Glass Animals: « Dreamland »

7 août 2020

Dreamland, le nouvel opus de Glass Animals brouille la frontière entre le rêve et la réalité, en se faufilant dans le journal de la vie du frontman Dave Bayley. L’album répertorie les relations, les observations et les douleurs de croissance de l’auteur-compositeur-interprète avec une attention colorée et typiquement ressentie envers les sens. En tant que tel, il est plus personnel que les deux précédents albums du groupe, mais cela signifie aussi qu’il sacrifie l’alignement kaléidoscopique des sentiments et de l’imagination qui a contribué à rendre ces albums si distincts. C’est donc un peu un compromis, car le changement de sujet permet à Glass Animals de trouver une nouvelle direction, mais leur mode précédent de construction du monde était, d’une certaine manière, plus satisfaisant.

Le premier album du groupe, Zaba, sorti en 2014, semble avoir été envoyé d’une autre planète, avec des paroles remplies d’images bizarres accompagnées d’instruments vaguement exotiques et gorgés d’eau et de chants d’oiseaux lointains, tandis que How to Be a Human Being, sorti en 2016, est un recueil de chansons ludiques et littéraires sur un groupe de personnages de fiction. Dreamland fait toujours place à des paroles et des sonorités évocatrices et sensorielles qui frôlent le cinéma, mettant en avant le sens du toucher physique (ce dernier mot est utilisé à plusieurs reprises tout au long du film), mais il consacre également beaucoup de temps aux objets banals de la banque de souvenirs personnels de Bayley – Grand Theft Auto, les hôtels avec des peintures de piscine sur le mur » Scooby-Doo, The Price Is Right – à l’effet moyen. Et ses expressions de convoitise pour divers amoureux alternent entre le rebattu : « Parfois, je ne pense qu’à toi/Les nuits de la mi-juin » ( Sometimes all I think about is you/Late nights in the middle of June) est répété ad nauseam sur « Heat Wave » avec le le non-sens : « u as le goût des vidéos de surf » (You taste like surfing videos), sur « Waterfalls Coming Out Your Mouth ».

Tout au long de Dreamland, Bayley restera fixé sur les évasions charnelles qui rendent la réalité supportable, comme le sexe et la drogue, et la fugacité de ces plaisirs, que Glass Animals explore avec une sagesse éclairée. Les chansons du groupe sont à la limite entre la disséquation de ces mécanismes d’adaptation et l’offre d’une évasion propre :leurs touches rebondissantes, leurs mélodies irrépressibles et la voix malléable de Bayley sont enivrantes en elles-mêmes, ce qui contredit le fait que ces chansons sont parfaitement conscientes du caractère éphémère de leurs plaisirs.

Le titre-phare, « Your Love (Déjà Vu) » résume parfaitement ce fil conducteur, associant flûte virevoltante et synthétiseurs en forme de cor, avec des paroles telles que « I know you want one more night/And I’m backsliding/Into this just one more time » (Je sais que tu veux une nuit de plus / Et je recule / Ce sera simplement une fois de plus). La relation décrite dans la chanson est une solution temporaire dont la puissance décroissante est transmise par Glass Animals de telle manière qu’elle suggère que le temps s’écoule et qu’ils en tirent le meilleur parti possible.

Alors que Dreamland pivote du rock indie poli à l’électro-pop au hip-hop, il met largement à l’écart la guitare de Drew MacFarlane, qui n’est que le devant et le centre de la face B autoproclamée « Melon and the Coconut ». Des instuments de musique électronique 808 et des hi-hats dominent des chansons comme « Space Ghost Coast to Coast » et « Heat Wave », remplaçant la batterie, les marimbas et les percussions inspirées de la matière première du groupe, et c’est étonnamment rafraîchissant. « Tangerin » » incorpore un rythme staccato qui sonne presque identique à celui de « Hotline Bling » de Drake, tandis que Dr. Dre est nommé sur « Space Ghost Coast to Coast », une référence de la côte ouest que Glass Animals double en demandant à Derek Ali, du Top Dawg, de mixer le morceau.

Comme How to Be a Human Being, Dreamland se déplace sur un terrain plus vulnérable à la fin, mais la dernière série d’hymnes émotionnels de l’album précédent, dont « Poplar St » et « Agnes », de manière à compléter un arc émotionnel bien équilibré. Ici, des chansons comme « It’s All So Incredibly Loud » et « Domestic Bliss » »- qui se concentrent respectivement sur le point de rupture d’une relation et sur une femme victime de violence domestique – font un usage morne de sections de cordes enflantes, sapant ce qui devrait être le point d’appui tragique de l’album. Au lieu de cela, les meilleurs moments de Dreamland sont propulsés par des boîtes à rythmes bien huilées et la confiance de Bayley en tant que frontman. Son retour en arrière n’est pas sans humour et perspicacité, mais le fait d’écrire sur d’autres personnes sur les albums précédents a permis une expérience plus enveloppante, en étoffant des lieux imaginaires et des personnes avec une intrigue qui, ici, saura marquer l’auditeur.

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Purity Ring: « WOMB »

3 avril 2020

Cela fait cinq ans qu’une autre éternité s’est écoulée, et honnêtement avec ce WOMB, c’est comme si Purity Ring n’était jamais parti. Pour tous ceux qui ont déjà entendu un disque de ce groupe, vous savez à quoi vous attendre ici. Bien qu’il y ait quelques signes d’expérimentation et de sortie de leur zone de confort dans l’album, Megan James et Corin Roddick choisissent de fournir quelque chose de stable dans un monde de plus en plus imprévisible, et il est difficile de leur reprocher cela.

Avec « rubyinsides », le son caverneux et dévorant du tandem revient en force, comme une continuation sans faille du ton de leur précédent album. Sa sonorité déformée et vulnérable est parfaitement mariée avec son refrain central : « Si je pouvais, je te laisserais voir à travers moi » (If I could, I would let you see through me ). « pink lightning » est cristallin, imbibé de néon et iridescent, ce qui déplace la hauteur de la voix vers le bas pour une introduction de mauvais augure. Pendant ces quelques secondes, nous entendons la voix de James à son plus haut degré de distorsion, ce qui n’est remarquable qu’au vu de la clarté totale de sa piste vocale qui est donnée ailleurs dans la discographie du groupe.

« peaceful » » présente un refrain simple, propre et mûr pour le remix. La voix de James prend ici un ténor particulièrement doux et pur, avec un falsetto ondulant et doux dans sa livraison du mot « light » . « I like the devil » apporte, de son côté, un sous-courant de basse légèrement sinistre, très Nine Inch Nails, et une note d’inspiration également criblée par lThe Grimes de l’époque actuelle sur Miss Anthropocene. Ils sont cependant moins efficaces dans leur utilisation ici – l’instrumentation superposée au sommet étant en contradiction avec la basse. On ne s’y retrouve jamais vraiment, mais c’est peut-être le but – il est bon de les voir expérimenter dans un album par ailleurs sûr.

« femia » est du Purity Ring vintage, bien que sous une forme plus lo-fi, avec un paysage sonore hivernal, où chaque mot chanté est perçu comme un souffle teinté de condensation. « sinew » ; suit une ligne très similaire, avant que le clic de la boîte à rythmes n’accélère le rythme de « vehemence ». Le rythme s’accélère encore avec « silkspun », qui – pour reprendre Grimes – est une réimagination tout à fait réussie de l’époque des Vision, jusqu’au fond ondulé à la tonalité plus aiguë de la voix de James.

« almanac » est un titre d’ouverture modèle, et pourrait constituer un premier spectacle particulièrement puissant lorsque Purity Ring pourra enfin tourner pour WOMB. En effett, lorsqu’il apparaît sur l’album, on a l’impression de trébucher – ce qui n’est pas nécessairement un problème, mais c’est un choix étrange quand on écoute l’album à plusieurs reprises. Enfin, nous arrivons à « stardew », un « single » intéressant mais potentiellement trompeur. Le titre est remarquable, non pas en lui-même, mais parce qu’il a été choisi comme « single » principal du disque. Il laisse entendre que l’album sera plus ambitieux qu’il ne l’est en réalité – donc pour ceux d’entre vous qui viennent à WOMB en s’attendant à des expérimentations, les résultats sont mitigés.

WOMB est un album qui se renforce au fil des morceaux, mais qui n’atteint jamais les sommets des efforts précédents de Purity Ring. Ce qui lui manque en cohérence, il le compense par une expérimentation timide qui donne un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le quatrième album de Purity Ring, et de ce qu’ils ont fait exactement au cours des cinq dernières années. C’est une demi-mesure, mais néanmoins satisfaisante.

***1/2


Matchess: « Somnaphoria »

2 juillet 2015

Somnaphoria est un disque assez incroyable, réalisé par Whitney Johnson une musicienne de Chicago enregistrant sous le nom de Matchess c’est un opus qui conviendra à merveille à ceux qui apprécient l’electro-pop quand il se pare d’habits de ce que l’on nomme le « modern classic ».

Foin d’étiquettes pourtant car c’est album fait montre d’influences touts aussi disparates les unes que les autres : il contient une esthétique cherchant la béatitude ambient, mais aussi la nostalgie et, dans ses influences, on pourra discerner Suicide, Steve Reich, Leslie Winer et Van Dyke Parks.

Soniquement le résultat est fait de tonalités synthétiques qui semblent interprétées sous l’eau, de percussions programmées de la façon la plus minimale qui soit, d’arrangements à cordes luxuriants et de vocaux passés au processeur.

Le climat versera alors soit dans le cinématographique soit dans l’intimiste et pourrait ainsi faire la bande-son idéale d’un documentaire de style National Geographic. Toujours est-il que c’est un 2° opus fluide et confiant qui nous mettra en attente de ce qui doit constituer une trilogie.


Róisín Murphy: « Hairless Toys »

9 mai 2015

Róisín Murphy est une pop star qui appartient au cinéma d’art et d’essai. Son troisième album solo marque un départ encore plus poussé des « singles » pour clubs qu’elle a sorti régulièrement depuis 2007 avec Overpowered et son hommage coloré au New York du temps où la disco y régnait en maître.

L’ex Moloko nous présente ici un disque qui cherche l’inpsiration en creusant encore plus loin dans l’histoire de la « dance ». Sur Hairless Toys, elle fusionne de la « deep house » délicate à la combustion lente avec une vibe plus pop et glitter. Retenue de la musique voit les textes se pencher parfois vers des histoires typiquement romantiques où Murphy reste attentive à éviter le prévisible.

Elle cherche, au contraire d’autres formes lui permettant d’exprimer l’amour en lui apportant une grandeur cérébrale tout en nous captivant par une mélodie simple et directe. « Unputdownable » célèbrera les joies de la lecture et « Exploitation » réfléchira sur les tension entre art et commerce.

Il est évident que ces compositions vont vers des directions moins futiles et elle seront toutes à méditer.

***1/2


Turn To Crime: « Actions »

2 mai 2015

Turn To Crime est un groupe indie-techno basé à Detroit dont le premier album, Can’t Love, avait suscité un tel intérêt que leur follow-up, Actions, était attendu avec curiosité. Tout comme le précédent, celui-ci mêle beats electronica et lo-fi à des riffs inspirés par la pop.

Les vocaux de leur leader, Derek Stanton, sont chargés d’échos et ils sont accompagnés de percussions énormes pendant qu’une guitare aux tonalités 70’s et 80’s et un synthé vrombissant enveloppent le tout.

Le groupe se montre influencé par les rockers des années 70 (Lou Reed, David Bowie) et chaque plage du disque est d’ailleurs chargée de nous le rappeler au cas où et le « single » « Prince of Slackers », amalgamera tous ces éléments apparemment contradictoire en un exercice rappelant le Raw Power des Stooges.

Au final, Turn To Crime parviennent à conjuguer beats electro minimalistes, pop music et fabriquer un son qui leur est unique et les rend difficile à appréhender et classifier. Actions nous embraque en une odyssée inconnue mais dans laquelle on peut trouver satisfaction et mystère.

**1/2


Passion Pit: « Kindred »

25 avril 2015

Ça ne peut pas être une coïncidence si ce nouvel album de Passion Pit sort alors que l’été s’annonce. Le projet dirigé par Michael Angelakos est connu comme étant pourvoyeur de hits pop ensoleillés mais trompeurs dans le mesure où ses vocaux et ses rythmiques dissimulent des thèmes sombres.

Kindred est donc une suite à Gossamer qui, en 2012, abordait les poblèmes du chanteur avec dépression et la drogue.

« Who Life Story » est un titre très accrocheur mais il sonne comme une continuation de Gossamer ; il n’est que d’entendre Angelakos chanter à sa femme : « I’m sorry, darling, how could you forgive me when our life’s some story out for them to buy ? » pour comprendre qu’il est dans la contrition.

Comme la plupart des morceaux de l’album, celui-ci s’ajuste au prototype musical auquel nous de Passion Pit : vocaux en falsetto au -dessus d’une cacophonie de claviers et de boîtes à rythmes perçantes.

Le changement lyrique va propulser l’album vers une nouvelle direction. Elle sera dure à avaler pour les festivaliers c’est sans doute pour cela que demeurent les riffs sucrés.

**1/2


Röyksopp: « The Inevitable End « 

5 janvier 2015

Il est particulièrement difficile d’avoir une expérience objective de ce cinquième et final album de Röyksopp tant on ne peut se dissocier du contexte doux amer dont ce bien nommé The Inevitable End dans lequel il a été conçu.

Ça n’est pas pour autant une sombre affaire à laquelle on a à faire face ; le disque cultive en effet un mix infectieux de pompe et de mélancolie qui fait de ce chant du cygne du duo norvégien un saut victoieux bien que vécu au ralenti plutôt qu’une célébration qui aurait été funéraire. The Inevitable End ne fait pas mystère de son humeur changeante comme un titre semblable à « Rong » en témoigne. C’est un morceau assez fascinant, chargé de formulations explicites et ponctué par un arc de cercle qui irait du « yacht rock » à la signature pour laquelle ils sont connus, l’electro-house.

Svein Berge et Torbjørn Brundtland assument avec vigueur cette approche bipolaire dont ressort également « Monument » le titre d’ouverture épique tiré du Do It Again réalisé avec Robyn. La reprise subit un lifting total et, d’une ballade existentielle, elle va se transformer en une compositions déchaînée pour dance-floors.

L’adrénaline sera contrée efficacement par une ode au soft rock, « Sordid Affair » où Ryan James de Man Without Country fera de son mieux pour émuler Hall & Oates. Il y a une part d’auto-indulgence dans ce type de démarche néanmoins et elle ne nous accroche pas toujours : « You Know I Have To Go » se déroule dans une langueur qui, ironiquement, semble interminable et « Thank You » sonne un peu trop exagéré pour atteindre le climat poignant auquel il aspire.

Là ou The Inevitable End excelle c’est quand il sait marquer la différence entre la colère qui bouillonne et le sentimantalisme mélancolique comme sur la sombre palpitation de « Skulls » et l’ondulation irrépressible de « Compulsion ».

Bien que l’album contienne des moments paraissant réalisés à la va-vite (l’adieu à se mordre les lèves que constitue le « closer » »Thank You »), les meilleurs passages peuvent se vanter de nous offrir une énergie farouche et renouvelée qui laisse pressentir que Berge et Brundtland ont encore beaucoup à nous proposer.

***1/2


Lydia Ainsworth: « Right From Real »

5 novembre 2014

Étant donné son expérience dans la composition de musiques de films, il ne sera pas étonnant que cette productrice canadienne crée une musique si évocatrice et susceptible de vous couper le souffle. Ce qui sera par contre surprenant est que, pour un premier album, Right From Real, sonne aussi abouti comme s’il résultait d’une longue carrière dont il serait l’opus magnus.

L’exécution est ici sans défauts et d’une fluidité absolue pour une musique, l’électronique indie, dans laquelle il est aisé de se laisser dériver par toujours à bon escient. Le résultat est un disque qui sonne trop court tant il est varié, composé qu’il est d’influences classiuques, chorales, baltiques et autres musiques classées « world ». L’intéressant est que tout cela soit filtré par de effets sonores et électroniques contemporain et que l’osmose se fasse comme si naturelle, voire organique, elle était.

Ainsi on pourrait dire qu’un morceau comme « Malachite » met en exergue une sombre rythmique « dance » mais quand le son vous percute avec ses vocaux en échos et ses harmonies qui forment comme un choeur vous réalisez que vous n’êtes pas en face d’une composition indie-electro standard. Il en va de même avec « Monnstone » avec son electro-beat rappelant le Orchestral Manoeuvres in the Dark de la grande époque avant l’apparition soudaine de vocaux brisés et balbutiés en staccato débouchant ensuite sur un roucoulement de sérénade.

Chaque morceau est ainsi soigneusement façonné ce qui donne à l’ensemble une uniformité qui n’arien de monotone. Aucune plage ne s’en détachera vraiment et, en ce sens, il s’agit plus d’un disque d’ambiance dont le concept serait la travail sur le son dont la voix. Tout y est vraiment très beau et magnifique et combine à merveille instrumentation traditionnelle (violoncelle) et plus électronique.

« The Truth » sera peut-être un point d’orgue tant il démontre l’habileté d’Ainsworth à nourrir des atmosphères au moyen d’orchestrations aux richesses infinies et de contre voix éblouissantes ; on peut déjà la comparer à des artistes comme Peter Gabriel ou Kate Bush mais ça ne reflèterait qu’une partie d’un talent aussi idiosyncratique que le sien.Il faudra alors aller au-delà de l’apparente familiarité de ce qu’on écoute, pour percevoir des choses rarement ou même jamais entendues.

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Marco Benevento: « Swift »

19 octobre 2014

Marco Benevento n’est peut-être pas très connu du grand public mais pour le aficionados de jazz et de rock expérimental (en particulier ceux qui fréquentent la scène d’avant garde à New York), sa réputation a été en grandissant grâce à son approche qui consiste à tordre le cou aux frontières entre le jazz traditionnel, l’electronica et la « trance ». Même si sa musique ne s’inscrit dans aucun de ces genres, la tapisserie sonore qu’il crée parvient à incorporer des éléments de tous ces styles.

L’album se nomme Swift ; double référence à son producteur, Taylor Swift, mais aussi à la manière rapide et vive (« swift ») dont le disque est construit. Ce qui contribue à ce que le disque peut avoir de fédérateur se trouve dans les grooves, une pulsation infectieuse et régulière qui balaie ceux qui l’écoutent et qui va les laisser dans cet état de transe tout au long de son déroulement.

Les mélodies demeurent simples et les mélopées chantées qui les accompagnent – soit par Benevento lui-même ou en la compagnie d’une choeur massif – apportent une tonalité d’inclusion communautaire. Cela peut se traduire sur un « If I Get To See You At All », étincelle de brillance, le funk répétitif de « At The Show » ou l’hymne boursouflé qu’est « Eye To Eye », il y a un rebond constant et énergique.

Benevento a travaillé avec AC Newman, Aaron Freeman et Rich Robinson ainsi qu’à des disques hommages (This Is The Town: A Tribute To Harry Nilsson, Volume 1 et Bob Dylan In The 80s) il a donc toujours occupé le rôle de meneur de jeu. Celui-ci donne un peu le vertige et ses compositions semblent un peu encombrées par les effets sonores dont il se repaît.

Il parvient à compenser cela par son enthousiasme mais fait de Swift un album un peu nombriliste et ampoulé, une sorte de plaisir coupable pour des titres qui passeraient aisément inaperçus si ils ne se voulaient ludiques et punchy.

**1/2


Ned Collette & Wirewalker: « Networking in Purgatory »

27 septembre 2014

Né à Melbourne mais résidant désormais à Berlin, Ned Collette est un artiste indépendant dont la famille avait des liens prononcés avec l’opéra. Collette a utilisé une grande variété de styles allant de la guirares avec loops à un groupe de rock plus conventionnel pour, peu à peu, s’orienter vers des arrangements plus complexes basés sur les synthés.

C’est cette approche que l’on retrouve sur Networking in Purgatory, un projet datant d’assez longtemps, et enregistré en partie en Allemgne et en partie à Melbourne.

Même si on peut lui trouver des ressemblances avec Damon Albarn, Collette est un camaléon quand il s’agit des vocaux : lisse et mélodieux par moments, grinçants à d’autres. L’ouverture, « At The Piano » se singularise par une cascades de claviers ampoulés et reste à la limite de ce précipice qui la ferait tomber dans la « muzak ».

La chanson titre est duveteuse et courte, utilisant des chuchotements « ambient » , des tonalités sifflées et des vocaux psalmodiés en cadence. L’effet est baroque mais aussi incertain tout comme le sera « Meltemi » un instrumental ludique mais dont on peine à appréhender la finalité.

Beaucoup d’étrangetés dans cet album donc qui ne doivent pas nous distraire de passages plus intéressants comme le psyche-pop rétro de de « Birds » avec ses accords aigus ou de « Accross The Frozen Bridge » avec sa longue introduction acoustique.

L’electronica est, bien évidemment, toujours présente avec « Echoes Toes », morceau dans lequel l’influence de Gorillaz est flagrante.

Networking in Purgatory est au bout du compte un disque de lo-fi indie elmectronica, qui ,e sait pas si il veut être Dylan ou Daft Punk. Une crise identitaire dont souffre aussi Damon Albarn par exemple.

**1/2