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Ruby Haunt: « The Middle Of Nowhere »

Déjà quatre albums et tout autant d’EPs au compteur des américains de Ruby Haunt, et pourtant il semblerait bien que ce duo de Los Angeles, composé de Wyatt Ininns et Victor Pakpour, reste encore un secret bien gardé. Sans doute que le choix de l’autoproduction y est pour quelque chose, car lorsque l’on prend le temps d’écouter leur musique, il paraît aberrant qu’aucun label ne se soit précipité pour les signer !

Deux amis d’enfance qui officient depuis 2015, difficile d’en savoir plus sur leur travail, alors dans ce cas-là il ne reste que la musique pour en parler, et c’est déjà pas mal. Après un album parfait en tous points, en l’espèce un Blue Hour qui était un condensé de dream pop à tendance cold wave, même s’ils aiment a priori qualifier leur musique de soft punk. Les dénominations étant souvent un véritable casse-tête, au final nous retiendrons des nappes de synthés éthérées, une boîte à rythme bien balancée, une basse ronde et omniprésente, et des touches de guitare en forme d’écho, des arrangements minimalistes rehaussés par une voix mélancolique à souhait.

Pour ce nouvel album, The Middle Of Nowhere, rien de neuf sous le soleil, et c’est justement ce qui peut servir de balise dans leur musique, le minimalisme, la nostalgie qui se dégage de chaque morceau, comme une bande son introspective, dans laquelle il est parfois nécessaire de se réfugier. Une douce froideur venue pourtant du soleil, le paradoxe est réjouissant, et le temps de ces neuf titres, les amateurs de Beach House, Cigarettes After Sex, Fog Lake, Cemeteries finiront bien par les remarquer.

***1/2

4 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Harlan: « Harlan »

Harlan le projet de la chanteuse Harlan Hutton originaire de Memphis, Tennessee. Sa musique transpire le « do it yourself’ »: lo-fi, saturée, mais très mélodique. Les 9 titres de son premier album n’ont rien à envier à ses contemporaines qui ont déjà fait leurs preuves, à savoir Snail Mail, Soccer Mommy ou plus récemment Girl in Red.

Elle nous conte elles aussi ses histoires personnelles sur un ton boudeur derrière des arpèges de guitares légèrement saturés. Un petit plaisir Indie-Pop-Rock totalement dans l’ère du temps.

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4 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Blueboy: « If Wishes Were Horses »

Publié en 1992, If Wishes Were Horses des Blueboy était devenu un disqued’anthologie, un classique. Il ressort aujourd’hui et nous offre une excellente occasion de le (re)découvrir.
Ce chef d’oeuvre sorti en catimini est le premier disque des Blueboy, un trio composé de Keith Girdler, de Paul Stewart et de Gemma Townley. Après avoir publié une paire de « singles », ces trois Anglais originaires de Reading réalisent un coup de maître avec ce disque hors du temps et hors-sol, les chansons sont un régal absolu.

Les cordes des guitares de Paul Stewart et de Harvey Williams nous font quitter notre quotidien morose pour un paradis pop où la bossa nova des Pale Fountains danserait avec la pop des The Field Mice. La voix de Keith Girdler est le coup de grâce de cette affaire. Comment résister à « Sea Horses » quand on est normalement constitué ? Comment ne pas être hypnotisé par « Fondette »?

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4 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

TVAM: « Psychic Data »

Joe Oxlam est plus connu sous le pseudonyme de TVAM et il détonne par son originalité avec son premier album nommé Psychic Data qui est aussi le nom de son label.

Pour situer un peu l’univers musical de TVAM, sachez qu’il est à cheval entre pop psychédélique, coldwave et accents gentiment bruitistes. Dès l’introduction, on est fasciné par ce cocktail musical métissé hypnotique et riche en saveurs. On pourra en dire autant pour d’autres morceaux de haute volée comme « Narcissus », « Porsche Majeure » ou bien même « CRC » où les spectres de Neu, Sonic Youth et de Suicide surgissent pour notre plus grand plaisir.

Et on n’est pas au bout de nos surprises avec d’autres trouvailles originales et entêtantes avec les épopées synthétiques telles que « Bitplain », « Gas & Air » ou bien même l’aventureux « Total Immersion ». TVAM nous plonge dans de la nostalgie sur ce Psychic Data uniforme et audacieux.

***1/2

 

2 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | 6 commentaires

The New Pornographers: « In The Morse Code Of Brake Lights »

Voilà daux ans, The New Pornographers avait effectué son grand retour avec Whiteout Conditions. Le légendaire groupe canadien avait beau être amputé d’un de ses membres phares, Dan Bejar, cela ne l’avait pas empêché pour autant eux de viser et d’atteindre le toujours plus haut. Le combo poursuit cette même volonté sur un huitième opus intitulé In The Morse Code Of Brake Lights.

Kathryn Calder, Neko Case, Carl Newman et les autres remettent la machine en route avec ce nouvel album qui se veut plus centré sur les crises sociétales qui, aujourdhui, reflète un malaise général grandissant et persistant. The New Pornographers parvient à retranscrire cette ambiance à travers des influences des plus baroques comme l’attestent des morceaux tels que l’introductif « You’ll Need A New Backseat Driver » mais également « The Surprise Knock » qui suit ainsi que un « Colossus Of Rhodes » aux cordes synthétiques au plus bel effet.

Ce sera Neko Case occupera le devant de la scène en nous offrant des prestations mémorables, à l’image de « Falling Down The Stairs Of Your Smile » et « One Kind Of Solomon » où son alchimie avec Carl Newman reste intacte. Ce sera à travers ces sujets morbides contrastant avec des arrangements plus élégantes que The New Pornographers arrive à tirer une fois de plus son épingle du jeu. On pourra citer, entre autres, les titres roiyaux ets glorieux que sont « Higher Beams », « Dreamlike And On The rush » ou bien encore un « Need Some Giants » qui montre que le gang américano-canadien n’a rien perdu de son inspiration même sans ses membres fondateurs.

Avec In The Morse Code Of Brake Lights, le combo reste égal à lui-même grâce à son indie pop teintée de power-pop aux arrangements toujours aussi riches en surprises, et, par ses considérations sur l’état du monde, il parvient à nous le révéler d’une manière toujours aussi velle même si ambiance n’est pas, et c’est un euphémisme, au beau fixe.

***1/2

29 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Leopardo: « Is It An Easy Life ? »

Le premier album du combo suisse répondant au nom de Leopardo se nommait Di Caprio et il pratiquait une garage-pop lo-fi légèrement teintée de spychedlisme. It An Easy Life ? Poursuit, soniquement, dans la même veine avec, un petit plus qui lui donne un faux air d’album concept.

Le combo, ici, s’aventure dans ces terrains musicaux absolument jouissifs et colorés avec, entre autres, l’introduction psychédélique aussi bien doucereuse que rugueuse mais également « Modern Love » et « Fear » flirtant avec le DIY.

À travers ces neuf nouvelles compositions, Leopardo ldonne voix à ses angoisses existentielles et ses turbulences romantiques que ce soit sur les incursions krautrock de « Holiday of Love » avec un petit soupçon digne de Kurt Vile ou encore sur les allures indie pop harmonieuses de « I Wanna Tame You ». Le combo suisse fait également parler son imagination avec la ballade lancinante de plus de six minutes nommée « Happiness » tout comme sur la conclusive « Chinese Army ». Sur ce second album et ses influences garage-pop digne des années soixante, Leopardo perfectionne avec brio son style.

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27 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Twen: « Awestruck »

Venu tout droit de Nashville, ce duo est composé de Jane Fitzsimmons (chant) et d’Ian Jones (guitare) et il représente de la manière la plus emblématique lamusique qualifiée de DIY. Leur premier album composé de dix morceaux arrive à osciller de façon audacieuse entre dream-pop, shoegaze et pop psychédélique comme l’atteste le morceau-titre introductif avec son brusque changement de mélodie vers le milieu mais encore le plus enlevé « Honey Smacks » qui possède des allures de B-52’s. Entre riffs fuzzy et jangly mais riches en reverbs d’Ian Jones et interprétations renversantes et hoquetées de Jane Fitzsimmons, il n’y a qu’un pas et cela donne des moments ensoleillés comme « Damsel » et « Long Time » qui attirent notre attention.

Imaginez une fusion entre Dum Dum Girls et Fleetwood Mac et vous obtiendrez un cocktail musical résolument renversant de la part de ces deux apprentis musiciens. Impossible de ne pas être fasciné par tant de professionnalisme devant des morceaux comme « Baptism » qui rappelle les allures dignes de Cocteau Twins pour un résultat bien aventureux ou encore les influences DIY de « Azkaban » et la conclusion nommée « Horseblood » qui se veut plus introspective. Quoi qu’il en soit, le duo de Nashville nous offre un incroyable premier album qui fera rêver et en étonnera plus d’un.

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23 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Chastity Belt: « Chastity Belt »

Chastity Belt est un combo qui semble continuer de monter en puissance de fil en aiguille. Le groupe féminin de Seattle mené par Julia Shapiro a beaucoup évolué jusqu’à son troisième album nommé I Used To Spend So Much Time Alone montrant un visage sérieux il y a deux années de cela. Ce virage va se voir confirmé confirmé avec quatrième disque.

On pensait que Chastity Belt allait se séparer l’an dernier car Julia Shapiro avait connu une petite traversée du désert comme le prouvait son premier album solo paru au début de l’été. Cela s’avèrera une erreur car les musiciennes sont revenues plus fortes que jamais sur cet opus produit par la prodige Jay Som. Voici venir dix nouvelles compositions mélodiques et planantes dont l’introduction nommée « Ann’s Jam » qui plante le décor sans oublier « Effort » et « Rav-4 » où elles montrent à quel point leur inspiration est élevée.

Le quatuor se complaît parfaitement dans leur registre indie pop/jangle-pop lancinant qui avait fait leur réputation depuis quelques années maintenant. Les textes de Julia Shapiro sont toujours aussi personnels et poursuivent les thématiques qu’elle a entrepris sur son premier album solo notamment avec les titres toujours aussi irrésistibles comme « It Takes Time », « Half-Hearted » ou bien même « Split ».

Moins sombre et plus contemplatif qu’auparavant, Chastity Belt confirme son virage musical en parvenant à trouver un compromis permettant à Chastity Belt d’être un disque exemplifiant  de manière parfaite l’accession à la maturité.

***1/2

22 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Belle and Sebastian:  » Days Of The Bagnold Summer »

Juste avant d’embarquer pour leur croisière en Méditerranée avec Yo La Tengo, Alvvays ou encore Camera Obscura, les Belle & Sebastian avaient donc bouclé en catimini un disque « B.O » pour un long-métrage intitulé Days of The Bagnold Summer. Réalisée par Simon Bird, cette adaptation d’un roman graphique de Joff Winterhart met notamment en scène Earl Cave, qui n’est autre que le fils de Nick Cave. Si le teen movie britannique ne sortira en salles que dans le courant de l’année 2020, Matador Records a décidé d’anticiper la chose en publiant le disque bien en amont. Il faut dire que les Écossais s’apprêtent à partir en tournée – ils seront notamment au Pitchfork Festival à Paris au début du mois de novembre – et c’est toujours mieux lorsqu’il y a un peu d’actu. Là-dedans, il y a aussi une certaine habileté dans le sens où ce Days of The Bagnold Summer peut – du coup – être abordé comme un album à part entière.

L’exercice de la bande originale n’est en tout cas pas totalement nouveau pour Belle & Sebastian. On se souvient notamment de Storytelling en 2002. Même si – finalement – seuls quelques passages n’apparaîtront dans le film de Todd Solondz. Plus marquant : le travail de Stuart Murdoch pour God Help The Girl, long-métrage qu’il a aussi co-réalisé en 2014. Enfin, on ne compte plus les emprunts au répertoire de la troupe de Glasgow. « Soundtrack-isées » à merveille dans « Juno » (Piazza New-York Catcher), ou encore High Fidelity (« Seymour Stein»), les chansons de Belle & Sebastian apparaissent aujourd’hui dans des tas de séries. Ceux qui ont vu la dernière saison de Casa Del Papel auront forcément reconnu « Another Sunny Day ». Voilà pour la petite histoire. Les liens entre les Belle & Seb’ (depuis le temps, on se permet quelques familiarités) et les écrans – qu’ils soient grands, moyens ou petits – apparaissent aujourd’hui comme une évidence.

Concernant Days of The Bagnold Summer, on passera rapidement sur les reprises d’ « I Kwow Where The Summer Goes » (face B de This is Just a Modern Rock Song, 1998) et de « Get Me Away From Here, I’m Dying » (If You’re Feeling Sinister, 1996). D’abord parce qu’on les connaît par cœur, mais surtout parce que ces coups de lifting n’apportent pas grand chose. Bien au contraire. À la décharge des Écossais, c’est le réalisateur Simon Bird – grand fan parmi les fans du groupe – qui a insisté. Il fallait que ces deux chansons apparaissent dans la B.O. Pourquoi ? Parce qu’elles font tout simplement partie de ses « préférées » de Belle & Sebastian. Ça peut se comprendre. On plaidera donc « non-coupable ».

En revanche, partout ailleurs – et alors que beaucoup en doutaient au regard d’une discographie devenue moins passionnante depuis la fin de l’époque «Jeepster» – Stuart Murdoch montre qu’il en a encore sous son petit chapeau noir. À commencer par le « lead single »…« Sister Buddha » est une peinture sociale, conquérante et quasi militante, portée par un groupe qui a envie d’en découdre la fleur entre les dents. Ici, tout n’est qu’évidence aussi, et on se retrouve avec l’une des meilleures choses que Belle & Sebastian ait pu proposer depuis les quelques fulgurances de Girls In Peacetime Want To Dance (2015).  « Sister Buddha « en a d’ailleurs conservé quelques traits « europop ».

Ce qui marque, c’est surtout le retour aux premiers amours, à cet acoustique qui aura coloré aux crayons pastels nos vies d’adolescents insouciants entre 1996 et 1998 (la trilogie TigermilkIf You’re Feeling SinisterThe Boy With The Arab Strap). Et dans le genre, « Did The Day Go Just Like You Wanted ?, I’ll Keep It Inside » et son histoire de lèvres trop humides pour cette première cigarette, ainsi que Safety Valve (une chanson vieille de 25 ans, mais encore jamais sortie) sont des petites merveilles de délicatesse folk. Parfois, la dentelle cousue main par nos écossais prend la forme d’une carte postale, notamment le temps d’une (soft) bossa nova –«  This Letter » – qui vient presque conclure un disque où les cuivres discrets des grands débuts font également leur retour.

Days Of The Bagnold Summer contient aussi quelques histoires sans paroles. Elles sont pastorales (« Jill Pole »), nous embarquent pour un « Moon Safari (The Colour’s Gonna Run) » ou renvoient directement aux dialogues du film (We Were Never Glorious)… Ces parties instrumentales sont assez remarquables, et ne sont certainement pas l’œuvre d’un groupe en roue libre et ou fin de parcours. Pour Belle & Sebastian, Days Of The Bagnold Summer est ce que l’on pourrait appeler une « Acoustic Renaissance ».

***1/2

21 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Your Smith – Wild Wild Woman

La musicienne Caroline Smith officie sous le pseudonyme Your Smith et possède un sacré univers musical. Baignant entre indie pop et R&B, la native de Minneapolis qui a déménagé à Los Angeles continue son bonhomme de chemin avec un nouveau mini album intitulé Wild Wild Woman.

Composé de cinq titres, Your Smith s’offre les services de Tommy English à la production (Kacey Musgraves) ainsi que d’Alex et Alex, Captain Cuts et Ethan Gruska (Pheobe Bridgers) afin de peaufiner son son.

La musicienne est de nouveau dans son élément avec des titres résolument pop comme « Man Of Weakness » en guise d’introduction mais également « In Between Plans » et « You Could’ve Tell Me ». Mélangeant passé, présent et futur, elle sait incarner l’essence d’une époque avec ce second opus indescriptible et captivant.

***1/2

20 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire