Red Lokust: « Whom the Gods Wish to Ruin, They First Drive Mad »

4 octobre 2020

Red Lokust – le duo de Jim Semonik et Lee Lauer – a certainement présenté un début prometteur avec The Repercussions of Shedding Your Skinen 2016. Le son du groupe est étonnant, avec ses synthés brûlants, ses arpèges robustes, ses basses croquantes et ses rythmes de danse percutants qui ont défini le précédent travail de Lauer dans Aslan Faction, le tout couronné par le chant incendiaire de Semonik. Au bout de quatre ans, les efforts des deux jeunes artistes sont-ils à la hauteur de leur histoire collective ? Eh bien… à certains égards, Whom the Gods Wish to Ruin, They First Drive Mad le fait et améliore peut-être même les formules que le groupe s’était fixées ; la production est plus serrée, mais pas moins granuleuse pour cette marque d’électro/EBM déformée et infernale. Les basses sont particulièrement musclées, tout comme les rythmes avec des collets et des coups de pied gutturaux qui, du début à la fin, exigent une congrégation sur le dancefloor. Les moments les plus aériens sont particulièrement frappants, comme les chœurs complémentaires et les pads éthérés qui ornent des morceaux comme « 2AM », « Madman » et « Letters From Grindcore », qui ajoutent tous une qualité cauchemardesque et même mélodique, comme sur ce dernier morceau, qui est tout à fait bienvenu au milieu des hurlements frénétiques et des atmosphères cinglantes.

La progression décalée d’une basse étouffante avec quelques sons de guitare scratchy et un synthé percutant dans le refrain de « Madman » garantit à peu près le statut de « single » définitif pour le disque, mais il faut dire qu’au moment où nous arrivons à « The Way Back », l’album commence à perdre un peu de sa vigueur alors que la monotonie des arrangements s’installe ; Une telle franchise n’est pas une caractéristique inhabituelle pour ce style abrasif et ne manquera pas de séduire son public de niche, mais on aurait pu espérer un peu plus de variété dans le tempo et l’ambiance. Même dans les derniers remixes d’« Inertia » et de « 7th Victim », qui font tous deux bien de réinterpréter les modèles sonores des morceaux originaux, la répétition est inévitable. Bien sûr, ce n’est pas le but d’un album avec un titre aussi lovecraftien, car les paroles de Semonik sont tout aussi directes de telle sorte qu’on ne peut pas remettre en question leur sérieux.

Avec des répliques telles que « J’ai besoin de quelque chose pour la douleur », « Déchirer mon esprit fragile / J’ai besoin d’un médecin pour me donner un signe » et « Savent-ils ce qui est le mieux pour moi ? / Tout ce qu’ils savent, c’est le conformisme » (I need something for the pain, Tearing apart my fragile mind / I need a doctor to give me a sign,“Do they know what’s best for me? / All they know is conformity) l’auteur ne peut s’empêcher de se rappeler les diatribes pharmaceutiques des deux premiers albums de Cyanotic. Le plus remarquable est « I’m Not Here (Omnipresent) », car on peut se demander si les paroles font référence à l’état de fracture des relations à l’ère des médias sociaux – chacun étant en contact constant, mais plus éloigné que jamais, tant physiquement qu’émotionnellement. Le fait que, même si Semonik se déchaîne dans la manie du murmure/scream du genre, la sincérité émotionnelle d’un texte comme « I’m sorry I was never there for you » parvient toujours à transparaître est assez convaincante. Whom the Gods Wish to Ruin, They First Drive Mad est une deuxième sortie efficace pour Red Lokust, et il est clair que l’approche de Lauer et Semonik a été affinée et renforcée par rapport à ce que nous avons entendu sur le précédent disque, alors que dans le même temps, l’adhésion au même son EBM dur de retour est un peu décevante. En tant que tel, ce n’est pas un meilleur album, mais au moins ce n’est pas pire non plus.

***1/2


Powerman 5000: « The Noble Rot »

13 septembre 2020

Powerman 5000, pour ceux qui ne les connaissent pas – ou qui les ont oubliés – est un groupe nu-métal/industriel qui a laissé sa marque en 1999, avec l‘album Tonight the Stars Revolt ! Il a distingué les natifs du Minnesota de leurs pairs, les propulsant à Hollywood. Certifié platine par la RIAA (plus d’un million d’exemplaires vendus), l’album a atteint la 29e place du Billboard 200 et le « single » « When Worlds Collide » a été placé dans de nombreux jeux vidéo, films et séries télévisées, dont Beverly Hills 90210. 

Sur leur premier opus, Mega ! Kung Fu Radio (1997), les membres se sont aventurés dans le funk et le hip-hop, avant de trouver leur place dans un créneau plus lourd et d’y rester avec la constance d’un marathonien. Voici maintenant le dixième album de ces vétérans.

Bien qu’ils aient toujours été inspirés par la science-fiction, ils rendent un hommage sincère aux années 1980 avec The Noble Rot. Comme le « single » « Black Lipstick », l’album est plutôt ancré dans la darkwave et la new wave, comme The Cure et Depeche Mode. La voix souterraine et vaguement érotique du chanteur n’a pas changé en 25 ans ; Michael Cummings est toujours un expert en grésillement vocal et autres ronronnements qui ne laissent pas froid à l’auditeur. Si certaines des paroles semblent un peu trop faciles, la critique sociale est toujours très présente. « Special Effects », par exemple, démontre un dégoût pour la fausseté des réseaux sociaux. En bref, ce que nous pouvons apprendre de Powerman 5000, c’est que la formation ne se répétera jamais, et que nous pouvons en être enthousiasmés.

***1/2


Houses of Heaven: « Silent Places »

1 mai 2020

Ce groupe d’Oakland en Californie possède un son qu’on pourrait qualifier de coldwave mais avec cette particularité de fusionner rythmes industriels et techno du début, avec le mélodieux shoegaze et une forte dose d’effets dub. Silent Places est leur premier album et ils avaient publié auparavant un EP intitulé Remnant. La meilleure comparaison à laquelle on peut penser serait Suicide qui rencontrerait Xymox (ou Clan of Xymox si vous préférez) avec John Foxx qui attendrait dans les coulisses. Les voix sont imprégnées de réverbération (ce qui rend les paroles un peu difficiles à comprendre, mais on a l’impression que c’est le cas) et le rythme est définitivement lourd, bien adapté à la piste de danse sombre.L’ambiance générale est très primitive, dans un genre cyberpunk, un peu froide et distante.

Dès la première écoute Silent Places se fait obsédant, malin et très puissant. Bien que Houses of Heaven ait un son cohérent tout au long de l’album, les chansons n’ont pas le même son, ni même un son assez similaire pour provoquer un ennui. Bien qu’il y ait une certaine mélodie dans la musique, elle n’est pas ce qu’on j’appellerait distinctement mélodique. Ici, c’est plutôt de l’underground, et certains des groupes les plus obscurs et les plus sombres découverts dans les années 80 et 90 et dont la plupart sont maintenant tombés dans l’oubli. Il y a en outre une certaine verve excitante que l’on ne retrouve pas dans le dernier album de Nine Inch Nails ou Cure, et c’est ce qui rend Silent Places si spécial. On appréciera « Sleep », « Dissolve The Floor » et « In Soft Confusion » dans un album qui, au demeurant, est plus qu’honnête.

***


Carpet Merchant: « Knitwear Field Recordings »

24 avril 2020

Knitwear Field Recordings de Carpet Merchant est un projet créé en hommage ou en successeur de Arcade Field Recordings d’Oliver Payne. Alors que ce dernier portait sur les enregistrements (et remixes) des arcades de jeux vidéo de Los Angeles, Knitwear Field Recordings applique la même approche à l’atelier de tricot du père du créateur, en documentant le processus de fabrication. Les morceaux portent des titres tels que « Preparing Programs », « Tacking », « Cutting », « Linking » et « Working as a Unit » et ce dernier titre fonctionne exactement ce que tous ces morceaux font.

« Flat Knit From the Pas » sonne comme quelque chose où l’on verrait les gens agitent des bâtons lumineux et tapent du pied. ; et en 21 secondes seulement, on aimerait que ce morceau (comme beaucoup d’autres) dure plus longtemps. « Flat Knit Medley » (un des deux titres à pleine longueur sur 3:36) sonne comme une boucle de synthétiseur cassée accompagnée d’un enregistrement ASMR défectueux. Nous savons que les sons proviennent en fait d’une machine dans un atelier, et c’est bien là le problème. Un synthétiseur est une machine. Un ordinateur est une machine. L’artiste décide quels sons de cette machine doivent contribuer à sa musique.

C’est incontestablement « industriel » dans tous les sens du terme. Et c’est sans aucun doute de la musique. Il y a du rythme, du bourdonnement, des notes, des harmoniques, et même des accords et des mélodies si vous voulez les trouver. Chaque ventilateur qui ronronne, chaque appareil qui clique ou qui bip, contribue à un monde sonore vraiment enveloppant. Vous pouvez imaginer l’atelier de tricot tout autant que vous pouvez relier les pièces à des artistes comme Autechre. Ce qui ajoute une qualité étrange à l’expérience est la présence de voix humaines en arrière-plan sur de nombreux enregistrements. Ces voix calmes et naturelles (mais le plus souvent distantes et inintelligibles) servent de contrepoids à la qualité abrasive des machines et ajoutent une chaleur et une humanité si souvent (intentionnellement) absentes de la musique « dure » que ce projet subvertit.

Ce n’est pas un projet que tout le monde appréciera. Il n’est pas « facil » » à écouter. Il n’y aura pas de « hits » issus de cet album. Mais, sa nature même – conforme aux philosophies de la musique électroacoustique et de l’art conceptuel – fait qu’il vaut la peine que vous preniez le temps (15 minutes au total) de l’explorer.

En fin de compte, vous pouvez décider vous-même de ce projet. En l’écoutant, vous ferez l’expérience de quelque chose de vraiment unique – peut-être différent et peut-être étonnamment similaire à la musique qui vous passionne normalement.

***1/2


Sunn O))): « Pyroclasts »

18 novembre 2019

Les grands sorciers du drone ont sorti deux bêtes de leurs enclos cette année, soit Pyroclasts et Life Metal. Les deux albums ont été enregistrés en direct et édités de façon analogue par cet autre sorcier qu’est Steve Albini qui a capturé le son du groupe sans ordinateurs.

Suivant leur obsession du tone et des amplis Sunn depuis plus de 20 ans, Sunn O))) révèle une neuvième offrande, constituée de quatre chansons comme de grands monuments de pierre noire. Ces longs tableaux sonores opaques et occultes, quoique semblables aux précédents, ne laissent pas indifférents.

Écouter cet album, c’est fixer directement le soleil pendant de longues heures, et en ressortir étourdi et désorienté. L’absence de rythmes et de repères nous permet pourtant de déchiffrer des «indices» insérés ici et là, à la manière de dessins primitifs qui indiquent quelque chose de fondamental: l’ici et le maintenant. Les pièces présentent des fréquences étrangement apaisantes, un peu comme des chants de gorge tibétains prolongés. Elles sont une plongée relaxante dans un sombre Himalaya, créé par ces mystérieux moines evil.

Le processus d’enregistrement, réalisé en deux semaines, a été si immersif que Greg Anderson et Stephen O’Malley ont décidé de produire ce second album en cours de route. Celui-ci se veut « plus méditatif, libre et expérimental », et basé sur des improvisations,aux dires des responsables de tels brûlots.

On se demande: comment eil est possible d’être tout ça, encore plus qu’avant? Life Metal était plus préparé, avec des titres déjà composés. Pyroclasts, quant à lui, réunit en fait quatre enregistrements issus de sessions de drone improvisées, au début ou à la fin de chaque journée de studio durant Life Metal. 

Les mêmes invités se retrouvent sensiblement sur l’album, soit Tom Midyett (Silkworm, Bottomless Pit, et Mint Mile) et la violoncelliste Hildur Guðnadóttir, avec aussi leur collaborateur de longue date Tos Nieuwenhuizen aux claviers. Malheureusement, on ne distingue pas vraiment ce que ces collaborateurs font… Y a-t-il vraiment des synthétiseurs? Où est le violoncelle? On ne le sait pas trop. Ils semblent enterrés sous l’accord de guitare géant et continu qui constitue l’album. Il se finit d’ailleurs vraiment abruptement, lors d’« Ascension (A) » Une sorte de fondu ou d’élément pouvant décroître l’intensité aurait été bienvenue, car on a l’impression qu’un large tapis nous est enlevé de sous les pieds sans avertir.

C’est peut-être plus en live que ça se passe pour Sunn O))), mais on peut tout de même apprécier ces gigantesques coulées de lave sonores, qui défigurent les normes.

****


Protector 101: « Killbots »

2 août 2019

Killbots, de Protector 101, est un déluge noisy-indusrieux de machines outil métronomique anxiogène comme dans la meilleure dystopie.

Il plonge l’auditeur dans un univers sombre et incompréhensible  ou la vie n’a plus de valeur et où il faut frapper vite et fort. Pourrait être une excellente bande son à un futur comme celui décrit dans Mad Max, un futur proche ? Allez savoir.

**


Ubik MCDXCII: « Blackout Blinds »

9 juillet 2019

Tirant son nom du célèbre livre de Philip K. Dick, Ubik, l’artiste et photographe anglais Ubik MCDXCII propose un deuxième album Blackout Blinds nourri d’urbanité nocturne et de spasmes industriels, de hip hop hardcore et de field recordings, n’étant sans évoquer par son approche expérimentale, des artistes tels que Dälek, Kill The Vultures ou Cannibal Ox.

Suintante et dégoulinante, sa musique est un concentré de bruitages concassés et superposés, sur lesquels les mots susurrés lâchent leurs mots en forme de menace, sur des tapis de crasse et de poussière.

Blackout Blinds est un bloc monolithique aux ambiances paranoïaques et flippantes, dont la densité épuise l’auditeur, le vidant de son suc vital pour s’en nourrir. Il faut une certaine concentration pour réussir à s’enchainer les dix titres à la suite, de par la volonté assumée de nous rendre la tache difficile, nous renvoyant dans un espace clos et étouffant, composé à coups de noise rampante et de viscéralité tachée de matière organique dégoulinante. Un opus radical gorgé de désespoir et de pessimisme. Très fortement recommandé.

***1/2


Gutenberg: « Unnecessary Bronze « 

20 juin 2019

Cet album du Japonais Gutenberg alias Shouji Sakurai, est enrobé de mouvements mécaniques et de futurisme mécanique. Vicié jusque dans ses profondeurs les plus sombres, Unnecessary Bronze est un concentré de musique industrielle, aux mélodies turbulentes et grésillements spectraux, fait de roulements et de crépitements menaçants.

Lorsque le calme fait son intrusion, il masque le grouillement de turbines souterraines cherchant à percer les enveloppes qui les tiennent prisonnières

.

Gutenberg magnifie à travers son album les atmosphères, qu’elles soient ambient ou gorgées de salves électroniques, injectant sur People, Singing Voice, Iron Pile, les cris d’une trompette en chute libre. Riche et complexe, minimaliste à la puissance compressée, Unnecessary Bronze frappe de toutes ses forces dans les enceintes d’un monde chancelant. Incandescent.

***1/2


Viet Cong: « Viet Cong »

16 janvier 2015

Selon ce combo canadien, leur premier album éponyme est « hivernal ». Pourtant, à entendre son implacable patine industrielle et crachante, on aurait plutôt l’impression que c’est un opus qui a été conçu sur la chaîne de production d’une usine qui serait installée dans un univers gothique. Le climat est celui d’un enfermement à vous rendre claustrophobe et surtout indifférent aux saisons qui peuvent se succéder au dehors en une insularité qui exclut toute éclaircie.

Après la répétition qu’a été leur premier opus, Cassette, les compositions nous sont ici comme accordées et brandies avec menace sous une production pesante. Chaque plage est enrobée dans une sorte de brouillard qui s’infiltre à notre conscience comme de la gaze passée sous divers processus de fabrications annonciateurs de calamités. Le résultat est glaçant et mécanique et entièrement dépourvu d’émotion.

Le morceau central, un « Bunker Buster » arty, s’empare de lignes de guitares en boucles empruntées à la New Wave et y superpose des vocaux blancs et comme aliénés façon Cars ânonnés par Matt Flegel (ex Women). Il sonne comme si il a avalé le catalogue intégral de Interpol en une foi, vagues gestes et élans de tendresse contrariée inclus.

Viet Cong est un album court et dense (sept morceaux) et, hormis quelques passages comme un « Continetal Shelf » aussi euphorique que le groupe peut en être capable, continuellement sombre. « Death » pourrait causer une secousse tectonique s’il ne prenait pas un brusque, mais bref, virage vers la pop. Cela suggère que le groupe pourrait se dispenser d’effets en studio pour adopter un son plus clair. Pour l’instant, néanmoins, il faudra se satisfaire de cette masse mécanique dans laquelle le climat de fusion ne garantit pas qu’il nous dirige vers une écoute avec laquelle on fusionnerait.

**1/2


KMFDM: « Our Time Will Come »

24 novembre 2014

Trente ans d’existence et plus d’albums qu’aucun autre groupe, KMFDM sont de retour avec un nouveau albu de rock industriel, Our Time Will Come. La première chose qu’on note est que le combo a laissé tomber le symbole à cinq lettres qui faisait office de titre et retrouvé un intitulé long, le premier depuis 1988.

Cela n’a que peu d’importance à l’écoute, à moins d’y voir un signifiant particulier, car les motifs de KMFDM sont toujours là que ce soit sur la pochette ou la combinaison de riffs brutaux et de synthés dance.

Le début, « Genau », entame le disque de manière familière, un morceau « club friendly » rcité en allemand avant d’adopter une tonalité plus mesurée sur un « Shake The Cage » pensif et morose.

« Respekt », « Salvation », « Get The Tongue Wet » ou « Make Your Stand » poursuivront la démarche habituelle dont le groupe a été le pionnier, ce mélange d’accessibilité et de climats qui se veulent être des hymnes.

Les morceaux plus lents, « Out Time Will Come » et « Playing God », plus dépouillés, s’efforceront de mettre l’accent sur le cponcept de « songwriting » et de nous apporter une profondeur dont les textes, mis en avant, seront les porte-voix.

On sait à quelle continuité s’attendre après 30 ans de carrière pour KMFDM. Production impeccable, vibe vivante mais les Allemands parviennent toujours à apporter à leur musique de nouveaux éléments et même des variations stylistiques.

Ils ne sont sans doute plus à l’avant-garde des concepts qu’ils ont créés mais ils demeurent une unité forte et avec laquelle il faut toujours compter. Ajoutons que, comme c’est le cas chez eux, il n’y a absolument aucune plage qu’on puisse considérer comme un titre de remplissage et on ne voit donc pas pourquoi, la patience réclmée qu’induit le titre soit épuisée une fois l’album écouté.

***1/2