ci en s’appuyant sur le succès du précédent et en peaufinant son son. Le résultat est un excellent album de genre et donneune autre raison pour qu’on se sente « charmé ».

Le combo est capable de sonner naissance à des riffs accrocheurs mais aussi de parler de sujets intenses d’une manière qui permet à l’auditeur de s’en sentir concerné. Sur la page Spotify du groupe concernant Ivy, est expliqué que « le disque est un instantané du moment où chacun s’arrête assez longtemps pour réaliser que tout, y compris lui-même, est en train de changer » (the record is a snapshot of the time in everyone’s life when they stop long enough to realize everything, including themselves, is changing). Certaines des paroles qont en effet profondément émouvantes et semblnt venir du cœur. Elles ne cachent rien et sont aussi honnêtes qu’un disque pourrait l’être. Le groupe encourage l’optimisme tout en restant brutalement honnête avec l’auditeur. Ivy veut que vous tiriez le meilleur parti du présent et que vous ne vous attardiez pas sur la nostalgie. 

La face A commence avec « Slumber » non seulement le premier morceau du disque mais aussi le premier « single » publié par le groupe. Avec ses accroches contagieuses et son énergie punk, c’est une excellente chanson pour commencer un album. Elle est impérieuse tout comme son utilisation d’un lyrisme et d’un chant sombres. David Daignault commande la piste et l’éthos du disque est présent, rejetant la nostalgie, ainsi que des textes comme « Je me suis demandé quand j’étais plus jeune où je pourrais être aujourd’hui » (wonderered when I was younger where I thought I’d be now).  « Dead Plants », avec son instrumentation mélodieuse et complète, fait avancer le disque, tout en étant dérivative et atmosphérique. « Doom », qui était aussi le deuxième « single », est un autre de ces morceaux emblématiques qui va sinsinuer en vous dans son traitement du le lâcher prise comme le montrent les paroles « Les saisons ne changraont pas si tu continues à hanter mon esprit » (The seasons won’t change if you still haunt my brain).

« Wolf Fang Fist » est peut-être l’un des morceaux les plus émotionnellement écrits et qui interroge vraiment la psyché de la plupart des jeunes qui sont confrontés à des questions d’estime de soi et de quête de l’amour. « Windbreaker » est un rocker dans tous les sens du terme. Une batterie rapide et une instrumentation globalement énergique. Daignault, avec ses cris porte ce morceau alors que tout le groupe se rassemble derrière sa voix. C’est contagieux et marque un véritable changement de rythme pour le groupe. Il contient toujours les éléments mélodiques caractéristiques, mais change de hauteur et de tempo tout en son long pour en faire une chanson qui sera reprise pour les temps à venir. « December » clôt la face A avec un beau morceau qui contient du math rock très inventif et des sons de guitare scintillants.

« Wither » commence la face B avec un morceau très bien pensé qui permet à l’instrumentation de guitare basse ainsi qu’à d’autres instruments de s’intégrer lentement dans le mixage et d’avoir leurs moments de liberté à la fin du morceau lorsque le groupe se réunit enfin à l’unisson pour sortir le morceau. « VCR 666 » combine de nombreux éléments précédents pour lesquels Charmer est connu, à savoir une grande instrumentation et l’utilisation d’un changement de tonalité tout au long du morceau. « Track & Field » amplifie l’énergie pour un hymne punk dansant qui est à la fois accrocheur et très bien écrit. Le travail de guitare sur ce morceau est vraiment serré et utilise ces riffs math-rock qui sont devenus un élément essentiel du groupe et fonctionnent à merveille pour diversifier les pistes et ajouter une couche de profondeur supplémentaire.

« Sunshine Magazine » change de rythme et passe à une guitare acoustique et une structure vocale. C’est un morceau grave et sincère, surtout lorsque la trompette entre en jeu vers la fin du morceau. Il crée une ambiance qui fait que le disque commence à s’achever alors que « Chandelier » le clôt. Il poursuit l’ambiance douce mais ramène le groupe en fin de morceau. L’utilisation de la guitare pour créer une ambiance vraiment sombre enrichitra de surcroît son atmosphère. Des riffs de math rock au son classique dominent ce morceau, utilisé pour l’émotion et la mise en route du groupe vers la fin du disque.

Charmer s’est maintenant imposé comme l’un des meilleurs groupes du genre. Que vous les appeliez DIY, indie, punk ou emo, le résultat est celui d’un ensemble qui écrit une musique vraiment intense et sincère. Ils apportent à leur répertoire une énergie que seuls quelques uns sont capables de vraiment capter, et c’est pourquoi Charmer a tant de succès outre-Atlantique. Un ajout et un atout bienvenus dans le paysage de la musique indépendante.

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Vasudeva: « Generator »

Ce trio du New Jersey sort ici son nouvel album Generator, un disque qui permet aux instrumentistes, qui ont déjà fait le tour des genres, de se plonger dans des sonorités plus nouvelles que jamais – de leur son traditionnel post-math-rock à l’ambiance et aux sons propre à faire danser dans votre salon en ces temps étranges.

« Break » ouvre le disque avec des bips électroniques en arrière-plan, alors qu’il avance d’une manière similaire à celle de God is an Astraunot. Les valeurs de production sont très brillantes, en particulier sur l’hymne aérien qu’est « On the Up », un titre à la fois technique, puissant et extrêmement intense. « Only On » arbore un son plus synthétique, tandis que « III » est un peu plus traditionnel avec ses paysages sonores vertigineux, ses riffs craquelés et ses tambours tonitruants ; une renconre improbable entre Agent Fresco et Explosions in the Sky…

« Drop » s’ouvre de façon plus glaciale avant que les mélodies et les batteries programmées ne prennent le dessus tandis que « Stockmas » (la chanson qui, selon le groupe lui-même, est la plus inspirée par leur amour du R&B) sonne un peu comme le Physics House Band qui reprendrait « The Way It Is » de Bruce Hornsby. Le son est superposé et texturé, et les touches en sont la force motrice. Alors que l’album touche à sa fin, Vasudeva vous offre le plus délibérément matheux « Yamaha » et l’édifiant « Halftime ». Ce dernier a un son math-rock agressif et de stop-start avec des notes aigües et des signatures temporelles complexes.

Generator est un disque alimenté par le son qui récompense les écoutes répétées… Il générera toutes sortes de sentiments qui permettront de l’écouter avec force, classe et élégance.

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Horse Lords: « The Common Task »

Ce quatuor de Baltimore a toujours produit de longs morceaux où la répétition est prégnante mais aussi nuancée et où la croissance, toute microcosmique qu’elle est, distillait largement les idées minimalistes et d’avant-garde. Si l’on vous présentait une liste de leurs influences, même lointaines, vous pourriez anticiper quelque chose d’académique ou de minutieusement calculé. Mais ce n’est pas le cas ; les enregistrements parlent d’eux-mêmes, mais vivent, espèrent qu’il y a assez de place pour déplacer votre corps bientôt convoqué. C’est une forme d’hypnose sauvage mais contrôlée.

La précision et l’intention plus large du groupe, aussi vague soit-elle, sont restées aiguisées depuis le premier jour. À chaque sortie, ils ont développé un modèle simple de grooves minimaux et de légères manipulations de tempo et de dynamique, qui s’articulent librement autour de l’instrumentation de base de leur premier album : le violoncelliste Owen Gardner martèle sa guitare accordée à la volée avec des styles proches des guitares Taureg et d’Henry Flynt ; Max Eilbacher emboîte une série de grooves de basse ; Andrew Bernstein fournit une série de sons de saxophone, hachés ou longs et étendus, saignant une vingtaine d’harmoniques ; et le percussionniste Sam Haberman garde tout intact et fait pivoter les trajectoires sous-jacentes avec une précision de scalpel.

Après leur premier album, intitulé Hidden Cities or Interventions, ils ont travaillé sur d’autres éléments, notamment le travail inventif de Max au synthé et les techniques audacieuses d’Andrew au saxophone, qui se reflètent dans chacune de leurs productions en collaboration et en solo qui mènent à d’autres mondes. Et sur Mixtape IV, une sortie d’album moins formelle, ils ont collaboré avec Abdu Ali et ont honoré le titre « Stay on It » de Julius Eastman.

expanding how large that pocket seems.

Cela aboutit à The Common Task , sans doute leur travail le plus expérimental et le plus politique à ce jour. Les deux premiers morceaux, « Fanfare for Effective Freedom » et « Against Gravity », interpelleront tous les fans qui se sont déjà démenés avec la marque de abrique de Horse Lords. Malgré cela, le nombre d’années cumulées a renforcé l’anticipation qu’on peut espérer du groupe quant aux mouvements des uns et des autres. « The Radiant City » reflète de cette manière les sonorités de saxophone de « Against Gravit » », en commençant par une ligne de cornemuse épaisse qui fait surface et réapparaît de temps en temps avec une guitare déformée, un saxophone exacerbé et des synthés qui imitent ladite cornemuse. L’interaction est une extension de l’art des Horse Lords qui consiste à répartir chaque particule de son pour jouer avec les différences de granularité.

« People’s Park » montre alors un équilibre et une transition entre ces morceaux précédents et ce qui va suivre avec les 18 minutes de  » »ntegral Accident ». Étant le morceau le plus dynamique de Horse Lords, la pulsation générale de « People’s Park » est initiée par un loop qui passe par-dessus et tape sur d’autres éléments pour se joindre eu basculement de sa cadence tout en se développant en un groove grave cosumé par une électronique grésillante et colorée et se transforme en un marécage de ces mêmes sons. Occupant la seconde moitié de l’album, « Integral Acciden » » expose probablement le fonctionnement interne de l’approche de composition des Horse Lords plus que tout autre morceau de leur catalogue. Il commence comme un morceau tiré d’une session du Groupe de Recherches Musicales, avec un enregistrement en plein air, les sons contrastés d’un seul chanteur, un son de violon régulier, et la manipulation d’un synthétiseur sur tout le spectre ; et il se transforme ensuite lentement en une force de roulement qui analyse continuellement les éléments tout en étirant son élan plutôt qu’en l‘obérant.

The Horse Lords construisent et relâchent la tension tout aussi habilement qu’auparavant sur The Common Task, le plus souvent dans des fenêtres plus courtes. Leur noyau de près de dix ans fait pivoter les idées rythmiques et tonales de manière athlétique, et leur capacité à tirer des éléments de n’importe où et de n’importe quel endroit est apparemment plus fluide à chaque enregistrement. Avec The Common Task, The Horse Lords restent simultanément dans leur propre niche tout an la débaucahnt à des éléments extérieurs, élargissant ainsi la taille de ladite niche.

***1/2

Lungbutter: « Honey »

Lungbutter est fait pour les amateurs de math-rock bien noisy. Ce trio montréalais nous offre un condensé de rage et d’efficacité comme l’atteste son premier album intitulé Honey.

Il suffira de onze morceaux bien denses et compacts pour que soit mis le turbo avec des titres implacables tels que « Solar » mais également « Vile » et « Bravo » résolument abrasifs. Entre le chant nerveux de Ky Brooks, les riffs acérés et monstrueux de Kaity Zozula et les martèlements de batterie, il n’y a qu’un pas que Lungbutter réussit à franchir.

Impossible ; non plus, de ne pas vouloir l’accompagner sur les morceaux noisy et explosifs que sont « Flat White » mais également de « Henry Darger » et « Intrinsic ». Honey montera en puissance tout au long de l’album avec « Maryland », « Curtain » ainsi que le final en apothéose nommé « Veneer ». Entre noise-punk et math-rock, lecombo canadien semble avoir attaint la quintessance de ce qu’il voulait être et en profite pour mettre la barre très haut dans le registre ainsi choisi.

***1/2

Celestial Shore: « Sunnyland »

Cela faisait un petit bout de temps que l’on était sans nouvelles de Celestial Shore. Ce qui était normal car le leader Sam Owens s’était réinventé en solo à travers deux disques sous le pseudonyme Sam Evian. Le natif de Brooklyn avait l’air de se complaire dans sa carrière solo et l’avenir de Celestial Shore semble incertain… jusqu’au mois de décembre oùil a annoncé son retour avec un nouvel album nommé Sunnyland.

Fort heureusement, on retrouve ce qui avait fait la réputation du groupe new-yorkais. C’est à dire des compositions indie rock à tendance math et noisy fusant à 100 à l’heure avec des morceaux tels que « Not Dummy » en guise d’introduction mais également « The Wait » et « Yeah Yeah ». Celestial Shores n’a rien perdu de leur verve d’antan et des titres implacables à l’image de « Rabbits In The Street » et « Romancer » sont là pour le prouver.

Sunnyland est du Celestial Shore pur jus et on ne pourra pas s’en plaire. Sam Owens et ses sbires comptent nous fasciner avec leur univers aussi bien psychédélique que nerveux que ce soit sur « Slime », « Lightning Bug » ou bien encore sur « Saturday 4ever ». Il ne manquera plus qu’une conclusion des plus ambitieuses nommée « Baroque » qui s’étire sur plus de 8 minutes pour que le groupe new-yorkais rappelle tous les ingrédients qui ont fait leur force. Ce nouvel album est une sorte de réintroduction du trio dans la masse et c’est plutôt réussi.

***1/2

Mermaidens : « Look Me in the Eye »

Ce trio de Wellington avait frappé fort avec son premier album. À la croisée des chemins du post-punk et du math-rock, ils avaient, en effet, bâti un univers aux contours gothiques qui se jouait habilement des changements de rythmes et des ambiances sonores. Et créer une ambiance est probablement un sujet qui les hante en permanenece tant il définit bien ce nouvel opu qui vient confirmer l’excellente impression laissée par son prédécesseur.

Voilà un groupe qui ne manque pas d’idées, et n’hésite pas à sacrifier en chemin le format pop qui lui tend les bras sur certains morceaux. Constructions complexes et maîtrise parfaite des contretemps et des breaks à répétition, Mermaidens semble mettre un point d’honneur à ne pas tomber dans la facilité, à tel point que la première écoute de l’album n’est pas forcément la plus marquante, car leurs titres se méritent.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la pochette de Look Me in the Eye ne permet justement pas de les regarder dans les yeux, avec ce visage en mouvement volontairement flou. Et « Crying In The Office » semble d’emblée rassembler à lui seul toutes ces intentions. A travers les pensées sombres d’un protagoniste qui déprime au bureau, Mermaidens construit une atmosphère mi-planante, mi-étouffante, portée par la complicité parfaite des membres du groupe et leur sens du rythme vraiment admirable, entre la basse de Lily West et la batterie puissante mais subtile d’Abe Hollingsworth.

A partir de là, le trio nous entraîne dans les méandres de ce disque noir, avec « Sleeptalker », une chanson hantée qui alterne couplets éthérés et refrains explosifs. Mais c’est certainement la basse ronronnante de « Milennia » et l’impeccable refrain de « I Might Disappear » qui remportent tous les suffrages.

Look Me in the Eye a été enregistré avec l’ingénieur du son James Goldsmith, leur collaborateur de longue date, au Blue Barn Recording Studio dans la ville natale du trio, Wellington. On ressent effectivement dans ce disque une grande complicité, des compositions créées « à 6 mains » dont le pouvoir d’envoûtement devient au fil des écoutes particulièrement addictif.

***1/2

Tiny Moving Parts: « breathe »

Début 2018, Tiny Moving Parts avait publié un album intitulé Swell Le trio emo/math-rock venu du Minnesota avait imposé un style fougueux et électrique. Celui-ci ne leur fait pas défaut sur l’énergique breathe qui paraît aujourd’hui.

Voici donc venir dix nouveaux titres où les influences emo, math-rock et post-hardcore que le trio arrive à distiller sans difficulté. Démarrant en trombe avec « The Midwest Sky », Tiny Moving Parts balance la sauce avec l’interprétation presque hurlée du guitariste Dylan Matthiesen et ses rythmes galopantes notamment sur « Light Bulb », « Icicles » mais aussi sur « Polar Bear » qui envoient à toute allure. On y décèle même un banjo en plein milieu du morceau « Verterbrae », c’est dire l’originalité.

En dix morceaux pour une demie-heure de musique, Tiny Moving Parts remplit honorablement le contrat avec des uppercuts comme « Bloody Nose » et « I Can’t Shake ». breathe ne nous laisse justement aucun moment de répit tant leur fusion musicale explosive nous prend à la gorge sans discontinuer.

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Peaer: « A Healthy Earth »

Il y a trois ans, Peaer avait fait un grand bruit sur la scène indie rock/math rock américaine avec un premier album. Le trio de Brooklyn composé de Peter Katz, Thom Lombardi et de Jeremy Kinney s’est fait remarquer par son attention aux détails en compta,t toujours sur cet atout, ils publie ici un nouvel album, A Healthy Earth.

Su ces onze nouveaux morceaux, Peaer reprend là où il s’est arrêté trois ans plus tôt. Avec des compositions toujours aussi pointues et précises comme le titre introductif, « Circle » bien rentre-dedans mais également « Like You » qui alterne calme et tempête et un « Commercial » où la fusion musicale continue de tenir ses promesses. Pour la première fois, le groupe de Brooklyn fait parler lses angoisses et frustrations sur un plan plus global afin d’établir une sorte de communion avec son auditoire.

On aura droit à diverses surprises comme les accents synthétiques de « Ollie » avec un solo de clarinette, ou encore le planant « Multiverse » qui voit le groupe avair recours à l’Auto-Tune pour contraster avec le courant math-rock implacable pur jus de « Don’t » et « In My Belly ». Après une intermède acoustique reposante du nom de « Wilbur », Peaer viendra mettre un coup final avec le fougueux « Have Fun!!» bien cacophonique et cathartique. A Healthy Earth, permet ici d’évacuer son anxiété et de de repartir d’un pied plein de santé et d’un brio qui rime avec trio.

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Damon Locks / Black Monument Ensemble: « Where Future Unfolds »

Membre de l’ex-formation punk/math-rock Trenchmouth, Damon Locks, s’est lancé il y a quelques années dans un projet solo, consistant à mélanger samples de discours des Civil Rights enrobés de boites à rythmes. Petit à petit, il s’est vu rejoindre par une troupe de danseurs de la compagnie Move Me Soul, de chanteurs issus du Chicago Children’s Choir, et  de musiciens, Angel Bat Dawid (clarinette), Dana Hall (batterie), propulsant Where Future Unfolds dans une nouvelle dimension, digne héritier de l’afro-futurisme d’un Sun Ra et d’une liberté digne du New York Contemporary Five.

La grande force de Where Future Unfolds est de piocher dans la grande histoire de la musique afro-américaine, pour un résultat qui dépasse toutes les attentes, mélangeant les genres pour offrir un album qui fait la jonction entre passé, présent et futur, habité par un militantisme plus que jamais nécessaire.

Enregistré lors rs d’une prestation à Chicago, Where Future Unfolds résonne comme le renouveau d’un genre en pleine explosion, l’afro-futurisme retrouvant ses couleurs originelles, pour sonner de manière aussi vitale et actuelle.

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Club Night: « What Life »

Depuis la parution de son premier EP Hell Ya à la fin de l’été 2017, la popularité de Club Night a monté en flèche. Le supergroupe venu d’Oakland réussit, il est vrai, a faire montre d’originalité avec sa fusion entre post-punk psychédélique et math-rock explosif mais mélodiqu. Cette raison est une occasion de plus de prouver que leur premier album, What Life, n’a pas été un feu de paille.

Dès les premières notes de « Path », Club Night donne d’emblée le ton. Entre interprétations passionnantes de la part du guitariste Josh Bertram, les riffs urgents couplés de textures synthétiques et une section rythmique efficace, le quintet fait forte impression.

Ce ne sera que le début ils produisent ensuite d’autres pièces taillées sur mesure comme « Cough », « Mute » et « Trance » où ils mêlent indie rock et art-punk avec maestria.

Aussi bien chaotique qu’harmonieux, Club Night ne laissera personne indifférent avec ces huit morceaux résolument intenses comme « Wit » et « Village ».

En outre, entre ces titres, vont de superposer des morceaux-pahres mesurant l’étendue de l’art du groupe d’Oakland ; « Cherry » mais également la conclusion des plus explosives qque sera « Thousands » avec un crescendo noisy à faire frémir.Tout ceci en dit long sur l’ambition de ce supergroupe qui met la barre très haute un « debut album » aussi fougueux et audacieux.

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