No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Justin Rutledge: « Passages »

Bel exemple de ce qu’on pourrait appeler le syndrome Jim Cuddy. C’est-à-dire : une voix trop jolie et lisse pour le bien des chansons. C’est bien pourquoi on aime mieux Cuddy au sein de Blue Rodeo, où le rugueux Greg Keelor permet une saine tension dans la proposition. Jason Rutledge, lui, tout fortiche auteur-compositeur soit-il, est tout seul à se mirer dans ses mélodies.

Oui, c’est agréable, bien fait, et le propos ne manque ni de nuances ni de substance (mentionnons « One Winter’s Day », histoire de santé mentale, brillamment écrite), mais à la fin, on a l’impression d’être chez John Denver, alors qu’on est plutôt voisin de feu Gord Downie (la présence du guitariste de Tragically Hip, Rob Baker, en appose l’estampille). Ce huitième album témoigne à la fois de l’indéniable valeur du gars et de la difficulté inhérente à se distinguer. Imaginez un singer-songwriter lénifiant sans le trémolo : ce serait beau, pertinent, mais il manquerait quelque chose. Drôle de défaut que la beauté, quand même.

**1/2

2 juin 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Petaluna: « This Wild Life »

Les longues tournées n’ont pas l’air de fatiguer Kevin Jordan (chant et un peu de guitare) et Anthony Del Grosso (guitare et un peu de chant) qui délivrent un troisième album avec une précision métronomique. Si le rythme est élevé, le duo ne perd pas en qualité cherchant (et trouvant) toujours la petite mélodie catchy à placer sur leurs guitares acoustiques. Les ex-pop punks n’ont rien perdu de la maîtrise du tempo même si Anthony ne joue plus de sa batterie en live.

Les morceaux bénéficient donc d’une excellente dynamique et c’est finalement quand les Californiens en rajoutent qu’ils se perdent un peu comme sur ce « Never believe » où les arrangements et les chœurs font perdre le côté spontané de l’ambiance développée jusque-là.This Wild Life est bien plus agréable quand ils jouent avec le dénuement et le strict minimum (une guitare -deux à la limite- une voix) comme sur « Catie Rae » ou « Westside », c’est là qu’ils touchent et se démarquent. Petaluna, un petit bled au Nord de San Francisco, est bien tranquille et ensoleillé faisant de This Wild Life un opus acoustique plus doux que Forest Pooky, moins produit que du Frank Turner et moins folk qu’une Erica Freas tout aussi attachant.

***1/2

16 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Better Oblivion Community Center: « Better Oblivion Community Center »

Deux choses peuvent se produire lorsqu’on combine les forces de deux artistes de renom : leurs qualités peuvent se dédoubler, sans qu’il n’en résulte de plus-value; ou la chimie opère pour un résultat supérieur à la somme de leurs talents respectifs. Le projet indie folk de Conor Oberst et de Phoebe Bridgers, qui répond au nom de Better Oblivion Community Center, entre sans contredit dans la deuxième catégorie.

Une telle collaboration ne sort pas de nulle part. En fait, Conor Oberst (Bright Eyes, Desparecidos) est un de ceux qui avaient chanté les louanges de Phoebe Bridgers avant même la sortie du premier album de la chanteuse, Stranger in the Alps, en 2017 et il figurait d’ailleurs dans le premier disque de Bridgers, sur la chanson « Would You Rather ».

Mais leur connexion s’avère encore plus profonde. Depuis les débuts de son groupe Bright Eyes au milieu des années 90, Conor Oberst s’est imposé comme une des voix les plus importantes du renouveau folk-rock aux États-Unis. Son album Ruminations, paru en 2016 en formule solo, témoignait d’un dépouillement presque jamais vu dans sa carrière, minimalisme duquel émergeait une solitude qui magnifiait sa musique.

À 24 ans, Phoebe Bridgers apparaît comme une recrue dans le milieu indie folk par rapport à Oberst, mais son parcours sans faute jusqu’ici (elle fait également partie du super-groupe boygenius) nous oblige déjà à la considérer comme l’une des meilleures songwriters de sa génération. Elle partage avec Oberst un don pour exprimer la mélancolie et la vulnérabilité.

Le disque est basé sur un concept un peu flou autour d’un centre de bien-être fictif (d’où le titre Better Oblivion Community Center). Le duo a poussé l’idée aussi loin que possible en allant dans la production de fausses brochures faisant la promotion de l’établissement ou en plus de créer une fausse ligne téléphonique.

Une telle mise en scèneun peu superflue mais elle est compensée par la force d’un’album où tout s’appuie et réside dans la qualité de l’écriture. La première chanson « Didn’t Know What I Was In For » évoque d’ailleurs vaguement le concept, avec le récit d’une fille embauchée pour l’été au centre, et qui se donne l’illusion de répandre le bien autour d’elle.

La magnifique « Dylan Thomas » évoque, quant à elle, l’imaginaire familier de Bridgers, où les fantômes rôdent, tandis que « Forest Lawn » montre sa fascination pour la mort.

Musicalement, les chansons voguent entre le folk intimiste que les fans de Bridgers adorent (la nostalgique « Chesapeake) » et le folk un peu plus rugueux typique d’Oberst (la rythmée « Sleepwalkin’ »; le country rock de « My City) ».

Mais c’est dans la beauté des harmonies vocales que Better Oblivion Community Center frappe dans le mille. Le mix ne se contente pas d’additionner les voix, il es marie selon leurs forces et leurs faiblesses. Parfois, c’est celle de Bridgers qui est mise en avant, celle d’Oberst fournissant un contrepoint discret. Et d’autres fois, c’est l’inverse.

Les meilleurs moments de l’album sont sans doute ceux où ni la plume d’Oberst ni celle de Bridgers ne sont immédiatement reconnaissables. La lourde « Big Black Heart « (remplie de distorsion) et, à l’autre bout du spectre sonore, la ballade « Dominos » (portée par un puissant crescendo à la fin) apportent un autre éclairage à leur œuvre respective et démontrent la pertinence de ce très bel opus qu’est Better Oblivion Community Center.

****1/2

30 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Jeff Tweedy: « WARM »

Jeff Tweedy n’a plus besoin de présentation. Le leader de Wilco est aujourd’hui considéré comme l’un des plus importants songwriters de sa génération. En plus d’être un musicien hautement compétent, le monsieur est un parolier doué qui a toujours su bien lire la société dans lequel il vit : les États-Unis d’Amérique, ce pays, pour employer un euphémisme, en net déclin intellectuel .

Avec Wilco, Tweedy a fait paraître d’excellents albums au cours des dernières années. Que ce soit The Whole Love (2011), Star Wars (2015) et Schmlico (2016), la créativité de la formation n’a jamais fait défaut, et ce, malgré les années qui s’accumulent au compteur. Wilco est l’un des rares groupes à demeurer pertinent après autant d’années de galère.

En mode solo, Tweedy, aujourd’hui âgé de 51 ans, avait lancé Together At Last (2017); une rétrospective du corpus chansonnier de l’artiste en format acoustique. Un disque correct, sans plus. En 2014, le père de famille a travaillé avec son fils Spencer à la batterie afin de nous offrir Sukierae. Et c’est aujourd’hui que le vétéran nous propose son premier véritable album solo intitulé judicieusement WARM). Des proches du créateur se sont joints à l‘enregistrement : fiston Spencer, Glenn Kotche (batteur de Wilco) et Tom Schick (coréalisateur des trois dernières productions du groupe).

Réalisé et enregistré par Tweedy dans son mythique studio situé à Chicago, ce WARM est une production qui fait du bien à l’âme. Tout au long de ces 11 chansons, le rockeur se positionne comme le miroir de notre conscience. Tweedy doute, se met dans la peau de ses compatriotes apeurés par l’ampleur du désastre « trumpien » en faisant preuve d’une admirable empathie. Chose immensément rare en ces jours narcissiques et ultras compétitifs.

Musicalement, l’artiste demeure dans ses pantoufles, offrant son folk rock habituel, juste assez inharmonieux et magnifiquement mélancolique, à des fans conquis d’avance. Ce n’est rien d’inventif, mais ça fonctionne toujours parce que Tweedy est un chansonnier immensément talentueux. S’ajoute à ce « don », une forte compétence à bien réaliser et produire sa musique. Tweedy met sa voix à l’avant-plan dans le mix afin d’accentuer la couleur « intimiste » qu’il veut donner à ses chansons.

Dans « The Red Brick », le bonhomme nous rappelle qu’il est encore capable de brasser la baraque en nous offrant des salves de guitares dissonantes et bien grasses. L’épuration sonore dans « How Hard it is for a Desert to Die » captive totalement l’attention. Les ascendants country dans « Warm (When The Sun Has Died) » sont superbes et la conclusive « How Will I Find You « provoque la chair de poule.

Bref, ce grand de la chanson US semble être incapable de rater son coup. Dans cette période où le marketing est élevé au rang d’art, où l’argent est devenu le nouveau « Dieu », Jeff Tweedy nous rappelle que l’empathie et la chaleur humaine sont essentielles. Ne serait-ce que pour se sentir humain encore un peu, si possible…

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30 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sur bien des plans Dawes est le groupe parfait. Il ne font jamais de fausses notes ni ne se plantent rythmiquement et ils semblent produire sans aucun effort des morceaux qui sonnent comme si ils avaient toujours existé sans qu’aucun élément ne paraisse pas à sa place.

Les membres de Dawes sont des « songwiters » au sens le plus traditionnel et le plus pur, un genre qui n’a que très peu d’égal. On comprend alors pourquoi ils collaborent avec des gens de la trempe de Robbie Robertson, John Fogerty et surtout Jackson Browne à qui, à tort ou à raison, on les compare souvent.

Ils sont également un groupe parfait dans la mesure où, doublés d’être des accompagnateurs hors pair en studio, ils disposent de leurs propres compositions et nous renvoient à une ère où tous les interprètes de l’époque sacralisaient leurs chansons au point de les faire produire de la manière la plus précise possible.

Leur quatrième opus, All Your Favorite Bands, a été conçu pendant une année très chargée pour eux ; accompagner Conor Oberst et la participation de leur leader, Taylor Goldsmith, l’enregistrement du projet de T-Bone Burnett, New Basement Tapes ; c’est pourtant leur album le plus abouti et le plus habité.

En effet, Dawes est un des rares combos si confortables dans ce qu’ils font qu’on ne souhaite pas réellement qu’ils changent de registre. Les harmonies que Goldsmith fait résonner de sa guitare au début de « Things Happen » nous font penser que quelque chose de différent est en train de se produire mais, quand nous arrivons au chorus, les harmonies multi-parties sonnent distinctement comme du Dawes. On assiste néanmoins à une évolution dans le bon sens, elle est plus brute et sonne plus « live » que tout ce qu’ils ont pu faire précédemment. All Your Favorite Bands voit le groupe délivrer ici ses compositions les plus tristes et les plus moroses ; la tonalité plus chaude y est constamment présente tout comme l’habileté de Goldsmith à transformer des phrases toutes simples en titres, thèmes et textes. Cette faculté a toujours existé chez eux, simplement cette fois elle est plus profonde et épiasse et semble atteindre des étendues inédites jusqu’à présent.

Bien que Dawes a toujours été un combo aux compositions redoutablement façonnées et qu’il est capable de riffs indiscutables, Your Your Favorite Bands le voit parfaitement assembler ces deux éléments. « Waiting For Your Call » se situe à l’intersection parfaite de ces deux capacités, c’est un e plaidoirie emplie d’un chagrin qui nous consume lentement ponctués d’accroches de guitares blues-soul dans lesquelles on pourrait retrouver la patte de Elvis Costello, un nouvel ami de Goldsmith alors qu’un extraordinaire solo d’orgue s’élève et nous offre une des premières instances (avec le solo de guitare de « I Can’t Think About It Now ») où Goldsmith se lâche véritablement.

La chanson titre nous fera revivre une vieille flamme amoureuse sur un accompagnement de piano en mode gospel et des accords de six cordes grattés avec brusquerie pour évoquer une nostalgie du temps jadis mais la morceau central de l’album est clairement un « Now That It’s Too Late, Maria », un titre qui excède 9 minutes délivré sur un tempo qui semble ramper et une voix qui a toutes les caractéristiques de cette lassitude que seule la peine de coeur peut causer.

C’est un composition dont le point de vue est rétrospectif pourtant et qui se place à un moment où l’éclaircie est faite, la pages tournée et que vous êtes conscient du fait que la relation était vouée à l’échec. Son climat est par conséquent nuancé et comme équilibré entre passé et présent avec des inflexions qui rappelleront le Dylan de Blonde on Blonde, des harmonies façon Eagles et un solo de guitare empli de deuil d’une confondante beauté.

Même quand Dawes oparvient ainsi à faire évoluer leur son, ils parviennent encore à conserver leurs petites idiosyncrasies. « Somewhere Along the Way » met en exergue ce moment où les choses ont pris une bifurcation contraire à laquelle on s’attendait et où les rêves ne peuvent que se dissiper et où la guitare virevoltante accompagne un énorme chorus avant de nous délivrer un autre de ces merveilleux solos. Sur le même mode, « Right On Time » est probablement la chanson la plus classique du groupe : grosses guitares électriques, riffs craquants et pourtant subtils, hamonies multi partes et un chorus monstrueux ; c’est un titre qui prend la mesure de combien Dawes est capable de cultiver sa retenue instrumentale. Ici comme ailleurs, le groupe sait l’espace qui lui est fourni et n’intervient quan quand ça l’est absolument nécessaire.

Si nous étions dans les 70’s, Dawes seraient milliardaires, leurs compositions seraient la bonde-son d’un mode de vie, ils ne se trouveraient pas en situation de demander à collaborer avec des artistes du même tonneau. Et leurs chanson passeraient sans cesse à la radio. Mais des groupes comme eux n’existent plus aujourd’hui et, alors que la musique est devenue plus électronique et tripatouillée, il est rafraichissant de constater qu’il demeure encore des combos capables d’une telle cohésion et d’une telle cohérence dans leurs propos sans avoir besoin d’artifices de studio. La seul imperfection réside donc dans le fait qu’ils ont surgi au mauvais moment mais cela ne semble pas les affecter et, pour qui a les oreilles ouvertes, existe-t-il un moment qui soit inapproprié ?

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7 juin 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

10,000 Maniacs: « Twice Told Tales »

IL est toujours difficile de continuer la musique après la mort d’un de ses membres ; ce fut le cas de 10,000 Maniacs à qui il fallut 13 ans pour sortir un nouvel album suite au décès de leur guitariste Rob Ruck.

Twice Told Tales est un départ notable de leur répertoire précédent ; c’est un disque de folk-rock réinventant le genre à l’image du Liege & Lief de Fairport Convention comprenant des adaptations de chansons traditionnelles de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Ça n’est pas la première fois que 10,000 Maniacs enregistrent des reprises et ils ont souvent fait allusion que ceci faisait partie de leurs projets. Ici, ils se sont immergés dans la tradition et en sont ressortis avec des choses comme « Dark-Eyes Salor » ou « She Moved Through The Fair » avec un flair pop indéniable.

Parvenant ainsi à transcender les genres, en particulier avec le chant a capella de Mary Ramsey sur « The Song Of Wandering Aengus » de WB Yeats, le groupe renoue ici avec crédibilité et verve.

***1/2

6 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mumford & Sons: « Wilder Mind »

On ne peut discuter que, sur leurs deux premiers albums, Mumford & Sons représentaient l’avant-garde de la résurgence du courant americana/folk. Ils s’étaient fait silencieux depuis quelques années mais, sans doute sensibilisés par les remarques entourant Babel leur second opus qui, malgré un succès certain marquait un manque de progression, ce Wilder Mind marque un véritable changement de direction.

Celui-ci est plus électrique (guitares crépitantes plutôt que banjos pratiquement inexistants ici) ce qui ne manquera pas de surprendre les aficionados de la première heure. Ils seront encore plus étonnés de constater la présence de textures de synthés et autres claviers et des percussions beaucoup plus nerveuses qu’auparavant

James Ford (Arctic Monkeys) a remplacé Markus Dravs à la production et il fait en sorte que les velléités électriques de Mumford & Sons ne soient pas interprétées à demi mot sur des morceaux comme « Only Love » ou « Snake Eyes ». Ces titres sont construits sur me mode de la progression tranquille allant du murmure à des pulsations rappelant un combo comme Neu !.

« Believe » à cet égard est un « single » emblématique tant il débute de manière éthérée, avec des sons clairsemés pour que le voix de Marcus Mumford puisse accompagner cet crescendo vers des percussions cataclysmiques et des accords qui résonnent à l’envi. C’est, sans discussion possible, un titre idéal pour l’approche qui caractérise cet album et il rend justice à la décision courageuse de nos musiciens.

Au total, Wilder Mind est un « comeback album » aussi fort qu’inattendu de par sa tonalité musicale. Des écoutes successives permettent d’aller au-delà du choc sonique pour ce concentrer sur cette construction ma foi logique qu’ils ont mise en place. C’est là toute la différence entre un groupe qui écrit une musique moderne et qui vous parle et un de ces combos de indie rock ne fabriquant que de l’ennui.

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5 mai 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Brwon Bird: « Axis Mundi »

Voilà environ un an, le chanteur et guitariste de Brown Bird, David Lamb, succomba à une leucémie à l’age de 36 ans. Son groupe, réduit très vite à un duo avec sa femme MorganEve Swain, construisait une carrière artistique ascendante tant elle était talentueuse et unique. Elle combinait en effet le folk, le rock et des les nourrissait de souches d’Europe de l’Est et extrême orientales intrigants et façonnait un univers musical extraordinaire de passion et d’émotion.

Fits of Reason fut leur seul et unique album et, si il marquait une évolution vers le « mainstream », maintenait sa singularité. Avant sa mort, Lamb avait enregistré des demos et celles-ci furent complétées par Swain, son frère et un ingénieur du son pour qu’elle soient restituées dans leur intégrité.

Axis Mundi est une expression tirée des carnets de Lamb et représente l’endroit où la terre et le ciel se rencontrent. C’est un disque plus orienté vers le rock mais il conserve les idiosyncrasies « world » qui caractérisaient le duo. On ne peut, derrière l’énergie, occulter l’approche sombre des choses que Lamb souhaitait mettre en place ici. « Pale and Paralyzed », « “Forest of Fevers » et « Tortured Boy » en sont témoignage même si, malgré des vocaux un peu enregistrés en-dessous, ce sont des titres qui impliquent une forte détermination de par l’interprétation qui en est donnée.

Swain a choisi de conserver certains titres instrumentaux tels quels mais les parties où elle a ajouté ses vocaux, par exemple sur «  Novelty of Thought », montrent une concision et une résolution parfaitement en phase avec son époux.

L’appréhension qu’elle a de lui et de son œuvre est le plus bel hommage qui pouvait lui être rendu et, même si certains passages auraient pu être dégrossis, Axis Mundi est certainement le disque le plus fort que le duo a et aurait pu réaliser.

***1/2

1 mai 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Lord Huron: « Strange Trails »

Les compositions de Lord Huron sont imprégnées de vocabulaire aventureux. Depuis ses EPs initiaux où Ben Schneider oeuvrait en solo jusqu’à son « debut album » Lonesome Dreams en 2012 il s’est toujours déterminé par rapport à cet élément, soit pour l’embrasser, soit, au contraire, pour l’affronter.

La sémantique est par conséquent celle de la nature, les montagnes et les vallées, la clarté et l’obscurité de la terre et de l’âme , aussi Strange Trails va y demeurer enraciné avec, toutefois, une impulsion plus confiante que précédemment.

La beauté est, par conséquent, en pleine floraison sur ce dernier opus mais, a contrario, on ne pourra pas nier la puissance d’un titre comme «  Meet Me in the Woods », vraisemblablement la meilleure composition de Schneider. C’est un titre hypnotique qui entraîne là où la chanson l’annonce : « I took a little journey to the unknown, and I come back changed/I can feel it in my bones/I fucked with forces that our eyes can’t see/Now the darkness got a hold on me. » Cet inconnu dans lequel on se revoit plongé est fascinant parce qu’il nous transforme qu’il ne peut que résonner en nous.

Chaque passage n’offre toutefois pas une vision qui vous coupe autant le souffle mais cela peut se concevoir vu l’amplitude que Schneider veut donner à ces quatorze plages. « Until The Night Turns » apportera une tonalité carillonnante et up tempo à nos oreilles en faisant une chanson de référence pour une interprétation « live ». Ailleurs on trouvera des titres rappelant Arcade Fire comme « Louisa » avec son chatoiement minimaliste.

Strange Trails est sans conteste un très bel album ; « Love Like Ghosts », par exemple, l’ouvrira d’une manière qui ne peut que nous hanter et « The Night We Met » s’avèrera être une valse qui nous fendra le coeur. Schneider évoquera l’amour perdu d’une manière qui ne peut que nous confondre et, là encore, il justifiera les chemins dans lesquels il nous invite et qu’on ne pourra qu’emprunter.

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18 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

This Is The Kit: « Bashed Out »

Rien n’est stable dans le style de musique du projet musical de Kate Stables, This Is The Kit. Elle joue du banjo, du finger picking à la guitare acoustique ou du rock quand celle-ci s’électrifie et varie de manière inconstante entre tonalités psychédéliques et compositions intimes. Au milieu de l’album elle se mettra même à la trompette et au percussions, faisant de Bashed Out un opus qui explore tout le spectre musical.

Son talent multi-instrumental explique ces variations mais cette touche, au départ éthérée, ne masque pas longtemps une légèreté de substance. Les morceaux se conjuguent de manière indifférenciée, semblent écrits à la va vite et évoquant trop souvent Laura Marling «  Nits », « Spores All Settling » ou « Misunderstanding »). Bashed Out ne génère au bout du compte de la frustration et celle-ci est d’autant plus grande que, produit par Aaron Dessner (The National), on aurait pu espérer quelque chose de plus abouti.

**1/2

17 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire