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Fryars: « Power »

Power est, pour ce second album de Ben Garrett, alias Fryars, un titre trompeur car ce qui était au départ une projet de concept album rebattu certes (la bande-son d’un film qui n’existe pas) s’est transformé en une longue attente (2 ans) et à des déconvenues avec le music business pour un artiste qui, au bout du compte, doit constater que du pouvoir il n’en a pas.

Le disque est donc un assemblage de compositions qui sont tout sauf fluides, la plupart ayant déjà été exposées sous formes de bandes annonces. Power c’est, en fait, comme regarder à l’intérieur d’un cerveau troublé et à l’esprit disséminé.

Interrompu par des interludes et des instrumentaux se voulant chocs culturels (par exemple la première partie d’un grandiose « China Voyage ») le disque parvient toutefois, à travers ces ingrédients variés, à nous montrer une partie du travail de Fryars inconnue jusqu’à présent.

On trouve toujours ce mélange de indie, d’electro et de R&B mais on y découvre également une manière d’entrer dans une dramatisation qui correspond très bien au projet initial du musicien. « In My Arms » et « Love So Cold » nous empoignent et nous transportent déboulonnant ainsi le confort de la formule pop.

De ces plages associées ensemble on parviendra ainsi à saisir une cohérence car ce qui était le propre de Fryars n’a pas disparu : élégance, vocaux plus affirmés (le falsetto robotique sur «  Can’t Stop Loving You » ou le chuchoté et tordu « Prettiest Ones Fly Highest »), bref une façon bien à lui de tirer partie d’un projet inaccompli.

De part cet éclectisme subi, Power nous donne , en fait, l’impression de regarder à l’intérieur d’un cerveau troublé et à l’esprit disséminé, restera pourtant une attention aux détails qui est la preuve d’un artiste construit. On regrettera le manque de structure qui lui aurait permis d’étayer son art;la troisième fois sera peut-être la bonne.

***1/2

22 décembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

How To Dress Well: « What Is This Heart? »

Tom Krell, ou How To Dress Well, est n artiste hors normes puisque son univers emprunte à l’indie (rock et électronique) ainsi qu »au R&B alternatif. Ce troisième album, le deuxième pour Weird World, branche de Domino Records, ne le voit pas essayer de de se débarrasser de ce manteau « hipster R&B » mais plutôt de le transcender. Le premier « single », « Repeat Pressure », est ainsi ce qu’il aspire à être, une composition pop aux références authentiques. On ne portera pas reproche à Krell, de ce point de vue, d’abandonner sa légère touche d’intellectualisme pour viser au succès dans les « charts ».

Pourant, comme son prédécesseur, What Is This Heart ? est bien plus que cela. L’effort ressemble toujours à un patchwork où Krell ne peut pas passer entre des genres disparates comme le montre « 2 Years On (Shame Dream ») et ses vocaux a cappella accompagnés par un arrangement dépouillé qui fend le cœur et qui, dès l’ouverture, fixe la tonalité confessionnelle de ce que sera tout l’album.

L’artiste demeure ce livre ouvert sur ce que sont les émotions, et sur cet album il occupe véritablement la place centrale. La morosité est toujours là, mais elle semble moins profonde et plutôt teintée de mélancolie directe et assumée (à l’image de sa pochette).

La musique, elle-même, est plus hardie mais elle évolue toujours dans un registre nébuleux où l’expérimentation est plus en toile de fond chez un artiste qui, toutefois, ne le perd jamais de vue.

Plus de place est donnée à la majesté de son falsetto et la deuxième partie de l’album devient un tour de force émotionnel ; des morceaux comme « Childhood Faith In Love (Everything Must Change, Everything Must Stay The Same) ») et « Precious Love » nous offrent ainsi la charme de celui qui met son cœur à plats- ; celui d’un artiste trouvant la bonne intensité pour exprimer des sentiments que nous tous avons éprouvés un jour ou l’autre.

Se frotter à ses démons intérieurs est déjà chose remarquable, mais, même si l’on peut désapprouver la méthode, on ne peut imaginer Krell en faire autrement.

***

23 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire