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Ian Broudie: « Tales Told »

En 2004, Ian Broudie laisse The Lightning Seeds au repos et décide d’enregistrer un disque solo avec la jeune garde de Liverpool. L’idée fut évidemment géniale car Tales Told est son plus beau disque.
Ian Broudie est un des piliers de la scène musicale de Liverpool. Après avoir oeuvré dans le punk, la new-wave (avec notamment Original Mirrors), Broudie décrocha le jackpot avec The Lightning Seeds dans les années 90. Le jackpot court toujours car les Seeds jouent toujours à guichets fermés dans les villes anglaises. Ian Broudie est, en plus d’être un type qui sait écrire des chansons, un producteur assez habile. Au début des années 2000, Broudie vit une lune de miel avec The Coral et lThe Zutons. Connu pour avoir « planté » le premier disque de Shack et avoir mis en lumière Noir Désir, Broudie vit un conte de fée avec les jeunes groupes de Liverpool. Au début des années, l’alignement des planètes est parfait du côté de la Mersey. Un ex Shack a fondé un label (Deltasonic Records) qui héberge des jeunes groupes ultra productif The Coral y publièrent leurs quatre premiers albums en quatre ans) épaulés Broudie.

En 2004, ce dernier enregistra un disque solo aidé pa Nick Power, Bill Ryder-Jones, James Skelly, Sean Payne et bien d’autres. L’enregistrement fut visiblement rapide et chaotique. Mais le résultat est superbe. En effet, Tales Told est l’anti-The Lightning Seeds ; tout y est raffinement et délicatesse. Les titres co-écrits avec Skelly et Power sont de vraies petites merveilles. Ce disque sort aujourd’hui pour la première fois avec un E.P. d’inédits chez Needle Mythology un label qui porte bien son nom tant il nous permet de redécouvrir des vieilles chansons à l’apparente simplicité qui nous retourneront comme l’écho d’un temps béni.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Body Type: « EP / EP2 »

La scène indie australienne continue de battre son plein. Destination non Melbourne mais Sydney pour partir à la rencontre d’un quatuor féminin nommé Body Type. A mi-chemin entre jangle-pop et surf-rock, Sophie McComish (chant, guitare), Annabel Blackman (chant, guitare) Georgia Wilkinson-Derums (chant, basse) et Cecil Coleman (batterie) font forte impression sur leurs premiers EPs

.

Composé de six titres, Body Type arrive à distiller avec aisance leurs influences musicales citées plus haut. S’ouvrant sur l’élégant « Ludlow (Do You Believe In Karma ?) », les musiciennes arrivent à séduire l’auditeur d’emblée. Tantôt mélodique tantôt rugueux à travers des morceaux comme « Palms », « Dry Glass » et « Silver », ces EPs possèdent suffisamment de charmes pour accéder au panthéon des plus belles promesses australiennes.

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13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Barrie: « Happy To Be There »

Il y a des groupes qui connaissent un buzz remarquable et qu’ils ne déçoivent en aucun cas. C’est le cas de Barrie qui nous vient de Brooklyn et qui compte faire une entrée fracassante avec un bien-nommé premier album Happy To Be Here.

Composé de 10 morceaux, le groupe mené par la musicienne multi-instrumentiste Barrie Lindsay et accompagné de Dominic Apa (batterie), Spurgeon Carter (chœurs, production additionnelle), Sabine Holler (choeurs) et de Noah Prebish (synthés, guitare, production) mêle indie rock et dream-pop avec une précision redoutable. Mené de main maître par une introduction à la fois entraînante et rêveuse nommée « Darjeeling », on est fasciné par la voix mielleuse de la cocaliste ainsi et des arrangements sonores qui brillent de mille feux.

On entendra ainsi utres incroyables trouvailles comme « Dark Tropical », « Clovers » par fois soutenus par le rythme plus soutenu de « Habits » qui arrivent à concilier textures synthétiques et allures organiques.

Happy To Be Here se veut être un voyage musical onirique et coloré tout en son long et on adhèrera sans peine à ce périple avec « Saturated » et « Chinatown » en passant par les terrains plus folk de « Geology » au refrain plus dense et la conclusion joliment printanière qu’est « Hutch ».

Barrie est heureux de nous offrir un premier album aux douces saveurs synthétiques et rêveuses. Happy To Be Here en est une démonstration tout comme une invitation à un voyage qu’il serait mavbenu de refuser.

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9 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Artisans: « The Artisans »

Ce groupe anglais nous présente un premier album éponyme qui se veut être, selon leurs dires, une indie-pop entraînante, chatoyante et atempoorelle.

Il est vrai que l’opus aurait très bien pu sortir au milieu des années 80 et qu’il aurait tenu la comparaison avec ce que les meilleurs groupes anglais faisaient de meilleur à cette époque.

Artisans porte bien son nom et fait également penser à d’autres combos comme The Wedding Present, Orange Juice ou The Smiths.

Même s’ils sont évidemment référencés, les douze titres de l’album, loin de sentir la naphtaline, se révèlent au contraire comme autant de classiques instantanés emprunts d’une grande fraîcheur et de beaucoup de sincérité.

Outre la forme (le chant, les arrangements, les guitares, les cuivres…) toujours impeccable (les artisans aiment le travail bien fait !), il faut souligner la qualité des mélodies qui constellent l’album. Il serait d’ailleurs très difficile de ne mettre en avant qu’un ou deux morceaux en particulier car ici, point de faiblesses ou de baisses de régime. Du cuivré et sautillant « Impossible» au formidable « The Ballad of Armley Jail » qui clôt l’album, les tubes s’enchaînent pour le plus grand bonheur de l’auditeur.

Avec cet album en forme de best of, The Artisans ravivent la flamme indie pop allumée par leurs glorieux aînés ; une flamme qui n’est pas prête de s’éteindre.

***1/2

5 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Spinn: « Spinn »

Quatuor de Liverpool, Spinn, sort son premier album sur lequel plane le fantôme des Smiths et notamment des rythmiques de Johnny Marr. Sobrement éponyme le combo n’a cessé de monter en puissance et, logique aidant, ce premier opus réunit quelques titres inédits et des morceaux connus de leurs plus anciens fans.

Spinn est un disque rafraîchissant, porté par une indie-pop mélodieuse et parfois dansante, avec quelques réminiscences d’un son rock qu’on aurait volontiers prêté aux Smiths. Il suffit d’écouter « Bliss » ou le très réussi « Notice Me » pour faire le lien avec l’iconique groupe, en particulier grâce à une rythmique pouvant rappeler la guitare de Johnny Marr. Cette marque de fabrique rétro, bien que très présente ,dans ce premier album de très bonne facture, n’a pourtant rien d’alourdissante ou pompeuse.

Le riff chaleureux de « Believe It Or Not » et ses chants fédérateurs ouvrent le bal en proposant une dynamique séduisante, vite confortée par un brillant « Something That I Missed ». Si la désagréable sensation de linéarité commence à pointer le bout de son nez, les quatre musiciens parviennent à casser le rythme, d’abord avec une ballade acoustique de toute beauté (« July, At A Glance ») et ensuite par leurun hit imparable : « Notice Me ». « Shallow » débute, quant à lui ,par des sonorités solaires et ensorcelantes, avant de renouer avec sa guitare désormais reconnaissable et une belle ligne de basse où les sonorités eighties et funky de « Keep Dancing » feront mouche.

Si l’album ne manque pas de rythme, Spinn cloturera l’exercice avec un finish solide et prometteur – là où bon nombre d’artistes peinent, la faute à une deuxième partie d’album moins équilibrée. Se suiveront alors un « Green Eyes » heavy, un dansant « Foundations « puis une jolie ballade (« Heaven Sent) » ; une varité de de registre qui les résumera parfaitement et ouvrira aporte à un après.

***1/2

5 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wand: « Laughing Matter »

En 2017, Wand avait effectué son grand retour avec leur album Plum qui a surpris pas mal de monde ; désormais déterminé à reprendre d’assaut la scène garage californienne, Cory Hanson et sa bande ont renchéri avec un EP montrant leur versatilité. Même si ils n’atteignent pas le côté prolifique de leurs concurrents comme King Gizzard & The Lizard Wizard, les Californiens sont résolus à ne pas perdre une once d’inspiration et reviennent avec un nouvel opus nommé Laughing Matter.

Pour cette nouvelle livraison, Wand a décidé de voir les choses en grand. On avait déjà vu le groupe s’aventurer dans des nouveaux terrains sur les albums précédents et sur Laughing Matter, ils semblent atteindre leur forme finale sur ce qui est considéré comme étant leur disque le plus abouti de leur discographie. Moins garage et plus psychédélique qu’auparavant, les Californiens nous offrent une variété de sensations auditives en tous genres avec des titres aux arrangements étoffés pour ne pas dire anxiogènes comme l’intense titre d’ouverture nommé « Scarecrow » ou d’autres plus lumineuses comme le midtempo « xoxo » résolument pop ainsi que les arrangements de corde de l’aérien « Hare ».

Il est clair que Wand a l’air de se complaire dans ces ambiances plus apaisées et plus psychédéliques malgré des moments pour les moins angoissants et hypnotiques. Ils n’oublient pas pour autant des moments de garage colérique notamment avec « Lucky’s Sight » ou encore le plus animé « Walkie Talkie » rappelant les Strokes dans leur démarche et « Wonder » qui arrivent à s’insurger avec fluidité dans cet océan de douceur comme le sublime « Evening Star », « Rio Grande » ou même « Airplane ». Beaucoup verront une étrange ressemblance à Radiohead (l’acoustique « High Plane Drifter » ainsi que « Thin Air » avec ses accords de guitare hypnotique et son piano magistral) notamment Cory Hanson qui possède un timbre de voix similaire à Thom Yorke la plupart du temps mais rien n’empêche de se perdre dans des tourbillons lancinantes de « Wonder II » porté par une voix féminine ou la conclusion désinvolte nommée « Jennifer’s Gone » dont le style a de quoi faire penser à Lou Reed.

Résolument long mais audacieux, Wand semble avoir atteint sa forme finale sur Laughing Matter plus psychédélique que garage comme attendu. Malgré quelques légers moments de perdition, le groupe californien a pour le moins réussi sa mue musicale en nous désorientant à bon escient avec ce disque s’enchaînant avec une incroyable fluidité.

***1/2

21 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Rose Elinor Dougall: « A New Illusion »

En 2017, Rose Elinor Dougall était sortie des sentiers battus avec un Stellular qui avait fait parler de lui. L’ex-membre de The Pipelettes a vu sa popularité accroître avec son indie pop élégant traversant les décennies à toute allure, à un tel point que Baxter Dury l’avait conviée à son dernier album solo en date. Elle revient ici en douceur avec son nouvel opus, A New Illusion.

La jeune femme reste dans sa zone de confort avec son électro-pop reluisant et multicolore aux douces saveurs 80’s mais avec une pointe de psychédélisme prononcé. Jamais la voix de la Britannique n’a sonné aussi reluisante que sur des morceaux éthérés allant d’ »Echoes » à « Too Much Of Not Enough » en passant par les ballades lumineuses que sont « Wordlessly » et « Something Real » avec un piano rêveur où elle se montre au plus haut point de sa forme.

Son interprétation retranscrit parfaitement les textes transpirant les ruptures amoureuses et les chagrins qui s’en suivent notamment sur « That’s Where The Trouble Starts » et sur le poignant « Take What You Can Get ».

Entre sonorités dignes de Laurel Canyon et des influences dignes de Stereolab et de Broadcast, A New Illusion arrive à établir un contraste avec des musiques lumineuses et des textes personnels et touchants caractérisés par « First Sign » et par l’incroyable et élégant « Christina In Bed » qui nous envoûtera pendant six bonnes minutes. Rose Elinor Dougall reste de nouveau ausommet de sa créativité avec un troisième opus qui est à la portée de tous.

***1/2

16 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Flying Fish Cove: « At Moonset »

Il n’y a pas que sur la scène australienne qui qit le monopole de la fourniture de la jangle-pop de qualité. Flying Fish Cove est basé à Seattle et il a été bercé par les disques de Teenage Fanclub et de The Pastel. At Moonset, leur premier album, en est la manifestation.

A la croisée de la jangle-pop et de la twee-pop, Flying Fish Cove ne fait pas dans le basique. C’est avec des arrangements peaufinés grâce l’intervention des claviers psychédéliques, flûtes et de cordes qui’ils habillent des morceaux plutôt élégants . Mentionnons l’introductive « Johnny Paper » mais encore « Blow A Candle », « Manticore » ou bien même « Cammy the Camry ». Entre la voix sucrée de Dena Zilber, les riffs décontractés de Jake Jones (qui officie parfois au chant) et la section rythmique légère et somptueuse du duo Sean Canfield (basse) et Jacob Jaffe (batterie), il n’y a qu’un pas.

Chez Flying Fish Cove, tout n’est que luxe, calme et volupté avec une pointe d’ambition qui se faufile entre ces 12 titres. Avec l’intervention de la divine Frankie Cosmos mais également de Jade Tcimpidis et de Lydia Brambila, le quatuor vise le très haut avec « Dangerous Words », « Pony Bracelet » et autres « Home Sweet Home ». Tour à tour cosmique ou psychédélique (comme l’atteste la conclusion fantasmagorique « Belladonna »), At Moonset prouve que la jangle-pop ne se résume pas qu’à des compositions solaires mais à quelque chose de plus arty.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Anteros: « When We Land »

Ce quatuor londonien, méné par la pétillante Laura Hayden, fonctionnait, jusu’à présent, à grands coups de « singles » prometteur qui situaient le combo entre dream-pop et indie rock avec quelques influences chapardées chez No Doubt et Blur.

Le moment fatidique était donc venu sous la forme d’un premier album nommé When We Land. Composé de 11 titres, Anteros a décidé de distiller plusieurs influences pour en faire un mélange explosif. Non seulement, on retrouve les accents dream-pop des débuts mais il n’est pas rare de croiser d’autres sonorités venues d’ailleurs. Et c’est dès l’introductif « Call Your Mother » que l’on se rend compte que les londoniens sont là pour délivrer des titres fédérateurs aux messages puissants véhiculés avec aisance. On croise des territoires disco dignes de Blondie sur « Wrong Side » et « Fool Moon » ou plus soulful sur « Ring Ring » sans aucun souci.

Malgré sa diversité des genres, rien n’empêche pour Anteros de livrer sa recette basique mais efficace: riffs catchy, couplets soft et refrains rentre-dedans. Cela se montre parfaitement sur « Honey », « Afterglow » ou bien même « Breakfast ». Il arrive parfois de calmer leurs ardeurs comme sur le doucement mélancolique « Ordinary Girl » montrant une prestation vocale des plus inimitables de Laura Hayden. Il en faudra plus pour refaire le monde indie mais Anteros a quand-même réussi son premier atterrissage prolongé en paysage britannique.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Edwyn Collins: « Badbea »

Edwyn Collins revient avec son dixième album solo, Badbea. Enregistré aux Clashnarrow Studios situés à Helmsdale en Ecosse, ce nouvel album de l’ancien leader d’Orange Juice tire son nom d’une falaise qui obsède Collin. D’ailleurs, Badbea reprend les choses où Understead es avaient laissées en 2013. Ce disque est brut de décoffrage et laisse au final peu de temps morts. Edwyn Collins fonce, tête baissée dans la mêlée et fait sauter le verrou pop. Connaissant son métier comme personne, il arrive à sortir encore quelques lignes mélodiques ahurissantes.

Inspiré par son grand-père et par le village de Badbea ce lieu fétiche qui donne à l’album sa vigueur et par son élégance naturelle. De l’aveu même de Collins, c’est la première fois qu’il fait un disque en regardant dans le rétroviseur et c’est pour cette raison que Badbea est le frère cadet d’Understead. Les puritains de la pop auront donc peut-être quelques réticences à écouter ce disque, mais les amoureux d’Orange Juice y trouveront sans peine leur compte.

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29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire