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The Ghost Next Door: « A Feast for the Sixth Sense »

Quatuor basé à Berkeley en California,The Ghost Next Door compte parmi ses membres des musicos au pays du métal, du grunge, du heavy rock et d’un tas d’autres genres du même acabit et c’est évidemment dans ce domaine-là que nos gaillards s’amusent, ne se fixant aucune limite et piochant dans tout ce qu’ils aiment pour ce festin auditif. Si ton prend une série de mesures au hasard sur cet opus, on peut donc se retrouver avec une intro tortueuse à la Tool (celle de « Doubt »), un refrain grungy (celui de « Deadworl »), un pont prog (« LCD ») et une outro power rock (« American Nightmare »), l’ambiance est celle des années 90, celles du rock alternatif par excellence où le métal et le rock se confondaient avec bonheur.

Si la musique ne suffisait pas, le combo insite sur l’influence que peut avoir le septième art (« Event Horizon », « American nightmare », « Deadworld » ne sont pas des titres choisis au hasard on s’en doute. L‘histoire est également présente, (« I Am Become Death » bénéficie de la participation involontaire d’Oppenheimer) mais elle ne va pas pas jusqu’à reprendre Michael Jackson « « Behind the mask »).

A Feast for the Sixth Sense fleurera donc bon la nostalgie d’une époque tout en sonnant actuel ; une bonne fournée pour un groupe qui n’en demande pas tant en matière de festin.

***1/2

3 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Budos Band: « The Budos Band V »

The Budos Band est un combo plutôt atypique puisqu’il mixe avec bonheur jazz rock fiévreux et hard rock à la Black Sabbath. Sur ce cinquième opus, on est loin de sentir le vent tourner ; on pourrait même dire qu’il continue de plus belle d’aller dans le même sens.

C’est une approche très personnelle, assez intrépide pour qui n’est pas ouvert d’esprit (les deux univers qui cohabitent ici sont en effet assez éloignés), mais qui tient un truc unique et inédit, et s’y tient.

Les cuivres sont fous, libres, hurlants, les riffs sont classiques et efficaces, groovant avec sobriété. Le batteur est assez discret dans le mix mais a vraiment un toucher magique. Les titres ne traînent jamais en longueur, pourtant les ambiances sont volontiers changeantes au sein des trois ou quatre minutes qui les composent. Le côté psychédélique et heavy / doom est encore renforcé ici, et on ne s’en plaindra pas. La bizarre impression de se retrouver plongé dans une dimension parallèle où Tony Iommi serait né à Harlem plutôt qu’à Birmingham, on s’y fait vite, et on ne peut bientôt plus se passer d’un V qui passe si vite qu’il donne envie de remettre le couvert.

***1/2

24 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Devil And The Almighty Blues: « Tre »

Quand il s’agit de musique, la Norvège est un des pays les plus prolifiques pour ce qui est de donner des groupes de qualités. Originaire d’Oslo, The Devil And The Almighty Blues est le symbole parfait de cette scène norvégienne ne se donnant aucune limite et mélangeant des styles de tout horizons.

Le quintette propose en effet une musique teintée de blues, rock mais également de stoner/doom du plus bel effet. Après deux albums fort remarquable, les Scandinaves remettent le couvert avec leur troisième opus intitulé Tre.

L’entrée en matière est idéale pour indiquer à l’auditeur où il met les pieds. « Salt The Earth » propose pendant plus de douze minutes tout ce qui fait la richesse de la musique du combo. Un rythme lent mais un son fuzzy et une tension permanente qui font que l’on ne décroche pas du titre. La basse ronflante répond avec justesse aux deux guitares et à la rythmique de batterie efficace distillée par Kenneth Simonsen. La voix bluesy de Arnt O. Andersen n’est pas en reste et se marie avec brio aux compostions du groupe.

Le quintette revendique clairement dans son patronyme une inspiration issue du delta blues et cela se ressent évidemment dans ses créations. « No Man’s Land » affichera des solos déjantés, le tout bercé par une rythmique solide ou encore « One For Sorrow »” résumeront toute l’expertise de la formation à composer des mélodies aux multiples facettes.

La voix s’efface parfois intelligemment pour laisser toute la place aux instruments de s’exprimer et cela va contribuer à créer des ambiances hypnotiques et envoûtantes. Le final de « Time Ruins Everything » résumera cette pensée et deviendra le terrain de jeu idéal des musiciens avec notamment des parties de guitares de toute beauté.

Seulement six titres composent l’album mais le format des chansons étant long (la majorité des morceaux dépassent les sept minutes), l’écoute assurera une très grande richesse sonique. Écouté en prenant en compte le contexte particulier de Tre sera un adjuvant qui permettra de déceler toutes les ficelles qui composent les différents formats offerts par la musique de ces Norvégiens.

***1/2

7 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tyr: « Hel »

Huitième album pour Tyr, chantres du heavy metal à tendance viking folk originaires des îles Feroé. La volonté du groupe, est de casser les frontières stylistiques (intra metal, s’entend). Il est vrai que, si, à l’entame de « Gates of Hell » on s’attend à voir débouler les vocalises de Klaus Meine, on changera vite d’avis avec l’arrivée du chant rugueux de Heri Joensen qui alternera avec un phrasé plus typiquement heav).

Tyr continue sur sa lancée, très orientée guitares, entre heavy et thrash, le tout servant de support à des textes vikings, et des titres épiques et ponctués de soli inspirés. Un titre comme « All Heroes Fall » est à cet égard, assez édifiant, véritable vitrine du talent de l’intégralité des musiciens, du chanteur, et une présentaation de compositions imparable set mémorables.

Par contre, les éléments folk sont plus que discrets (un chant en finnois sur deux titres), et, hormis les choeurs guerriers, c’est plus de la tournure que de l’orchestration.

Les amateurs de groupes de folk metal pur risqueront donc et ce à juste titre, de se montrer tatillons mais personne, en revanche, ne discutera la qualité des morceaux. Et si à l’entrée on a franchement peur de l’indigestion (une heure et neuf minutes de musique, quand même), au final ça passe très bien, même pour quelqu’un qui n’écoute du heavy metal qu’à doses homéopathiques.

***

5 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

In Flames: « I, the Mask »

In Flames est un combo qui semble bien loin de son illustre passé et du succès des premiers albums. Les Suédois ont enchaîné des disques sans saveur à l’image de Battles sorti en 2016. En assumant totalement ce virage pop/électro qui tranchait avec le death metal mélodique de ses débuts, In Flames donnait l’impression de pas vouloir faire machine arrière et ce n’est pas I, the Mask qui changera la préhension que l’on peut avoir d’eux.

L’ensemble n’est pas, pour autant, lisse et dénué de qualités. « Voices », qui ouvre le disque, utilise le coté électro qui est souvent l’objet de reproches mais il débouche sur un riff épais et un rythme très lourd. C’est surtout la voix de Anders Fridén qui fait bonne impression avec une hargne que l’on avait pas ressenti depuis longtemps. Cette introduction est de bonne augure pour la suite.

D’autres compositions vont en ce sens et donnent la sensation que les Suédois ont retrouvé un peu de la créativité qui leur faisait grandement défaut dans les essais précédents. « I Am Above » avec ses parties de guitares bien senties et la prestation vocale de son chanteur en est l’exemple le plus saisissant. Le rôle de Björn Gelotte derrière son manche est moins timide que dans d’autres productions et permet de donner une épaisseur non négligeable aux morceaux.

Pourtant, les Scandinaves retombent parfois dans leur travers en délivrant des compositions qui atténuent cette bonne impression de départ. Que ce soit « Follow Me » et son air trop convenu ou encore « (This Is Our) House » avec son intro scandée et son refrain prévisible, In Flames se la joue trop facile et peine à susciter notre engouement.

I, the Mask ne parviendra à convaincre que par intermittence. Quelques riffs bien sentis de Björn Gelotte ou des lignes de chants d’Anders Fridén peuvent attirer l’attention mais malheureusement, en grattant un peu, il on retombera inévitablement dans cette fadeur stylistique qui colle aux basques des Suédois.

**1/2

20 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Bring Me the Horizon: « amo »

Depuis 15 ans, Bring Me the Horizon s’amusaient à faire évoluer leur style, passant du deathcore au metalcore, intégrant des sonorités symphoniques, se tournant vers l’électronique pour proposer des compositions plus pop, et jouant finalement sur le terrain de l’alternative rock radio-friendly. Cette évolution, on la doit notamment à Jordan Fish, qu’on retrouve sur amo à la production, aux côtés de Oliver Sykes.

Amo s’ouvre sur un « I apologise if you feel something » simbé de nappes électroniques pop et aériennes, vite complétées par des voix modulées à l’extrême. Pour quitter un peu plus sa zone de confort, le groupe va maintenant lorgner du côté de Grimes sur un « nihilist blues », monstre de production électro-alternative à la puissance surréaliste, limite mystique et ranscendentale qui sera couronné sur « why you gotta kick me when i’m down? » Le BMTH d’aujourd’hui est heavy, mais loin du sens standard du thème : ici c’est la production et le rythme qui viennent en découdre avec auditeur, et pas simplement des riffs agressifs tirés d’une guitare accordée deux tonalités en-dessous.

De ces riffs, il en sera s’ailleurs question dans amo. Le single « wonderful life » assurera ce qu’il est censé véhiculer : une efficacité redoutable et « in the dark », vient perfidement s’accrocher à nos oreilles pour ne plus nous lâcher. Dans la même veine, « sugar honey ice & tea », nihiliste au possible, se permetta solos et screamos dans la bagarre alors que « heavy metal », abusera de ces riffs qui tuent pour culminer, comme une décharge jouissive, sur une outro au sequencing hardcore de chez hardcore.

« fresh bruises » s’offrira une expérimentation synthétique, tandis que « medecine », au refrain cadencé, enfoncera le clou d’un virage électro-pop magistralement négocié.

Inutile de préciser que la production de Sykes et Fish est monstrueuse et élève les talents de chaque musicien a des intensités folles, avec une mention toujours très spéciale pour Matt Nichols, batteur décidément fou, et Lee Malia, guitariste implacable. Sur « i don’t know what to say » chaque membre ura d’ailleurs son moment de bravoure tant cette composition titre aux milles influences, se révélera imprévisible dans le grain de folie qui y sera distillé, tel une « jam » malicieusement incontrôlée.

Avec amo, Bring Me the Horizon livrent leur album le plus épanoui, le plus libre et le plus démentiel à ce jour. Exit toutes conventions: la formation de Sheffield amène sa musique où elle l’entend, comme elle l’entend, brassant les influences sans jamais se perdre en chemin. Il y a de tout pour tout le monde sur cet album, et pourtant amo ne perd jamais de vue un évident sens de cohésion, tant d’un point de vue lyrique que musical.On est loin du deathcore de Count Your Blessings ; et on ne s’en porte que mieux.

****1/2

25 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Born Of Osiris: « The Simulation »

Born Of Osiris est un combo très puissant techniquement mais il est également très attaché aux mélodies. Ce groupe a un vécu certain et, pour cette raison, il peut être sujet à des pannes d’inspiration, ou une routine qui réduit la portée de celle-ci surtout quand on considère un registre bien balisé et dans lequel il est aisé de verser dans la complaisance.

: Le groupe a choisi, pour ce cinquième album, de placer un single sur la ligne de départ; « The accursed » est un bon titre dans la mesure où il respecte les canons du genre. De ce point de vue, le morceau en devient si prévisible qu’on n’est pas loin du « pompier ».

« Disconnectome » qui lui fait suite est plus profonf dans le registre deathcore assez sobre alors que « Under the gun », lui, agrémente avec efficacité sa qualité mélodique à à refrain hip-hop et RnB.

S’ensuivra un court interlude (« Recursion ») durant lequel on se retrouve en terrain plus connu alors que « Analogs in a Cell » enchaînera avec un refrain très pop qui passera encore mieux avec des soli velus et des ambiances limites malsaines. « Silence the Echo » est le premier single officiel avec un le refrain assez typé et si homogène qu’il évite de peu le convenu.

Le dernier morceau, « One without the oOher », permettra d’aborder les choses de manière qui se veut plus conclusive en mixant les genres et les ambiances et en faisait se cohabiter heavy metal et rock plus mélodique. On regrettera que cette bonne idée ne se soit pas élargie à tout un album qui va indéniablement plus dans la « simulation » que dans la vivacité discursive.

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22 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Wheel in the Sky: « Beyond the Pale »

Wheel in the Sky pourrait passer pour l’une de ces énièmes pâles copies d’un rock nostalgique des années 70. Pourtant, avec ce deuxième effort intitulé Beyond The Pale, la formation suédoise révèle l’étonnant foisonnement de la scène scandinave, dès lors qu’il s’agit de faire rougir les lampes d’amplis.

Le combo mélange les genres, dans une rétromania qui n’a que pour seule envie de distiller une énergie rock pure. On devine à l’entrée tonitruante de « Beyond the Pale », des influences larges s’étendant du punk garage le plus alternatif au rock 80’s épique. Une batterie martelant sans cesse, des notes de guitares qui glissent à la vitesse de la lumière, et un chant qui porte jusqu’au fond des salles obscures. La recette est éculée depuis des lustres, mais Wheel in the Sky, la sublime avec énergie et passion.

Il en résulte quelques pépites ultra-addictives, au psychédélisme simple et aux riffs faciles, mais néanmoins entêtants. Difficile de résister au refrain mièvre de « Undead love », à la fureur sautillante de « Burn, Babylon Burn! » ou à ces guitares rageuses qui entament le morceau-pharedu dique, « This Only Girl Dead In The City ». 

L’originalité n’est pas toujours la marque des meilleurs albums. La cohérence et la simplicité comptent parfois plus. Une chose est sûre, Wheel in the Sky sait composer des refrains mémorables mieux que n’importe quel autre groupe c’est déjà un bel accomplissement.

***1/2

22 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Here Lies Man: « You Will Know Nothing »

Malgré une pochette pour le moins douteuse, Here Lies Man est un groupe qui vaut le détour avant tout pour leur son, gras, compact et épais, qui rappelle le Heavy Metal des années 70 dans lequel on aurait injecté des influences africaines. Assez improbable à première vue, mais pourtant l’alchimie fonctionne.

Et ça tourne encore à plein régime sur ce 2e album du groupe conduit par Marcos Garcia de Antibalas (un groupe d’afrobeat originaire de Brooklyn). Sans doute le truc le plus original qu’on puisse entendre en matière de rock indé actuellement.

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31 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

High On Fire: « Electric Messiah »

Electric Messiah est le huitième album des Californiens de High On Fire, groupe mené par Matt Pike, dont le surnom, « l’homme qui possède plus de Gibson Les Paul » indique quelle teneur musicale le combo se revendique.

La production est assurée par Kurt Bailou déjà responsable de pas mal de galettes du groupe et elle va s’appuyer sur la recette peu originale mais efficace et éprouvée de riffs empilés les uns sur les autres, de double pédales, de textes emprunts de mysticisme et de ce qui s’avère être le mentor de High On Fire, Lemmy et sa voix graveleuse qui, selon Pike, l’aurait visité dans ses rêves.

L’album met en place ce qu’il promeut ; une bombe de double kicks, de riffs punitifs et un hommage beuglé à un des plus grands de l’histoire du rock. Les lignes de basse en intro semblent même carrément empruntées à celles de Motörhead : « Spewn from the Earth », qui ouvre l’album, est dans cette lignée, de même que « Freebotter », en fin de parcours.

Comme il est de coutume, on ne reprendra pas son souffle sur un album de High On Fire. La guitare de Matt Pike et sa voix de chat de gouttière prennent toute la place. Il y aura quand même quelques moments plus « doom-rock » comme sur « Steps of the Ziggurat/House of Enlil » un gros morceau de près de 10 minutes qui nous ramène dans une dynamique familière avec un mixage de ses deux guitares.

Toujours dans les longs morceaux, « Sanctioned Annihilation » voit Pike explorer des contrées façon Black Sabbath où, de toute évidence, il est en territoire connu.

À d’autres moments, les riffs et les structures des chansons rappelleront les vieux albums de Mastodon, une atmosphère très « sludge » comme avec « Drowning Dog » qui fermera la marche.

En revanche, à près d’une heure de musique, le manque de variation peut devenir lassant. Le groupe excelle dans leur version du métal, mais ne se réinvente pas. Cela étant dit, les fans de la première heure auront droit à leur dose de rock ‘n’ roll viril et crasseux et ils ne seront pas déçus. Il appartiendra alors à chacun de vouloir en faire partie ou pas.

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19 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire