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Tim Presley’s White Fence: « I Have To Feed Larry’s Hawk »

Tim Presley alterne divers projets : (White Fence, DRINKS avec Cate Le Bon) et albums collaboratifs avec Ty Segall. Le voilà de retour sur cette nouvelle voie avec avec un album, I Need To Feed Larry’s Hawk, sous le pseudonyme Tim Presley’s White Fence.

Sa musique est un trait d’union entre rock psychédélique, art-rock et proto-punk pour le moins bricolé et avant-gardiste. Pourtant, sur ce nouvel album, le Californien a décidé de dévoiler une facette inédite avec introduction mélancolique et planante et une ambience digne d’un thriller façon Robert Wyatr. On pourra, ainsi, le comparer sans peine à la folie créative de Syd Barrett et d’Alex Chilton, en perticulier surtout à l’écoute des morceaux emprunts de vulnérabilité que sont « Phone » et « I Love You ».

Pas de proto-punk psychédélique chez White Fence, on a affaire, sur cet opus, Ià une collection de morceaux pop riches en synthés sirupeux et guitares planantes à souhait avec « Neighborhood Light », « I Can See You » ou encore « Indisposed ».

Toutefois, iIl ne sera pas rare de croiser des moments avant-gardiste)comme « Lorelei » et « Fog City » divisé en deux parties et de l’autre côté des sublimes trouvailles mélancoliques comme « I Saw Snow Today ».

Se cloturant avec deux longues compositions ambient du nom de « Harm Reduction », Tim Presley réussit plutôt dans ce domaine touchant. I Need To Feed Larry’s Hawk n’a rien d’un album exposant son mal-être général mais est plutôt une tentative de peindre sa vulnérabilité par le biais de ses influences musicales et de bâtir un disque de haute volée.

***1/2

2 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Du Blonde: « Lung Bread For Daddy »

A la suite de son second album Welcome Back To Milk (le premier sous le pseudonyme Du Blonde) Beth Jeans Houghton s’est centrée sur lson travail d’llustratrice et elle ne revient que quatre ans plus tard avec un opus autoproduit, Lung Bread For Daddy.
Tout aussi enragé que son prédécesseur mais agrémenté d’une finesse aussi bien dans ses textes que ses arrangements, Lung Bread For Daddy est un ensemble de morceaux rock, flirtant avec la pop (« Angel », « Take Out Chicken »), alors que son « debut album » Welcome Back To Milk était, lui ,relativement brut de décoffrage. On aura, toutefois, droit en fin d’album à deux titres plus posés, « Days Like These » et « On The Radio »,

sur lesquels l’Anglaise n’oubliera pas d’apposer quelques riffs bien sentis à la six cordes.

Des compositions comme « Buddy » et « RBY » offreront, comme pour agréger les deux influences, des mélodies qui alternent entre comptines tendres et moments punk magnifiés par qa voix éraillée. La chanteuse sait, d’ailleurs, très bien contrebalancer ces différentes tonalités, jouant les montagnes russes sur une bonne partie du disque. À son électricité viendont ainsi se mêler différents instruments plus classiques tels que le piano, permettant de mettre plus encore en avant les talents de songwriting de l’artiste.


Hormis « Holiday Resort » qui restera sur un fil tendu, la plupart des chansons se concluent sur des distorsions de guitares et des cris féroces, à commencer par le morceau d’ouverture « Coffee Machine ».

« Peach Meat » se révèlera comme le morceau le plus schizophrénique de toutes, passant de somptueux couplets a capella à du solo de guitare dissonant et incompressible, avant de se conclure sur une atmosphère cinématographique du plus bel effet.

La sensation générale sera donc d’être confronté à un disque entre dissonance revendiquée et ambiances beaucoup plus tempérées. Sachant que l’artiste souffre, depuis plusieurs années, de psoblèmes de santé d’esprit, on comprendra et on acceptera cette instabilité complexe, déroutante mais singuièrement bouleversante pour nous affecter.

***1/2

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ty Segall: « Fudge Sandwich »

Souvent mal aimée, la reprise est perçue au mieux comme un manque d’inspiration (et un besoin urgent de rentrée d’argent pour les artistes confirmés, et, au pire, comme de l’amateurisme. Comment justifier alors un tel album chez Ty Segall ? Le Californien est connu pour son hyper-activité autant que pour son hyper-créativité : on n’ose penser à un manque d’inspiration. Acceptons d’y voir alors une volonté de rendre hommage à des chansons qui l’ont marqué.

« Lowrider », traitant d’un cliché Hip Ho,  fut déjà repris par Korn pour une version cool sur le culte Life Is A Peachy, et samplé un grand nombre de fois, notamment par les Beastie Boys et Offspring. Ty Segall prend le contre-pied et tourne cet hymne funk en Glam-Rock lent, ponctués d’effets inquiétants, tout sauf funk, mais assez dépouillé, comme l’original. Sur « Isolation », un « léger » changement bouleverse tout : le piano devient guitare, et, bien que la voix de Ty colle étrangement à celle de John Lennon, l’humeur de ce classique s’assombrit grandement, et semble ainsi plus en adéquation avec les paroles, plutôt pessimistes.

 Espiègle, Segall se permet de surclasser la distorsion du « Rotten to the Core » de Rudimentary Peni. Et on peut imaginer son plaisir, une fois adulte, à parfaire les derniers détails d’un titre qui lui a fait remuer la tête quand il était enfant. Très éclectique, Fudge Sandwich se permet, sans transition, d’accélérer le tempo, à l’image de la paisible « St Stephen » de Grateful Dead, qui ici aurait bizarrement pu trouver sa place sur l’album de reprises Punks/hardcore de Slayer.

Pour le reste, de « I’m A Man » du John Spencer Trio, passé intégralement (et avec brio) dans la moulinette Segalienne, a une version musclée de « The Loner » de Neil Young en passant par une version plus rudimentaire et presque garage de « Pretty Miss Titty » (Gong), Ty Segall s’offre ses idoles sans trop respecter leurs compositions. A la différence de Ty Rex (son autre album de reprise, dédié à l’œuvre de T.Rex), Fudge Sandwich s’affiche fièrement comme un album de Ty Segall, vénérant le passé, et rendant le présent tout à fait excitant.

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16 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Liela Moss: « My Name Is Safe In Your Mouth »

Dans la série « sortie dont tout le monde se fout mais ce serait totalement con de passer à côté », le nouveau disque de Liela Moss est un cas d’école. Moss, qui est sans nul doute la meilleure chanteuse anglaise de ces dix dernières années, cesse de chanter pour les autres (Unkle) et écrit enfin pour elle.
Il y a pile 10 ans,
Liela Moss et son groupe, les Duke Spirit auraient dû mettre une raclée à tout le monde avec Neptune, un disque enregistré avec Chris Goss (Queens of the Stone Age). L’album se vendit… Pas assez mal pour que le groupe arrête et pas assez bien pour que le groupe enterre toute la concurrence. Et depuis ce magnifique coup d’épée dans l’eau, on suit ce groupe avec des regrets et un brin de nostalgie. On a même perdu leurs traces et on a du mal à suivre Moss dans son projet  Roman Remains  (2013).

My Name Is Safe In Your Mouth a donc, en plus du mérite d’exister, le mérite de remettre les compteurs à zéro. Que vaut réellement Liela Moss ?

Enregistré avec Coin Elliot (l’homme de confiance de Richard Hawley) et Toby Butler (pilier des Duke Spirit, on ne se refait pas), ce premier disque évoque successivement le dévouement, l’individualité et la parentalité à travers 10 chansons extrêmement denses. Tel Ed Harcourt, Moss transforme son quotidien en cavalcades pop chargées de synthés. On aurait peut-être aimé un tantinet plus de légèreté. Mais si c’est le prix à payer pour écouter des petites pépites comme « Above You Around You » ou « Wild As Fire » pourquoi pas?

***1/2

11 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Moonface: »One’s for the Dancer & this One’s for the Dancer’s Bouquet »

Spencer Krug a annoncé que c’était la fin de Moonface, ce pseudonyme sous lequel il fait paraître de la musique depuis 2010. Le guitariste de Wolf Parade avait frappé dans le mile avec Julia With Blue Jeans On et l’EP City Wrecker dans les dernières années. Rien ne pouvait donc nous préparer à ce qu’il réapparaisse sous son « nom de plume » avec ce This One’s for the Dancer & this One’s for the Dancer’s Bouquet.

L’album est composé de deux parties, la première se présente sous la forme de chansons étoffées par des marimbas et du Vocoder (tout comme son premier EP, Marimba and Shit-Drums), tandis que la deuxième partie est du rock mélodique où le saxophone est très utilisé.

Cette division n’est pas anecdotique ; en effet, la première partie est écrite au travers du point de vue du Minotaure (puisque c’est de ce mythe qu’il s’agit) alors que la deuxième l’est avec la perspective de Krug. Les deux sessions n’ont pas été écrites ni enregistrées au même moment. Krug a décidé de les tisser ensemble sur l’album, ce qui fait qu’on passe constamment d’un univers à l’autre.

Cette construction bizarre et déconcertante nous plongera dans la même confusion que Thésée qui tente de se frayer un chemin à travers le labyrinthe. La marimba et le Vocoder apportent ainsi leur esthétique sonore, surprenante mais réussie.

La mélancolie du Minotaure qui ne comprend pas pourquoi les gens sont aussi terrifiés de son visage est capturée avec une justesse impressionnante. C’est à la fois une complainte qui peut être interprétée comme l’expression de la solitude face à l’amour non réciproque ou encore envers un parent qui ignore sa progéniture.

« Minotaur Forgiving Minos » tissera une magnifique trame qui donne envie de danser sur le marimba et un son de cloche similaire se fera entendre du côté de « Minotaur Forgiving the White Bull ».

Les chansons écrites à travers les yeux de Krug frappent un peu plus dans le mille. On y retrouvera la groovy « Sad Suomenlinha » qui évoluera de façon surprenante alors que

« Aidan’s Ear » nous ramènera vers ces atmosphères dépouillées qui ont toujours fait le charme de Moonface.

L’émotion sera de rigueur de façon touts viscérale tout comme avec un « Dreamsong » où l’alliage guitare clavier est impeccable. Pour finir, « Walk the Circle in the Other Direction » reprendra touts la méthode Moonface, comme s’il s(agissait d’un point d’orgue ou d’une offrande.

This One’s for the Dancer & this One’s for the Dancer’s  Bouquet n’est certes pas l’album le plus facile à appréhender mais ce sont parmi les dédales de ce labyrinthe que ce qui s’ouvre à nous peut s’avérer plus lumineux et clairsemé.

****1/2

6 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Phantastic Farniture: « Phantastic Farniture »

Il ne faudra pas retenir l’orthographe fantaisiste (Phantastic Farniture) choisie par ce trio australien pour que le combo soit parvenu assez vite à se faire un nom allant au-delà de la scène folk-rock de Syney.
Son leader, la vocaliste Julia Sacklin, avait pour ambition d’explorer ce que la pop peut revêtir de plus joyeux mais, en raison de la gestation plutôt longue de son premier album, le groupe a opté pour une approche plus carrée, censée, aussi, mettre le feu aux dance-floors.
Le résultat est à la fois propice à la rêverie « dream pop » et, en même temps, vecteur d’un climat quelque par moments délabré voire foncièrement mélancolique; si on se risquait à une analogie on pourrait comparer ce disque à l’impression qu’on aurait à farfouiller dans la collection de disques de ses parents.

On y trouve ce twang lo-fi si évocateur des sixties (« Uncomfortable Teenager », « Mumma Y Papa ») avec ses guitares gazéifiées à la Ride, une sensualité sombre («  Take It Off ») mais aussi, sur « Fuckin ‘N’ Rollin » une ode façon alleluia de toute beauté malgré son titre provocateur. Restera cette question ; Jackin apprécie-t-elle cette énergie atypique ou souhaite-t-elle, tout simplement, s’installer dans un ameublement confortable ? Ce « debut album » ne peut que nous inciter à vouloir en savoir plus.

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30 août 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Coco Hames: « Coco Hames »

Dès les premières salves que forment « When You Said Goodbye » et « I Do Love You », on sait immédiatement que quelque chose va nous brancher sur Coco Hames. Avec des arrangements évoquant Dusty Springfield, la mélancolie joyeuse qui s’échappe de titres rappelant le plus classique du « Phil Spector sound » on est confronté à un son indie pop des plus habituel mais pris à contre pied par des nuances de tonalités garage-pop, blue-eyed soul et de ballades aux effluves country.

Bien sûr, maîtriser ces différents genres et en délivrer des imitations passables est une chose mais il incombe à une certaine personnalité d’y imprimer une une sensibilité propre à nous faire vibrer. La voix de Hames est, dès le départ, confondante.

On y trouve, en effet, douceur acidulées, mais aussi douleur ironique, un peu comme si une jeune femme encore peu formée devait véhiculer des émotions qui la dépassent et saupoudrer d’une couche de souffre ce qui est encore du domaine de l’apprentissage.

On pourrait qualifier un tel phrasé de nubile et adolescent q’il n’y avait ces trilles plus matures, ces distorsions qui disqualifient la romance ou ces rythme chaloupés qui font hésiter entre regret et sensualité. Plus que dans états d^âme trop tranchés Coco Hames nous entraîne dans un monde où la candeur ingénue fait peu à peu place à le défloration des sentiments.

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20 mai 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

British Sea Power: « Let the Dancers Inherit the Party »

Il y a un écart très ténu entre ambition et prétention et c’est précisément dans cet interstice que British Sea Power s’est toujours situé. C’est sans doute pour cette raison que le combo est, à la fois, apprécié des critiques et jugé avec circonspection par le public parfois perplexe devant sa tendance à l’expérimentation et au « progressisme ».

Cette formula a, jusqu’à présent, souvent été gagnante et Let the Dancers Inherit the Party, leur nouvel album depuis quatre ans va les voir, sans cynisme, s’équilibrer entre ces deux propensions.

Point, ici, de musiques de films ou d’approche conceptuelle trop prononcée, cet opus est sans doute le plus direct que le combo ait jamais offert. Les onze titres ont une mouture fluide et cohérente sans trop de divergences vers une sensibilité intellectuelle.

Celle-ci demeure toutefois dans les graphiques, les vidéos et les références culturelles mais, l’essentiel va vers un auditoire qui a les goûts les plus simples. Le « single », « Bad Bohemian », l’exemplifie à merveille avec une attitude « stadium rock » et une pompe qui ne dépasse pas la veine « pop-rock ».

Le disque a cet apprêt lisse, contemporain et à mille lieux de l’intemporalité dont BSP se faisait le chantre. Les allusions politiques sont presque « normales » et sans fard (« Keep On Trying (Sechs Freunde) ») avec un clin d’oeil avec un message positif contrebalançant ce qui auparavant était perclu de sinistrose et de prise de tête.

On schématiserait en parlant de rock conceptuel si celui-ci se berçait d’accessibilité et on aurait mal à y coller des influences comme celles d’Arcade Fire, Joy Division ou, dans un registre plus commercial, Coldplay, si BSP puisaient tout autant dans des combos comme The Killers avec des tubes potentiels comme «  International Space Station » ou « Saint Jerome ».

Les passages les plus lents et introspectifs (« Electrical Kittens ») ou «  Want To Be Free » et « Alone Piano » complèteront le large spectre sonique ; celui-ci montrera, une fois de plus, que BSP est autant capable de se plonger dans son « back catalogue » que de ne pas attendre que celui-ci ait pris la poussière.

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14 avril 2017 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Mothers: « When You Walk A Long Distance You Are Tired »

When You Walk A Long Distance You Are Tired débute sur la guitare acoustique frappée délicatement et les cordes ouatées de mélancolie qui introduisent «  Too Small For Eyes ». Le gazouillement de Kristine Leschper accentue l’élévation que semble prendre ici le désespoir et la solitude ; Mothers semble être un combo qui navigue dans l’affliction.

Ce n’est pas sur cela que ce groupe de Athens va s’appesantir tant il va se montrer capable de s’extraire de ces climats et les transformer invariablement en un crescendo dont la nature progressive marque l’inexorabilité.

« Hurts Until It Doesn’t » nous fait opiner du bonnet et les arrangements se montrent insistants et engageants comme sur le balancement de « Lockjaw », titre qui montre ses muscles ou un « Vurden Of Proof » qui ajoute dynamisme et horreur gothique. Quand « Hold Your Own Hand » marquera le terme de l’album, on aura ainsi un bon petit exemple de pop baroque et de frénésie.

***1/2

6 juin 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sunflower Bean: « Human Ceremony

Sunflower Bean a suscité les éloges des critiques depuis 2010. Positionné sur une niche underground (tendance psychédélique) il profite sans doute d’un renouveau d’intérêt qui caractérise le genre. N’en déplaise aux cyniques leur « debut album » prendra un contre-pied qui ne pourra que réconcilier les deux camps.

Human Ceremony échappe opportunément à un piège, celui d’être considéré comme un combo de revivalistes « shoegaze » avec un « Come On » qui sera plus proche du garage rock façon Parquet Courts que du charme éthéré de Slowdive ou autres.

Le guitariste Nick Kivien emprunte ses accords à John Dwyer et il s’entend à merveille, couplé à la bassiste Julia Cumming pour véhiculer un climat brumeux proche du Velvet Underground.

Nonobstant le côté cyclique, Human Ceremony n’est pas nécessairement un pensum rétrograde. Les textes débordent de cette énergie propre aux musiciens qui s’embarquent enfin dans le lyrisme et les vocaux de Cumming ménagent avec bonheur acidité et nuance.

On verra sans doute quelque chose où le style l’emporte sur le fond ; mais tant que le premier est aussi brillant on ne pourra que se satisfaire de cet exercice.

***1/2

14 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire