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The Bleachers: « Strange Desire »

Il n’y a rien de bizarre à ce que le guitariste de Fun,Jack Antonoff, ait le désir de faire montre de ses talents solo sur un projet alternatif, The Bleachers. Strange Desire est d’ailleurs un album qui frappe par son honnêteté et sa fidélité à l’esprit et au son de la radio du Top 40 à la fin des années 80.

Grâce à l’aide du super producteur Vince Clarke, Antonoff a confectionné des morceaux plus simples et directs que les mini symphonie de Fun. Elles ont beaucoup en commun avec les compositions qui étalaient son affectivité au grand jour quand il collaborait avec Steel Train, et certaines rappellent occasionnellement certains « hits » qui ont jalonné l’ère Reagan, par exemple « Recklesss LOve » où une touche de Human League se manifeste en particulier dans le registre peu élevé d’une voix qui évoquera celle de Philip Oakey.

La plupart des accroches sont conduites par les claviers et elles ont un son gros et étendu, vecteur de climats romantiques. Quand elles sont associées aux vocaux massifs, aux rythmes carrés et à des textes autobiographiques (« le « single » « I Wanna Get Better ») l’effet est véritablement émouvant.

Aronoff a avoué s »être largement inspiré de Springsteen sur le propulsif « Rollercoaster » d’où émane une sensation de déjà entendu (« Dancing In The Dark » pour ne rien cacher) mais il est possible de visualiser tout cet album comme une variation sur le thème de morceaux construits pour les stades.

Le résultat est frappant, libératoire même ; sans doute était-ce un élément nécessaire à Antonoff pour que ses fans ne réclament pas simplement du « fun » mais aussi une autre forme d’envolée.

***

2 août 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Blouse: « Imperium »

Ce trio de Portland en est ici à son second album et, tout comme le préécdent, l s’emploie à désavouer la production moderniste qui exige un son bien, léché. Il y a trois éléments de bas dans ces morceaux : un côté tribal, des harmonies accompagnant une instrumentation ondoyante (miaulement de la basse, guitare virevoltante) et vocaux détachés. Le résultat est un opus brumeux à la fois légèrement rêveur et en même temps distancié.

Le titre d’ouverture, « Imperium », annonce la couleur avec son riff détonnant etcette phrase : « Êtes-vous l’un d’entre nous ? » Imperieum semble n’être fait que pour le groupe lui-même ce qui, dans la perspective d’un autre, peut être un élément d’aliénation. Le fait que les vocaux nébuleux se perdent parfois dans des chuchotements incohérents à la Nico (« Eyesignht ») ou spnt pratiquement inexistants (« Happy Days ») n’arrange rien à l’affaire.

Paradoxalement c’est cette distance qui va générer une plus grande attention. Le rfrfain léger de « 1000 years » s’acoquine alors avec cla réalisation qu’il s’agit d’une chanson d’amour (« Je ne te ferais jamais mal / Ou ne disparaitrais pas. ») tput comme les percussions « uptempo » de « Arrested » procurent un gracieux jaillissement juste avant un « Trust Me » plein d’ardeur et de dévotion qui termine l’album de jolie manière.

Ces nuances dans l’émotion, trompeusement lo-fi, sont soigneusement calibréesmais ne versent pas dans l’auto-indulgence. Elles possèdent un charme ; éthéré certes, mais aussi excentrique ; c’est cette dernière qualité qui s’imposera peut-être derrière le regard chassieux qu’on pourrait initialement porter sur l’album.

★★★☆☆

1 novembre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Travis: « Where You Stand »

Travis n’a jamais été un groupe cool malgré le fait qu’il ait enregistré avant le Parachutes de Coldplay deux albums de la même trempe que celui-ci. Dix ans plus tard l’analogie est désormais obsolète car, alors que ces derniers ont, depuis, embrassé des atmosphères grandiloquentes et un prêchi-prêcha à vocation universelle. Travis, tout en maintenant cette touche diaphane, a choisi de poursuivre qui a peu varié faite de brit-pop post Oasis et de climats plus introspectifs.

Where You Stand est son septième opus et il est un excellent rappel des qualités dont Travis peut faire preuve. À la différence de Ode To J. Smith et de ses guitares rocailleuses , ce nouvel opus adopte une disposition contemplative et mature

L’instrumentation s’y conforme, des accords acoustiques frappés méticuleusement, des guitares électriques étouffées mettant en valeur le cliquetis d’un folk aéré (« Mother »), une power pop mesurée « On My Wall ») ou un rock étincelant (le carillon de la chanson titre) et les subtiles poussées de la batterie de Neil Primrose. La voix de Fran Healy s’ajuste à ce climat avec une résonance dont la patine est comme érodée sur des morceaux comme « A Different Room », la ballade « Moving » ou l’inflexion crooner qui jalonne un « The Big Screen » accompagné au piano.

En dépit de ce registre familier, Travis va pousser proposer quelques excursions aventureuses ; « Another Guy » sera tranchant et presque vindicatif avec une mélodie en accords mineurs, « New Shoes » verra Travis épouser la cause hip-hop avec un piano dépouillé rappelant un Gorillaz unplugged., enfin « Boxes » réintroduira une production luxuriante et chargée de type Death Cab For Cutie.

Disque agréable, parfois même beau, on sent un Travis là où il se situe (where he stands), partagé entre cette mélancolie qui lui va si bien et essayer de se mettre à jour par rapport à des nouvelles tendances qui sont presque contre nature pour lui. Le groupe a toujours son propre univers, on ne peut qu’apprécier l’effort qu’il fait à vouloir embrasser un autre monde de ses bras.

★★★☆☆

29 septembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Tall Firs: « Out of It Into It »

The Tall Firs se présentaient comme jouant de « l’electric underground folk ». Le groupe s’en est peu à peu échappé et son album précédent, Too Old To Die Young, les avait vus s’orienter vers un rock plus expérimental aux structures complexes qui gardait pourtant une saveur organique grâce à des guitares charnues.

Out Of It Into It est comme un retour à une musique plus introspective et plaintive basée essentiellement sur un folk acoustique. Le groupe parvient néanmoins à ne pas s’y embourber grâce à une écriture vive et pleine d’esprit. « Suffer So Long » ouvre le disque sur une note dépouillée mais le morceau trouve très vite un contrepoint par une guitare électrique sinueuse et aux échos froids très « space ». On comprend la comparaison qui avait éta faites avec Sonic Youth pour l’utilisation que font The Tall Firs de l’epace et la lettre de créance indie rock dont ils bénéficient.

Ce même acoquinement avec Sonic Youth se retrouve sur « Waiting For A Friend »,sauf que le structure dynamique est accompagnée d’e vocaux aux accents sudistes mais c’est surtout sur des titres plus tempérés que Tall Firs font preuve d’imagination créative. « Axeman » se distingue par une superbe et infectieuse mélodie vocale dont le charme est souligné par une guitare sèche tout en arpèges et « Suicide » s’offre le luxe de se contenter de percussions minimalistes. Le disque baigne ainsi dans une atmosphère décharnée propre à véhiculer le climat d’abandon dont est parsemé l’album. Une touche d’optimisme sera apportée sur « Vertigo » et une avancée plus expansive par un « Crooked Smiles » qui sonne comme bâti pour du « stadium rock ». Mais même sa construction reste en retrait, métamorphosé qu’est son hymne par une production lo-fi dont la conclusion sera un désillusionné « Loss For Words ».

Out Of It Into It résonne de ce climat fragile ; il le fait avec une âpreté qui supplante l’économie de moyens employée.

★★★☆☆

8 février 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Ra Ra Riot: « Beta Love »

Avec Beta Love, les New Yorkais de Ra Ra Riot rejoignent les rangs de ces jeunes musiciens pop et madrés développant un goût prononcé pour la musique synthé des années 80. Les deux premiers albums du combo combinaient rythmes dynamiques, cordes rêveuses et voix la douceâtre et haut perchée de Wes Miles pour produire des refrains légers, au ton plaisant mais inoffensifs. Les choses changent substantiellement ici car les guitares sont quasi inexistantes et les violons, traficotés allez savoir comment, ne servent que de toile de fond à une musique phagocytée par les claviers.

Il en va de même des vocaux qui semblent « bénéficier » des mêmes améliorations studio que les cordes renforçant ainsi la nature électronique proposée par ce mixage. Le résultat en est un disque gai mais peu chaleureux, au son maniéré s’efforçant de donner une atmosphère entraînante. Il y parvient parfaitement si le but était de s’adresser au « mainstream » et de proposer une musique servant de décor sonore à des journées shopping dans les centres commerciaux. 

Beta Love n’a donc même pas l’originalité d’un Passion Pit qui, au moins, proposait une vision de monde empreinte de sensibilité. Il confirme, en fait, que Ra Ra Riot n’a pas réellement conscience de de qu’il est mais, alors que le mariage initial des vocaux et des cordes produisait auparavant une once d’humanité, ce passage au digital ne fait qu’accentuer la côté robotique du groupe (témoin l’ouverture « mécanique » que constitue un « Dance With Me » révélateur). Ra Ra Riot veut se faire pourvoyeur de « hits », mais en souhaitant plaire à tout le monde, il ne touche personne.

★½☆☆☆

23 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

El Perro del Mar: « Pale Fire »

El Perro del Mar est le surnom espagnol que s’est attribuée la chanteuse suédoise Sarah Assbring. Sur ses trois premiers albums, « Le Chien de la Mer » s’était attachée à produire une indie pop sentimentale presque inoffensive voire innocente mâtinée de légères nappes jouxtant la « chamber pop ».

Son quatrième opus, Love is not Pop, l’avait vue abandonner quelque peu ce registre en y greffant des sons nouveaux sur des compositions plus amples. De ce point de vue, Pale Fire pourrait presque être vu comme un « sophomore album » car il semble vouloir approfondir cette exploration de rivages atteints par la glaciation.

Le titre oxymore de l’album, toute référence à Nabokov assumée, se justifie alors dans la mesure où la vocaliste amplifie la nature électronique de morceaux.Ceux-ci se réclament pourtant encore d’un certain vernis « soul » mais ils s’avèrent en fait sonner comme des récits dans lesquels la sensation d’isolation paraît comme immanente.

Ce qui est notable par rapport à ses débuts c’est cette faculté d’assertion, cette confiance, avec laquelle on pourrait dire elle se pavane à aborder ces thèmes du désir et du rejet. Si feu il y a, il faudra alors parler d’une torche intérieure s’efforçant d’éclairer cette sangsue qu’est pour elle le crépuscule de la noirceur.

Il y dans ce disque une ténacité à composer des chansons qui sont comme des hymnes à la réassurance au travers de « loops » répétitifs qui se veulent alors apaisants. Les paysages sonores qu’elle parcourt, tous suffocants, sont même parfois pris d’assaut de façon effrontée tant ils sont arpentés sur un fil ténu tendu entre l’effrayant et le sensuel.

Bien qu’il soit difficile d’éviter le legs d’ABBA, Assbring crée une musique arty et exotique que la plupart des pop stars suédoises. Sa voix est envoûtante, ensorcelante même, et elle a une faculté à se répercuter par dessus le sinistre mur sonore qui sert de toile de fond à l’album. Les couches vocales tourbillonnent ainsi le long de rythmes issus des îles, des chiens aboient à côté de flammes qui crépitent sur « Love Confusion » et un monologue comme venu d’un autre monde se glisse dans « Walk on By ». Une synth pop très eighties mêle adroitement atmosphères sirupeuses qui semblent vouloir entrer en compétition avec des inflexions soniques spectrales. Les lignes de basse résonnent et les boîtes à rythme éclatent sur des tempos qui auraient pu être ceux de chanteuses comme Madonna, Blondie ou Gloria Estefan mais ceux-ci demeurent conscients qu’ils marchent sur des eaux glacées, celles sur lesquelles la voix de Assbring glisse comme un défi à la fine couche de glace qui pourrait s’effondrer sous sa trajectoire vocale.

« Hold Off The Dawn » sera comme un effort désespéré à conjurer l’inévitable et un « I Was A Boy » nostalgique se fera alors prise en compte de cet inéluctabilité qui se refermera sur l’album sur un « Dark Night » dont la mélopée incantatoire éteindra le feu pâle qui régnait encore.

Pale Fire n’est pas loin de la brutalité d’une artiste comme EMA ni de la distinction qui émane de Björk. Reste à savoir si la production toute en détails de ce disque permet de nous faire discerner s’il reste encore une once d’espoir ou si la flammèche se tarira au bout de plusieurs écoutes d’un album qui mérite indéniablement d’être entendu et ré-entendu. Sinon, la réponse sera peut-être dans le prochain album de cette prometteuse artiste.

13 janvier 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , , , | Laisser un commentaire