Cult of Dom Keller: « They Carried The Dead In A U.F.O »

9 juin 2022

Le dernier album de Cult of Dom Keller attirera votre attention avec des sons percutants, granuleux et expérimentaux qui pourraient tout aussi bien s’échapper de cet univers. They Carried The Dead In A U.F.O est un disque industriel et psychédélique qui dégage un sentiment d’étrangeté en incorporant des voix craquelées et croustillantes additionnées à des sons comme extra-terrestres. Comme l’indique leur biographie sur Bandcamp, Cult of Dom Keller crée des chansons qui « semblent être nées d’un autre univers, depuis les confins de leur » bunker sonore ». Bien que le cinquième album du groupe britannique continue de s’appuyer sur le son précédent, celui-ci est peut-être le plus expérimental à ce jour. L’album de huit titres vous entraîne plus profondément dans un trou sombre et troublant, avec des morceaux distincts qui atteignent chacun des objectifs musicaux différents.

Le disque commence par « Run for the Gullskina », un morceau de sept minutes qui incorpore le son de guitare distordue caractéristique du groupe avec des éléments de cordes mélodiques et des voix rêveuses. Ce morceau englobe une grande partie de ce que l’on associe au post-punk industriel anglais, mais en le rendant plus étrange, plus gothique et psychédélique. C’est un méli-mélo de sons qui tient les auditeurs en haleine. Les trois dernières minutes de la chanson sont du pur drone psychédélique, qui vous demande pratiquement d’écouter à plein volume. C’est comme si Brian Jonestown Massacre était un peu plus grunge et moins « gentil ».

Le morceau le plus intéressant de l’album sur le plan rythmique est « Psychic Surgery », qui porte bien son nom. Il démarre avec un son de batterie funky et des voix qui semblent provenir d’un émetteur radio. Aucune chanson ne ressemble à une autre sur l’album, mais Cult of Dom Keller parvient tout de même à créer une force cohésive. « Psychic Surgery » est peut-être le morceau le plus expérimental de l’album, et le rythme semble parfois décalé. Cult of Dom Keller utilise cet élément pour transmettre efficacement le ton sauvage et inquiétant qu’ils obtiennent avec cet album.

« I die every night but I’m born again » (je meurs chaque nuit mais je renais) est répété tout au long du morceau « Cage the Masters ». Le thème de la mort est apparent dans l’ensemble de l’album, mais ce texte donne l’impression que la mort est une entité cyclique. Associer ce texte à l’atmosphère sombre et inquiétante de l’album crée une dichotomie intéressante. L’instrumentation est intense et troublante, mais les paroles vous entraînent dans une sorte de réconfort de la douleur – sa nature récurrente, suivie d’une renaissance. Après ce morceau, « Amazing Energy » offre un beau répit éthéré qui déplace l’énergie dans un espace plus calme. Lourd en sons synthétiques, le morceau incorpore toujours les mélodies de guitare fuzz et les voix respirantes caractéristiques de Cult of Dom Keller, mais de façon plus paisible. L’album se termine par « Last King of Hell », un morceau de sept minutes qui vole la vedette. Bien qu’il s’agisse d’un choix intéressant pour le morceau de clôture en raison de sa longueur, sa nature rythmique est moins expérimentale que les autres et le rapproche de ce que nous pourrions qualifier de « psych rock » de bout en bout.

Cult of Dom Keller a réussi à créer un album incroyablement étrange et expérimental, et, d’aucuns ayant dit que les membres du combo sont des « alchimistes soniques bricoleurs [qui] ont créé des paysages sonores détraqués », on ne pourra que s’aligner sur cette daffirmation.

***1/2