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whenyoung: « Reasons To Dream »

Sous la houlette des femmes, la scène rock anglaise semble être en train de connaître un second souffle ; après Dream Wife, Wolf Alice, Black Honey ou autre Anteros, et en attendant Yonaka, voici que whenyoung publient enfin leur premier album construit au cours des deux dernières années sur les nombreux « singles » sortis entretemps.
Leur marque de fabrique, à l’image de celles de leurs nombreux prédécesseurs, ne les disposait pourtant guère à
se singulariser : guitare omniprésente, tempo le plus souvent relevés, « singles » taillés pour les stades ou les ondes radiophoniques… Tout cela a été entendu des centaines si ce n’est des milliers de fois sans pour autant encombrer la mémoire collective. Mais là où beaucoup n’ont jamais su se démarquer de la masse, whenyoung présentent eux de sérieux arguments, à commencer par les variations vocales de Aoife Power, un sens de la mélodie rare et aux subtilités multiples, et des refrains pour la plupart immédiats.


Fait rare, si tous les titres ne sont évidemment pas de qualité équivalente, aucun remplissage n’est ici à déplorer. Des compositions sortent évidemment du lot, à l’image de la paire d’ouverture (« 
Pretty Pure » et sa ligne de basse omniprésente et surtout l’hymne « Never Let Go » au refrain et aux chœurs entêtants à souhait), mais l’uniformité du disque en terme de qualité, si rare de nos jours, est à saluer et constitue l’un des points forts de ce Reasons To Dream.
Des quarante-deux minutes que dure le disque, on retiendra notamment
aussi « A Labour Of Love », sur lequel le trio présente une facette plus épurée de sa musique dans un premier temps avant de partir vers une envolée finale jouissive, « Blow Up The World » dont le tempo plus lent offre un bref moment d’accalmie, ou encore l’étonnant « Something Sweet » choisi en guise de final pour une lente et longue montée finale s’étirant sur près de cinq minutes. Belle surprise, Reasons To Dream constitue un premier fait d’armes de choix pour whenyoung que l’on n’attendait pas à pareille fête. Peut-être tenons-nous ici-même un combo à suivre.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Gotobeds: « Debt Begins at 30 »

Ce troisième album des Gotobeds pourrait être le remède idéal pour qui serait en mal d’énergie. Le groupe, avait déjà suscité un intérêt certain avec ses précédentes productions, mais ce nouvel album sonne comme une libération sonore. La formation de Pittsburgh déploie un mur du son de guitares tapageuses sur des morceaux bruitistes qui sont maîtrisés de bout en bout.

Les paroles clamées virent souvent au règlement de compte et convoquent l’ombre planante de Mark E. Smith sur des rythmiques accidentées. On se pince quand on perçoit des instruments à vent dissonants, toujours délicats à justifier, qui sèment un désordre et ’installent savamment sur chaque plage de l’enregistrement.

Le seul bémol à cette nouvelle sortie pourrait être la production trop parfaite qui dessert à la longue les efforts indéniables que les musiciens ont déployés sur les arrangements et l’image Do it Yourself que le groupe s’était forgé depuis son entrée en religion.
Le disque aurait sans doute gagné en cohérence en adoptant un son moins lissé et plus abrupt. Reste que ces morceaux sont taillés pour la scène (« Dross », « Calquer the Hound « , scène que les Gotobeds retrouveront dans les jours à venir au cours d’une tournée qui risque de laisser des acouphènes aux spectateurs imprudents qui n’auraient pas protégé leurs tympans, passeraient des heures au vu du chaos qui règne sur ce disque et seraient en mal d’énergie.

***1/2

3 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tyler Ramsey: « For The Morning »

Deux ans après avoir quitté Band of Horses où il officiait depuis une décennie pour reprendre sa carrière solo, Tyler Ramsey revient avec For The Morning, son quatrième album, le premier depuis The Valley Wind paru en 2011. Et il n’a pas tellement changé. Œuvrant toujours dans un registre folk-rock gracieux et intimiste, cet adepte du fingerpicking évoque dans ses textes sa vie de musicien sur la route, qu’il veut désormais davantage accorder avec celle de sa famille et surtout sa récente paternité, ou bien encore son amour d’une nature belle et sauvage, celle-là même qui l’entoure au quotidien, tout autour de sa maison dans la campagne des environs d’Asheville en Caroline du Nord. Le son très spacieux et ample de ce nouvel album, enregistré à Louisville dans le Kentucky, principalement en compagnie de ses amis de longue date, les impeccables Kevin Ratterman (batterie, guitares, qui s’est également occupé de l’enregistrement et du mixage) et Seth Kauffman (basse, batterie, guitares, membre de Floating Action), qui ont tous deux collaboré avec My Morning Jacket et Ray LaMontagne, est le parfait écrin pour ses nouvelles compositions et on se régale de tous ces détails de production minutieux, l’ensemble sonnant tout de même de manière très naturelle. La superbe voix de Ramsey, que l’on peut rapprocher de celle de Neil Young, est également parfaitement mise en valeur.
Le chanteur peut ainsi dérouler sereinement ses chansons. L’admirable ouverture « Your Whole Life » reflète parfaitement ce sentiment de quiétude qui l’habite et laisse bientôt la place à « A Dream Of Home ». Tout son talent de compositeur ardent et sensible éclate dans ce splendide morceau : des paroles à la musique, des guitares à la rythmique, tout est parfaitement en place. Il y a quelque chose d’intemporel dans ce titre, d’intimidant presque, d’immédiat aussi, qui en fait instantanément le meilleur du disque. Ce dernier va ensuite pareillement alterner entre morceaux calmes à large dominante acoustique et titres plus enlevés. On peut ranger « White Coat », où le jeu de guitare de Ramsey fait merveille, et la langoureuse « Cheap Summer Dres » » dans la première catégorie, alors que « Evening Country » et la très belle « Breaking A Heart » appartiennent à la seconde. « Evening Country » se trouve être une réinterprétation en mode country de « Evening Kitchen », morceau acoustique que Ramsey avait composé pour Infinite Arms, le troisième album de Band of Horses sorti en 2010. Les ajouts de chœurs doux et rêveurs et d’une pedal steel légère la rendent particulièrement appréciable.


« The Bottom Of The Sea » est une belle comosition de presque six minutes qui prend bien le temps d’installer son ambiance à la fois alanguie et paisible, grâce notamment à de beaux arrangements de violons. Comme à son habitude dans ses disques, Ramsey distille ensuite une plage instrumentale envoûtante, ici « Darkest Clouds », qui constitue en fait le premier segment d’un diptyque formé avec « Firewood ». Ces deux morceaux, qui s’enchaînent naturellement et pourraient aisément ne faire qu’un, sont indéniablement un autre temps fort de cet album. Tout à la fois intense, puissamment évocateur et délicat, le natif de Cincinnati tisse lentement sa toile, sa dextérité et sa maîtrise totale de son instrument atteignant une forme de plénitude absolument remarquable, poussant un duo d’abord inquiet et quelque peu sombre vers une clarté apaisante, après avoir été rejoint à point nommé par ses compagnons musiciens. « For The Morning », consacré à sa petite fille, vient conclure le tout comme il avait débuté, avec élégance et douceur, bouclant définitivement la boucle, puisque ce dernier titre fut en fait le premier que Ramsey composa pour son nouveau projet.
Après huit ans d’absence, Tyler Ramsey nous gratifie, pour relancer sa carrière solo, d’un disque à son image, chaleureux, plein de charme et de classe. For The Morning est une œuvre qui prend son temps pour dévoiler ses atouts et qui donc se savoure sur le long terme et se révèle meilleure à chaque écoute. Un retour parfait pour cet artiste talentueux, discret et affable, dont on guettera avec envie et curiosité la suite des aproductions.

****1/2

30 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Amazons: « Future Dust »

Après leur premier album qui n’avait pas fait l’unanimité, ce quatuor de Reading à qui on avait promis une place confortable au sein du rock dévoile Future Dust après quatre « singles » qui avaient servi de « teaser ».

Le premier d’entre eux, « Mother », ouvre les hostilités sous forme de petite bombe rock faisant espérer que l’ensemble du nouvel album allait lui ressembler. Dans leur style « stadium rock », on pourra apprécier l’intro assez calme qui laisse ensuite place aux riffs habituels propres au genre. Le refrain est plus que plaisant, et le final surprend avec une transition pour embrayer sur la suite qui se laisse écouter.

Arrivera ensuite « Fuzzy Tree » ; voix et guitares prendront une grande place suivie eneuite de « 25 » qui viendras redonner un peu de pétillant dans ce style désinvolte auquel on est habitué de la part de Amazons. « The Mire », petite interlude, interrogera alors, chose qui s’accentuera avec « Doubt It » dont on se demande pour quelle raison il a été choisi pour promouvoir l’album.

En effet, si les solos sont judicieux et les chœurs ne sont pas de trop l’ensemble semble un peu trop s’éterniser sur la fin. Voici désormais « All Over Town », un poil plus calme et qui nous emmène dans une balade bien agréable. Les guitares sont plus en retrait, ce qui aurait pu être l’occasion pour la basse de se mettre en valeur.

« End of Wonder » viendra tenter de remettre les pendules à l’heure mais la tentative y est vrain tant le rythme est peu convaincant et les choeurs sont cette fois-ci un peu de trop même si es solos sont plus que convenables.

Avec ces nouvelles chansons, The Amazons reste dans la lignée du premier album : quelques chansons marquantes, d’autres que l’on oubliera, mais dans l’ensemble un potentiel que l’on ne peut nier et qui restera encore à confimer.

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30 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

pronoun: « i’ll show you stronger »

Depuis qu’elle a publié un premier E.P. : there’s no one new around you, la popularité de pronoun est montée en flèche de manière surprenante. Alyse Vellturo de son vrai nom ,s’emploie désormais à sortir de l’ombre avec un « debut » album nommé i’ll show you stronger qui la voit vouloir confirmer les impressions initiales .

La force de pronoun est puisée entre pop de chambre, indie rock et effusions synthpop pour en faire un disque fort en caractère. Ces douze morceaux permettent de définir l’univers musical de pronoun partagé entre Alvvays, Waxahatchee et Stars mais en plus pop-rock dont le titre introductif bien nerveux nommé « you’re not trying at all » ou encore « you didn’t even make the med » et « stay ».

L’interprétation riche en émotions de la native de Brooklyn aura de quoi laisser pantois plus d’un (et je la soupçonne d’avoir trop écouté Enya ou Bjork à un point que ça en devient un peu troublant) que ce soit sur « sadie » et « some people ».

Il y en a pour tous les goûts pour i’ll show you stronger où l’on vacille entre moments bien rentre-dedans (« temporary tantrum ») d’autres plus dansants (« the pieces of you ») ou plus mélancolique (« for the story »).

Chaque morceau possède sa propre identité et pronoun sait exorciser ses maux les plus profonds par moments de façon théâtrale et, à d’autres, de menière quelque peu convenue qui n’empêcheront, toutefois, pas à ce disque de se faire remarquer pour sa singularité.

***1/2

29 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Wallows: « Nothing Happens »

Wallows est un trio basé basé à Los Angeles qui vient de sortir son tout premier album, Nothing Happens, opus qui fait déjà parler de lui. Entre plusieurs singles, tournées et surtout un EP sorti en 2018 qui avait fait du bruit, cet ensemble de onze titres cela a de bonnes chances d’enfoncer le clou un peu plus profond..

Il est incontestable que les Américains se soient inspirés des groupes des années 90. Du punk en passant vers de l’authentique indie rock, ; terrain propice pour que le trio se balade entre différentes influences.

Ce mélange crée une atmosphère presque chaotique mais pourtant très homogène; les morceaux s’enchaînent parfaitement. Les transitions sont très travaillées pour que toutes les chansons soient parfaitement liées et que l’album ne fasse qu’un.

Les émotions ainsi suggérées évoluent au fur-et-à mesure q »une écoute qui se fait nuancée. « Are You Bored Yet? », en duo avec Clairo, a été le premier son à être révélé au public. Alors que cette chanson parle de l’innocence d’une nouvelle relation amoureuse, la suivante, « Scrawn »”, est très différente. Ses beats plutôt lourds et sa batterie plus présente dénoteront avec un rendu plus léger alors que « Treacherous Doctor » se fera dansant, « Ice Cold Pool » nous acclimatera à un contenu mélodique, et que la ballade « Worlds Apart » nus transportera dans l’émotion.

Alors que l’ensemble commence sur un côté plutôt fort, positif et entraînant avec « Only Friend », celui-ci va graduellement devenir plus calme pour finir sur « Do Not Wait » oscillant entre tristesse et espoir.

Nothing Happens porte relativement bien son titre dans la mesure où il se présente sous la forme d’un ascenseur émotionnel:entre nostalgie, danse et émotions, le disque ne peut laisser indifférent. Il restera à approfondir ces nuances demanière plus percutante pour que ce Nothing Happens ne reste pas un galop d’essai qui n’aura pas été jusq’au bout.

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26 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Shifting Sands: « Crystal Cuts »

Originaires de Brisbane, Shifting Sands se compose de transfuges de Gentle Ben & His Sensitive Side et de SixFtHick, connus des aficionados du punk rock musclé. Celui-ci fait pourtant sa sortie au profit d’ambiances mesurées, à l’élégante retenue, qui ne sont pas sans rappeler les productions d’âmes torturées telles que Mark Lanegan ou King Dude.

Ce deuxième opus nous est, ainsi, belle surprise de la part du quintet suatralien Les compositions intimistes à tendance folk, et les envolées voluptueuses empreintes d’un certain psychédélisme, sont accrocheuses dès la première écoute et Shifting Sands va dégager un air de fraicheur, à l’image de « Disaster Response », titre atyant l’envergure d’un « single », qui nous plonge dans une profonde mélancolie avec son refrain instantané.

L’envoûtant duo vocal composé de la douce Anna Clifford et de l’écorché Geoff Corbett, partage avec sincérité leurs tourments sur « Terror of Love » ou « Smoking Again ». En arrière-plan, la guitare exprime ses distorsions les plus sauvages (« Love Song Dedication »), mais semble contenir toute sa férocité dans un équilibre harmonique délicieux (« The Intensity ») tout au long de l’album.

Ainsi, Shifting Sands produit une musique faite de contrastes, où la puissance vocale de Georg Corbett s’oppose à la légèreté des mélodies (« Hibiscus ») et où la délicatesse d’Anna Clifford pondère la rudesse de ses compères.

Crustal Cuts est un album qui séduit pour ses compositions au bord de la rupture, ligne de crête qu’il faut oser vouloir et savoir ménager.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Biffy Clyro: « Balance, Not Symmetry »

De tous les projets mis en oeuvre par Biffy Clyro à ce jour, leur dernier en date est sans nul doute le plus surprenant et inattendu : la B.O. du film Balance, Not Symmetry dont le scénario a été co-écrit par Simon Neil.
Si les membres du groupe se défendent de percevoir ce nouveau disque comme un véritable album au sein de leur désormais riche discographie, difficile de ne pas leur donner tort à l’écoute des titres réunis ici. Loin de proposer un disque instrumental, le trio délivre ici quelques dix-sept titres, dont la grande majorité ne surprendra en rien tant les fans de la première heure que ceux ayant choisi de les suivre dans un passé plus récent. Exception faite d’une poignée d’interludes instrumentaux au piano sur le thème des couleurs (« Pink », « Navy Blue », « Yellow »), les compositions de la formationécossaise les voient évoluer encore et toujours dans le registre à mi-chemin entre le rock et pop de stade avec la formule guitare / basse / batterie qui reste à l’honneur mais qui se voit abondamment enrichie de piano et d’arrangements électroniques, dont leur musique s’est imprégnée sur leurs plus récentes productions.


Choisi comme premier « single »,le titre éponyme nous renerra au Biffy Clyro des débuts avec un brûlot punk et direct sur lequel Simon Neil ne ménage pas sa voix. Une entame jubilatoire, surprenante, mais aussi peu représentative d’un disque dans lequel le groupe présente ses facettes les plus accessibles. « All Singing And All Dancing » au potentiel radiophonique évident en portera témoignage , tout comme le premier enregistrement studio de « Different Kind Of Love », acoustique, downtempo et emprunt de choeurs découvert lors de la tournée du combo, MTV Unplugged.
Entre compositions directes et efficaces (« Sunrise ») et essais plus posé (« Fever Dream, » « Plead) », le groupe tire son épingle du jeu dès lors qu’il se prête au jeu des changements de rythmes et cassures ou du travail sur les harmonies vocales (« Tunnels And Trees » et son piano mutin, « The Naturals » ou le grandiloquent « Following Master »), un registre dans lequel il a toujours excellé, toutes époques confondues.
Loin d’être un simple faire-valoir au film qu’il accompagne, cohérent et ne manquant ni de relief ni d’audace, ce dernier disque en date de Biffy Clyro trouvera à n’en pas douter une place de choix au sein de la discographie du groupe. Une sortie inattendue, aux qualités évidentes, que les amateurs du trio sauront apprécier à sa juste valeur dans l’attente d’un prochain album officiel.

***1/2

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sam Cohen: « The Future’s Still Ringing In My Ears »

Le récent succès de Kevin Morby, on le doit également à un autre homme : Sam Cohen. En effet, l’ex-membre d’Apollo Sunshine est aux commandes de ses plus grands et incontournables albums. L’homme de l’ombre basé à Brooklyna décidé de faire son grand retour après quatre années de silence radio avec The Future’s Still Ringing In My Ears.

Signé sur un label qui n’est autre que celui de Danger Mouse, Cohen nous présente ses choses à dire sous la forme de onze nouvelles compositions autoproduites (avec une aide précieuse de Danger Mouse créditée à la co-production mais sa patte est plus que présente), il poursuit sa voie qu’il avait emprunté avec son titre psychédélique « Use Your Illusion » aussi bien mystique que mélancolique et sa bande-son hantée The House of Rising Sun. Une fois de plus, son mélange de pop psychédélique et d’indie rock groovy fait effet avec ses claviers complètement trippy et ses arrangements quasi-Dylanesques comme sur « I Can’t Lose », « Something’s Got A Hold On Me » ou bien même sur « Man On Fire ».

Aussi bien rétro que psychédélique, Sam Cohen prend un regard détaché sur la société et dépeint un futur plutôt incertain et pas très optimiste. Ce sera avec des instrumentations vintage qui alimentent son sens du storytelling que l’on a affaire comme « Invisible Song », les arrangements au piano du plus bel effet de « Deafening Silence » sans oublier les guitares bien rétro et fumeuses qui habillent « Dead Rider ». Mentionnons tout de même l’audacieux « Let The Sun Come Through » qui pourrait faire office de pièce maîtresse de cet opus qui fourmille de nombreuses idées, n’en déplaise avec les nostalgiques « Waiting For My Baby » et « The Future ».

On pourra considérer The Future’s Still Ringing In My Ears comme un point tournant dans la créativité de Sam Cohen. On retrouve certains aspects qui ont fait le succès de Kevin Morby mais avec cette pointe de psychédélisme que l’on soupçonnait sur son premier album mais également lors de ses travaux précédents auprès d’Apollo Sunshine ou de Yellowbird. Grâce à l’aide précieuse de Danger Mouse, le musicien est définitivement prêt pour passer de l’ombre à la lumière avec un avenir plutôt bien tracé.

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23 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The National: « I Am Easy To Find »

On sent que  The National a subi les vicissitudes du temps et heureusement, c’est pour le mieux. Ce que l’on reprochait au groupe sur certains points est maintenant chose du passé.

Les membres ont pris du recul et ça s’entend dans I Am Easy to Find. En travaillant avec des gens extérieurs au quintette habituel, à qui ils ont laissé énormément d’espace, ils se sont munis d’atouts favorables pour faire un opus qui en vaut l’écoute.

Célébrant cette année ses deux décennies au compteur, la formation en ait à son 8e album. I Am Easy to Find se forme d’une panoplie d’éléments du passé et du présent, donnant de l’unicité à l’album tout en lui reconnaissant des traits amplement familiers. On sait à quoi s’attendre, mais on se laisse quand même surprendre.

Tout comme dans leur précédent album, c’est le rythme qui dirige la voix et non pas le contraire. On sent à nouveau la richesse du travail des Dessner dans la structure des compositions musicales, autant que l’indéniable qualité rythmique des frères Devendorf qui savent tout faire dans les moments opportuns. Les poétiques paroles ainsi que la voix de Matt Berninger ne sont toutefois aucunement négligeables.

L’utilisation des instruments à cordes dans « Oblivions », « Hey Rosey » et « Not in Kansas » est porteuse d’espoir, alors que le piano entendu dans « Quiet Light », « Roman Holida »y et « Hairpin Turns » apaise. La batterie, plus agitée, amène du rythme et de la vie dans « You Had Your Soul With You » et « The Pull of You ». Tous ces éléments aident ainsi à diversifier les chansons qui malgré tout, manquent par moment un brin d’effervescence.

The National laisse tomber un certain ego en allant chercher des influences extérieures, majoritairement auprès de femmes. Carin Besser, la femme de Matt Berninger, fait partie de ces influences qui ont grandement aidé à forger l’identité de I Am Easy to Find surtout au niveau des paroles. Une complicité émane de cette collaboration non seulement à travers ce qui est dit, mais également dans la relation que porte la voix de Berninger notamment avec celles de Gail Ann Dorsey et de Sharon Van Etten. C’est d’ailleurs ce qui rend l’album beaucoup plus accessible à tous, en plus de l’intelligibilité de la voix de Berninger permettant de capter plus facilement l’essence des émotions véhiculées.

Comme dans toute chose, ce huitième opus doit être écouté plusieurs fois pour en comprendre ses subtilités. Petit bémol ici alors que l’album, qui dure plus d’une heure, laisse sporadiquement place à des passages monotones et interminables. Se référant à des sujets liés à l’idée de distance, de la nostalgie du passé, de réflexions sans fin et d’attentes, on tend parfois à vouloir décrocher pour ne pas se rendre trop malheureux. Heureusement, c’est loin de représenter l’ensemble d’un album aussi bien construit, autant dans son fond que dans sa forme.

Pour les fans incontestés du groupe, I Am Easy to Find est un album dont l’écoute en vaut la peine. Pour ceux qui viennent tout juste de les découvrir ou qui s’apprêtent à le faire, il faut se montrer patient pour réellement en apprécier son essence. Il témoigne d’une poignante évolution d’un groupe qui, même après vingt ans, semble loin d’avoir atteint son apogée créative.

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17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire