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Biffy Clyro: « Balance, Not Symmetry »

De tous les projets mis en oeuvre par Biffy Clyro à ce jour, leur dernier en date est sans nul doute le plus surprenant et inattendu : la B.O. du film Balance, Not Symmetry dont le scénario a été co-écrit par Simon Neil.
Si les membres du groupe se défendent de percevoir ce nouveau disque comme un véritable album au sein de leur désormais riche discographie, difficile de ne pas leur donner tort à l’écoute des titres réunis ici. Loin de proposer un disque instrumental, le trio délivre ici quelques dix-sept titres, dont la grande majorité ne surprendra en rien tant les fans de la première heure que ceux ayant choisi de les suivre dans un passé plus récent. Exception faite d’une poignée d’interludes instrumentaux au piano sur le thème des couleurs (« Pink », « Navy Blue », « Yellow »), les compositions de la formationécossaise les voient évoluer encore et toujours dans le registre à mi-chemin entre le rock et pop de stade avec la formule guitare / basse / batterie qui reste à l’honneur mais qui se voit abondamment enrichie de piano et d’arrangements électroniques, dont leur musique s’est imprégnée sur leurs plus récentes productions.


Choisi comme premier « single »,le titre éponyme nous renerra au Biffy Clyro des débuts avec un brûlot punk et direct sur lequel Simon Neil ne ménage pas sa voix. Une entame jubilatoire, surprenante, mais aussi peu représentative d’un disque dans lequel le groupe présente ses facettes les plus accessibles. « All Singing And All Dancing » au potentiel radiophonique évident en portera témoignage , tout comme le premier enregistrement studio de « Different Kind Of Love », acoustique, downtempo et emprunt de choeurs découvert lors de la tournée du combo, MTV Unplugged.
Entre compositions directes et efficaces (« Sunrise ») et essais plus posé (« Fever Dream, » « Plead) », le groupe tire son épingle du jeu dès lors qu’il se prête au jeu des changements de rythmes et cassures ou du travail sur les harmonies vocales (« Tunnels And Trees » et son piano mutin, « The Naturals » ou le grandiloquent « Following Master »), un registre dans lequel il a toujours excellé, toutes époques confondues.
Loin d’être un simple faire-valoir au film qu’il accompagne, cohérent et ne manquant ni de relief ni d’audace, ce dernier disque en date de Biffy Clyro trouvera à n’en pas douter une place de choix au sein de la discographie du groupe. Une sortie inattendue, aux qualités évidentes, que les amateurs du trio sauront apprécier à sa juste valeur dans l’attente d’un prochain album officiel.

***1/2

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sam Cohen: « The Future’s Still Ringing In My Ears »

Le récent succès de Kevin Morby, on le doit également à un autre homme : Sam Cohen. En effet, l’ex-membre d’Apollo Sunshine est aux commandes de ses plus grands et incontournables albums. L’homme de l’ombre basé à Brooklyna décidé de faire son grand retour après quatre années de silence radio avec The Future’s Still Ringing In My Ears.

Signé sur un label qui n’est autre que celui de Danger Mouse, Cohen nous présente ses choses à dire sous la forme de onze nouvelles compositions autoproduites (avec une aide précieuse de Danger Mouse créditée à la co-production mais sa patte est plus que présente), il poursuit sa voie qu’il avait emprunté avec son titre psychédélique « Use Your Illusion » aussi bien mystique que mélancolique et sa bande-son hantée The House of Rising Sun. Une fois de plus, son mélange de pop psychédélique et d’indie rock groovy fait effet avec ses claviers complètement trippy et ses arrangements quasi-Dylanesques comme sur « I Can’t Lose », « Something’s Got A Hold On Me » ou bien même sur « Man On Fire ».

Aussi bien rétro que psychédélique, Sam Cohen prend un regard détaché sur la société et dépeint un futur plutôt incertain et pas très optimiste. Ce sera avec des instrumentations vintage qui alimentent son sens du storytelling que l’on a affaire comme « Invisible Song », les arrangements au piano du plus bel effet de « Deafening Silence » sans oublier les guitares bien rétro et fumeuses qui habillent « Dead Rider ». Mentionnons tout de même l’audacieux « Let The Sun Come Through » qui pourrait faire office de pièce maîtresse de cet opus qui fourmille de nombreuses idées, n’en déplaise avec les nostalgiques « Waiting For My Baby » et « The Future ».

On pourra considérer The Future’s Still Ringing In My Ears comme un point tournant dans la créativité de Sam Cohen. On retrouve certains aspects qui ont fait le succès de Kevin Morby mais avec cette pointe de psychédélisme que l’on soupçonnait sur son premier album mais également lors de ses travaux précédents auprès d’Apollo Sunshine ou de Yellowbird. Grâce à l’aide précieuse de Danger Mouse, le musicien est définitivement prêt pour passer de l’ombre à la lumière avec un avenir plutôt bien tracé.

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23 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The National: « I Am Easy To Find »

On sent que  The National a subi les vicissitudes du temps et heureusement, c’est pour le mieux. Ce que l’on reprochait au groupe sur certains points est maintenant chose du passé.

Les membres ont pris du recul et ça s’entend dans I Am Easy to Find. En travaillant avec des gens extérieurs au quintette habituel, à qui ils ont laissé énormément d’espace, ils se sont munis d’atouts favorables pour faire un opus qui en vaut l’écoute.

Célébrant cette année ses deux décennies au compteur, la formation en ait à son 8e album. I Am Easy to Find se forme d’une panoplie d’éléments du passé et du présent, donnant de l’unicité à l’album tout en lui reconnaissant des traits amplement familiers. On sait à quoi s’attendre, mais on se laisse quand même surprendre.

Tout comme dans leur précédent album, c’est le rythme qui dirige la voix et non pas le contraire. On sent à nouveau la richesse du travail des Dessner dans la structure des compositions musicales, autant que l’indéniable qualité rythmique des frères Devendorf qui savent tout faire dans les moments opportuns. Les poétiques paroles ainsi que la voix de Matt Berninger ne sont toutefois aucunement négligeables.

L’utilisation des instruments à cordes dans « Oblivions », « Hey Rosey » et « Not in Kansas » est porteuse d’espoir, alors que le piano entendu dans « Quiet Light », « Roman Holida »y et « Hairpin Turns » apaise. La batterie, plus agitée, amène du rythme et de la vie dans « You Had Your Soul With You » et « The Pull of You ». Tous ces éléments aident ainsi à diversifier les chansons qui malgré tout, manquent par moment un brin d’effervescence.

The National laisse tomber un certain ego en allant chercher des influences extérieures, majoritairement auprès de femmes. Carin Besser, la femme de Matt Berninger, fait partie de ces influences qui ont grandement aidé à forger l’identité de I Am Easy to Find surtout au niveau des paroles. Une complicité émane de cette collaboration non seulement à travers ce qui est dit, mais également dans la relation que porte la voix de Berninger notamment avec celles de Gail Ann Dorsey et de Sharon Van Etten. C’est d’ailleurs ce qui rend l’album beaucoup plus accessible à tous, en plus de l’intelligibilité de la voix de Berninger permettant de capter plus facilement l’essence des émotions véhiculées.

Comme dans toute chose, ce huitième opus doit être écouté plusieurs fois pour en comprendre ses subtilités. Petit bémol ici alors que l’album, qui dure plus d’une heure, laisse sporadiquement place à des passages monotones et interminables. Se référant à des sujets liés à l’idée de distance, de la nostalgie du passé, de réflexions sans fin et d’attentes, on tend parfois à vouloir décrocher pour ne pas se rendre trop malheureux. Heureusement, c’est loin de représenter l’ensemble d’un album aussi bien construit, autant dans son fond que dans sa forme.

Pour les fans incontestés du groupe, I Am Easy to Find est un album dont l’écoute en vaut la peine. Pour ceux qui viennent tout juste de les découvrir ou qui s’apprêtent à le faire, il faut se montrer patient pour réellement en apprécier son essence. Il témoigne d’une poignante évolution d’un groupe qui, même après vingt ans, semble loin d’avoir atteint son apogée créative.

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17 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

DYGL: « Songs of Innocence & Experience »

Les Japonais de DYGL avaient impressionné et imprimé  en 2017 avec un premier album très efficace, Say Goodbye to Memory Den. Aujourd’hui Ils décident de confirmer tout le bien que l’on pense d’eux avec Songs of Innocence & Experience, un deuxième opus délicat et aussi bien ficelé que le précédent.
Le combo ne fait rien comme les autres ; en 2017, le quatuor était produit par un Strokes et il reprenait à son comptel’héritage de Cast avec es titres enlevés et jouissifs.

Avec ce nouveau disque, ses membres font plutôt du U2 en mettant en ligne directement leur album avant sa mise en vente chez les disquaires.
Chaperonnés par Rory Atwell (
The Vaccines, Veronica Falls), DYGL affine son jeu et prend des chemins de traverse.
La première partie du disque est résolument calme et fait dans le mid-tempo délicat. Au lieu de débouler sur la piste et de danser comme en 1995, on se rassoit et on savoure la nouvelle passion de Nobuki Akiyama, la plume qui écrit toutes les chansons de
DYGL (et qui les chante). On se relèvera à partir de « Bad Kicks », on remet le son et on file se déhancher comme au bon vieux temps. Au final un petit opus, déconstruit et contrasté, mais solide et bien équilibré.

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14 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Dehd: « Water »

Dehd est un trio indie rock basé à Chicago qui avait fait impression en 2016 avec sa toute première sortie. Composé de Jason Balla des groupes Ne-Hi et Earring, Emily Kampf, ex-membre de Lala Lala et du batteur Eric McGrady, le groupe était resté dans une démarche « DIY » avec ses parutions suivantes mais semble prêt à passer à l’étape supérieure avec un premier véritable album, Water.

Composé de 13 morceaux, Dehd fait parler ses influences à mi-chemin entre post-punk et surf-rock, où The Cramps et Third Coast cohabitent sans aucun souci. Cela donne des morceaux implacables restant toujours dans l’esprit DIY allant du titre d’introduction nommé « Wild » à « Lake » en passant par « Baby », « Wait » et « Sunbeat » ne dépassant que rarement les 3 minutes.

Une des forces ssu combo est sa capacité à gérer la rupture amoureuse qu’ont traversée Jason Balla et Emily Kampf il y a quelques années de cela. Le disque fait office de thérapie de couple afin d’aller de l’avant à travers des textes personnels mais plutôt touchants comme sur « On My Side » en passant par « Love Calls » ou encore l’entêtant « Happy Again » montrant qu’après la rupture survient toujours une renaissance ; voilà une philosphie à laquelle tout un chacun peut adhérérer.

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13 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Filthy Friends: « Emerald Valley »

Filthy Friends avait fait son entrée en 2017 avec un premier album intitulé Invitation (cqui n’avait pas rempli toutes ses promesses eu égard à l’origine de ses membres : Sleater-Kinney, R.E.M., Miinus 5, King Crimson…

Le nouvel opus du combo se devait de redresser le tir et il faut dire que Emerald Valley sonne comme un dique beaucoup plus collaboratif que le précédent.

Les compositions fusent à 1000 à l’heure comme le titre d’ouverture prouvant que Corin Tucker reste toujours aussi charismatique et qu’avec le guitariste Peter Buck une véritable alchimie s’est créée.

Les titres sont électriques à maints égards ; électriques « Pipeline » qui s’attaque à la crise pétrolière ou encore « November Man » ou un survolté « The Elliott ».

Mettant en avant leurs engagements politiques et sociales comme la situation sociale de Portland sur « One Flew East » ou le capitalisme qui fait ses dégâts sur « Last Chance County », Emerald Valley n’oublie pas pour autant des moments plus doux comme la ballade mid-tempo nommée « Angels » ou la conclusion acoustique intitulée « Hey Lacey ».

Plus travaillé qu’Invitation, Filthy Friends parvient à mériter sa réputation de supergroupe rock alternatif pour quarantenaires. C’est déjà pas mal comaéré à dautres.

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12 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Marc Demarco: « Here Comes the Cowboy »

Aux premières notes de ce cinquième album du « slack-rocker » Mac DeMarco, un trépignement agrippe l’oreille : l’auteur-compositeur-interprète serait-il en train de nous emmener ailleurs ? Il faudra bien vite redescendre de nos grands destriers, cette introduction très Rocky Racoon n’était qu’illusion. Dès la seconde pièce, l’extrait Nobody, on retrouve ce même bon vieux Mac qui gratte ses cordes désaccordées façon jangle pop, qui chante sans trop se presser.

 

L’artiste ramène aussi les inflexions aiguës rappelant Salad Days (2014). On attend donc patiemment pendant quelques chansons de s’accrocher à quelque chose de neuf. À la sixième chanson survient « Choo Choo », un jam au propos obscur avec plus de funk et de tempo. Encore une fois, on y est,et on s’embarque avant que çaça retombe dans la zone de confort tout de suite après. Mais c’est toujours sympa, un peu de Mac DeMarco diront les inconditionnels.Certes mais c’est pour ça qu’on se repasse encore Salad Days.
**1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Clinic: « Wheeltappers & Shunters »

Voilà plus de vingt ans que Clinic et délivre ses noirceurs enivrantes mais il aura fallu attendre sept ans pour voir naître ce huitième album ; Wheeltappers & Shunters, en référence à un obscur vieux programme télé de variété diffusé dans les années 70 en Angleterre, reprend la formule magique du groupe : douze titres, des synthés vintage et cette voix si caractéristique.
Le frontman, Ade Blackburn, déclare avoir voulu, par le biais de cet album, démystifier les 70’s et montrer qu’il pouvait aussi y avoir un côté pervers et sombre à cette époque que l’on associe souvent à la libération des mœurs et à la désinvolture. Il a sans nul doute réussi son pari.
Seulement quinze secondes dans « Laughing Cavalier » nousintrdisent dans son univers ; un son krautrock brut où le post-punk n’est jamais loin. La mélodie sera est lourde et lancinante, véhicule parfait aux atmosphères malsaines dans lequelles le combo évolue et qu’il prolonge ensuite sur « D.I.S.C.I.P.L.E. » et un « Mirage » dont la rythmique binaire est redoutable dans son efficacité.


S’ajoutera à l’album une dimension psychédélique omniprésnte par exemple sur .un « Laughing Cavalier » ou un « Rejoice ! » qui n’est pas sans évoquer Syd Barrett.
« New Equations (At The Copacabana) » concluera l’album de la plus étrange des manières avec ses bruits de machine à écrire, où la douceur côtoie l’étrangeté, où l’on avance dans un équilibre délicat.
S’il est parfois difficile de réussir à asseoir une ambiancecar les titres ne sont pas assez longs pour être pdéveloppés, Clinic y parviennent avec brio et joue avec avantage des césures qui sont autant de pauses nécessaires pour reprendre son souffle et repartir de plus bel. Leur pop noire, loin des clichés dansants, reste ancrée en tête.
Le très vampirique « Rubber Bullet » sera, à lui seul ,le parfait condensé de ce huitième album : en moins de deux minutes trente, elle marque Wheeltappers & Shunters cordeau et au fer blanc notamment grâce à son son très 70’s et malgré tout intemporel qui incite encore mieux à visiter ce freakshox suave et doucereux.

***1/2

9 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tacocat: « This Mess Is A Place »

On connaissait Tacocat comme étant les amueurs de la scène bubblegum-punk féminine américaine. C’est avec leurs textes acidulés et sarcastiques qu’elles ont réussi à monter en grade et leurs albums NVM et Lost Time en sont é la preuve concrète. Cettes fois-ci, année, l’heure n’est plus vraiment à la rigolade pour le groupe de Seattle comme le montre leur quatrième opus intitulé This Mess Is A Place.

Tacocat a juré de vouloir se prendre qu’au sérieux désormais. Comme la grande majorité des groupes indie rock américains, Emily Nokes et ses sacolytes s sont estomaquées par les élections américaines de 2016 et déplorent le sort réservé au pays suite à cela. C’est donne des titres plus policés et plus mélodiques où le combo arrive néanmoins à transmettre le malaise général comme sur l’introduction « Hologram » où la guitariste en découd avec ses frustrations identitaires.

Plus surf-pop et jangle-pop que dans le passé, Tacocat n’oublie pas pour autant le côté bubblegum et acidulé qui a fait leur réputation mais il est clair qu’elles atteignent l’âge adulte. This Mess Is A Place veut mettre au sol la confusion, le désespoir et les incertitudes du lendemain suite au climat politique de plus en plus malaisant à travers des morceaux à l’image de « New World » et « Grains of Salt » mais également de « The Joke Of Life » et l’hymne féministe par excellence qu’est « Rose-Coloured Sky » qui ont de quoi défier l’énergie de The Go-Go’s.

En affichant ce visage plus réfléchi sur « Little Friend » ou sur « Crystal Ball »  », Tacocat signe un disque pivot dans sa discographie ; une œuvre qui met en avant les enjeux sociopolitiques américains actuels féministes ou autres ,avec un résultat peut-être moins coloré mais dont la pertinence n’est pas à démontrer.

***1/2

9 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Frank Carter & The Rattlesnakes: « The End of the Suffering »

C’est peu dire que la carrière de Frank Carter a connu un sacré coup de boost depuis que son nom est sur le devant de la scène. Deux albums successifs en 2015 puis 2017, avec des tournées monumentales et sauvages en toile de fond. Carter n’a pas lésiné pour s’imposer. Une telle générosité et un tel rythme laissent cependant des traces. Particulièrement quand on est un artiste entier et à fleur de peau.

Craignant d’y laisser sa santé mentale, Frank Carter a pris une pause bien méritée avant de revenir avec ce troisième album, un disque qui annonce des chansons plus intimes que jamais puisque centrées sur la lutte constante du chanteur pour garder la tête en dehors de l’eau.

Cette dynamique veut qu’un songwriting rock soit meilleur lorsqu’il est moins virulent et il n’est pas rare d’entendre des musiciens justifier un adoucissement des guitares saturées pour se concentrer sur écrire de meilleures compositions.

Ainsi, lorsque l’on termine une première écoute de End Of Suffering, l’impression est celle d’un étouffement. Nul doute que les affres vécus par Carter dans sa vie ont fortement influencé l’ambiance sombre et oppressante de cet album.

Que ce soit la progression toute en retenue de « Why A Butterfly Can’t Love A Spider » ou le blues crasseux de « Love Games” » tout est bien plus sombre. Les moments de gloire sont rares hormis, per exemple, sur « Anxiety », véritable ode à ne pas se laisser dévorer par un mental parfois défaillant.

Les thématiques abordées par le disque sont, sans surprise, assez peu joyeuses. Carter est passé par une grande période de dépression et cela se ressent. Ce peut être un exutoire mais c’est surtout ici une photographie, un témoignage. Ce qui n’est pas, en soi, un défait. Les morceaux sont honroables mais l’ensemble tourne un peu en rond, comme si la volonté didactique l’emportait. Les soupapes sont mises en place mais ont une teneur réjouissante quelque peu forcée (« Tyrant Lizard King » en compagnie de Tom Morello ou encore « Crowbar »).

L’évolution de Frank Carte a laissé beaucoup de ses fans dubitatifs depuis une dizaine d’années. Certains lâcheront l’affaire et se consoleront sur les prestations live incendiaires du groupe anglais. Les autres s’inquiéteront de la santé mentale et artistique du leader des Rattlesnakes.

À cet égard, End Of Suffering n’est pas, malgré son titre ; reste alors à savoir ce que le combo saura nous poposer après ce nouvel opus qui n’offre pas de réelle projection sur sa carrière mais présente plutôt un regard syntéhtique sur un état en un moment fixe.

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8 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire