No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Júníus Meyvant: « Rearview Paradise »

Un inédit inattendu de Júníus Meyvant ne peut causer qu’un soupir d’aise. Six mois seulement après Across the Borders, l’artiste et musicien islandais flamboyant vient de laisser tomber quelques morceaux conçus pour la majorité l’hiver, avec en plus une version retravaillée de « Carry On With Me », plus raffinée, sans ses pulsations originelles. Ce microalbum n’est ni tout à fait folk, ni tout à fait pop, ni seulement soul : Rearview Paradise est tout cela, une ravissante exécution qui renoue avec le côté minimaliste de Júníus Meyvant — ses constructions aérées, sa voix rude couchée sur des vagues — sans pour autant oublier son récent basculement dans la foison instrumentale.

Comment fait-il pour suinter autant d’extravagance et de simplicité mêlées ? Son caméléonisme est encore une fois l’essentiel du spectacle. Du puissant gospel-soul d’ »Ain’t Gonna Let You Drown », avec cuivres et piano, à la pop insulaire d’U »nder Violent Snow », introduite au clavecin, c’est de nouveau de la prestidigitation. Du vrai Meyvant.

***1/2

16 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ohtis: « Curve of Death »

Ohtis est inconnu hormis des oreailles averties de ce qui se passe dans la mouvance indie folk/alternative country. Mené par Sam Swinson (chant, composition), Adam Presley (basse, guitare, production) et le multi-instrumentiste Nate Hahn ce trio avait publié quelques disques autoproduits avant de se séparer et de se reformer et vice versa. Cette année, ils sont enfin sur la bonne voie avec un véritable premier album officiel nommé Curve Of Earth.

En huit morceaux, Ohtis nous propose un état des lieux qui est également tour d’horizon. Comme cela se doit d’être, les textes totalement autobiographiques de Sam Swinson sont bien reflétées dant la mesure où il ressasse sans pudeur son passé de toxicomane sur des touchantes ballades Americana comme « Pervert Blood » qui ouvre le disque, mais également « Little Sister » et le plus éloquent « Rehab ».

La vie peut être pourrie mais on retire toujours autant de leçons. Tel est le propos que dresse la bande à Sam Swinson sur « Black Blood » et « Junkie Heaven ». S’achevant sur un bouleversant « Serenity Prayer », Ohtis aura peut-être trouvé une once de cette rédemption qu’il est en droit d’attendre sur Curve of Earth.

***

14 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Slaughter Beach, Dog: « Safe And Also No Fear »

En 2017 Jake Ewald avait plus ou poins mis un terme à Modern Baseball afin de se concentrer sur son nouveau side-project musical nommé Slaughter Beach, Dog. Après deux albums visant à mettre en exergue son propre univers musical, le voici de retour avec Safe And Also No Fear.

Slaughter Beach, Dog confirme de plus en plus une trajectoire indie folk/alternative country entrepris. Ainsi, le disque se veut être une virée musicale plutôt tranquille notamment à l’écoute des planants « One Down » qui ouvre le bal mais également « Good Ones », « Dogs » et autres « Petersburg ». C’est aussi la première fois que Jake Ewald côtoie son fidèle associé le bassiste Ian Farmer, ex-bassiste de Modern Baseball, les deux faisant montre d’une alchimie qui reste toujours aussi intacte.

Safe And Also No Fear se veut également être un album d’après la tempête. Pour cette raison Slaughter Beach, Dog a opour objectif de se centrer autour de ses proches qui ont été emportés par leurs maladies mentales ; et des hommages se succèderont alors sur des ballades indie folk comme l’envoûtant « Black Oak ». Impossible de ne pas succomber, non plus, aux écoutes de « Tangerine », « Heart Attack » ou bien même de « Map Of The Stars » montrant une certaine sagesse de la part de son auteur. Pour ce troisième opus, le musicien de Philadelphie continue de tracer sa route sereinement sans jamais tourner le dos à son passé.

***1/2

11 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Papa M: « A Broke Moon Rises »

Cela faisait longtemps que David Pajo n’avait pas fait de musique sous son pseudonyme Papa M. Le guitariste de Slint nous avait offert un Highway Songs en 2016 en guise de rédemption suite à des années turbulentes et le voici qui tente enfin de remettre de l’ordre avec son nouvel opus intitulé A Broke Moon Rises.

Papa M revient avec un disque instrumental méditatif. Le voyage s’ouvre avec le un titre planant, « The Upright Path ,» montrant le guitariste à l’aise avec sa six-cordes acoustique suivi de « Walt’s » et de « A Lighthouse Reverie » où l’on est dans un registre plus épuré.

Son jeu de guitare va se complexifier peu à peu avec « Shimmers » et une atmopshère désabusée qui semble indiquer que Pajo e se sent pas encore prêt d’atteindre la rédemption Le résultat final, une conclusion de 13 minutes intitulée « Spiegel im Spiegel », et où les notes de guitare suspendues par des effets sonores inquiétants, plongeront d’ailleurs l’auditeur dans l’incertitude la plus pure. A Broke Moon Rises voit Papa M continuer de traîner ses idées les plus noires avec toujours sa même envie de voir une clarté qui, il faut l’avou

6 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Harmaleighs: « She Won’t Make Sense »

Ce rio de Nashville avait su frapper fort dès ses débuts en 2013, avec People Line Up, un premier EP Indie Folk baigné d’influences telles que Mumford & Sons et Fleet Foxes. Réduit peu de temps après à un duo féminin composé de Haley Grant et Kaylee Jasperson, le groupe sortait en 2015 son premier album Pretty Picture, Dirty Brush qui poursuivait cette aventure sur la même palette sonore avec , en outre,une pointe de Country.

Elles sont aujourd’hui de retour avec un disque diamétralement différent, She Won’t Make Sense, où les guitares électriques saturées prennent une bien plus grande importance, notamment sur le premier extrait ravageur et angoissé « Sorry, I’m Busy » qui aborde le sujet de l’anxiété sociale et ses conséquences. Mais le sujet de la maladie mentale (obessions, dépression, anxiété) dont a souffert Haley Grant est surtout traité avec poésie. D’un point de vue musical, elles n’ont pas oublié d’où elles viennent et si ce disque s’aventure dans des contrées bien plus Indie Rock que par le passé, le mariage de leur voix lui offre une touche de douceur et d’émotion qui ont fait leurs preuves depuis longtemps chez certains de leur pairs comme Big Thief.

Du coup ce disque est à la fois leur plus Pop et leur plus personnel. On ne s’y trompe pas en entendant le titre d’ouverture, le beau et dramatique « Anthem For The Weak », dans une ambiance très intime qui contraste fortement avec l’explosion de guitares qui lui succède. L’album alterne ainsi passages calmes et plus rythmés, parmi lesquels on retiendra notamment un « Mannequin » au refrain particulièrement 70’s, toute comme la ballade affectée « Don’t Panic », avant de clôturer l’album sur « I Don’t Know Myself », une chanson qui retrouve des sonorités plus folk maisdont le sentiment d’anxiété toujours aussi palpable.

Aborder un thème fort et personnel a forcément pesé dans la balance, mais le choix de se démarquer de leurs anciennes compositions aussi. En conclusion She Won’t Make Sense est plus aventureux : il n’hésite pas à nous faire faire un grand écart au milieu des angoisses du duo, et son parti-pris plus rock fait de l’album un vrai tourbillon émotionnel.

***1/2

1 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sarah Louise: « Nighttime Birds and Morning Stars »

Sarah Louise continue son petit bonhomme de chemin tranquille et impressionne à chaque disque. La chanteuse et guitariste originaire de l’Asheville nous propose une musique toujours aussi spirituelle et intense et c’est dans cette optique qu’elle surfe de nouveau avec son nouvel album intitulé Nighttime Birds and Morning Stars résolument envoûtant.

A mi-chemin entre folk psychédélique, new-age et ascensions jazz spirituelles, Sarah Louise nous déconnecte du monde réel avec ces huit nouvelles perles venues d’ailleurs. Le voyage débute par une introduction nommée « Daybreak » et suivi de très près par un « R Mountain » presque extra-terrestre où la guitare acoustique de 12 cordes laisse place à une guitare électrique et de quelques bruitages bien extérieures. Quoi qu’il en soit, ce Nighttime Birds and Morning Stars nous réserve une multitude de surprises.

Toujours en surfant sur la vague des Appalaches, la native d’Asheville sait concilier l’harmonieux et le dissonant. Que ce soit sur « Rime » où l’on croit entendre le son du gamelan ou encore sur des bidouillages électroniques quelque peu dérangeantes sur « Ancient Intelligence », Sarah Louise arrive à nous étonner par son flot d’intensité. On n’est jamais au bout de nos surprises surtout à l’écoute des ambitieux « Swarming At The Threshold » et « Chitin Flight » sans oublier son final mémorable pour placer notre hôtesse dans le rang des musiciennes les plus prometteuses et talentueuses de ces derniers temps.

****

24 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Rosali: « Trouble Anyway »

Les aficionados de la scène indie rock de Philadelphie ont suivi les péripéties musicales du groupe Long Hots. Rosai est une des membres de ce combo, une des figures de proue de la scène indie de Philadelphie. Elle est également guitariste d’un trio au sein duquel elle a décidé de se lancer dans une carrière solo. Celle-ci se manifester aujourd’hui avec un second disque intitulé Trouble Anyway.

A travers ces neuf nouveaux titres, Rosali nous embarque dans un univers indie folk aux relents Americana fortement marqués.. L’entrée en matière nommée « I Wanna Know » nous confirmera cette donne et on pourra en dire autant d’autres perles doucement mélancoliques comme « Dead And Gone », « Who’s To Say » et autres « Silver Eyes ».

Sur Trouble Anyway, Rosali sait émouvoir son auditeur en se mettant à nu. On remarquera des des titres profondément humanistes tels que « Lie To Me » et « If I Was Your Heart » qui nous captivent tandis que la pièce maîtresse de huit minutes nommée « Rise To Fall » emportera le morceau d’un second album qui prouve que la membre de Long Hots peut envisager une belle carrière solo.

***

20 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

James Yorkston: « The Route To The Harmonium »

James Yorkston est un artiste toujours présent mais discret dans a scène musicale écossaise, du moins rendu trop discret ce qui est dommage car il écumle ladite scèbne depuis une bonne dizaine d’abnnées. et c’est pourtant bien dommage car il mérite plus d’attention.

Discographie conséquente donc, à la hauteur de son registre qui demeure mélancolique, il dévoile ici un nouvel opus, The Route To The Harmonium.

Comme pour chacun de ses diques, celui-ci, son neuvième, ne fait pas mentir son titre tant il fait figure d’nvitation au voyage. Bien sûr, il s’agit d’une odyssée qui se veut intimiste qui ne dérogera pas à la règle de ce que s’est fixé le chanteur. Les ballades demeurent dans un registre indie-folk ponctué d’arrangements parfois baroques ou, à d’autre moments, plus électroniques. Cet ajour se fait de manière très mesurée comme si il ne devait pas troubler la discrétion calme qui parcourt le disque.

Versatilité et talent sont toujours au programme du musicien avec des titres comme « My Mouth Ain’t No Bible » qui accélère le rythme ou « Yorskton Athletic » qui, lui ,frôlera le krautrock. Mais l’atout-maître, de Yorstown demeure cette sensibilité qui fleure la peau mais qui n’est jamais empesée ou larmoyante. Les ballades romantiques, façon Sufjan Stevens ont la part belle ( « Solitary Islands All », « The Villages I Known My Entire Life » et « Oh Me, Oh My ») dotées qu’elles sont de cette voix cristalline qui semnle porter vers un horizon de plus en plus lointain. The Route To The Harmonium mérite amplement son nom ; il s’avère être sans fausses notes et d’une harmonie qui paut ambitionner d’être mémorablement enracinnée dans les esprits.

***1/2

18 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Adam Remnant: « Sourwood »

Adam Remnant est la voix du groupe Southeast Engine, une formation indie folk-rock d’Athens qui a connu une petite renommée et publié quelques disques passé, pour l’eesentiel, inaperçus. Son leader qui décide de se lancer en solo avec son premier album Sourwood paru deux ans après un « debut » EP.

Remnant y balance tout ce qu’il a sur le cœur depuis toutes ces années mais en le faisant avec grâce et béatitude. Moins philosophique au niveau des textes et plus personnel, il continue son ascension avec des compositions indie folk envoûtantes comme la sublime introduction nommée « She Has A Way Of Finding Out ».

Dès lors, un voyage paisible se poursuivra avec des titres agréables à l’ecoute comme « Somewhere Else Tonight », « Cross You Bear » et autres « Carpenter’s Daughter » où notre auteur se porte témoin de ces cette décennie aprouvante.

On aura, ainsi, l’impression de revivre les épisodes qu’a vécu Adam Remnant notamment sur les poignants et personnels « Giver of Life » et « Ohio » sans oublier la pièce maîtresse de 7 minutes 30 qui donne son titre à l’album. Sourwood est un très beau premier opus où le membre de Southeast Engine arrive à ouvrir à son auditoire sans pudeur mais avec distinction.

***1/2

15 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Richard Reed Parry: « Quiet River of Dust Vol. 2 : That Side of the River »

Les œuvres en deux volets peuvent s’avérer une arme à double tranchant. Parfois, le premier tome crée des attentes que le second n’arrive pas à combler. Les deux doivent aussi pouvoir vivre l’un sans l’autre tout en formant un tout. C’est ainsi que Richard Reed Parry lançait récemment la suite de son album Quiet River of Dust, paru en septembre dernier. Comment allait-elle se comparer au chapitre initial?

D’abord, sur le plan de la cohérence, Parry peut dire mission accomplie. Le multi-instrumentiste et membre d’Arcade Fire signe ici un album qui s’avère une suite tout à fait logique au premier volume. On reste dans le même registre planant et atmosphérique, quelque part entre le psychédélisme ambiant et un petit côté nouvel-âge qui ne plaira pas nécessairement à tout le monde. C’est de la musique qui prend son temps et qui invite à l’introspection, comme sur la longue « Where Did I Go », où les sonorités semblent nous provenir des fonds marins, tandis que Parry se remémore son enfance et la mort de son père alors qu’il n’était âgé que de 17 ans.

La thématique aquatique est encore présente sur ce deuxième chapitre, auquel Parry a donné le sous-titre That Side of the River. D’abord dans les textures et le traitement des instruments, mais aussi dans les textes qui jouent sur les métaphores comme les vagues, le courant ou les marées. La musique elle-même semble se mouvoir à la manière d’une rivière. C’est le cas sur la délicate « Heaeven for Meg », où les arpèges de guitare s’écoulent doucement. À d’autres moments, c’est le traitement électronique des sons qui renvoie au thème de l’eau, comme sur « Lost in the Waves ».

Si Quiet River of Dust Vol. 1 se caractérisait par une influence marquée des grands noms de la chanson folk britannique comme Bert Jansch ou Nick Drake, on sent que Parry a voulu s’abreuver à d’autres sources ici. En fait, s’il y a un aspect sur lequel ce deuxième tome se démarque du premier, c’est dans la puissance des orchestrations et les montées d’intensité. Le côté folk est encore très présent bien sûr, sauf qu’il est apprêté de façon à rappeler le travail d’un Sufjan Stevens, par exemple. La chanson « In a Momen »t en fournit une illustration particulièrement éloquente, elle qui commence à la manière d’une complainte intimiste, avec de délicates harmonies vocales fournies par Dallas Good des Sadies, pour se terminer en un puissant crescendo.

Ce deuxième volume semble aussi très influencé, consciemment ou non, par le travail de Mike Oldfield, et en particulier son album Ommadawn, paru en 1975. Sur ce disque, le créateur de Tubular Bells avait opté pour une instrumentation différente, intégrant notamment des éléments de musique celtique et des percussions africaines pour une facture beaucoup plus folk que rock, finalement.Difficile de savoir si Parry est familier avec cet album, mais des morceaux comme « The Fiddlers Play », « Throw a Cup of Water « ou « Long Way Back » laissent présager une certaine filiation dans cette symbiose réussie entre folk, musique du monde et rock symphonique.

Plus direct, plus concis aussi dans les idées et plus ambitieux dans ses climax, ce deuxième volume de Quiet River of Dust pourrait rallier ceux et celles qui avaient trouvé le premier tome un brin trop ésotérique à leur goût. Cela ne veut pas dire que Parry évite tous les écueils sur sa route. Il y a encore des longueurs, particulièrement en milieu d’album, et certains passages s’avèrent encore un peu trop vaporeux. Mais rien qui ne vienne gâcher l’expérience d’écoute.

***1/2

12 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire