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Heather Woods Broderick: « Invitation »

Beaucoup connaissent Heather Woods Broderick comme étant une des prestigieuses collaboratrices de Sharon van Etten, Alela Diane et de Damien Jurado. Peu, pourtant, prêtent attention à une discographie qui vaut le détour avec ses deux albums plutôt plus que réussis. Trois ans et demi après son Glider, l’auteure-compositrice-interprète nous convie à une plongée dans son univers avec cet opus au titre déjà symptomatique.

Surcet  Invitation, Heather Woods Broderick a , en effet, décidé de s’imposer du mieux qu’elle le peut avec son indie folk bouleversant et jamais avare en arrangements baroques. Tantôt mené au piano vagabond ou à la guitare acoustique et soutenu par des orchestrations délicates, la sœur de Peter Broderick sort le grand jeu avec des compositions théâtrales à l’image du titre d’ouverture « A Stilling Wind » mais également de « Nightcrawler », « Where I Lay » ou même de « White Tail ».

Aucun faux pas n’est à souligner, ce troisième opus se vaut pour sa franchise et son immense beauté quelque peu gothique. Que ce soit sur le court « A Daydream » ou sur l’intense « Quicksand », la musicienne laisse son auditeur sans voix tant elle arrive à peindre son Oregon natal à coup d’arrangements simples mais touchants. Tandis qu’on se laisse emporter par « My Sunny One » et par « These Green Valley » d’une beauté sans nom, voilà qu’elle finit par nous faire verser une larme sur la conclusion avec une interprétation ramatiquequi ne nous laissera jamais de marbre. Sur ce troisième album, la chanteuse montre qu’elle a les cartes en main pour s’imposer dans la scène indie folk américaine.

***1/2

 

2 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Peggy Sue: « Choir Of Echoes »

Les albums précédents de Peggy Sue étaient fleuris par un alt-folk sombre, ce troisième disque les voit se tourner vers une approche plus réaliste dans la façon dont les thèmes du doute, de la foi et de la religion sont abordés.

Pause, dextérité et harmonie sont les trois connotations qu’on pourrait appliquer à Choir of Echoes comme pour parfaire par le son ce que la pochette de l’album représente.

Par moments, le côté sombre est accentué comme sur la narration du « single » « Idle » ou le doo-wop irréel de « Electric Light ». N’oublions pas que le combo avait recréé sur son précédent opus Scorpio Rising et on comprendra que les territoires qu’il affectionne sont toujours enracinés dans des démons qu’il s’efforce, cette fois pourtant, d’extirper.

Le trio fait toujours appel à l’indie-folk noisy mais il s’emploie à l’agrémenter d’harmonies féminines à trois voix (« How Heavy The Quiet That Grew Between Your Mouth and Mine »), de rythmes aérés sur des guitares en distorsion (« Always Going »), de chants gospel comme sur le titre d’ouverture « (Come Back Around) »ou enfin de vocaux en boucle qui vous désagrègent en douceur comme sur le frappant « Two Shots ».

Choir of Echoes promène ainsi son climat de tension dans lequel il trouve un juste équilibre, avec une production qui vise à faire mijoter des tonalités qui seront transpercées par des voix. On trouvera dans ce dernier élément quelque chose de cinglant qui annoncent comme des voix de tête à un ensemble baignant dans le trouble sans que, pour autant, l’intérêt vacille ; c’est en cela que ce troisième album est un immense progrès pour ces musiciennes revitalisant ainsi le genre de l’indie-folk gothique.

★★★½☆
« Longest Day of the Year Blues »

 

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire