Jump Little Children: « Sparrow »

Jump, Little Children nous revient après treize ans de silence. Le groupe américain s’était illustré avec un rock / pop indé assez flamboyant. D’abord entamée sous la forme d’un rock alternatif aventureux, la musique du groupe a peu à peu gagné en accalmies indie pop mais jamais en audace, procédant à des greffes électroniques, folk, world music ou baroque. C’est le morceau-titre qui ouvre la marche. Les mélodies vocales, le côté hymnique de la mélodie, la fin osée, tout est réuni pour satisfaire les fans. Mais bien moins encore que sur « hand on my heartache », petit tube tranquille, et petit frère d’un Manic Street Preachers en moins maniéré.

« X-raying flowers » poursuit le travail avec une indie pop baroque. « Voyeuropa », sa partie parlée / rappée et son refrain sur deux variations étonnent. « Je suis oblivion » est sympathique mais les Américains qui s’essaient au Français, ne sont pas une réelle préoccupation. « White buffalo » recentre le propos vers la folk pop, suivie de près par une « Cyclorama » un peu trop fade. « The protagonist moves on » fait un pas en avant, et bientôt une « Euphoria designed » magnifique et orchestrale lui emboîte le pas. Dommage que « Violets » ne soit pas du même tonneau. « Reality distortion field » renoue avec le chant parlé, tout en étant plus intimiste et en incluant des moments de pur rock. Enfin, « Boyhood » conclut ce retour par une ballade atmosphérique du meilleur effet. Joli coup si on considère le long silence.

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Jerry Paper: « Like A Baby »

Jerry Paper est un des talents cachés de la scène californienne. De son vrai nom Lucas Nathan, le musicien multi-instrumentiste avait sorti un premier opus Toon Time Raw! suivi, deux ans plus tard aujourd’hui par un nouvel album, Like A Baby.

Il y a une part d’improvisation hasardeuse dans la démarche de Paper avec des morceaux qui se veulent inventifs. Cela se traduit par un alliage entre pop synthétique et groove de « Your Cocoon » ou des approches plus smooth jazz sur « Gray Area ».

Ce n’e sera pas un hasard si il passera alors par les sonorités bossa nova et les guitares wah-wah du chaloupé « A Moment », la patte psychédélique de  Did I Buy It ? » et les atmosphères édulcorées de propre à la « yacht pop » sur « Baby ».

Si on agrémente Like A Baby d’accents lo-fi et nonchalants comme sur « Huge Laughs », on obtiendra un disque un peu hybride guère éloigné de Mac Demarco avec qui il partage une versatilité touche-à tout sous laquelle il conviendra de gratter pour décreuser sa superficialité.

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Summer Salt: « Happy Camper »

Summer Salt a débuté de manière sporadique car, après un buzz assez conséquent sur la scène de Austin, son bassiste a été accusé de viol par plusieurs femmes. Le résultat a été un black-out total mais le combo, après avoir congédié son bassiste, a décidé de continuer et sort maintenant son premier album, Happy Camper.

Avec un tel patronyme et en regard au titre de son disque on aotient ce à quoi on peut s’attendre, à savoir une twee pop indie eaux accents 60s et arborant des mélodies entraînantes saturées de doo-wop.

Les climats sont légers et même gracieux et l’humeur est apaisante. Les atmosphères sont estivales et insouciantes. Happy Camper est essaimé par des petites perles de rosées qui ont nom « Speaking Sonar » et « Rockin’ my Paw » et des refrains enivrants comme « Life Ain’t The ame » et « Swingin’ For The Fences ».

Des petites touches de bossa-nova agrémenteront un disque qui se serait passé des mauvaises vibrations qui l’ont entouré et qui, dans l’absolu, ne mérite aucun excès, qu’il soit d’honneur ou d’indignité.

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Still Parade: « Soon Enough »

Peu se souviennent des High Llamas, le groupe de l’irlandais Sean O’Hagan. Il en reste pourtant sans doute parmi ceux qui ont aimé et aiment ces albums de pop autant inspirés par l’easy listening que par les Beach Boys.

Le style du berlinois Still Parade ressemble pas mal à celui des High Llamas dans son approche de la pop, avec ses mélodies tranquilles et légères. À écouter quand on est d’humeur songeuse vire rêveuse et à déguster sciemment.

***1/2

The Chills: « Snow Bound »

Revenus sur le devant de la scène avec l’excellent Silver Bullets, Martin Phillipps avec The Chills font leur rentrée avec un disque qui nous ramène à leurs premières heures.

Il n’aura donc pas fallu attendre 19 ans (temps qui sépare Silver Bullets de Sunburnt en 1996) pour avoir un nouveau disque du combo. Snow Bound est résolument moins pop que son prédécesseur, il nous emmène vers des paysages post-punk pris dans une tempête de jangle pop.

Phillipps est toujours aussi affuté et il a encore réussi à écrire des lignes mélodiques qui ne peuvent que rester dans la tête. À l’instar de Pink Frost et Heavenly Pop Hit, il rcontinué à nous ciseler des petites perles pop avec une facilité déconcertante.Déboulant à 100 à l’heure sans prévenir, Snow Bound va faire comme ses prédécesseurs : donner aux gens goût à vie.

***1/2

 

 

Jonathan Franco: « Swimming Alone Around the Room »

Jonathan Franco est un quasi-inconnu dont la première création, Swimming Alone Around the Room valse sur deux pieds : l’un fait d’une indie-bedroom-pop plutôt simple (« A Topiary », « Wine Lips », « Swimming »),l’autre  qui met ensemble plein de sons mystérieux, presque occultes, bruitisme expérimental puisé dans d’obscurs films de surnaturel.

Si ses élucubrations n’ont de sans que dans sa tête,ce sera avec plaisir qu’on l’y suivra non sans se demander toutefois à quoi on peut bien avoir affaire.

**1/2

 

Girl Gaze: « Fade Out »

Girl Gaze est un quintet féminin indie pop qui vient des environs de New York. Composé de Michaela Passero (chant, claviers), Cat Delaus (chant), Izzy Deranieri (basse), Julia Oppedisano (batterie) et d’Emily Charash (guitare, claviers), le groupe présente son tout premier album appétissant :Fade Out.

Si vous voulez de la douceur et de la chaleur, Girl Gaze saura répondre à vos attentes. Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter par les ritournelles mélancoliques mais rêveuses de « Melting » mais également de « Sun Song » et « Far ».

Leur indie pop est teintée de rythmiques jazzy propres à instaurer un climat de confiance et de sérénité surtout à l’écoute de jolies trouvailles comme « Suddenly », « Your Eyes » et « Shadows ».

Fade Out fait parti de ces albums qui nous mettent sur un nuage où l’on n’a pas franchement envie d’affronter le monde extérieur qui se fait de plus en plus hostile. Girl Gaze nous offre un cocon de tranquillité avec une musique paisible sise dans un écrin d’émotions calmes qu’on ne demande qu’à partager.

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Clarence Clarity: « Think:Peace »

Trois ans entre deux album c’est un peu long, Think:Peace était prévu l’année précédente ; reste don à savoir si l’attente était justifiée par rapport à un No Now qui avait rencontré l’adhésion.

On peut le dire d’entrée, Clarence Clarity frappe très fort avec ce disque. On y retrouve le joyeux bordel, ces sonorités bien représentative de sa patte déglinguée. Lui qui produit presque plus pour les autres que pour lui même et, dans tous les morceaux, aucun ne pourrait se suppléer à l’autre.

« W€ Chang£ » est du pur Clarity tant il parvient à rendre bancale une pop song élémentaire tout comme l’est sa manie de singer les titres de ses compositions . Ainsi, « Nayseyer Godslayer » devient « Naysayer, Magic Obeyer » et « Vapid Feels Are Vapid » va se transformer en « Vapid Feels Ain’t Vapid ».

Pour enfoncer le clou, le bonhomme joue sur les cassures, les changements surprenants, il brouille les pistes et les sons d’une manière plutôt iconoclaste.

Entre le classique (« Next Best Thing ») et l’effrayant («  Fold’em/Silver Lake Reservoir »), on a la sensation que le disque se veut être une playlist jouée de manière aléatoire où expérimentation le dispute à amateurisme désinvolte.

L’impression générale sera celle d’un « concept album » sans concept, d’un opus ambitieux travaillé comme un bricolo ; sur ce chapitre-là il est en bonne compagnie, entre Beck et Kurt Vile on peut difficilement à meilleurs apparentements.

***1/2

The Love Birds: « In the Lover’s Corner »

Quand on a en charge de la production de son premier album Norman Blake (Teenage Fan Club) et Alex Chilton (inutile de le présenter) on ne peut que se dire que pour le quatuor californien qu’est The Love-Birds In the Lover’s Corner  va être un opus fait de passéisme mais surtout de mélodies irrémédiablement accrocheuses.

Si, en outre, on abonde dans le sens su présupposé qui dit que nostalgie n’est pas fatalement stérile et que pouvoir essayer dans ses oreilles la musiques de compositions agréable aux tympans nest pas rédhibitoire on ne pourra qu’apprécier un opus de musiciens dont le patronyme lui-même est un hommage à la pop bienheureuse et ensoleillée sise du côté de Haight Ashbury à San Francisco.

Le concours de Blake, apportera une petite touche « indie » écossaise à l’ensemble mais, tout au long de ses onze plages, il ne sera question que de romances et d’amours intemporelles. Rien ne nouveau mais là n’est pas le problème ; le groupe est capable de s’élevé au -dessus de ses références révérences et ses enluminures vocales et harmoniques rappellent les plus beaux instants que des ensembles somme The Turtles avaient gravés dans le vinyle.

Ainsi demeurent les Tables de La Loi pop ; inébranlables elles sont et il n’est pas interdit de s s’en inspirer.

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Belle And Sebastian: « How To Solve Our Human Problems »

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre un album intitulé fe manière aussi didactique que How To Solve Our Human Problems surtout quand on sait qu’il est l’oeuvre d’un ensemble aussi subtil et ironique que Belle And Sebastian.

Le groupe a, ici, abandonné les tonalité « dance » de son précédent opus et il est revenu à des schémas plus articulés, centrés sur la problématique des rapports humains. Point de solutions apportées pourtant mais des questions posées qui peuvent être conjuguées sur le mode de la candeur (« Sweet Dew Lee »), de la ballade acoustique (« Fickle Season ») sans délaisser le psychédélisme de « Show Me The Sun ».

Belle And Sebastian ont toujours visé à l’harmonie et à la cohésion, y compris dans les moments les plus graves que sont « We Were Beautiful » et ils excellent à les greffer à des passages plus enjoués comme « Best Friend » ou « Too Many Tears ».

Si on considère combien cet amalgame indie pop est réussi, on conviendra que la greffe entre mettre à plat les contrariétés et y apporter résolution est parfaitement réussie sur ce How To Solve Our Human Problems.

***1/2