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Anatolian Weapons feat. Seirios Savvaidis: « To The Mother Of Gods »

Aggelos Baltas alias Anatolian Weapons, aussi connu sous le pseudo de Fantastikoi Hxoi, s’est adjoint les services de l’artiste folk Seirios Savvaidis (membre des formations The Dead Ends et Movastro) pour un album qui allie folkore grec et krautrock mâtiné de psychédélisme sensoriel.

On est captivé par le mélange de tradition et de modernité qui se dégage de To The Mother Of Gods, contraction du temps et des genres, pour une danse paganiste autour d’un feu ardent. Ici les mélodies nous prennent par la main pour nous entrainer dans les profondeurs d’un dancefloor boisé, où les corps se meuvent au ralenti, histoire de capter l’humeur du temps et de forces telluriques prêtes à plonger l’auditeur dans un magma de sensations envoutantes.

To The Mother Of Gods est une ode aux cycles de l’existence, éternel recommencement à l’évolution imperceptible, parsemé de traces organiques et de chair détachée du corps de dieux déchus, devenus hommes. Très fortement recommandé.

***1/2

20 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Klangwart: « Bogotá »

Klangwart fait partie de ces formations étranges, dont la particularité est d’offrir depuis plus de vingt ans, des albums qui ont du mal à trouver un équivalent.

Markus Detmer, musicien, journaliste et fondateur du label Staubgold, et son ami Timo Reuber forment Klangwart, entité double partageant un goût commun pour les explorations sonores et les longues sessions musicales aux allures de Krautrock incessamment renouvelé.

Pour Bogotá, ils sont partis enregistrer dans la capitale colombienne s’entourant de musiciens locaux issus de la formation Meridian Brothers et des chanteuses jumelles Las Añez, histoire de conjuguer et de multiplier les pistes, laissant les jams sessions virer en longues séances d’improvisation, que Timo Reuber a par la suite retravaillées, et sur lesquelles le guitariste Joseph Suchy a jouté des guitares.

Le résultat est une nouvelle fois captivant, mélangeant sonorités latinos et loops entêtants, dérives expérimentales et rythmiques compulsives, les frontières fondant sous des airs cosmiques enrobés d’effluves voyageuses, abandonnant les sphères du quotidien pour atteindre une forme de poésie imprégnée de groove tropical aux senteurs subtilement jazzy. Un opus hypnotique qui se joue des modes et du temps.

***1/2

21 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Vrill Society: « Course of the Satellite »

Après quelques enregistrements en 2015 et 2016 ce combo basé à Liverpool sort enfin son premier album, bande-son idéale pour un été qui serait fait de pop psychédélique saupoudrée de « krautrock ».

Le single « Andrei Rublev » avait anticipé le LP car il avait annoncé la teneur de ce qu’allait être Course of the Satellite avec ses guitares déliées et ses références au film de Tarkovsky.

Le disque dans son intégralité se plaira dans son atmosphère rétro cool, simple mais imposante, constituée qu’elle est d’une section rythmique pleine de détermination comme sur « A Perfect Rhythm » ou « Glows and Spheres ».

On poursuivra ainsi une odyssée psychédélique quelque peu passéiste puisque elle se veut exploration de notre système solaire comme aux temps plus ou moins bénis du « space rock » avec des atterrissages soniques où un maximum de styles musicaux se voient expérimentés.

Course of the Satellite n’est, certes pas, original mais à l’instar de Tame Impala ou Friendly Fires, il est suffisamment rafraichissant pour qu’on soit curieux de ce que quoi le groupe nous offrira par la suite.

***

12 août 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Qluster: « Echtzeit »

Hans-Joachim Redelius est la première partie de ce duo Krautrock qui officie sous le patronyme de Qluster. Son confrère, Dieter Moebius, se sépara de lui en 2010mais le premier n’a jamais cessé d’exercer cette profession de vagabond musical qui lui a fait commettre plus de 70 albums dans les 55 dernières années.


Echtzeit, est le sixième opu souq le nom de Qluster (avec Onnen Bock et Armin Metz) est c’est quii le premier depuis la mort de Moebius l’été dernier. L’humeur de Roedelius est, on peut le comprendre, contemplative mais elle demeure très expressive. Tout les arrangements se font autour du jeu de piano de Hans-Joachim et beaucoup de celui sort de ses gammes se veut mélodique. Le rythme, posé, contribue à accentuer une démarche propre à de telles circonstances endeuillées décorées d’oscillations passées au synthétiseur et d’effets de distorsion . Qluster saura alors amalgamer paino soul (« In denen Händen ») et fragments méditatifs bippés avec «  Verdweile doch »pour que son effort conceptuel ne soit ni répétitif ni encalaminé.

***1/2

1 juillet 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Absolutely Free: « Absolutely Free »

Ce trio de Toronto s’est formé en 2012 après la séparation de DD/MM/YYYY. Leur nom a-t-il été influencé par le titre d’un album de Frank Zappa ? On peut en douter car ile groupe décrivait son approche à la construction d’un bateau dans une bouteille ; retenue, précise et patiente contrastant avec le « math rock » plus bruyant de leurs débuts.

Voilà enfin leur « debut album » éponyme et produit par Mike Haliechuk (Fucked Up). Absolutely Free va brouiller les lignes entre la psychedelia et le krautrock en utilisant des synthétiseurs tout sauf agressifs, des percussions lourdes de prophéties, d’orgues comme des boucles cycliques, d’enregistrements pris sur le vif et d’harmonies en trois parties prises sur le mode de l’apaisement.

Le disque s’enfle et gonfle, tourne et s’égare mais plutôt que de nous donner la sensation d’être perdus dans un puits sans fond il affiche une cadence organique qui débute et termine chaque composition de manière naturelle.

On pressent que, « live », l’expérience se veut viscérale et physique mais, sur disque, une écoute répétée fait percevoir de nouvelles nappes instrumentales, des harmonies chuchotées et à peine perceptibles et des lignes de synthés qui suggèrent l’utilisation plus intime de casques stéréo.

De ce point de vue, le titre et le nom de groupe, tout connotas qu’ils soient, ne sont pas véritablement des leurres. Ils représentent en effet un affranchissement de certains modèles et si, dans la forme, le mode Frank Zappa n’est pas à l’ordre du jour, la référence est beaucoup plus appropriée quant à la démarche.

On appréciera, finalement, le chaos structuré que Zappa avait su insuffler et que l’on retrouve ici tout comme  les enregistrements en analogique. On notera enfin la la psychedelia bouillonnante de « Beneath The Air » et le « closer » incandescent qu’est « Spiral Jetty ». Tout ceci fait de Absolutely Free un album qui tient les promesses augurées par le groupe.

***1/2

24 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

TOY: « Join The Dots »

Trois des cinq membres de TOY ont sorti un album sous le nom de Joe Lean & The Jing Jang Jong. Il est donc étonnant de considérer la prolixité de TOY puisque Join The Dots est leur deuxième disque en un an.

Ce nouvel opus ne se distingue d’ailleurs pas du son auquel le groupe nous avait habitués : celui-ci reste toujours marqué par l’impétuosité que des parties de guitares sinueuses enroulent autour des morceaux.

Join The Dots débute d’ailleurs de façon assez lente avec « Conductor » et « As We Turn », plus dans la recherche harmonique qu’à l’habitude, mais ça n’est que pour mieux mettre en relief le côté krautrock qui fait partie de leur identité,. Cela va s’opérer progressivement avec le beat robotique d’un « Endlessly » qui demeure pensif, puis avec « It’s Been So Long » dont la mélodie est constamment contrebalancée par une ligne de basse percutante et un « You Won’t Be The Same » hypnotique qui nous a préparé entretemps à ce qui va suivre.

La chanson-titre montre clairement la manière dont TOY approche l’épique, étayée par l’impulsion que donnera un titre comme « Left Myself Behind ». Les vocaux de Tom Dougall véhiculent toujours ce même phrasé qui semble dénué de passion, en particulier sur « Join The Dots » où ils semblent s’adonner à un jeu de questions/réponses avec des guitares qui, elles, demeurent tumultueuses ; incessant va-et-vient entre pause et intensité, exercice dont la connotation pourrait elle celle d’un mantra dans l’aspect répétitif des structures mais aussi dans cette sorte de détachement proposé par la voix du chanteur.

On voit donc que nos Londoniens, tout en ne s’éloignant que peu du premier album, donnent la sensation d’avoir trouvé le juste équilibre entre harmonie et vigueur, chose dont Joe Lean & The Jing Jang Jong était précisément dépourvu.

★★★☆☆

12 décembre 2013 Posted by | Quickies | , | Un commentaire