Masasolo: « Bridges »

28 octobre 2019

Embarquement immédiat pour le Danemark avec le quatuor Masasolo. Leur nouvel album Bridges vous fait voguer vers les confins du rock psyché, à tendance expérimental. Leurs penchants pour cette musique alternative sont plus que louables, mixant avec habileté les codes des années 70 avec ceux d’aujourd’hui.

Comment, à cet égard, ne pas se déhancher sur « Gimme gimme gimme » ? L’énergie musicale de Masasolo se distille au fil des variations de rythme de la batterie et des synthés, ponctuant avec délicatesses paroles et émotions. Bref, une bande-son organique.

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Toska: « Fire By The Silos »

10 avril 2019

Le metal progressif instrumental existe ; il est , ici, diablement puissant et torturé chez Toska, un combo de Brighton, dont Fire By The Silos est le second album.
Il s’agit d’un concept album qui, sous couvert d’observation sociale, se projette dans un futur proche sur la direction prise par le genre humain. L’histoire se focalise sur un individu qui, pris dans l’étau de l’économie de marché capitaliste et de son modèle politique, perd brusquement tout ses moyens existentiels. L’histoire traite également de son passage du tourment émotionnel dépressif à la révolte. Tout cela figure dans les textes psalmodiés du titre éponyme de l’album, le seul (avec, à un degré moindre, « Prayermonger » et « The Heard ») en comportant.

Le trio composant Toska n’est pas formé d’inconnus puisque ses membres officiaient également dans Tordje, un quatuor de metal progressif, mais chanté.Toska s’attaque donc à un véritable challenge, celui de réussir à faire passer tous ses messages uniquement (ou presque) par les émotions musicales. Évidemment, à ce petit jeu là, c’est Rabea Massaad (guitar, piano/synthés), Bea qui se taille la part du lion. Il na, en effet, pas son pareil pour balancer des riffs telluriques tout au long de cet album survitaminé et dont la plupart des titres durent de six à neuf minutes.

Si, parfois une certaine lassitude peut s’installer,le combo possède le talent suffisant pour la combattre en jouant sur les changements d’ambiance.
Le titre qui illustre très bien cette versatilité est « Congress » sur lequel les passages musclés alternent avec bonheur avec ceux plus intimistes. « When Genghis Wake » joue également sur une alternance entre puissance et dépression mais son schéma un peu systématique à ce sujet le rend plus mécanique. Si on est fan de sonorités plus psychédéliques et expérimentales, c’est plutôt « Fire By The Silos » ou « The Heard » feront notre bonheur alors que le piano désenchanté d’ « Ataraxy » sera un excellent prélude au ravageur « Prayermonger » sur lequel le batteur Ben Minal se montre très impressionnant.

Fire By The Silo est avare de solos car l’option de Toska est de tout miser sur la variété des riffs. Force est de reconnaître qu’en la matière, c’est une véritable leçon qui nous est donné, par exemple, pendant toute la lente montée en puissance d’ « Abomasum ».
Toska livre ainsi un album bien équilibré entre émotions et déchaînements tels qu’il sont suggérés par son concept du broyage de l’individu assujetti à des forces dont il n’a plus contrôle.

***1/2