No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Lingua Nada: « Djinn »

Malgré la graphisme de sa pochette et l’intitulé de son titre, Djinn n’est pas un album surgi d’une région exotique mais tout simplement le disque d’un combo allemand, sis, plus précisément, dans le région de Leizpig.

Évidemment qu’il y a eu de la grande musique kraut, elle est surtout associée au rock des années 1970, à la musique classique des 18e et 19e siècles, et plus récemment à sa scène techno, qui attire en fait des artistes du monde entier.

Lingua Nada s’est formé en 2015 après une courte existence sous le nom Goodbye Ally Airships, et ses médias sociaux indiquent qu’il compte trois membres permanents et neufanciens membres, ce qui fait imaginer un leader intransigeant, ambitieux et possiblement invivable. Et cette personne a tout l’air d’être Adam Lenox Jr., qui endosse à la fois les rôles de chanteur, guitariste, compositeur et réalisateur, et qui avait lui-même joué de tous les instruments sur l’unique enregistrement de Goodbye Ally Airships .

Lingua Nada case beaucoup d’idées, de styles et d’énergie dans des chansons généralement courtes, digestibles par leur brièveté, mais exigeantes par leurs coq-à-l’âne. À vouloir en mener aussi large, il arrive que ça déborde et éclabousse un peu, mais c’est l’envers de la médaille d’une voracité musicale très impressionnante. Il ne faut que quelques minutes en début d’album pour sauter subitement du jazz fusion au noise rock puis au R&B lo-fi et au space rock accrocheur.

C’est d’ailleurs ce côté accrocheur et enjoué qui sert d’unique fil conducteur ici: on sent que Lingua Nada se permet absolument tout, tant qu’il peut s’amuser avec d’une façon ou d’une autre, soit en l’exécutant avec brio, soit en y donnant une saveur personnelle et impertinente.

Musicalement, le tout manquera de cette cohésion qui rend la démarche encore un peu brouillonne et rien ne sera a uniformément captivant si ce ne sont les gros coups comme « Baraka », « Dweeb Weed » et la morceau-titre qui en sera la chanson-phare.

Mais il y a somme toute très peu à redire de cet album nettement plus évolué que les enregistrements précédents du groupe. À ce rythme, si la formation peut maintenir un peu de stabilité et avoir un peu de chance, le suivant, en parvenant à s’affranchir et à casser certains codes, sera, peut-être bien, à tout casser.

***1/2

4 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

From Indian Lake: « Dimly Lit »

From Indian Lakes avait fait parler de lui avec son album Everything Feels Better à l’automne 2016. Ce projet musical californien mené par Joey Vannucchi est considéré comme étant une valeur sûre de l’emo revival américain de cette décennie. Cette fois-ci, il décide d’opérer un changement drastique sur ce nouvel album intitulé Dimly Lit.

Dix ans après sa formation, From Indian Lakes souhaite évoluer et élargir ses horizons musicaux et ce nouvel opus va répondre à cette problématique. Cela s’entendra parfaitement à travers des morceaux plus pop et plus synthétiques comme l’entraînante introduction « New Love » mais également « It Pulls You Up » et « No One Else » qui garderont, toutefois, une base indie rock.

Le nouvel album est également riche en collaborations, ce qui est une nouveauté. On peut citer Soren Bryce de Tummyache qui pose sa voix à trois reprises sur les enivrants « Dissonnance », « Cover My Eyes » et « Almost There » tout comme Nandi Rose Plunkett de Half Waif qui intervient sur « Your Heartbeat Against Me » et sur « A Bad Dream ». Mention spéciale à Miriam Devora des excellents Queen of Jeans sur les divins titres que seront « Garden Bed » et « Faces ». Chaque invité apporte ainsi son ingrédient spécial sur des compositions qui rappeleront la grâce de M83 et de The Postal Service.

Entre temps, on qura pu apprécier les cexplorations indie pop électroniques autant oniriques que pêchues que sont « Breathe It Out » et « When It’s Love You Want ». From Indian Lakes a indéniablement réussi sa réinvention artistique avec ce Dimly Lit résolument aventureux et novateur sans jamais désorienter sa fan base initiale.

***1/2

31 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Jimmy Eat World: « Surviving »

Chez Jimmy Eat World, chaque nouvel album semble être une réaction à son prédécesseur. Clarity était une réaction à Static Prevails, Futures une réaction à Bleed American, on pourrait continuer tout au long de leur discographie que cela fonctionnerait sans souci. Du coup, Surviving est une réaction, et même un compagnon de route de l’excellent et très sous-estimé Integrity Blues en 2016. Du coup, et sans surprise, Surviving est un album plus direct et in your face, rempli de guitares et de morceaux qui ne s’étendent pas. Integrity Blues prenait son temps, demandait plus de temps pour être appréhender, et déployait des atmosphères juste magnifiques. Cette nouvelle livraison ne perd pas de temps. Le groupe sait où il veut aller, y va, et envoie le bois. Ce dixème album n’est pas surprenant, on reconnaît facilement leur patte, et puis la voix de Jim Adkins est quand même identifiable dès les premières paroles. Et puis avec 37 minutes au compteur, on va à l’essentiel. Pour autant, dès les premières mesures du morceau-titre, on est sous le charme de ce refrain catchy et familier à la fois. « Criminal Energy » continue sur cette lancée avec son petit solo dans l’intro, sort les muscles et encore une fois, pas besoin de 10 000 instruments pour rendre une chanson intéressante, le groupe a un sens du songwriting affûté et c’est une évidence. S’en suit, « Delivery », l’un des plus beaux morceaux de Surviving, un mid-tempo à tomber, où cette émotion à fleur de peau vous mettra le frisson, et aurait carrément pu se retrouver sur Bleed American ou Futures (oui à ce point). Le reste se déroule dans nos oreilles, de la ballade plus électro « 555 », l’influence Weezer sur « One Mil », le saxophone sur l’irrésistible « single » « All The Way (Stay) », le très Foo Fighters « Diamond », ou encore le Futuresque « Love Neve » et la superbe ballade « Recommit ».

Le dernier morceau aura toujours une place et un impact particuliers et sera le moment de bravoures de l’album et Jimmy Eat World se montrera à nouveau le maître incontesté des clôtures de disque monstrueuses. « Congratulations »ne fera donc pas exception à la règle : atmosphérique et toutes guitares dehors, un final que l’on n’imaginait pas sortir de leur répertoire (on se croirait chez les Foo Fighters ou Queens Of The Stone Age sur les dernières minutes). Comme quoi, on peut avoir sorti 10 albums, et toujours évoluer par petites touches. Surviving est une pièce de choix supplémentaire dans une discographie de qualité et franchement irréprochable. Pas surprenant, pas leur meilleur album, mais un très bon disque, accrocheur, court et intense. A ne pas manquer.

***1/2

27 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

FEET: « What’s Inside Is More Than Just Ham »

FEET nous dévoile son premier album, What’s Inside Is More Than Just Ham un disque dont la sortie a été reportée et qui est le fruit de trois ans de travail.

Attendu donc avec impatience What’s Inside Is More Than Just Ham est composé de dix chansons qui ont la sonorité ropre au quintet mais s sans perdre en originalité. Il y a quatre chansons que l’on connait déjà puisqu’elles sont sorties en « single » avant l’album. On est néanmoins très contente de les entendre, surtout « English Weather » dont on connait les premiers accords par cœur.

Le groupe explore des rythmes différents dans l’album, ce qui permet d’exclure tout ennui à l’écoute. Dès le premier morceau il y a des variations de rythmes qui surprennent. D’ailleurs, il commence doucement mais très vite on retrouve l’énergie caractéristique du groupe de Coventry. « Dog Walking », « Wiggy Pop » et « Chalet 47 « sont plus calme que le reste de l’album, la dernière évoquant les vacances et suscitant envie de danser.

Les paroles des chansons restent toujours axées sur la banalité de la vie quotidienne et se mêlent avec fluidité aux parties instrumentales. La voix unique de Jeep, le chanteur, est toujours aussi agréable à écouter et fera bon ménage avec la part belle laissée aux instruments. What’s Inside Is More Than Just Ham est un opus bien construit et remarquablement équilibré ; peut-être pas le nec plus ultra mais le mieux étant l’ennemi du bien, pourquoi s’en priver ?

***

26 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Warmduscher: « Tainted Lunch »

Composé de membres des formations dei Insecure Men, Paranoid London, Fat White Family et Childhood, Warmduscher reviennent avec ce troisième album Tainted Lunch, toujours sous la houlette de Dan Carey, et qui monte encore d’un cran dans le déjanté particulièrement addictif.
Ici, toujours le même principe : celui de ne strictement pas en avoir. Nous arrivons tout de même à démêler ce joyeux sac de nœuds en identifiant ce qui fait en partie le son de chacune des formations : rock garage bien hallucinogène, electro vintage et autres beats funky.
Que dire des invités de haute volée: Iggy Pop introduit en bonne et due forme le disque en nous énonçant clairement ses « Rules Of The Games ». L’iguane de son timbre toujours étonnamment sexy pose le décor, et il est alors impossible de ne pas suivre cette recommandation.
Le titre suivant offre un enchaînement quasi parfait : « Tainted Lunch » débute sur un pur morceau punk, aussi court qu’efficace. S’en suivent les deux singles révélés depuis cet été et qui représentent la quintessence de l’album : « Midnight Deeper » puise dans les influences métal chères à la fin des 80s, d’où sûrement la référence dans la vidéo au meilleur (ou pire) de Spinal Tap. « Disco Peanuts », quant à lui, prendra le parti du beat electro crade et libidineux à souhait. Les cris rauques de fin de titre sont dignes d’une interdiction aux moins de seize ans, autant vous dire que l’appel à la débauche est ici assumé.


« Feel It Don’t Spill It », « Grape Face » et « Blood Load » persistent dans le rock garage qui nous rappellent les influences des éléments fondateurs, ici Lias Saudi et Saul Adamczewski qui ne cessent d’enfanter des projets brillants et de les abandonner aussi rapidement car il y a toujours d’autres fleurs à butiner.

La caution hip-hop bien 80s nous est délivrée avec « Dream Lotion » qu’on croirait tirée d’un des premiers albums de Run DMC. Le second invité est Kool Keith, le rappeur-producteur new-yorkais sur un « Burner » très réussi et qui sonne même trop sérieux par rapport au reste du tracklisting. En particulier quand ce morceau est suivi par la bouillie sonore et gutturale de « Chimp ».
« Precious Things » nous balladera enfin au rythme d’un rock mariachi qui fleure bon le désert californien et « Tiny Letters », qui clôture le disque, s’assimile à une chanson d’amour faussement motown et tellement à contre-pied de tout ce qui a précédé qu’elle demeure fatalement dans les esprits.
Le voyage est chaotique, l’auditeur est baladé de-ci de-là pour son plus grand plaisir. Rien de comparable à cet ovni crade et sublimement azimuté, qu’on adorera autant qu’on détestera tant ici le compromis est impossible.

***1/2

26 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Monochrome Set: « Fabula Mendax »

Depuis leur reformation au début des années 2010 à la suite de la grave crise de santé de l’auteur-compositeur et chanteur en chef Bid et de son retpur à la vie, le Monochrome Set pparaît comme un phénix dans le petit monde du rock british. Deux splits et deux reformations successives ont permis au groupe de monter en puissance tant dans son environnement musical que dans son écriture, nous offrant à chaque disque un univers bien particulier dont on se demande à chaque fois où il puise toute cette inventivité.
2019 n’échappe pas à la règle et
Fabula Mendax nous propose ainsi de pénétrer le monde d’Armande de Pange, fausse contemporaine de Jeanne d’Arc au 15ème siècle.
Les dix titres de l’album nous entrainent au travers de contrées plutôt sombres et mystérieuses, où la musicalité se veut baroque et très orchestrée de par l’usage de cordes, instruments à vents divers et variés, et de chœurs féminins tout en subtilité prenant place dans cette pop 60s acidulée et colorée.
Le titre d’ouverture « 
Rest, Unquiet Spirit » avec son intro à guitare digne d’un troubadour en goguette plante le décor. Les premiers instruments exotiques font leur apparition, les chœurs à la tonalité empirique donnent une patine déjà très majestueuse alors que nous n’en sommes qu’au tout début.
C’est ainsi que titres atypiques emplis de musique à l’inspiration gothique voir mystique cohabitent avec petites perles pop typiques du son du groupe depuis ses débuts. Guitares folk, petites mélodies au synthé et percussions faisant la part belle aux cymbales rappellent que The Monochrome Set sont là pour nous faire voyager, et la cohérence dans l’enchaînement des morceaux nous permet de nous laisser guider en toute confiance.


« 
Throw It Out The Window » et « My Little Reliquary « nous replongent dans la nostalgie des tubes pop parfaitement calibrés qui passent tous seuls. « Eux Tous » et « Darkly Sly » s’ancrent quant à eux dans cette mystique étrange et terriblement romantique portée par la thématique de l’album. Le timbre de voix profond et pur de Bid sur ce dernier titre nous évoque une prière, glissant sur une mélodie dénudée qui frôle la sacralité.
Sur « 
Summer Of The Demon », Bid conte une aventure qui nous entraine dans des contrées vierges et sauvages, les envolées orchestrales ainsi que les chœurs féminins donnant de la grandeur au tout.
Le blues prend le dessus sur les titres
I » Can’t Sleep » et « Sliding Icicle », toujours avec cette mélodie au synthé si délicieusement 60s. Le périmètre d’action de The Monochrome Set ne connait aucune limite, offrant une diversité qui ne sonne jamais incohérente.
Le titre « 
La Chanson De La Pucelle », belle référence à notre héroïne nationale morte sur un bucher du fait des anglais, clôture le disque de façon particulièrement mélodieuse, le chant tout en justesse et en puissance proclamant que le matin s’annonce clair et brillant et qu’après les ténèbres viendra forcément la lumière.
The Monochrome Set, malgré une discographie très fournie depuis leur rereformation en 2010 (six albums studio), ne souffrent nullement d’un quelconque syndrome d’essoufflement, réussissant à nous offrir à chaque opus des petits bijoux, toujours sous l’influence majeur de cette pop-folk sophistiquée à l’orchestration très riche.

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26 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Debate Club: « Phosphorescent »

Avec Corridor et Bleu Nuit, la scène indie rock montréalaise continue de battre de son plein. C’est désormais, au tour Debate Club de faire impression. Le jeune quatuor composé de deux Alexandre, Francis et Philippe est du genre à mêler indie rock slacker et garage-pop au plus bel effet sur ses premières sorties. L’heure est venue au premier long-format intitulé Phosphorescent.

En dix titres et en moins d’une demie-heure, Debate Club déballe son savoir-faire à travers des titres implacables avec notamment « Pterodactyl » en guise d’introduction mais également « I Want Out » qui suit et « Rabbit Hole ». Avec des riffs aiguisés et un sens de l’urgence, le quatuor montréalais sait être à cheval dans ses influences rappelant aussi bien Ought que Parquet Courts sur « Wonderland » et « Undestanding Protocols ».

Avec une légère pointe de power-pop dans les refrains, Debate Club ne déçoit que rarement. On ne voit pas réellement le temps défiler car on tape du pied à l’écoute des expéditifs « Feeling Good », « Get Bored » ou bien encore « Third Floor ». Abouti, homogène et cohérent, le quatuor indie rock de Montréal met la barre très haute avec un premier disque efficace et accessible pour tous les fans de rock slacker des années 1990.

***1/2

26 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

One Sentence. Supervisor: « Acedia »

En l’espace de trois albums, One Sentence. Supervisor a réussi à se forger une place sur la scène indie suisse. On les avait quitté en 2016 avec leur album ambitieux nommé Temporær Musik 1-13 les montrant au sommet de leur art. Ils ont choisi la voie de la simplicité avec leur nouvel opus intitulé Acedia.

Voici donc venir dix nouvelles compositions où One Sentence. Supervisor arrive toujours à conjuguer krautrock, pop psychédélique et sonorités orientales pour un résultat toujours aussi incroyable à l’écoute. Produit par Radwan Ghazi Moumneh (Jerusalem In My Heart), le groupe de Baden nous entraîne dans une transe dès les premières notes du morceau-titre ainsi que sur les deux parties de « Double You » et « Who’s Whose » comprenant une participation de Jeans For Jesus.

On se laissera facilement prendre par cette fusion musicale voyageuse et intrigante à travers ces morceaux toujours empreints d’intelligence comme « …And The Rat Feels Nirvana » mais également « Seems Less Seamless » et « Don’t Be Alarmed ». Entre les épopées audacieuses de 7 minutes de « *** » et de la conclusion intitulée « Sadah », One Sentence. Supervisor reste au top de leur forme avec cet Acedia hypnotique et grâcieux.

***1/2

25 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

King Nun: « MASS »

Les Londoniens de King Nun ont enfin sorti leur premier album après la sortie de deux « singles ». Sur MASS, on retrouve un joyeux mélange de leurs influences rock, indie, grunge et parfois même un peu pop, qui, un peu par miracle, trouvent une cohérence irréfutable. La signature musicale King Nun est bien là, brillante.

Le groupe aime aussi se jouer des règles. Sur le « single » « Low Flying Dandelion », par exemple, qui va à l’encontre de toutes les règles mélodiques. C’est aussi le cas avec « Sharing A Head With Seth « aux paroles sombres habillées par la mélodie la plus joyeuse de l’album. King Nun aime brouiller les pistes et associés les contrairesen explorent des horizons musicaux très variés, avec beaucoup de vista et de jubilation face à cette liberté.

Theo Polyzoides, chanteur, frontman et compositeur du groupe, est derrière la grande majorité des textes de cet album et défend avec beaucoup d’ardeur ce besoin de partager ses sentiments avec le monde. Loin des clichés de la musique adolescente -là encore, une preuve de maturité- MASS aborde autant la dépression avec beaucoup de poésie sur « Black Tree », la masculinité toxique sur « Cowboy » ou encore l’anxiété sur la chanson d’introduction, « Mascara Runs ». Avec un talent certain pour l’écriture et la poésie, il n’y a pas de censure pour des thèmes pas forcément évidents à aborder et chanter sur scène.

L’album se révèle avec 11 titres uniques et d’une intensité élevée. Les quatre londoniens ont créé une atmosphère particulière sur ce « debut album » qui reste toujours espiègle et plein d’espoir même dans les thèmes les plus sombres. Le rock à guitare est donc loin d’être enterré, si l’on en croit la relève qui arrive.

***1/2

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Vagabon: « Vagabon »

L’album Infinite Worlds de Vagabon a figuré dans le Top 10 des meilleurs albums de 2017 pour certains. Il faut dire que Laetitia Tamko a débarqué de nulle part et nous a offert un premier disque indie rock riche en émotions. Depuis, l’artiste new-yorkaise d’origine camerounaise a décidé de nous surprendre de nouveau avec son nouvel opus

Un changement drastique s’opère pour notre Vagabon avec, pour commencer son départ vers d’autres cieux artistiques en matière de labels. Musicalement, elle élargit sa palette m en s’éloignant des influences indie rock qui ont fait sa personne (Modest Mouse, Built To Spill, Frankie Cosmos…) pour puiser du côté de la pop des années 2000 avec un soupçon plus christique qu’à l’accoutumée. Il en résulte des morceaux autoproduits et audacieux comme « Full Moon In Gemini » en guise d’introduction mais également les allures new wave de « Flood » et le bouleversant « In A Bind » où les sonorités digitales ont remplacé les guitares du premier album.

La voix de Vagabon se rapproche de plus en plus de celle de Sampha tellement la ressemblance est flagrante sur l’entêtant « Water Me Down » où l’on flotte sans souci ou encore « Wits About You ». Une dimension spirituelle se dégage tout au long de ce second opus où les chorales gospel peuvent se faire entendre de temps à autre tandis que les timides gadgets électroniques se frottent à des arrangements plus organiques notamment sur « Please Don’t Leave The Table » où l’on attendait à quelque chose de plus simple et la superbe hymne nommée « Every Woman ».

Le second album de Vagabon fonctionne de façon cyclique et ce n’est pas un hasard si ce disque se clôt sous une version remix hip-hop de « Full Moon In Gemini ». Cela prouve à la new-yorkaise de nous offrir un moyen de se découvrir sous un nouveau jour passant de la remise en question à l’acceptation avant de passer à l’évolution pour devenir une meilleure personne qu’elle ne l’est déjà.

***1/2

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire