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Surf Curse: « Heavens Surround You »

Surf Curse a sillonné de long en large les routes américaines pour se constituer une fan-base solide et grandissante mais c’est aussi un combo de pop 2.0 comme il en existe une floppée. Es membres naissent aussi vite parfois qu’ils disparaissent, mais si Jacob Rubeck et Nick Rattigan livrent déjà leur cinquième album depuis 2013, c’est qu’on peut imaginer que ces deux-là ont suffisamment de choses à dire pour produire autant.

Pour ce qui est de trousser des tubes bubble-gum, Heaven Surrounds You en regroupe encore une bonne tripotée, dans une veine proche de l’axe suédois incarné par The Mary Onettes et Shout Out Louds, Wild Nothing, Mac Demarco et consorts. On pourrait aussi pointer la filiation avec Fanfarlo ou The Drums. Et tant d’autres encore. De la pop jangle, avec des guitares carillonnantes, des mélodies gentiment mélancolico-dansantes, un peu pysché parfois, complètement rétro-futuriste : c’est déjà entendu mille fois et pourtant si contemporain.

L’astuce du groupe, c’est de s’écarter des chemins balisés et de s’égayer sur les chemins de traverses. Les mélodies imparables flirtent avec le bord de la falaise et plus d’une fois, font le petit pas de coté qui les oblige à déployer leurs ailes instrumentales. Chaque morceau se termine là où ne l’attendait pas, après de multiples accidents rythmiques (« Labyrinth » ou « Midnight Cowboy » en sont de bons exemples). En fin d’album, Surf Curse distille deux morceaux un peu plus longs que la moyenne (la plupart des chansons en restent à deux minutes et trente secondes). D’abord « Opera » qui démontre que le duo compte un bon chanteur dans un registre mélancolique poisseux et sait distiller des arrangements là où c’est utile. Enfin, « Jamie » qui permet de vérifier que le duo compte un bon guitariste et une maîtrise du tempo imparable – impossible de ne pas jubiler avec ce break final. Rien de neuf ? Certes, mais que du bon.

***1/2

 

28 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Chastity Belt: « Chastity Belt »

Chastity Belt est un combo qui semble continuer de monter en puissance de fil en aiguille. Le groupe féminin de Seattle mené par Julia Shapiro a beaucoup évolué jusqu’à son troisième album nommé I Used To Spend So Much Time Alone montrant un visage sérieux il y a deux années de cela. Ce virage va se voir confirmé confirmé avec quatrième disque.

On pensait que Chastity Belt allait se séparer l’an dernier car Julia Shapiro avait connu une petite traversée du désert comme le prouvait son premier album solo paru au début de l’été. Cela s’avèrera une erreur car les musiciennes sont revenues plus fortes que jamais sur cet opus produit par la prodige Jay Som. Voici venir dix nouvelles compositions mélodiques et planantes dont l’introduction nommée « Ann’s Jam » qui plante le décor sans oublier « Effort » et « Rav-4 » où elles montrent à quel point leur inspiration est élevée.

Le quatuor se complaît parfaitement dans leur registre indie pop/jangle-pop lancinant qui avait fait leur réputation depuis quelques années maintenant. Les textes de Julia Shapiro sont toujours aussi personnels et poursuivent les thématiques qu’elle a entrepris sur son premier album solo notamment avec les titres toujours aussi irrésistibles comme « It Takes Time », « Half-Hearted » ou bien même « Split ».

Moins sombre et plus contemplatif qu’auparavant, Chastity Belt confirme son virage musical en parvenant à trouver un compromis permettant à Chastity Belt d’être un disque exemplifiant  de manière parfaite l’accession à la maturité.

***1/2

22 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Boy Scouts: « Free Company »

Derrière Boy Scouts se cache une auteure-compositrice-interprète plutôt talentueuse répondant au nom de Taylor Vick. On l’avait laissé il y a trois années de cela avec son second album nommé Homeroom Breakfast où elle avait perfectionné son style musical. Après une poignée de sorties les années suivantes, la musicienne native d’Oakland revient avec son successeur nommé Free Company.

Pour ce troisième album, Boy Scouts a décidé de faire appel à Stephen Steinbrink derrière les manettes qui nous avait offert un sublime album solo à l’automne dernier. Il en résulte un Free Company idéal pour cette arrière saison avec des compositions à mi-chemin entre indie rock, jangle-pop et indie folk. Le premier titre s’intitule « Get Well Soon » résolument nostalgique aux airs de Richard Hawkley et plante le décor avec aisance. On se laisse entraîner par cette virée fascinante avec d’autres titres comme « In Ya Too » et « Throw Away Love » où notre hôtesse muse sur le chagrin d’amour et la perte.

Que ce soit sur les boîtes à rythme (aléatoirement choisis) sur « All Right » et sur « Expiration Date » nous rappelant que rien n’est acquis ou sur des moments plus organiques et mélodiques comme « In Ya Too » et « Hate Ya 2 » où elle exprime sa colère de la façon la plus saine qui soit, Boy Scouts brille toujours autant. La musicienne californienne sait comment nous emporter et c’est avec ces neuf titres à la douceur cristalline qui habillent ce Free Company doucement nostalgique qui nous accompagnera pour ces climats de fin de saison.

***1/2

9 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Dumb Things: « Dumb Things »

L’Australie est le berceau de la « jangle pop » et Dum Things, combo originaire de Brisbane, en est un de ses représentants. Ce quintet y ajoute un goût pour la twee-pop acidulée et ensoleillée comme on en fait de plus en plus rarement et le résultat, plus qu’équivoque, se retrouve sur un premier album éponyme.

En 10 titres et 28 minutes de musique, Dumb Things montre qu’il a maîtrisé la science du genre ; il suffira suffit d’écouter des titres à l’image de l’introductif « Drivin’ Home » tout comme s « Dead Leg » et « Need To Know » pour s’en convaincre. On y retrouvera avec plaisir les esprits de Pavement, Beat Happening et de The Feelies et nous ôter du doute qu’on aurait pu avoir sur l’alchimie du groupe à conjurer de telles mânes.

On prendra plaisir à taper du pied à l’écoute des morceaux comme « No One Comes Around » ou bien même « Walk It Off » et « Grow Up » où Dumb Things est parfaitement dans son élément. Pour un premier album qui comprend également « Before Too Long » et « Take Your Time », le quintet de Brisbane ira donc droit au but pour nous offrir une bande-son idéale pour les amoureux de la pop légère et lumineuse nourrie aux  arpèges de  six cordes qui, pour parfaire le eêve, gagneraient à être des Rickenbacker.

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4 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Strange Ranger: « Remembering The Rockets »

Petit à petit, Strange Ranger fait son nid. Ce groupe de Philadelphie, avait fait parler de lui lors de la sortie de Daymoon il y a deux ans et sur ce nouvel album intitulé Remembering The Rockets il essaie de prouver que sa marge de progression n’est aucunement mise sous l’éteignoir.

Le combova rester dans son domaine mais saura aussi le dominer, et ce, sans prétention. Ce sera donc au moyen de des compositions étrangement radieuses et ensoleillées à l’image du titre d’introduction, « Leona », mais également sur d’autres belles trouvailles comme « Sunday » qui suit et « Nothing Else To Think About It ».

Le groupe mené par le duo de choc Fred Nixon et Isaac Eiger laisse place au décontracté avec ces influences jangle-pop et college rock qui baignent en son long.

En faisant place à la claviériste Fiona Woodman aux chants notamment sur le délicieusement synthétique « Message Me », le groupe de Philadelphie possède plus d’un tour dans son sac et ce ne sont pas les accents slowcore de « Beneath The Lights » ou le downtempo de « Living Free » et « Ranch Style Home » qui démentiront cette réalisation. Somptueux et doux-amer, l’opus sera idéal pour les virées nocturnes sous climats émollients.

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1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Massage: « Oh Boy »

La scène jangle-pop ne s’exporte pas qu’en Australie. la preuve en est le combo Massage qui vient tout droit de Los Angeles. Le quintet nous offre une twee-pop innocente et ensoleillée comme le montre leur premier album intitulé Oh Boy.

C’est un opus qui ombe à pic pour les saisons estivales : riffs jangly,rythmes entraînants et radieux qui baignent les compositions comme « Lydia » qui ouvre le bal mais également « Gee », « Couldn’t Care Less » et autres « Under ». Tout suivra cete même humeur à l’écoute de morceaux comme « Kevin’s Coming Over », « Crying Out Loud » ou « Liar ».

Avec un nom de groupe qui leur va à merveille, le quintet californien nous relaxe comme il se doit avec des morceaux somptueux jusqu’au final intitulé « At Your Door ». Avec son contenu plus qu’homogène, le groupe ne révolutionnera pas la jangle-pop mais nous offre un moment doux et relaxant comme un massage.

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11 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Evan Thomas Way & The Phasers: « Long Distance »

Evan Thomas Way & The Phasers est une excroissance de The Paroson Red Heads, combo ayant migra de Californie en Oregaon qui s’était fait connaître sur la compilation Twelve String High sorte de Nuggets à la sauce «jangle pop». Comme en témoigne le mélange de country alternative et de power-pop proposé sur son dernier album en date, Blurred Harmony (2017), le quatuor construit sa trajectoire selon un axe classique et légendaire déjà emprunté avec bonheur par leurs aînés de The Jayhawks, allant des Byrds à Big Star en passant par Buffalo Springfield.

Aboutissement de travaux parallèles ébauchés dans le plus grand secret pendant ces dix dernières années, le deuxième album solo de leur leader Evan Thomas Way nage dans des eaux similaires, tout en apportant une touche plus personnelle et introspective.

L’objectif avoué de ce projet, que le bonhomme avait d’abord imaginé était  d’enregistrer seul en mode « singer-songwriter » avant de décider de se faire accompagner par quelques amis musiciens regroupés sous le nom de The Phasers, était de sonner comme une version shoegaze de Neil Young. Long Distance n’est pas loin d’atteindre son but, déroulant paisiblement une succession de chansons folk-rock atmosphériques parfois ornées d’un saxophone mesuré (« Gone ») et qui pourraient figurer des croisements entre le Loner et Mojave 3 (« Don’t Fall Away », « Hope », « Change Your Mind »).

Le sommet de ce disque qui ne fréquente que les hautes altitudes sera sans doute, le « twangy » « Fire at the End of the Line », un petit miracle d’équilibre instrumental qui replonge l’auditeur au cœur des rêveries nocturnes du Luna de la période Penthouse. Lumineux avec The Parson Red Heads, ou plus contemplatif sous son propre nom, Evan Thomas Way séduit et impressionne par la constance de son inspiration.

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26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Flying Fish Cove: « At Moonset »

Il n’y a pas que sur la scène australienne qui qit le monopole de la fourniture de la jangle-pop de qualité. Flying Fish Cove est basé à Seattle et il a été bercé par les disques de Teenage Fanclub et de The Pastel. At Moonset, leur premier album, en est la manifestation.

A la croisée de la jangle-pop et de la twee-pop, Flying Fish Cove ne fait pas dans le basique. C’est avec des arrangements peaufinés grâce l’intervention des claviers psychédéliques, flûtes et de cordes qui’ils habillent des morceaux plutôt élégants . Mentionnons l’introductive « Johnny Paper » mais encore « Blow A Candle », « Manticore » ou bien même « Cammy the Camry ». Entre la voix sucrée de Dena Zilber, les riffs décontractés de Jake Jones (qui officie parfois au chant) et la section rythmique légère et somptueuse du duo Sean Canfield (basse) et Jacob Jaffe (batterie), il n’y a qu’un pas.

Chez Flying Fish Cove, tout n’est que luxe, calme et volupté avec une pointe d’ambition qui se faufile entre ces 12 titres. Avec l’intervention de la divine Frankie Cosmos mais également de Jade Tcimpidis et de Lydia Brambila, le quatuor vise le très haut avec « Dangerous Words », « Pony Bracelet » et autres « Home Sweet Home ». Tour à tour cosmique ou psychédélique (comme l’atteste la conclusion fantasmagorique « Belladonna »), At Moonset prouve que la jangle-pop ne se résume pas qu’à des compositions solaires mais à quelque chose de plus arty.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Jaill: « Brain Cream »

Jaill font ce que l’on nomme de la « jangle pop », une pop tranquille et couturée de guitares aérées et ce quatrième album, malgré un changement de label et l’arrivée de deux nouveaux membres ne voit pas Vincent Kirchner dévier de cette route.

On retrouvera donc l’effluve garage, la guitare enlevée et les compositions excentriques qui se manifestent, comme une rassurant habitude, tout au long de Brain Cream. Les textures psychédéliques sont là, légères et les nappes de synthés apportent une tonalité brillante à des morceaux comme « Just a Lovely Day » ou « Little Messages ».

 

« Got an F » et « Picking My Bones » évoqueront ces descentes d’orgues 60’s façon ? And the Mysterians mais ce sera sur les passages les plus lents (« Slides and Slips », « Draggin’ ») que l’atmosphère se fera plus introspective et plus intéressante. On y appréciera le piano Wurlitzer, le riff acoustique et le climat propice au rêve et on se mettra à souhaiter que Kirchner se décide à nous révéler certains de ses secrets mélodiques encore dissimulés.

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2 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire