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Girl Ray: « Ray »

Les trois anglaises de Girl Ray font cette année leur retour deux ans après un Earl Grey fortement remarqué. Alors qu’on les avait laissées sur un premier album à la pop aussi mainstream qu’expérimentale, elles ont pu nous dévoiler il y a trois mois « Show Me More », « single » idéal pour introduire ce second opus sobrement et significativement intitulé Girl.

On retrouve sur Girl des chansons pop dans un style qui leur est prope et le trio dévoilera ensuite un second « single » avec un refrain accrocheur en diable, « Friends Like That »,, ou encore un « Because » aux synthés dansants et bipolaires. Comme précédemment se feront de nombreuses autres influences et expérimentations, à commencer par ces intonations R&B, assez légères pour ne pas aliéner les réfractaires au genre ; une approche qui fait tout le sel de la musique de Girl Ray.
Après deux tiers de pop entraînante, « Just Down The Hall » change
ra radicalement de sonorités pour nous embarquer dans une minute de soul classieuse, tandis que plus loin la formation londonienne nous propose « Keep It Tight », un de ses morceaux les plus singuliers, autant par sa structure que ses arrangements, et en son sein, un refrain des plus épiques qui soit pour le groupe.

Alors que l’on est relativement habitué à ce que les trois musiciennes nous surprennent, la première écoute de « Takes Time » prendra de court par son entame sur un couplet hip-hop. Pswuave, rappeuse londonienne à la voix douce et paisible, viendra d’ailleurs poser son « flow » sur une composition pop, le mariage fonctionnant dès lors parfaitement.
Tout aussi posé, « Let It Go « est un piano jazz aux chœurs lancinants en arrière-plan qui, à mi-parcours, bifurque sur une synthpop plus rythmée portée par une flûte de pan. Cette dernière se voit également être au centre de « Go To The Top », courte chansons entraînante et hypnotisante, à la limite de l’expérimental, qui nous amène
ra sans transition sur un irrésistible « Beautiful », pendant reggaeton de « Go To The Top » et sur lequel on ne peut s’empêcher de danser.
Ainsi est arfaitement définéie et calibrée la musique de Girl Ray : diverse et osée, complexe et débridée, mais qui se tient de la première à la dernière seconde, le tout porté par la voix protectrice et enivrante de Poppy Hankin, la basse omniprésente de Sophie Moss et la batterie percutante d’Iris McConnell. Girl est un second album qui parvient à égaler – si ce n’est le surpasser – un premier déjà nettement abouti. Un exploit que peu de groupes peuvent se targuer de réussir.

***1/2

6 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sin Fang: « Sad Party »

Le ton est donc affiché sur la pochette de cet album : l’heure est à la mélancolie tenace pour Sin Fang. Et pour écarter définitivement tout malentendu, l’Islandais a baptisé son cinquième album solo Sad Party. Mais pas d’inquiétude néanmoins, l’artiste ne verse pas dans le misérabilisme. Il offre même une virée panoramique du catalogue du label allemand.

Tout d’abord, « Planet Arfth » est une ambitieuse introduction instrumentale, qui démontre toute les qualités d’écriture de celui qui a fricoté avec Örvar Smárason (Múm) le temps de l’album Team Dreams. C’est une véritable symphonie électro-organique qui démontre les aspirations (tr)hip-hop du jeune homme. D’ailleurs la vidéo du « single » « No Summer » confirme la passion du tatoué pour l’imagerie hip-hop et skater. Il s’agit d’une bonne chanson à la coule, malicieuse, irradiée par un doux soleil légèrement voilé comme le chant : un exercice que maîtrise parfaitement Broken Bells avec qui les ressemblances sont multiples, à ceci près que Sigfússon a enregistré cet album en seulement 3 semaines et sans l’aide de quiconque.

L’Islandais a décidément plus d’un tour dans son sac et il excelle dans le mid-tempo, lui qui préfère les chansons ni trop lentes ni trop puissantes, chose qu’il met en pratique sur « Hollow, Smother » ou encore « Happiness ». Une belle triplette de dream-pop funky. ailleurs, il injecte une petite dose de tropicalisme à « Goldenboy Is Sleeping », exercice d’electronica / EDM façon Four Tet. Dans le même esprit le conclusif « Constellation » voit des notes de sitar et même des trompettes à la The Boo Radleys s’immiscer dans un chausse-trappe vocale sur une rythmique cheesy. Et là, on pourrait citer quelques représentants de la galaxie Anticon comme Why? ou Alias. Avouons-le, de prime abord cela fait donc un sacré namedropping élogieux pour un seul album et même un seul bonhomme qui interprète tout ou presque, en plus des compositions, paroles comprises, et toutes les étapes de production. Mais c’est dire le talent du garçon qu’on avait quelque peu minoré jusqu’alors.

***1/2

1 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

LIghtning Dust: « Spectre »

leur mémorable Fantasy. Le duo originaire de Vancouver composé d’Amber Webber (chant, guitare) et de Josh Webbs (instruments) n’avait pas fait parler de lui depuis mais le voici enfin de retour avec Spectre.

Le disque s’ouvre sur des influences électroniques dignes de Boards of Canada avec l’inquiétant « Devoted To » comprenant des arrangements sur mesure avant de repartir sur des bases plus indie rock avec « Run Away » et des allures country sur « Lead Astray ». Lightning Dust nous en fait voir de toutes les couleurs que ce soit sur des titres lancinants comme « Incongrous Flu » et « When It Rains » et d’autres plus sombres à l’image de « A Pretty Picture » qui comprend une participation de Stephen Malkmus à la guitare.

Le duo de Vancouver n’a rien non plus perdu de son talent mélodique et, avec Spectre, Lightning Dust nous embarque dans un univers clair obscur où la voix magique d’Amber Webber continue de briller de mille feux sur des compositions qui ne nous laisseront jamais indifférents. Pour un comeback en force, ’’en est un indubitablement.

***1/2

15 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Joyero: « Release The Dogs »

Chez Wye Oak, on a toujours l’habitude de voir Jenn Wasner s’éclater en solo. Avec ses projets solo que sont Flock of Dimes et un premier album paru en 2016 ou Dungeonesse, elle multipliait sa palette musicale. Pourtant, son éternel acolyte Andy Stack était bien resté dans l’ombre mais fort heureusement, il se lance également en solo avec son projet Joyero et un premier album à la clé : Release the Dog.

Comme sa comparse, Andy Stack s’éloigne des étendards de Wye Oak des débuts pour aller lorgner vers des contrées plus électroniques et expérimentales. A mille lieues de leur dernier album solaire paru l’an dernier, le batteur et musicien multi-instrumentiste nous offre un premier opus grisâtre où l’humeur n’est pas au bon fixe. Introduit par les sonorités glitch bien étranges et bien trop complexes de « Alight » où l’on entend la voix du bonhomme complètement déboussolé et désabusé. De quoi débuter ce Release The Dogs d’une façon plutôt originale.

Joyero navigue entre dream-pop cinétique et électro-pop avant-gardiste, où Arthur Russell et Animal Collective (ou pourquoi pas Caribou) se rencontrent pour n’en faire qu’un. La voix si particulière d’Andy Stack se fend parfaitement dans le décor que ce soit sur « Dogs » où les guitares et les bidouillages électroniques se confondent facilement ou encore avec « Starts » et « Salt Mine » plutôt uniques en son genre. En versant son spleen et sa mélancolie la plus profonde qui est inspirée par sa récente rupture, il n’hésite pas à revenir aux sources de Wye Oak avec un soupçon de modernité avec l’hypnotique « Steepest Stairs » et « Man ».

On sera surpris d’apprendre que Jenn Wasner ne soit de la partie. Ni même ses proches collaborateurs comme Helado Negro ou Lambchop. Par contre, on entendra la voix au lointain de Madeline Kenney sur la troublante ballade nommée « After You » où il verse ses lamentations de façon épurée. En définitive, Andy Stack arrive à briller dans l’ombre de son éternelle complice qui partage la route avec Bon Iver. Il faudra plusieurs écoutes pour appréhender ce Release The Dogs mais c’est une belle façon pour Joyero d’exorciser ses maux les plus profonds.

***1/2

27 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Friendly Fires: « Inflorescent »

Il fut un temps où Friendly Fires était un groupe si importants que vous ne pouviez pas ne pas entendre les premières harmonies du fantomatique « Jump In The Pool » ou ne pas voir quelqu’un dans un festival habillé d’une chemise hawaïenne pour faire sa meilleure impersonation de Ed Macfarlane. Nous avons eu droit à deux albums musique aux sonorités colorée, puis celle-ci s’est arrêtée, su moins sous le nom de Friendly Fires.

Quand un nouvel opus a été annoncé, on s’est attendu à des jam sessions folles, et psychédéliques. Étonnament, la musique est loin de Pala datant de 2011. Huit ans plus tard, la vérité est que le groupe n’a fait qu’affiner ces vibrations sensationnelleet festives pour en faire quelque chose d’encore plus serré, pour le meilleur et pour le pire avec la sortie de Inflorescent.

Dès l’ouverture au piano de « Can’t Wait Forever », il est clair que le combo a vraiment embrassé sa nouvelle nature. Le temps qu’on entre dans « Heaven Let Me In « , produit par Disclosure, il est difficile de ne pas se laisser emporter par ces chansons affinées au nième degré.

Au fur et à mesure qu’on poursuit passe ces rythmiques habituelle façon Disclosure, chantillonnages, rythmes tropicaux à combustion lente, en passant par comositions centrales où le club beat devient plus banger et maximaliste) on retrouve un Friendly Fires toujours plus attaché à sa genèse. C’est encore plus clair dans le rebondissement pétillant de « leeptalking », avec des claquements de mains et des synthés scintillants dans la boîte à rythmes, et le final irradiant qu’est « Run The Wild Flowers ».

Mais il n’y aura pas que des coups bouillonnants. Le passage à l’acid house sur « Lack of Love » est peut-être un clin d’œil aux racines hardcore du combo, mais il ne fait que les ramener dans les lieux sombres de sa jeunesse musicale. Ce voyage dans l’obscurité sera, toutefois, un détour bienvenu sur un disque qui menace parfois d’être un peu trop sucré.

Là où Inflorescent fait fureur dans les notes éprouvées, on a l’impression que le groupe se repose sur ses lauriers et réfléchit trop, plutôt que de se relâcher un peu. Inspiré de la disco brésilienne, avec quelques bruits laser pour faire bonne mesure, « Silhouette »le ramènera à la brise, à l’ambiance beach club de Hawaiian Air, mais peut-être pas avec autant de succès et, de la même manière, « Kiss and Rewind », avec son retour au R&B des années 80, est plat comparé à l’extravagance qui l’entoure.

Les feux amis ont toujours été à leur meilleur lorsqu’ils ont fait preuve de prudence et qu’ils ont fait ce qu’il fallait sans aucune retenue ni honte. Quand ils essaient de retenir les gloires du passé, ils évoquent paresse. Mais heureusement, Inflorescent est plus le premier que le second, audacieux et très amusant. Il est aussi, voire plus, tropical et kaléidoscopique que Friendly Fires ne l’a jamais été. Coloré au point d’en être maladif mais avec certainement l’enve d’en faire à nouveau l’expérience.

***1/2

26 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Hot Chip: « A Bath Full of Ecstasy »

Pour peu que cela soit encore nécessaire, « Melody of Love », premier extrait de A Bath Full of Ecstasy, fait la démonstration qu’après 19 ans, Hot Chip n’a encore rien perdu de sa mélodique touche. Tout y est, la voix angélique d’Alexis Taylor, le refrain qui tourne en boucle entre nos deux oreilles sans vouloir s’arrêter, étourdissant et addictif. Valeur sûre de la pop britannique, le quintette a recours, pour la première fois en sept albums, à l’avis extérieur de deux réalisateurs d’expérience, Rodaidh McDonald et le regretté Philippe Zdar, qui poussent encore plus le son du groupe au milieu du dancefloor.

Ainsi, « Hungry Love » s’écoutera comme un hommage au house de Chicago des années 1990, Positive évoque les bombes des Pet Shop Boys, la magnifique « Why Does My Mind » progressera doucement dans une symphonie de synthétiseurs aux mille couleurs, bijoux de pop dansante qui font oublier les plus douces et désincarnées « Bath Full of Ecstasy » et « Echo » au milieu d’un album qui s’avère être le plus accessible de la discographie du groupe.

***

25 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

X Ambassadors: « Orion »

Trois ans après leur dernier album, les New-Yorkais de X Ambassadors dévoilent Orion un troisième albumqui fait sourire d’entrée de jeu notamment grâce à un « single », « Hey Child», entêtant et entraînant comme on en fait rarement.On a droit à unensemble qui mélange rock, pop et hip hop pour emmener l’auditeur dans un monde où règnent l’amour et la confiance dans le futur.

Tout aussi intriguant qu’impressionnant, le trio livre des chansons engagées et très personnelles, aussi variées que cohérentes. Il s’offre même un duo sur « Confidence »” avec la rockeuse K.Flay, petite protégée de Dan Reynolds (Imagine Dragons).

La bande n’oublie pas pour autant sa patte en cours de route. La patte d’un lion qui marche sur du velours. En attestent d’une part des morceaux tels que « Rule » ou « History ». Doux et mélancoliques, ils nous laissent apprécier, savourer même, l’harmonie entre la voix de Sam Harris et les mélodies toujours très travaillées mais tellement délicates.

Ailleurs, on retrouvera des morceaux plus entraînants, livrés à grands coups de grosse caisse et de lignes de basse enjouées. « Recover » sonnera ainsi comme une preuve de la puissance de la voix du frontman tandis que le single « Boom » prourrait prendre des airs de tube de l’été tant il reste en tête. Au final, c’est ce sera « Shadows » qui viendra faire le lien entre ces deux particularités du style de X Ambassadors.

« Orion » atteint son apogée sur « I Dont’t know How to Pray », un titre très intime résumant parfaitement bien ce que les Américains ont cherché à faire : se dévoiler en profondeur sans jamais cacher leur vulnérabilité et nous inciter à faire de même.

Après avoir dégusté chacune des onze bouchées de cet album, on se sent comme de retour d’un long voyage. Grandi et empli de force pour affronter le futur. X Ambassadors a donc réussi son pari et fémontré que son long processus d’écriture aura, ai bout du compte, été plus que bénéfique.

***1/2

19 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Maps: « Colours. Reflect. Time. Loss »

Le temps qui s’écoule entre deux albums de Maps s’allonge un peu plus avec chaque sortie : deux ans pour le second, quatre pour le troisième, et maintenant six pour voir paraître Colours. Reflect. Time. Loss.. Heureusement, James Chapman, l’homme orchestre qui officie seul dans Maps, sait où il va.
Sur cet album, ce ne sont pas que les étendues géographiques que le musicien explore. Il a entrepris un voyage intérieur dans les méandres de la mémoires. Réfléchissant à comment un souvenir peut se comporter comme un être vivant qui apparaît, disparaît, se transforme, comme mu par une volonté propre. Le parti pris de cet album inspirant la nostalgie est que les souvenirs ne devraient pas nous appartenir.


Colours. Reflect. Time. Loss. est une oeuvre philosophique autant que musicale. Elle a été écrite loin du brouhaha de la ville et des medias par un artiste qui regrette que Google Maps banalise l’utilisation des cartes, mais qui se repose sur la technologie pour jouer sa musique. L’artiste-ermite a trouvé sa paix intérieure et peut sagement dire que Just Reflecting est le morceau qui sera joué à ses funérailles.
Paradoxalement, alors que l’album est très intimiste, James Chapman n’a jamais été autant entouré. Trois chanteuses assurent les choeurs sur plus de la moitié des titres interprétés : Cecilia Fage de Cobalt Chapel, Jennifer Pague de Vita And The Woolf et Rachel Kenedy de Flowers. Pour la première fois, il est également accompagné d’un véritable orchestre pour donner vie aux sections de cordes et de cuivres.
Ce sont pourtant dans les morceaux où il ajoute une pointe de rock que l’on pourra sur cet album. La guitare, même discrète sur « You Exist In Everything » donnera plus de contraste à l’avalanche de synthés et la batterie de « Wildfire » qui tire le morceau comme un locomotive.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Woman’s Hour: « Ephyra »

Le premier album de Woman’s Hour, Conversations, avait placé le quatuor devenu trio londonien dans le groupe des espoirs de la scène anglaise avant que des dissensions internes au groupe ne les amènent à annoncer leur séparation. Ephyra, dans ce contexte, est, de leurs propres mots, une eulogie ; un ensemble de morceaux inachevés, rescapés de cette période de troubles, que le groupe a récemment décidé de terminer pour donner vie à ce second album. À cet égard Ephyra est une œuvre cathartique,autant une expression des troubles mentaux qui ont mis à mal sa réalisation qu’une réflexion sur les conséquences de ces évènements.
Ce second album est chargé d’une puissance émotionnelle qui se déploie dès l’entame, « Don’t Speak », morceau né d’un état de vulnérabilité profond, sur lequel Fiona Burgess conte des relations humaines réduites au silence. À partir d’un ensemble musical né de sessions étalées sur des années, Ephyra trouve sa force principale dans sa pluralité ainsi que des contrastes sonores aigus. « From Eden To Exile Then Into Dust » peut ainsi compter sur une production sonore acérée et exigeante pour former une envolée vibrante de six minutes qui constitue sans doute le pari le plus osé de cet effort.

Les envolées vocales aériennes de Burgess viennent se heurter à des rythmiques situées entre la dance et la trap, qui se dotent ensuite de synthés agressifs pour faire basculer la dernière minute du morceau dans une échappée digne des grandes années des « raves ». Ces contrastes exacerbés sont reconduits sur « I Can’t Take You Seriously », dont les synthés vrombissants sont mis au service d’une montée en tension remarquable et captivante.


Les cinq années qui séparent Ephyra de Conversations voient Woman’s Hour indéniablement mûrir leur son, résolument plus moderne et soigné. Des morceaux plus dépouillés, tels que « Luke », se laissent presque entendre à la fois en termes de sons et d’espaces, tant le groupe manie avec justesse silences, nappes et boucles instrumentales pour créer des dimensions immatérielles nouvelles. À la suite de l’échappée pop qu’est « Mirrorball », l’album s’achève par ailleurs par une succession de morceaux plus minimaux, « It’s A Blast » et « Removal Of Hope », habillés d’arrangements éthérés et, une nouvelle fois, de la voix claire de Burgess,.
Du haut de ses trente-et-une minutes, Ephyra est une œuvre qui sait intriguer et convaincre, même si elle manque d’une conclusion à la hauteur de son propos. Si le futur de Woman’s Hour reste plus qu’incertain à la suite de cette sortie, le trio sera tout de même parvenu à livrer un second album surpassant à plusieurs égards son prédécesseur, et ainsi à prouver de nouveau l’étendue de son talent.

***1/2

22 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mr. Twin Sister: « Salt »

L‘image de Twin Sister, c’est celle du groupe samplé par Kendrick Lamar pour son tube « The Recipe » en 2012. Rebaptisé Mr. Twin Sister, le groupe de Long Island était sorti des sentiers battus avec deux albums plutôt pointus et inventifs.

Quatre ans plus tard, les voici de retour avec Salt, où, une fois de plus, Andrea Estella et ses acolytes prouvent qu’ils possèdent toujours la même verve expérimentale et métissée.

Mêlant avec brio avant-pop et influences jazz, Mr. Twin Sister véhicule une classe certaine dans des compositions hybrides que ce soit sur l’introduction infectieuse qu’est « Keep On Mixing » qui met en avant une société américaine de plus en plus divisée, ou sur les morceaux imprévisibles comme « Alien FM » et le plus percutant « Tops and Bottoms » où la voix de la chanteuse domine avec aisance les rythmiques implacables malgré la fragilité physique affichée.

Salt est notable pour ses démonstrations en tous genres qui nous font nous attarder sur des morceaux comme le menaçant « Koh-I-Noor » à mi-chemin entre alternative R&B et ambient où Andrea Estella use de l’Auto-Tune ou encore le plus sinistre « Buy To Return » critiquant la société de consommation américaine.

On surprendra enfin Andrea Estella de chanter en espagnol sur l’hypnotique « Deseo » ou user des lourdes percussions sur le groovy « Jaipur »ou sa conclusion :« Set Me Free ».Salt est un opus audacieux et coloré, axé sur la recherche sans se départir de ces nerfs moteurs que sont feeling et perspicacité.

***1/2

14 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire