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Sóley: « Ask the Deep »

Il s’est passé 4 ans entre deux albums pour la chanteuse compositrice islandaise Sóley Stefánsdóttir mais cette latence n’a pas mis un coup d’arrêt à ses plans à long terme. En 2014 l’artiste avait en effet sorti un mini-album au piano, Krómantík, inspiré de son éducation musicale classique et jazz mais Ask the Deep la voit revenir au fantastique sombre de ses débuts avec même une touche un peu plus ténébreuse.

Sur «  Ævintýr » on l’entend évoquer le fait d’affronter ses contes de fées et demander, sur « Halloween », comment s’éveiller à nouveau.

La complexité des choses est ainsi soulignée avec son jeu entre ce qui est du domaine du rêve et la réalité, le tout étayé par des atmosphères électroniques, de l’accordéon, un Omnichord, des synthés, une guitare et des percussions.

Le jeu de piano de Sóley se dissout souvent dans des arrangements qui véhiculent des climats qui vous hantent (« Follow Me Down ») de la même manière que le minimalisme contemplatif de « Lost Ship ».

Ces deux extrêmes incitent à la méditation ; Sóley parvient ainsi à faire fructifier les ombres qui jalonnent sa vision en parvenant à nous y entraîner.

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23 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sarah Neufeld: « Hero Brother »

Le violon de Sarah Neufeld tient un rôle essentiel dans la production de Arcade Fire. Ce peut être quand elle sert d’introduction bouillonnante et effervescente intervenant sous une guitare acoustique (« Neighborhood #4 (7 Kettles) » ou les balayages amples et lisses qui accentuent les lignes mélodiques (« Rebellion (Lies) » par exemple).

Son premier effort solo, Hero Brother, réajuste encore plus la chaleur qui émane de sa manière de jouer avec les cordes et rend encore plus manifeste un monde qui lui est propre ; un univers peuplé de mélodies qui vous hantent avec un travail de l’archet pourtant presque immaculé, à la fois vierge et primitif. Sans la dynamique assez vaste d’un groupe à son grand complet qui l’entoure, son plus hrand défi est de rendre intéressante une musique constituée essentiellement d’un travail au violon. Il est aisé, dès une première écoute, de sasir à quel point le talent de Neufeld se révèle à l’état brut ; il en faudra néanmoins plusieurs pour qu’une expérience entièrement novatrice se fasse jour à qui prend la peine d’écouter.

L’enregistrement en studio est, disons le, impressionnant et transforme Hero Brother en quelque chose de plus qu’un simple récital au violon. L’artiste utilise un falsetto qui semble se pâmer, des trilles de piano et d’autres arrangements à cordes pour intensifier l’intensité qui se fait jour derrière les multiples nappes de son instrument. La violoniste a aussi cette faculté innée d’habiller ses compositions avec une variété de scssènes comme des vaues qui se fracassent sur «  Breathing Black Ground », le crépitement d’un feu de camp et de subtils pivements de cordes sur « They Live On » ou les ruminations intimes et hiératiques d’un piano d’église sur « Forcelesness ». Enregistré dans des ambiances naturelles (des parkings de garage abandonnés, des halls d’orchestre ou des dômes géodésiques ces scènes vont prendre vie et grandeur grâce à la production de Nils Frahn.

C’est cette versatilité au violon qui fait de Hero Brother un album incontournable. On a comme la sensation que Neufeld réinterprète ce qui a cours dans son psychisme à chaque moment, en particulier cette passion irrésistible faite de doubles et soudains stops, de jeu permanent entre fréquences hautes et basses sur « Wrong Though » et « Right Thought » tous deux éléments établissant une distinction claire et presque didactique ente panique et calme intégral. Ainsi, « Wrong Thought » (pensée nocive) commencera par des mouvements rapides et aigus alors que « Right Thought » apaisera oreille et âme avec ses envolées presque angéliques avant, à nouveau, de véhiculer anxiété et suspense.

Il est indéniable que Hero Brother nécessite une plongée prolongée et intense avant que de pouvoir être appréhendé, compris et amalgamé en soi. Chose faite, cet effort ne peut être que captivant et gratifiant tant les talents de Neufeld sont protéiformes et avérés. Chaque plage démontre de manière presque évidente comment un simple violon peut devenir aussi addictif qu’un saxo ténor à son plus audacieux ou une guitare électrique dont les possibilités auraient été poussées jusqu’au bout de l’aspérité.

2 octobre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire