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Haleiwa: « Cloud Formations »

Cloud Formations se décrit comme « le seul disque shoegaze que vous pourrez emmener à la plage » et il est vrai que le troisième long-format du Suédois mêle effectivement formes un peu languides et accents plus pops.

Dans la première catégorie, on pourrait ranger le morceau-titre, avec son chant lointain, sa mélodie mise en boucle et laid-back et son orchestration diaphane, ainsi que le conclusif « Cold Concrete » avec ses petits arpèges et son grésillement façon mélodie venant d’un vieux 78-tours. De même, l’instrumental « Path Of Kalahu’u » installe progressivement ses composantes, partant d’une boucle de guitare acoustique pour intégrer ensuite une batterie et des développements plus conséquents.

Du côté des accointances pop, on rangera assurément la guitare électrique grattée en rythme de Swell, l’instrumentation (batterie régulière, ligne de basse bien distincte et accords de guitare) de « Crossroads », le dialogue basse-batterie de « Northern Celestial Hemisphere » ou l’immédiat (et opportunément mis en ouverture de disque) « HKI-9 »7.

Si le chant de Mikko Singh aurait gagné à être un peu diversifié, se trouvant trop systématiquement doté de réverbération et éloigné de l’auditeur, les neuf morceaux s’écoutent donc sans déplaisir, d’autant plus que, pour le coup, l’instrumentation évolue légèrement d’un titre à l’autre (avec même quelques percées plus recherchées comme sur « Ka’a’awa Surfin’) ». Comme plusieurs autres propositions similaires, il n’est pas du tout certain qu’on retourne régulièrement vers Cloud Formations, mais, une nouvelle fois, c’est un disque tout à fait adapté aux aux climats d’été.

***1/2

3 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Buildings: « Cell-O-Phane »

La pop joyeuse de The building est la meilleur chose à faire pour décompresser un peu en climats chargés lourds de menaces. Ces petites ritournelles pop/rock sont, ici, judicieuses maême si on évoque des thèmes innocents avec un côté nïf et faussement candide.

Le chant de Mariah Reodica (aussi guitaristes et claviériste), doux et authentique, est accompagné a merveille par un trio de musiciens dans le tempo qui délivre un cocktail indie des plus rafraîchissant, contrepoint idéal aux lourdeurs des températures.

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2 août 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ada Lea: « what we say in private »

Ada Lea qui est une jeune auteure-compositrice-interprète originaire de Montréal qui semble prête à débarquer de façon explosive si on en croit un tout premier album, what we say in private, particulièrement marquant.

Même si ses influences indie rock peuvent paraître basiques d’emblée, ce qui fait la richesse d’Ada Lea est son caractère bien trempé. On sent que la Montréalaise a également plongé dans les univers de grandes dames comme Sylvia Plath, Frida Kahlo, Nina Silone et Karen Dalton peut-être pas musicalement mais artistiquement où l’expressivité est de rigueur.

what we say in private ira plutôt se mesurer du côté de Julia Jacklin, Wolf Alice et Marika Hackman et Ada Lea n’a pas peur de vider son sac sur des morceaux résolument attachants comme « mercury » qui ouvre le bal mais également « the party », « for real now (not pretend) » et d’autres.

La jeune femme détaille la fin d’une relation amoureuse qui s’était avérée chaotique et elle arrive à concilier chagrin et espoir que ce soit sur les touchants « what makes me sad » et « 180 days » et les plus percutants « the dancer » et la conclusion rock nommée « easy » avec tune incroyable aisance.

Ajoutez ces compositions accrocheuses et consistantes à des bruitages d’extérieur (brouhaha de l’extérieur, gazouillis d’oiseaux etc…) pour créer une certaine proximité avec l’auditeur, what we say in private met les points sur les i et permet de placer Ada Lea parmi les futurs espoirs de la scène indie féminine.

***1/2

24 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Generationals: « Reader As Detective »

Révélés en 2009 avec leur premier album Con-Law et leur titre « When They Fight They Fight », le duo de la Nouvelle-Orléans composé de Ted Joyner et de Grant Widmer n’a plus donné de signe de vie depuis quatre ans et demi et leur album Alix. Trêve de patience, les voici de retour avec leur cinquième album Reader As Detective.

On réentendra avec plaisir les recettes qui ont fait la réputation de Generationals ; à savoir cette approche rétro et DIY irréprochabl qui continue à mêler new wave et indie pop des années 1960 sur ces dix nouvelles compositions infectieuses. Mais cette fois-ci, tout nous laisse à penser sue le tandem Joyner/Widmer a placé le curseur du côté de la pop, comme l’attestent des titres comme les loops vocaux des très rythmés « I Turned My Back On The Written Word » et « Breaking Your Silence » aux synthés gras.

La tendance se confirmera sur des morceaux à l’image des allures surf-rock de « Gatekeeper » et « Society of Winners » mi-jangle pop mi-dub qui frôlent la superproduction digne de Danger Mouse. On sent que Generationals souhaite surfer sur la vague actuelle avec ses samples vocaux pitchés sur la pop psychédélique « Xeno Bobby » ou la synthpop très 80’s de « A List Of The Virtue ». À l’inverse, Reader As Detective regroupe de bonnes trouvailles comme l’introduction inquiétante nommée « I’ve Been Wrong Before » aux ambiances garage-pop grungy ou encore « Save This For Never » qui est la marque de fabrique du groupe.

S’achevant sur un « Closer Box » résolument 80’s et nostalgique, Generationals effectue un retour plutôt sympathique avec un Reader As Detective où on les voit à la croisée de la pop plus moderne et au travers des générations.

****1/2

22 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Brisa Roché: « Low Fidelity

Le précédent opus de Brisa Roché, Father, était sson album le plus intime et le plus dépouillé. Le choix de la simplicité semble lui avoir plu, puisqu’elle revient aujourd’hui avec un disque intitulé Low Fidelity, titre on ne peut plus judicieux tant car il sonne si il avait été fait à la maison.

Sans prétention mais inspiré, l’Américaine dévoile une collection de chansons charmantes, poétiques et volontairement imparfaites pour mettre en avant ce qui lui tient le plus à cœur : un art du songwriting qui se veut le plus authentique possible.

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21 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Jeanines: « Jeanines »

Jeanines est un duo-newyorkis qui nous gratifie d’une musique fraîche, avec un côté sixties marqué dans l’interprétation, mais une urgence de l’écriture indie pop dans la forme.

Elle se déguste avec un plaisir certain, d’autant plus que ce disque passe tellement vite d’un titre à l’autre que l’on a pas vraiment l’occasion d’en apprécier chaque composition.

Un premier album qui rappelle tellement de choses qu’il est difficile de mettre le doigt dessus. C’est peut-être ça le secret ; faire la jonction entre plusieurs univers, en prendre le meilleur et tout mettre dans un shaker. L’avenir dira si ça fonctionne sur la durée, en tout cas, ponctuellement, ne fait paucun doute.

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2 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Younghusband: « Swimmers »

Membre de la garde rapprochée de Cate Le Bon, de Meilyr Jones et plus récemment de Rose Elinor Dougall, Euan Hinshelwood œuvre aussi aux destinées de Younghusband. Discrète, bien que brillante, la formation basée à Watford avait jusqu’alors sorti deux albums – Dromes en 2013, et Dissolver en 2015 laissant la belle part à une tendance psyché et shoegaze. Avec Swimmers, Younghusband a pris un petit coup de chaleur. Le changement est radical, tant ce troisième effort donne comme un « summer album » avec les chansons qui vont avac cette humeur estivale.

À l’image d’un coup de foudre, Swimmers est un disque à effet immédiat. Contrairement aux deux albums précédents, celui-ci a d’ailleurs été écrit par un Euan Hinshelwood reclus seul dans son coin et ce n’est qu’au moment d’entrer en studio qu’il a présenté le fruit de ses réflexions et de son travail à ses partenaires. Swimmers a été été conçu loin de tous les tumultes. Le studio ayant été aménagé dans une vieille grange de Greenwich appartenant à un artiste octogénaire. Ceci explique peut-être cela.

À l’horizon ? Aucune révolution, mais la promesse d’une demi-heure d’insouciance, de romance et de naïveté amoureuse. C’est direct, sans artifice, sans calcul, résolument candide et on se retrouve avec une poignée de mini-hits de pop à guitares (régulièrement soutenus par un clavier) qui excèdent à peine les trois minutes (« Sister », « Modern Lie », « Broken In Half », « Grinding Teeth », « Paradise In The Rain »).

On ne demande pas plus, et la récolte en est belle ; Swimmers et un disque sincère, addictif, et notamment destiné à celles et ceux qui ont l’horizon clair même si ils savent que rien ne s’acquiert sans cette douleur inhérente qui est marqueuse de élans de la pop.

***1/2

24 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tusks: « Avalanche »

En 2017, Tusks avait fait ses premiers pas avec son premier album nommé Dissolve. Emily Underhill, de son vrai nom, faisait partie de la relève de l’indie pop aérienne et pesante qu’il nous était en droit d’entendre depuis quelques temps maintenant. Reéactivation donc avec son second opus nommé Avalanche.

On reprend les mêmes et on recommence, c’est un peu le motto de ce nouvel opus ou même de la musique de Tusks en général. Il suffit des arrangements de cordes, de sonorités quelque peu électroniques et des ambiances mélancoliques et vaporeuses pour qu’Emily Underhill se complaît dans sa zone de confort. Et la majorité des morceaux s’inscrit dans cette lignée allant de « Peachy Keen » à « Better That Way » en passant par les solennels « Delusion », « Foreign » et « Bleach » qui sonnent un peu trop comme du déjà entendu.

On ne pourra pas blâmer Tusks pour cette plaie, tant elle s’avère être une pro dans ce domaine musical. On versera notre larmichette à travers des sublimes titres qui se situent au tout début d’album que sont « Demon » et « Be Mine » et le reste s’enchaîne comme un pilote automatique. On retrouvra les mêmes thèmes qui ont baigné Dissolve avec son corollaire,un léger manque de nouveauté. Ceci dit, son interprétation ne nous laisse jamais de marbre notamment sur le morceau-titre et sur le final « Salt » où le spleen persistera à nous envelopper Avalanche s’avère être un disque bien construit et riche en émotions mais est condamné à être écouté en fond sonore en raison de son manque de relief.

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18 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ian Broudie: « Tales Told »

En 2004, Ian Broudie laisse The Lightning Seeds au repos et décide d’enregistrer un disque solo avec la jeune garde de Liverpool. L’idée fut évidemment géniale car Tales Told est son plus beau disque.
Ian Broudie est un des piliers de la scène musicale de Liverpool. Après avoir oeuvré dans le punk, la new-wave (avec notamment Original Mirrors), Broudie décrocha le jackpot avec The Lightning Seeds dans les années 90. Le jackpot court toujours car les Seeds jouent toujours à guichets fermés dans les villes anglaises. Ian Broudie est, en plus d’être un type qui sait écrire des chansons, un producteur assez habile. Au début des années 2000, Broudie vit une lune de miel avec The Coral et lThe Zutons. Connu pour avoir « planté » le premier disque de Shack et avoir mis en lumière Noir Désir, Broudie vit un conte de fée avec les jeunes groupes de Liverpool. Au début des années, l’alignement des planètes est parfait du côté de la Mersey. Un ex Shack a fondé un label (Deltasonic Records) qui héberge des jeunes groupes ultra productif The Coral y publièrent leurs quatre premiers albums en quatre ans) épaulés Broudie.

En 2004, ce dernier enregistra un disque solo aidé pa Nick Power, Bill Ryder-Jones, James Skelly, Sean Payne et bien d’autres. L’enregistrement fut visiblement rapide et chaotique. Mais le résultat est superbe. En effet, Tales Told est l’anti-The Lightning Seeds ; tout y est raffinement et délicatesse. Les titres co-écrits avec Skelly et Power sont de vraies petites merveilles. Ce disque sort aujourd’hui pour la première fois avec un E.P. d’inédits chez Needle Mythology un label qui porte bien son nom tant il nous permet de redécouvrir des vieilles chansons à l’apparente simplicité qui nous retourneront comme l’écho d’un temps béni.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Body Type: « EP / EP2 »

La scène indie australienne continue de battre son plein. Destination non Melbourne mais Sydney pour partir à la rencontre d’un quatuor féminin nommé Body Type. A mi-chemin entre jangle-pop et surf-rock, Sophie McComish (chant, guitare), Annabel Blackman (chant, guitare) Georgia Wilkinson-Derums (chant, basse) et Cecil Coleman (batterie) font forte impression sur leurs premiers EPs

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Composé de six titres, Body Type arrive à distiller avec aisance leurs influences musicales citées plus haut. S’ouvrant sur l’élégant « Ludlow (Do You Believe In Karma ?) », les musiciennes arrivent à séduire l’auditeur d’emblée. Tantôt mélodique tantôt rugueux à travers des morceaux comme « Palms », « Dry Glass » et « Silver », ces EPs possèdent suffisamment de charmes pour accéder au panthéon des plus belles promesses australiennes.

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13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire