No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Budos Band: « The Budos Band V »

The Budos Band est un combo plutôt atypique puisqu’il mixe avec bonheur jazz rock fiévreux et hard rock à la Black Sabbath. Sur ce cinquième opus, on est loin de sentir le vent tourner ; on pourrait même dire qu’il continue de plus belle d’aller dans le même sens.

C’est une approche très personnelle, assez intrépide pour qui n’est pas ouvert d’esprit (les deux univers qui cohabitent ici sont en effet assez éloignés), mais qui tient un truc unique et inédit, et s’y tient.

Les cuivres sont fous, libres, hurlants, les riffs sont classiques et efficaces, groovant avec sobriété. Le batteur est assez discret dans le mix mais a vraiment un toucher magique. Les titres ne traînent jamais en longueur, pourtant les ambiances sont volontiers changeantes au sein des trois ou quatre minutes qui les composent. Le côté psychédélique et heavy / doom est encore renforcé ici, et on ne s’en plaindra pas. La bizarre impression de se retrouver plongé dans une dimension parallèle où Tony Iommi serait né à Harlem plutôt qu’à Birmingham, on s’y fait vite, et on ne peut bientôt plus se passer d’un V qui passe si vite qu’il donne envie de remettre le couvert.

***1/2

24 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Get The Blessing: « Bristopia »

Le jazz-rock détonant de Get The Blessing est de retour ! Composé en partie de membre de Portishead, le collectif poursuit sa quête vers une musique jazz souterraine et complexe, faite de sinuosités, de torsions et d’entrelacs sonores.

Une musique jamais avare d’’expérimentations, capable de surprendre l’auditeur sur chaque titre ou presque. Une véritable performance !

***1/2

26 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Bryan Deister: « Spines of the Heart « 

Bryan Deister a reçu une éducation musicale classique et jazz et c’est en utilisant ces éléments qu’il nous propose avec, Spines of the Heart un premier album très progressive-rock .

Étudiant du Berklee College of Music, c’est ici-même que le disque a été produit et enregistré cet album composé de 22 plages privilégiant tempos moyens soudés par des incursions dans le rock alternatif. À mi-chemin entre Nirvana et Massive Attack et étayés par des vocaux façon John Lennon, l’opus s’efforce de dépasser les limites du mainstream avec des titres aptes à attirer l’attention des grosses stations de radio.



« Approaching » et « Nothing More » seront les morceaux les plus accessibles avec des arrangement acoustiques simples mais se fondant en un crescendo assez remarquable, et, grâce aux riffs de guitares complexes de « Nobody’s Angel », il parvient à marier paino classique et climats de ce rock tel qu’on le pratiquait dans les années 60 et 70. On pourra conclure avec a faconde expérimentale mise en exergue sur « Silent Screams » et « Seven Eight » et, écoute achevée, on s’apercevra qu’on n’aura en aucune manière frôlé l’ennui.

***1/2

7 juin 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Troyka: « Ornithophobia »

Ornithophobia est le troisième album de ce trio de jazz-rock expérimental et il suit un enregistrement « live » qui a montré que, sur scène aussi, ils savaient adapter leur approche à d’autres formats. On peut voir dans le titre du disque une référence au Ornithology de Charlie Parker mais il serait incongru de considérer cet opus comme du jazz stricto sensu.

En effet, si Troyka s’inspire beaucoup de la musique improvisée contemporaine on peut trouver chez eux des éléments plus turbulents (Flying Lotus ou Squarepusher) voire même explosifs façon Dirty Projectors.

Le trio va donc se mouvoir avec fluidité à travers des paysages sonores qui feront des clins d’oeil au rock, au hip-hop, au math-rock ainsi qu’à la musique latine et au blues. Il parvient à utiliser ces idomes simultanément voire même au sein d’une même composition grâce aux claviers de Kit Downes qui sautent avec aisance d’une structure à l’autre comme s’il ne suffisait que d’exercer des brisures, des vaguelettes ou des grondements pour trouver dans la simplicité matière à nous confondre. Le guitariste Chris Montague enfile les riffs comme une araignée le ferait d’une toile et les deux musiciens sont propulsés par la précision rythmique de Joshua Blackmore.

Tout au long de l’album et ce dès l’ouverture en ressac apportée par les riffs nerveux qui parcourent « Arcades » on a droit à une réinvention permanente d’un thème musical récurrent un peu à la façon de Zappa et des signatures de tempos en perpétuel changement coïncidant avec ce désir de se défaire du carcan apporté par une trop grande technicité.

Ornithophobia se terminera sur un « Seahouses » dont les ricochets sonores sont d’une incroyable beauté et nous laissent sur une note d’exaltation qui nous fait oublier la chanson titre schizophrénique sans vouloir, néanmoins, édulcorer ce petit bijou de musique expérimentale.

****

21 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Mystical Weapons: « Mystical Weapons »

Quand il s’agit d’honorer le legs musical de ses parents, Sean Ono Lennon n’a pas de favoris. Après quelques albums solo qui sonnaient comme des extensions logiques de la carrière de son père, il a abandonné le soft-rock paternel pour se tourner vers l’approche plus anarchique de sa mère avec l’art metal de IAM et une nouvelle mouture d Plastic Ono Band.

Mystical Weapons est l’ultime manifestation de sa volatilité puisqu’il s’est associé avec le batteur de Deerhof Greag Saunier pour sortir rapidement ce disque éponyme. Il semble en effet que celui-ci ait été composé très vite, interprété et enregistré dans la foulée tant la variété des instrumentaux qui le composent ont l’air de puiser à de multiples sources.

On trouvera donc de l’acid-rock quand Miles Davies s’était emparé du genre (Distant City »), du rock progressif qui semble sorti de chutes de studios du Pink Floyd à Pompéi, des musiques que l’on pourrait qualifier d’extraits accidentels tirés des dessins animés Looney Tunes et même des incursions dans le classique à la Debussy sur « Dirty and Dirty Neon ».

Hâte ressentie également dans la brièveté de Mystical Weapons (treize plages pour un total de moins de 40 minutes). La coérence ne se trouvera quand le duo s’abandonne à un groove prolongé qui débouchera sur le freak-out psyche-jazz de « Gross Domestic Happiness ».

Ce premier album se révèlera être par conséquent un disque embryonnaire et rapidement assemblé ; il n’y a qu’à espérer qu’il n’ait constitué qu’un galop d’échauffement.

★★☆☆☆

19 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire