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Mermaidens : « Look Me in the Eye »

Ce trio de Wellington avait frappé fort avec son premier album. À la croisée des chemins du post-punk et du math-rock, ils avaient, en effet, bâti un univers aux contours gothiques qui se jouait habilement des changements de rythmes et des ambiances sonores. Et créer une ambiance est probablement un sujet qui les hante en permanenece tant il définit bien ce nouvel opu qui vient confirmer l’excellente impression laissée par son prédécesseur.

Voilà un groupe qui ne manque pas d’idées, et n’hésite pas à sacrifier en chemin le format pop qui lui tend les bras sur certains morceaux. Constructions complexes et maîtrise parfaite des contretemps et des breaks à répétition, Mermaidens semble mettre un point d’honneur à ne pas tomber dans la facilité, à tel point que la première écoute de l’album n’est pas forcément la plus marquante, car leurs titres se méritent.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la pochette de Look Me in the Eye ne permet justement pas de les regarder dans les yeux, avec ce visage en mouvement volontairement flou. Et « Crying In The Office » semble d’emblée rassembler à lui seul toutes ces intentions. A travers les pensées sombres d’un protagoniste qui déprime au bureau, Mermaidens construit une atmosphère mi-planante, mi-étouffante, portée par la complicité parfaite des membres du groupe et leur sens du rythme vraiment admirable, entre la basse de Lily West et la batterie puissante mais subtile d’Abe Hollingsworth.

A partir de là, le trio nous entraîne dans les méandres de ce disque noir, avec « Sleeptalker », une chanson hantée qui alterne couplets éthérés et refrains explosifs. Mais c’est certainement la basse ronronnante de « Milennia » et l’impeccable refrain de « I Might Disappear » qui remportent tous les suffrages.

Look Me in the Eye a été enregistré avec l’ingénieur du son James Goldsmith, leur collaborateur de longue date, au Blue Barn Recording Studio dans la ville natale du trio, Wellington. On ressent effectivement dans ce disque une grande complicité, des compositions créées « à 6 mains » dont le pouvoir d’envoûtement devient au fil des écoutes particulièrement addictif.

***1/2

21 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tiny Moving Parts: « breathe »

Début 2018, Tiny Moving Parts avait publié un album intitulé Swell Le trio emo/math-rock venu du Minnesota avait imposé un style fougueux et électrique. Celui-ci ne leur fait pas défaut sur l’énergique breathe qui paraît aujourd’hui.

Voici donc venir dix nouveaux titres où les influences emo, math-rock et post-hardcore que le trio arrive à distiller sans difficulté. Démarrant en trombe avec « The Midwest Sky », Tiny Moving Parts balance la sauce avec l’interprétation presque hurlée du guitariste Dylan Matthiesen et ses rythmes galopantes notamment sur « Light Bulb », « Icicles » mais aussi sur « Polar Bear » qui envoient à toute allure. On y décèle même un banjo en plein milieu du morceau « Verterbrae », c’est dire l’originalité.

En dix morceaux pour une demie-heure de musique, Tiny Moving Parts remplit honorablement le contrat avec des uppercuts comme « Bloody Nose » et « I Can’t Shake ». breathe ne nous laisse justement aucun moment de répit tant leur fusion musicale explosive nous prend à la gorge sans discontinuer.

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19 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Peaer: « A Healthy Earth »

Il y a trois ans, Peaer avait fait un grand bruit sur la scène indie rock/math rock américaine avec un premier album. Le trio de Brooklyn composé de Peter Katz, Thom Lombardi et de Jeremy Kinney s’est fait remarquer par son attention aux détails en compta,t toujours sur cet atout, ils publie ici un nouvel album, A Healthy Earth.

Su ces onze nouveaux morceaux, Peaer reprend là où il s’est arrêté trois ans plus tôt. Avec des compositions toujours aussi pointues et précises comme le titre introductif, « Circle » bien rentre-dedans mais également « Like You » qui alterne calme et tempête et un « Commercial » où la fusion musicale continue de tenir ses promesses. Pour la première fois, le groupe de Brooklyn fait parler lses angoisses et frustrations sur un plan plus global afin d’établir une sorte de communion avec son auditoire.

On aura droit à diverses surprises comme les accents synthétiques de « Ollie » avec un solo de clarinette, ou encore le planant « Multiverse » qui voit le groupe avair recours à l’Auto-Tune pour contraster avec le courant math-rock implacable pur jus de « Don’t » et « In My Belly ». Après une intermède acoustique reposante du nom de « Wilbur », Peaer viendra mettre un coup final avec le fougueux « Have Fun!!» bien cacophonique et cathartique. A Healthy Earth, permet ici d’évacuer son anxiété et de de repartir d’un pied plein de santé et d’un brio qui rime avec trio.

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21 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Damon Locks / Black Monument Ensemble: « Where Future Unfolds »

Membre de l’ex-formation punk/math-rock Trenchmouth, Damon Locks, s’est lancé il y a quelques années dans un projet solo, consistant à mélanger samples de discours des Civil Rights enrobés de boites à rythmes. Petit à petit, il s’est vu rejoindre par une troupe de danseurs de la compagnie Move Me Soul, de chanteurs issus du Chicago Children’s Choir, et  de musiciens, Angel Bat Dawid (clarinette), Dana Hall (batterie), propulsant Where Future Unfolds dans une nouvelle dimension, digne héritier de l’afro-futurisme d’un Sun Ra et d’une liberté digne du New York Contemporary Five.

La grande force de Where Future Unfolds est de piocher dans la grande histoire de la musique afro-américaine, pour un résultat qui dépasse toutes les attentes, mélangeant les genres pour offrir un album qui fait la jonction entre passé, présent et futur, habité par un militantisme plus que jamais nécessaire.

Enregistré lors rs d’une prestation à Chicago, Where Future Unfolds résonne comme le renouveau d’un genre en pleine explosion, l’afro-futurisme retrouvant ses couleurs originelles, pour sonner de manière aussi vitale et actuelle.

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30 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Club Night: « What Life »

Depuis la parution de son premier EP Hell Ya à la fin de l’été 2017, la popularité de Club Night a monté en flèche. Le supergroupe venu d’Oakland réussit, il est vrai, a faire montre d’originalité avec sa fusion entre post-punk psychédélique et math-rock explosif mais mélodiqu. Cette raison est une occasion de plus de prouver que leur premier album, What Life, n’a pas été un feu de paille.

Dès les premières notes de « Path », Club Night donne d’emblée le ton. Entre interprétations passionnantes de la part du guitariste Josh Bertram, les riffs urgents couplés de textures synthétiques et une section rythmique efficace, le quintet fait forte impression.

Ce ne sera que le début ils produisent ensuite d’autres pièces taillées sur mesure comme « Cough », « Mute » et « Trance » où ils mêlent indie rock et art-punk avec maestria.

Aussi bien chaotique qu’harmonieux, Club Night ne laissera personne indifférent avec ces huit morceaux résolument intenses comme « Wit » et « Village ».

En outre, entre ces titres, vont de superposer des morceaux-pahres mesurant l’étendue de l’art du groupe d’Oakland ; « Cherry » mais également la conclusion des plus explosives qque sera « Thousands » avec un crescendo noisy à faire frémir.Tout ceci en dit long sur l’ambition de ce supergroupe qui met la barre très haute un « debut album » aussi fougueux et audacieux.

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10 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Cosines: « Oscillations »

Imaginez un groupe composé des membres de Kraftwerk, New Order et de Debbie Harry aux vocaux. Nommés d’après le backing band du Carole King des 60’s, Cosines apportent une intéressante fusion de sons venus d’une époque où guitares brouillées et synthés rétros paraissaient futuristes.

Leur versatilité leur permet d’ouvrir avec deux pop songs alternatives craquantes (« Out Of The Fire » puis « Nothing More Than A Feeling ») tout en conservant une certaine crudité et un côté bidouilleur rappelant la Blondie ou la New Wave des tous débuts.

Les morceaux semblent avoir été interprétés « live » avant d’être produits par le groupe lui-même ce qui donne à leur « math rock » un côté punchy et une respiration qui semble habiter le disque du début à la fin.

Un voix mâle sur « Lookout Mountain Drive » apporte une nouvelle corde aux métaphores qu’on pourrait appliquer au groupe. Ce sont des vocaux brillants dans leur aspect ordinaire, sans complication et avec pour but de nous rafraîchir d’une manière qui n’a rien d’orthodoxe.

Oscillations est un disque qui fait comme nous dire : « Détends-toi et ferme les yeux », chose d’autant plus aisée qu’un instrumental (« Pop-In Court »  ou des morceaux gorgés d’humour (« Binary Primary » et ses errances hypnotiques) nous offrent des incursions dérangées, manière peut-être pour transcender ce que le combo pourrait avoir de lisse.

Nous voilà devant un disque démodé donc hors-mode, traversé par des idées et de sons inhabituels et nouveaux et qui donne un l’album qui ne semble jamais en repos (la fuzz étouffée de « Stalemate », la « torch-song », « Our Ghosts ») qui clôt Oscillations. Il s’agit, peut-on supposer, d’une autre façon de faire aller la pop de l’avant et d’en faire quelque chose de plus culturel mais d’accessible au plus illétré.

***1/2

5 septembre 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Tera Melos: « X’ed Out »

Natif de Sacramento, Tera Melo est un trio dont X’ed Out constitue le quatrième album. Sa démarche se veut atypique puisqu’il emprunte au pop-punk tout comme au math-rock. Le résultat en est un disque qui s s’approprie la dissonance comme si elle était chose naturelle pour lui mais, à l’inverse de certains groupes indie, celle-ci s’accompagne d’une exécution dans laquelle la technicité n’est jamais exclue. Les percussions de John Clardy, par exemple sur « Sunburn », sont plus proches du jazz que de l’optique « sloppy » et ils sont également capables de s’entourer de claviers reptiliens comme sur « Snake Like » ou de s’aventurer dans un ensemble de climats au sein d’un même morceau (« Bite ») en particulier grâce au jeu de basse versatile de Nathan Latoma.

Leur « single », « Tropic Lame », est pourtant un rock fortement influencé par ce que Pavement nous livrait au milieu des années 90 et c’est tout à leur honneur que le groupe ait su évoluer et se libérer d’un format qui jonchait ses premières productions ou de savoir le déboulonner comme sur l’excellent « Melody Nine ».

Ajoutons des vocaux qui se font rugueux (Nick Reinhart) et qui bénéficient parfois de la voix éthérée et psalmodiée de Aurelie Zeitler (« No Phase ») et, au final, on aura un titre, « X’ed Out and Tired », qui se verra comme la somme de toutes les influences et qui conclura avec emphase et assurance le disque.

Celui-ci peut, au bout du compte, être perçu comme ce que XTC serait sans doute devenu s’il avait persévéré dans cette verve expérimentale vers laquelle Andy Partridge se sentait souvent attiré.

★★★☆☆

14 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire