A Girl Called Eddy: « Been Around »

À l’automne 2018, après plus d’une décennie de silence, l’auteur-compositeur-interprète Erin Moran (alias A Girl Called Eddy) a refait surface avec un tout nouveau projet de collaboration avec le musicien français Medhi Zannad (Fugu), sous le titre The Last Detail. Cette élégante collection de joyaux indie-pop chatoyants (« Talk to Me »,  « Fun Fair ») a marqué le retour de l’un des pourvoyeurs de pop mélancolique les plus séduisants de ce siècle. Elle a également offert aux fans une lueur d’espoir que Moran puisse enfin fournir ce ce deuxième effort rn latence depuis longtemps. Ce mois-ci, il’attente impatiente est enfin récompensée avec la sortie de Been Around, un classique en devenir que la plupart des musiciens ne peuvent que rêver d’offrir dans une vie.

Tout ce qui a fait le charme instantané de ses débuts éponymes en 2004 est à nouveau mis sur la table de façon éblouissante. Cette voix douce et chocolatée est toujours teintée de tristesse, et ces chorus parfaitement travaillés et faits de contrastes remarquables et intelligents continuent de séduire. Le don pour la narration de Moran est ,ici, en pleine effervescence ici, avec des paroles d’une honnêteté dévastatrice qui peignent des scènes si vives que l’on peut en sentir le chagrin monter de chaque page. Seize ans plus tard, l’orchestration luxuriante a été réduite au profit de cuivres éclatants, de passages introspectifs au piano, de riffs de guitare entraînants et d’harmonies vocales étroitement imbriquées. Tout au long de ces 12 titres époustouflants, le producteur Daniel Tashian of the Silver Seas, lauréat d’un Grammy Award, s’adonne à une variété d’ambiances et de textures disparates, tirant leur chapeau à des artistes légendaires comme Tom Waits, Van Morrison, Steely Dan et Laura Nyro, sans jamais sembler dériver.

Le premier single « Been Around » donne le coup d’envoi avec la phrase « Girl, where you been ? » et bien que cette question puisse sembler appropriée compte tenu de l’absence prolongée de Moran, dès qu’elle lance une réponse du genre « Carrying around the weight of a lifetime of dreamin » (Porter le poids d’une vie passée à rêver), c’est comme si le temps s’était arrêté. Tout comme Jackie DeShannon rencontre Karen Carpenter avec une touche du XXIe siècle, cette ouverture sage et nostalgique présente une section de cor en plein essor, des chants de fond plarmoyants et un solo de harpe chromatique, avec la gracieuse participation du virtuose Jim Hoke, sideman à Nashville, de célèbrités comme Emmylou Harris ou Paul McCartney. Cet homme est une légende à lui tout seul mais cet l’album en regorge. Moran a courtisé une série de musiciens invités de premier plan, comme les Watson Twins, Bill DeMain, Viktor Krauss et le trompettiste de jazz Michael Leonhart, pour donner vie à ses récits poignants.

Le titre « Jody » est captivant ; il s’agit d’ une ode à l’un des plus anciens et des plus chers amis disparus de Moran, et c’est est une véritable demonstration de ce quepeuvent être des nuances, avec cette alternance de climats à la fois débordant de vie et souffrant face au deuil ; une joyeuse célébration de l’amitié qui fait place à un postlude de synthétiseur calme et triste. Un poignant aveu de vulnérabilité qui persistera longtemps après la dernière note de la chanson.

Les moments forts seront nombreux. « Someone’s Gonna Break Your Heart » ressemblera à un tube que The Pretenders auraient rêvé d’ecrire, ELO rencontrera Neil Hannon en une composition britpop charmeuse, abrupte et ludique sur « Two Heart » et « Pale Blue Moon », avec son piano jazzy, nous prouvera une fois encore que moins égale plus. On ne pourra pas en dire trop sur la chamber-pop qu’est « Charity Shop Window » écrit avec le compositeur oscarisé Paul Williams ; un chef-d’œuvre de nostalgie, à la manière de Bacharach. S’il y a une critique à formuler à l’égard de ce disque, c’est que le deuxième morceau, « Big Mout » », charmant mais langoureux et qui menacrae d’étouffer l’élan de la première moitié de l’album, alors qu’il aurait pu avoir plus d’impact s’il avait été placé ailleurs.

Vers la fin du disque sur « Finest Actor », Moran chante ra magnifiquement des clichés aux couleurs indigo sur l’amour et la pert et on comprendra immédiatement pourquoi A Girl Called Eddy a suscité un véritable culte au fil du temps pour ceux qui apprécient profonfeur lyrique et émotionnelle et qui sont, également, mélomanes avertis.

****1/2

Wolf Parade: « Thin Mind »

Quinze ans après la parution de son classique de l’indie montréalais Apologies to the Queen Mary, Wolf Parade serre les rangs et redevient le trio d’origine. Thin Mind, cinquième album du groupe montréalais, contient tous les ingrédients de son succès, les voix emphatiques de la paire d’auteurs-compositeurs Dan Boeckner et Spencer Krug et ce sens de la mélodie dramatique arrimée à des rythmes énergiques. Les synthétiseurs, par contre, occupent une place plus prépondérante dans l’orchestration, manière de souligner le thème de l’album : notre asservissement aux nouvelles technologies.

Wolf Parade est à son meilleur dans la première moitié du disque, avec les envoûtantes « Under Glass », « Julia Take Your Man Home », l’épique post-punk « Forest Green » et sa longue finale instrumentale, mais dérive un brin durant la seconde moitié en remâchant, à grand renfort de synthés façon Dépêche Mode) combien la multiplication des écrans atrophie le cerveau.

***

Two Door Cinema Club: « False Alarm »

Que l’on soit un fan depuis l’époque de « I Can Talk » et » Something Good Can Work, » ou que vous veniez de découvrir Two Door Cinema Club, leur nouvel album False Alarm ne décevra pas. Le trio d’Irlande du Nord Alex Trimble, Sam Halliday et Kevin Baird se plonge dans un territoire musical plus profond avec un opus se rapprochant davantage des années 80 en utilisant des synthés, des beats dance rétro et des morceaux à base de paroles.

False Alarm est conçu aour véhiculer un climat cinématographique, un peu comme un vidéoclip parodique de science-fiction, et la sortie de leur album dans l’espace. Cet opus apporte clarté vocale, maturité et confiance, sur une toile de fond d’exploration musicale. Bien que toutes les expéditions ne réussissent pas à atteindre leur but, suffisamment de tentatives d’aventures se soldent par des atterrissages sûrs.

Le groupe est capable de maintenir un niveau de qualité qui ne souffre pas, même en prenant des risques stylistiques qui les protègent d’être catalogués ou comparés à d’autres groupes indie pop. Ils mettent en avant leurs talents de synthétiseurs dans « Satisfaction Guaranteed » avant de nous transporter vers une nouvelle évolution du funk et du disco avec « So Many People », reflétant leur volonté de sortir de la catégorisation d’un genre spécifique. Le message est clair : « j’ai été tellement de gens, j’en suis encore un, celui que vous n’avez jamais rencontré » ce qui dénote la même idée que, en tant qu’individus et en tant que groupe, ils ne sont pas prévisibles ou facilement définissables.

La pensée attire l’attention avec un mélange de précision, des paroles poignantes et le falsetto de Trimble riche en décoration numérique. Ici, à mi-parcours de l’album, nous avons un aperçu de la lutte artistique : se battre pour changer de jeu, être authentique, produire un son unique, et découvrir une place dans ou plutôt un espace en dehors du paysage musical actuel.

Le titre s’efface à mi-parcours, indiquant la nature continue de cette lutte. Il y a peu de temps pour les méandres philosophiques qui nous attirent avec « Dirty Air », un titre sexy et granuleux, imprégné d’un chant à la Bowie. Les dernières chansons, « Satellite » et A »lready Gone, » apportent une sorte de réponse pleine d’espoir aux réflexions faites plus tôt dans l’album.

Bien que cet album emmène les auditeurs dans quelques directions, il a une qualité thématique qui lie le tout. Que vous soyez un aficionado de la musique ou un auditeur occasionnel, False Alarm a quelque chose de frais.

***1/2

The Catenary Wires: « Til The Morning »

The Catenary Wires est un duo formé par Amelia Fletcher et Rob Pursey qui ontégalement d’autres projets qui se doivent d’être notés ; Heavenly ou encore The Temper Trap. Ils restent néanmoins unis comme jamais sur leur nouvel album intitulé Til The Morning.

Une fois de plus, on se laissera emporter par la tranquillité et la sérénité que nous propose le tandem. Il suffira, à cet égard, d’écouter des morceaux harmonieux et nostalgiques à l’image du titre introductif nommé « Dream Town » qui annonce la couleur ou bien des titres somptueux à l’image de « Sixteen Again », « Dark Brown Eyes » et autres « Love On The Screen » sentant bon le rock californien des années 1960-1970 et le soleil.

Il sera, également, Impossible de ne pas frissonner en écoutant les douces et entraînantes mélodies de « Tie Me On The Rails » ou bien même de « So Quiet In This Home » et « I’ll Light Your Back ». Ce second album du duo qui s’achèvera sur un plus nostalgique « Dancing » qui que l’alchimie entre Fletcher et Pursey fonctionne tout aussi bien sur le registre plus large de la twee-pop actualle.

***1/2

Field Music: « Making a New World »

Une fois que vous êtes un artiste établi, il est normal de sortir un album concept. Quelque chose qui va vraiment retourner la table, mélanger les cartes, mettre le monde sens dessus dessous. Le duo enchanteur de Sunderland, Field Music, ne fait pas exception à la règle avec son septième album Making a New World.

Inspiré par les conséquences à long terme indicibles de la première guerre mondiale, Making a New World transcende l’espace et le temps. La chronique en 19 pistes est un voyage dans une époque de rénovation sociale qui dévoile des histoires sur le retour au pays après la guerre et la chirurgie de réaffectation sexuelle.

D’une manière ludique et peu orthodoxe, Making a New World couvre un vaste terrain musical. L’album s’ouvre sur des paysages sonores inquiétants qui s’entremêlent, un piano discordant et le bourdonnement d’une radio avant de rebondir dans le délicieux et douloureux « Coffee or Wine » . Si vous grattez sous la surface du piano bouillonnant, vous trouverez l’abandon et le désespoir dans les paroles. Et à mesure que l’album progresse, Field Music commence à ressembler de plus en plus à Talking Heads avec des paroles semi-directives, des tambours tièdes et des harmonies 80’s remplissant les morceaux.

Le dernier « single » « Do You Read Me » marque la moitié du chemin, un point central du changement d’humeur vers la brillance et la haute énergie. Making a New World se métamorphose de ces ballades ambiantes centrées sur le piano à des remplissages de sol funk à fort indice d’octane qui pourraient faire sourciller Nile Rodgers. « Money is a Memory », l’avant-dernier volet de la saga en 19 parties, est absolument époustouflant. Tout cela ressemble beaucoup à «  Fame «  de David Bowie, et ce n’est pas une mauvaise chose du tout.

On peut dire sans risque de se tromper que Making a New World imprimera une marque de fabrique au répertoire du combo ; une pièce de réflexion rétrospective qui est aussi passionnante à écouter.

***1/2

Tomas Dancer: « Heart Murmurs »

La double entrée en matière constituée de « You’ll Be There » et « Something Wrong », sur Heart Murmurs de Tomas Dancer nous ramènera en arrière aux meilleurs moments de Felt ce deux titres réellement merveilleux et qui nous renvoient, sans emphase, aux meilleures pièces de Sarah Records, à nos souvenirs (excellents) de Felt ou aux plus belles harmonies des Flamands de Marble Sounds; bref que du meilleur dans le registre de la pop classique contemporaine. La production du Erik Arnaud est ici remarquable, mêlant éléments acoustiques, une rythmique millimétrée et des effets électroniques qui confèrent à l’ensemble un caractère onirique et une légèreté proches de la perfection. L’ancien chanteur du groupe Gravity Fails révèle à travers cet album solo une délicatesse et une sensibilité qui n’étaient pas aussi lisibles avant. Les morceaux se succèdent alors avec tact et maîtrise, dessinant un univers cotonneux et affectif, confortable et bienveillant, relevé de petites touches savantes et toujours bienvenues (un écho cuivré sur « The Fire Inside »n par exemple) qui donnent aux chansons l’amplitude qu’elles n’ont pas toujours.

Car c’est évidemment une gageure dans ce registre là que de pouvoir tenir la distance. Il faut que les mélodies suivent et que le modèle se renouvelle sous peine de plonger l’auditeur dans un rêve semi-éveillé qui s’apparente à une torpeur, certes chaleureuse, mais qui tend à fondre les différents morceaux dans un long continuum dont on ne voit plus le bout. C’est un peu ce qui se produit avec Heart Murmurs au sortir du premier tiers. Les chansons deviennent plus folk que pop. Les mélodies s’adoucissent et sont moins décisives, faisant reposer la séduction sur la beauté (bien réelle) de la voix et le savoir-faire du producteur. « Driving On Snow » en est l’image, chanson agréable mais maintenue en coma artificiel avec des bouts de ficelle. L’émerveillement du début cède la place à une pointe de déception quand on se rend compte que le disque ne tiendra pas les immenses promesses soulevées par les premiers morceaux.

Cela ne signifie pas que Murmurs n’a rien à dire ou est un disque ennuyeux. On s’y attarde au contraire et on s’y délasse avec délectation. Tomas Dancer signe quelques chansons d’équilibriste qui font mouche et nous transportent dans un état second où les gens parlent bas et les mots ressemblent à des caresses. « How Dark Is The Night » est somptueux. « Seasons » n’a rien à lui envier avec ses échos shoegaze lointains et son montage à la 4AD.  Il faut bien parler également de « Je Suis Ta Chanson », morceau en français qui ressemble un peu à tous les autres sur le plan musical mais qui prend une valeur toute autre parce qu’il est justement la seule pièce chantée dans notre langue. La chanson d’une durée de 7 minutes est splendide, ample et pleine de suspense, livrant, à travers le texte, les clés d’un univers singulier fait de retenue et d’apparitions fantomatiques. « Je suis ton écho », chante Dancer dans ce qui s’apparente à une révélation. Le disque fonctionne comme un palimpseste du Moyen Age. Il y a des chansons derrière les chansons, oubliées mais lisibles encore sous l’ultraviolet, une ligne d’écho qui court sur la surface des titres qu’on entend : des mystères, des signes révélés, des fantômes amoureux et défunts, d’autres disques aimés et célébrés dans un complexe système de renvoi et d’ombres. On comprend alors d’où viennent les forces et les limites de morceaux comme « Alone Again » ou « Lovers. » Ils ont été écrits avant et puis effacés. Tomas Dancer les rejoue de mémoire comme s’il s’agissait d’en rendre compte pour l’éternité qui vient. Il y arrive souvent mais se heurte parfois au souvenir qu’on garde des plages fantômes. On file malheureusement sur la fin en pilotage automatique. Heart Murmurs est fait de traces et de signes fugaces. L’effacement et l’oubli sont ses moteurs et peut-être même ses objectifs véritables. Cela ressemble à ce qu’on a de plus précieux au fond : la jeunesse, les repas entre amis, les premiers temps d’une relation, tous ces éléments périssables et qui nous feront endurer la suite quand il n’en reste rien.

Ce premier album n’a sûrement jamais existé mais on le réécoutera dans vingt ans en se souvenant qu’il avait fait notre bonheur et appartenait à une vie meilleure que celle qui est la nôtre maintenant. La pop n’est pas autre chose que le souvenir qu’on en garde quand elle a disparu. Les chansons s’effacent comme des signes sur le sable. C’est le drame et ce qu’il y a de beau dans ce disque, le fait qu’on l’ait déjà oublié mais qu’on s’en souvienne un peu et pour toujours.

****1/2

Dope Lemon: « Smooth Big Cat »

Voilà quelques temps, on avait pu savoir qu’Angus Stone possédait un side-project nommé Dope Lemon ici. Et autant dire que celui-ci et son opus Smooth Big Cat n’a pas à rougir de la comparaison avec Angus & Julia Stone.

Sur de deuxième disque, on est loin de l’ambiance cquelque peu lénifiante su duo formé avec sa « sœur ». Ceci, urtout parce que Dope Lemon prolonge le plaisir de son premier album et de son premier EP avec de compositions indie folk ensoleillées et transpirant la sincérité dont « Hey You » qui lance les hostilités de façon smooth ou encore « Hey Little Baby » et « Lonely Boys Paradise ».

Smooth Big Cat vaut clairement l’écoute grâce à ses arrangements somptueux et non dénués de mélancolie ensoleillée. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter par les mélodies solaires de « Salt & Pepper », « Dope & Smoke » sans oublier le délicieux « The Midnight Slow ». Angus Stone arrive à faire briller son songwriting au plus haut point à travers de sublimes moments qui se dessinent comme des paysages paradisiaques comme « Mechanical Bull » sans oublier la touchante conclusion intitulée « Hey Man, Don’t Look At Me » faisant de ce second disque un moment de grâce qui donne envie de péresser corps et esprit au repos.

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Emma Russack: « Winter Blues »

En l’espace de quatre albums, Emma Russack a réussi à tracer son bonhomme de chemin de façon sereine. Même si la concurrence est fortement accrue à Melbourne, sa ville natale, cela n’a pas réellement d’importance pour notre auteure-compositrice-interprète qui continue de partager son univers délicat avec son successeur nommé Winter Blues.

Avec ces dix nouveaux morceaux, on bénéficie d’une nouvelle bouffée d’air frais. Emma Russack reste toujours dans son élément propre à nous émouvoir dès le titre d’ouverture « Horses » puis « Like The Wind ». Mon peut mentionner également des perles indie pop mélodiques et gentiment bluesy comme « What Is Love », « I Could Say » ou encore le morceau-titre qui n’en finit pas de faire fourmiller des frissons parcourant notre échine.

Complètement sobre et élégant dans ses instrumentations, il peut arriver qu’Emma Russack puisse faire venir des moments quelque peu tendus comme « Be Real » avant que la nostalgie ne prenne le dessus avec les somptueux « Follow My Heart » et « Floating Seeds ». La native de Melbourne continue d’ouvrir son cœur et prêt à faire table rase du passé comme l’atteste la touchante conclusion intitulée « Never Before » et fait de ce Winter Blues un de ses disques les plus bouleversants d’une discographie jusqu’à présent sans failles.

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Tōth: « Practice Magic And Seek Professional Help When Necessary »

Cela fait trois ans qu’Alex Toth s’est fait remarquer avec son premier album qui lui a valu une renommée relative loin d’être usurpée. Et c’est dire que le musicien de Brooklyn se faisait attendre car voici venir l’arrivée de son successeur nommé Practice Magic And Seek Professional Help When Necessary.

Ici, Tōth reprend là où il s’est arrêté trois ans plus tôt avec ces compositions célestes nous mettant la baume au cœur. Avec sa voix délicieusement et hautement perchées et ses influences musicales oniriques à mi-chemin entre dream-pop, indie folk et pop de chambre, ce second disque avec un titre à rallonge nous invite à relâcher la pression comme bon nous semble notamment avec « Down For The Count » qui ouvre les hostilités avec pétulance.

Ce ne sera qu’undébut car à travers des compositions comme « Song To Make You Fall In Love With Me », « Copilot » et « Picture Of You », c’est la beauté qui se dégage à l’écoute. Imaginez si Bon Iver et Grizzly Bear des débuts se rencontraient, il en ressortira des monuments riches en émotions avec « Family Business », « Guns To Fly » ou bien encore « Sentientiment ». Practice Magic and Seek Professional Help When Necessary est un disque qui nous invite à répondre à l’adversité et aux aléas de la vie avec zen attitude et en ce sens, Tōth a plus que réussi son pari.

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Maps: « Colours. Reflect. Time. Loss. »

Maps a beau se faire rare sur la scène musicale mais cela n’empêche pas de marquer son empreinte à chaque fois. Le musicien britannique James Chapman avait laissé son auditoire avec son dernier album en date de 2013. Six ans plus tard, le voici enfin de nouveau présent avec Colours. Reflect. Time. Loss.

Au programme de ce nouvel album, de l’introspection et de l’émotion à l’état pur. Maps emprunte un virage musical des plus fascinants comme à son habitude. En recrutant un orchestre pour façonner au mieux les arrangements de cordes et de cuivres comme sur l’introduction nommée « Surveil » mais encore sur « Howl Around » et sur « Wildfire », Colours. Reflect. Time. Loss. ira renouer avec les influences dignes de Pet Sounds remises au goût du jour.

Le musicien britannique recolle les morceaux de son passé riche en péripéties en tous genres avec « Just Reflecting » et « The Plans We Made » et au fur et à mesure, on part à notre tour dans une quête afin de trouver une paix intérieure. Entouré d’arrangements somptueux et de chœurs féminins, Maps n’hésite pas à faire intervenir une guitare de temps à autre notamment sur la conclusion intitulée « You Exist In Everything » afin d’ajouter plus d’envergure. En soi, Colours. Reflect. Time. Loss. est un joli petit disque où les sonorités des années 1960 sont mises en avant afin de faire table rase du passé comme il se doit.

***1/2