No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

(Sandy) Alex G: « House Of Sugar »

(Sandy) Alex G est devenu une référence de l’indie rock de cette décennie. On l’avait laissé avec son exceellent album Rocket paru en 2017 qui lui a permis d’acquérir une plus que certaine notoriété. Le collaborateur de Frank Ocean revient tenter nous envoûter une fois de plus avec son neuvième opus, House of Sugar.

Nous sommes ici longés dans un conte de fées à l’écoute d’une introduction déconcertante, « Walk Away » qui, à partir d’une mélodie dissonante, Alex Giannascoli nous hypnotisepar sa formulation incantatoire. De quoi démarrer cet album en trombe avec le bucolique « Hope » qui est remarquable pour sa mélodie céleste ainsi que le pur « Southern Sky » avec sa mélodie au piano et le côté freak de « Gretel » mettant en avant le mal-être adolescent de son auteur.

Très vite, (Sandy) Alex G ira diversifier sa palette musicale et cela s’entendra à travers des moments instrumentaux quelque peu expérimentaux : « Project 2 » qui sonne comme une démo inachevée ou encore « Bad Man ». Les accents électroniques prennent alors le dessus sur« Taking » et « Near » avant que la voix ultra-trafiquée  du musicien de Philadelphie ne s’impose sur « Sugar ». Suite à ce détour quelque peu incongru, on revient à des compositions plus contemplatives rappelant la grâce d’Elliot Smith avec, par exemple, « In My Arms » et l’attachant « Crime » mettant au premier plan la plume personnelle et inventive de notre hôte.

Après une conclusion live nommée « SugarHouse » et son solo de saxophone attachant, (Sandy) Alex G continue de nous fasciner avec ses contes surréalistes et de repousser les limites de la bedroom-pop/indie folk. House of Sugar est un autre manifeste du talent incommensurable de l’éternel collaborateur de Frank Ocean et on ne peut que souhaiter qu’il décide de ne pas s’arrêter en si bon chemin.

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15 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Lina Tullgren: « Free Cell »

À la fin de l’année 2017, une jeune prétendante venue du Maine en Nouvelle-Angleterre répondant au nom de Lina Tullgren avait fait ses premières preuves avec son premier album, Won. Depuis, elle est parvenue arrive tant bien que mal à s’immiscer dans le cercle de l’indie rock féminin. .Deux ans plus tard, elle décide de redoubler d’ambition avec son « sophomore album », Free Cell.

Afin de mieux se démarquer, Lina Tullgren a employé les grands moyens. À l’écoute de Free Cell, tout laisse à penser qu’elle a décidé d’emprunter la voie de la sagesse. C’est avec des arrangements baroques et romanesques menés aux cordes et aux cuivres qu’elle surprendra à l’écoute de perles telles que l’introduction mettant directement dans l’ambiance ou bien encore « Golden Babyland » et l’entêtant « Saiddone ».

Hormis les élans plus électriques de « 110717 » rappelant son premier album, Lina Tullgren impressionne par son ouverture d’esprit. Après un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, la musicienne semble avoir eu une révélation. C’est à l’écoute de tendres ballades comme « Bad At Parties », « Wow, Lucky » et autres « Soft Again » que l’on plonge dans son univers bien particulier. Et on n’est jamais au bout de nos surprises que ce soit sur les deux parties de « Soft Glove » ou sur la sublime conclusion nommée « Piano » car elle a réussi à se réinventer afin de fasciner un peu plus. Chose dont beaucoup pourraient prendre de la graine.

***1/2

27 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Brisa Roché: « Low Fidelity

Le précédent opus de Brisa Roché, Father, était sson album le plus intime et le plus dépouillé. Le choix de la simplicité semble lui avoir plu, puisqu’elle revient aujourd’hui avec un disque intitulé Low Fidelity, titre on ne peut plus judicieux tant car il sonne si il avait été fait à la maison.

Sans prétention mais inspiré, l’Américaine dévoile une collection de chansons charmantes, poétiques et volontairement imparfaites pour mettre en avant ce qui lui tient le plus à cœur : un art du songwriting qui se veut le plus authentique possible.

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21 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Bass Drum Of Death: « Just Business »

Cela faisait quatre ans que l’on était sans nouvelles d’un des groupes les plus charismatiques de cette décennie: Bass Drum Of Death. La formation menée par le John Barrett avait fait forte impression avec Rip This puis a disparu de la circulation pour revenir aujourd’hui avec un nouvel opus intitulé, de faon sgnificative, Just Business.

Deux changements dont à noter au niveau de Bass Drum Of Death ; le combo a changé de label et lle one-man band s’éloigne des contrées garage-rock psychédéliques dignes de Thee Oh Oh Sees et Ty Segall pour un son plus catchy et plus accessible. Il semblerait qu’il ait beaucoup écouté The Buzzcocks car l’influence se fait (trop) ressentir sur « Third Coast Dreaming » en guise d’introduction mais encore « Diamond In The Rough », « Heavy » qui frôle le gospel et « I Don’t Wanna Know » bien plus pop.

Inspiré par la Big Apple, Bass Drum Of Death dit adieu à son passé qui fut passionnant pour un son plus quelconque. Il perd ainsi un peu de son inventivité qui avait fait son originalité sur « Odds Are Good » et « I Love You (I Think) » et il lrs remplace par des résurgences plus heavy de son passé avec « Falling Up » il frôle même parfois la pastiche avec « I Thought I Told You ». Entre un avant et son autre après, le présent de Bass Drum Of Death s’annonce  comme tout sauf du business as usual.

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11 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sean Henry: « Fink »

Dans le rayon des nouvelles révélations bedroom-pop américaines, on peut citer le nom de Sean Henry. L’artiste nous vient tout droit de New York et a baigné dans des influences bedroom-pop et soft-grunge pour un résultat plutôt convaincant. Après plusieurs sorties sur son Bandcamp en format lo-fi, il passe au format studio avec son premier album nommé Fink. En dix titres, Sean Henry nous invite dans son univers faussement désinvolte mais riche en questions existentiels qui le tourmentent.

Du titre introductif nommé « Imperfection » à « Virgo » en passant par les implacables « Party Fiend », « The Ants » et autres « Gum In Hair », le new-yorkais va droit au but et remplit le contrat avec brio.

Même si il ne révolutionne rien dans le genre, on appréciera tout de même des morceaux où il s’ouvre à nous sur « Are We Alive? » ou bien même sur « No More Feelings ». Avec Fink, Sean Henry se fait une place timide mais sûre sur la scène soft-grunge américaine.

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9 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Max Santilli: « Surface »

Édité dans la collection « International » du label Into The Light Records, ce premier album solo de Max Santilli repose sur des archives d’enregistrements à domicile réalisés entre 2016 et 2018 avec guitares, synthés et instruments acoustiques.

Surface est un disque légèrement différent de l’album Scenes que le multi-instrumentiste australien a enregistré il ya un an avec Jacob Fugar dans le duo Angophora. Moins d’instrumentation électronique, une dimension baléarique toujours présente, mais dans une atmosphère où prédominent les instruments et percussions traditionnelles dont joue Santilli.

il y a beaucoup de douceur et de sérénité dans ces plages ensoleillées par la guitare (« Watching », « Crossoveer »).

 

On y trouvera des réminiscences d’autres multi-instrumentistes, tels que Mickey Hart ou Nana Vasconcelos (« Vision »), un rappel aussi des plages ethno-ambient de Robert Rich (« Crb »).  Et on appréciera un univers minimaliste lo-fi  qui enchantera par la simplicité et l’émotion qu’il dégage.

***1/2

23 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Renaldo & The Loaf: « Songs For Swinging Larvae / Songs From The Surgery »

Pas étonnant que le premier album, Songs For Swinging Larvae, du duo britannique, Renaldo (Brian Poole) & The Loaf (David Janssen), ait été signé en 1981 sur Ralph Records, le label de The Residents, tant leur univers est proche de l’esprit originelle de la formation américaine.

Cet album culte et réédité, agrémenté d’enregistrements supplémentaires. Une merveille de titres tordus et d’expérimentations pop affolantes, où primitivisme et tribalité viennent se percuter sur des murs de psychédélisme sous THC.

Véritable plongée dans un monde truffé de déviances mélodiques et de rythmiques fracassées, chaque titre est l’occasion rêvée de (re)-découvrir l’oeuvre de deux artistes inclassable, dont la musique continue de résonner de manière avant-gardiste.

***1/2

20 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

City & i.o.: « Spirit Volume »

Elaboré sur une longue période, Spirit Volume est le premier album collaboratif entre les artistes City (synthés) et i.o. (batterie et guitare).

Sonnant résolument lo-fi, l’ensemble est un magma en fusion, construit autour de décharges industrielles corrosives et de pulsations rythmiques aux déconstructions permanentes, mêlant plages ambient et noise poisseuse, accélérations fast & furious et synthés rongés de l’intérieur.

Spirit Volume est un opus à l’esthétisme tranchant, où l’expérimentale prend parfois des allures de mysticisme sombre surgissant de forêts obscures, desquelles émergent les incantations d’alchimistes terroristes.

Les deux musiciens composent des titres contorsionnistes à la beauté déviante, lacérant l’espace même dans ses instants les plus calmes, de par l’omniprésence menaçante, de sonorités granuleuses à la densité électro-organique. L’atmosphère générale laisse entrevoir entre ses couches, un monde aux allures maladives, recélant parmi ses strates, une délicatesse rugueuse qui demande un peu de patience avant d’en percevoir toute sa splendeur. Superbe.

***1/2

 

17 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sebadoh: « Act Surprised »

Lou Barlow (Folk Implosion, Dinoqsaur Jr et Jason Loewenstein forment l’épine dorsale de cette importante formation indie-rock lo-fi qui a connu un succès d’estime au cours des années 90 grâce à l’album Bakesale paru en 1994. En 2013, après 14 ans d’absence, Barlow et Loewenstein se sont adjoint les services du batteur Bob D’Amico afin de ressusciter Sebadoh. Cette réunion inespérée a mené à l’album Defend Yourself, un bon disque de la part du trio, mais qui n’avait pas enthousiasmé les sudiences

Six ans après ce retour, Sebadoh propose Act Surprised, Réalisé par ce magicien des pédales à effets qu’est Justin Pizzoferrato ( Speedy Ortiz, Chelsea Light Moving, Dinosaur Jr, etc.), la formation présente son album le plus cohérent en carrière et ce n’est pas étranger au fait que le trio ait décidé de concevoir ce disque en équipe. Habituellement, Barlow et Loewenstein se présentaient en studio avec leurs chansons toutes prêtes. Cette fois-ci, avec l’aide de Pizzoferrato, les membres de la formation ont peaufiné et achevé les chansons tous ensemble.

La hargne chansonnière de Loewenstein est de retour, ce qui dynamise l’approche du groupe et nous permet d’apprécier encore plus l’indéniable talent mélodique de Barlow. Un heureux mélange de sensibilité pop alliée à une énergie juvénile résolument punk. Musicalement, Sebadoh n’a jamais semblé aussi bien soudé et confiant, la réalisation lourde de Pizzoferrato accentuant la force de frappe du groupe.

 

Bien qu’il n’y ait pas de compositions phares à la « Not To Be Amused » grande chanson de l’album Bakesale, jamais la fusion de ces deux compositeurs n’a paru aussi fluide et efficace. Ainsi on voit poindre à l’horizon une sorte de résurrection du rock des années 90, l’arrivée de ce Act Surprised tombe pile et vient rappeler l’importance qu’a eu Sebadoh  dans l’histoire du rock indépendant américain.

Barlow se surpasse dans la superbe « Sunshine » qui, aux dires du parolier lui-même, est une chanson qui fait référence à la vie intérieure et à la vanité de chercher solution dans les réseaux sociaux. On souscrit de plus en plus à cette idée. Loewenstein dépasse les attentes dans la nerveuse « Stunned » et D’Amico nous balance un excellent titre avec « Leap Year ».

Avec Act Surprised,Sebadoh confirme à nouveau sa pertinence et, d’une certaine manière, son éternelle jeunesse. Tout au long de l’écoute, on ressent le plaisir que ces vétérans ont eu à concevoir ce disque. C’est solide, juste assez fielleux et c’est mélodiquement irréprochable.;tout ce qu’on demande à un excellent groupe de rock.

***1/2

1 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Louis Jucker: « Kråkeslottet »

l y a deux ans, Louis Jucker présentait son nouveau groupe indie rock nommé Autisti et leur premier album dans la foulée. Le groupe suisse comportait également dans ses rangs Emilie Zoé qui, depuis, a réussi à s’imposer dans le milieu. La tête pensante du groupe est de retour mais en solo cette fois-ci avec un nouvel opus intitulé Kråkeslottet.

Pour ce nouvel album composé de huit morceaux, Louis Jucker a préféré nous offrir une sorte d’album photo en musique. Enregistré en une semaine de décembre en Norvège, il en résulte un opus riche en influences folk lo-fi dépouillées et intimistes comme l’attestent des titres à l’image de « Seagazer » qui ouvre les hostilités mais encore de « The stream » et « Storage tricks » et nous emmènent dans des paysages glaciaux où l’on entend des bruits cachés à l’abri du vent.

Que ce soit sur « Tale of a Teacher’s Son » ou sur « Back from the Time », on a , en revanche, l’impression d’être plongé dans un documentaire en raison de ses technologies sonores plus que sophistiquées. Louis Jucker n’hésite pas à mettre au centre les éléments comme le vent sur l’interlude nommé « Ulf’s interlude » mais ne dérange en rien la cohésion de ce projet. Quoi qu’il en soit, Kråkeslottet est un très bel album de folk lo-fi bricolé où il suffit de fermer les yeux pour se perdre dans les paysages que le musicien dessine.

***1/2

15 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire