No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Control Top: « Covert Contracts »

La scène indie de Philadelphie continue d’être en pleine effervescence, preuve en est Control Top, un trio composé d’Ali Carter (chant, basse), Al Creedon (guitare) et d’Alex Lichtenauer (batterie) qui est prêt à frapper fort avec son premier album Covert Contracts.

A mi-chemin entre post-hardcore, no wave, riot grrl et post-punk, la musique bien électrique et tendue du combo se veut véhémente à souhait avec un son direct et bien crasseux que ce soit dans le domaine du lo-fi ou du hardcore.

On notera, à cet égard, des titres allant de l’introductif « Type A » à « Ego Deaf » en passant par les agressifs « Chain Reaction », « Unapologetic » ou autres « Betrayed ».

Entre les riffs noisy d’Al Creedon, le chant hystérique et incontrôlable d’Ali Carter qui hurle son incompréhension face à la société martèlements de batterie explosifs d’Alix Lichtenauer , le trio de Philadelphie va droit au but et refuse de s’adoucir. Avec une production 100% DIY et brut de décoffrage, Control Top viendra donner ses lettres de noblesse à une musique totalement jouissive dans la menière où elle incite à l’émeute.

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8 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Beartooth: « Disease »

Caleb Shomo et sa bande sont de retour avec un troisième opus, Disease qui nous propose une musique énérvée comme il se doit pour une formation estampillée post-hardcore moderne comme l’est Beartooth. La formule ne change donc pas d’un pouce, et on a droit à un son metalcore à tendance rock’n’roll et teinté de pop-punk. Les tubes s’enchaînent, en commençant par le puissant « Greatness Or Death » avec son intro acoustique déboulant sur un riff en forme de mur sonique, « Disease » calmerara le jeu et spourrait s’avérer être un morceau ultra-tubesque.

On alternera donc entre titres ravageurs bien charpentés (l’excellent « Fire » » un costaud « Bad Listener ») et passages plus mélodiques comme « You Never Know », l’entêtant « Afterall » sur lequel plane encore l’influence de Jeremy McKinnon, ou encore « Believe » qui prend des allures de Fall Out Boy. Malgré le fait qu’il n’y ait rien à jeter, on notera un manque de variété certain, et une prise de risque inexistante et sur une production en béton mais sans surprises.
Le vocaliste nous cnarrera ses états d’âme au long de cette réalisation, qui, par une meilleure construction,sera néanmoins e un léger ton au-dessus de Aggressive leur précédent album.

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14 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gallows: ‘Desolation Sounds »

Le talon d’Achile de maints groupes hardcore est la monotonie. Avec Desolation Sounds, Gallows sont parveus à contourner l’obstacle en équilibrant mélodie et rugosité engageant celui qui écoute à un investissement et une attention allant du début à la fin de l’écoute.

La tonalité par rapport à leur premier album éponyme en 2012 a changé substantiellement dans la mesure où l’ancien leader de Alexisonfire, le guitariste Wade MacNeil avdésormais intégré le groupe. Le son est plus sinistre et dissonant et l’atmosphèrere morose est accentuée par des accords en mode mineur.

Les compositions navigueront entre intensité sauvage (« Leviathan Rot » ou Chains » sont des exemples de crescendos menées à la perfection) et passages étrangement beaux (« Cease To Exist » montre l’affinité du combo pour des approches plus mélodiques même si les guitares continuent à vous hanter).

McNeil est un chanteur suffisamment éclectique pour ménager ces transitions avec fluidité ; il a permis de créer ici un opus cohérent, puissant et versatile.

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22 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Two Inch Astronaut: « Foulbrood »

Two Inch Astronaut est un groupe en perpétuel mouvement. Bad Brother, en 2013, véhiculait le son d’un combo muni de tout un stock d’idées et d’un équipement de studio convenable ; Foulbrood s’en empare, s’emploie à les cimenter, et dispose d’un meilleur matériel d’enregistrement. C’est un disque novateur, un hardcore qui sollicite votre attention dès la première accroche instantanée du titre d’ouverture.

Des morceaux comme le féroce « Part of Your SCene » nous montre leur habileté à taillader un son à partir d’un mélange de hardcore et de indie math rock affuté et que, si on peut les comparer à Jawbreaker et The Dismemberment Plan, Two Inch Astronaut se situe sur un plan bien à part par rapport à ces piliers de la scène emo-punk.

On pourra alors considérer « Dead White Boy » comme la base de ce qui serait le point d’orgue d’un de leurs concerts, un composition épique de plus de 7 minutes téméraire mais ne devenant jamais ennuyeuse. « The best part of getting old is that you know exactly what you want » entend-on ici ; c’est de toute évidence une profession de foi amenée avec force à une conclusion viscérale par des guitares grinçantes.

Foulbtood est la suite logique de Bad Brother et elle est autrement meilleure. Les textes sont plus compréhensibles, l’instrumentation serrée comme ça n’est pas permis et elle déborde du syndrome d’agressivité de celui qui veut tout foutre en l’air. « Cigarettes, Boys, And Mowies » est une lamentation subtile à propos de ces choses pour lesquelles on a perdu goût et les parties plus mélodiques (« Black Moon Nighstick ») seront également mieux articulées.

On retrouvera également l’impressionnant penchant qu’a le groupe pour nos déivrer des tempos inhabituels et des progressions d’accords atypiques dans un format qui demeure accessible aux fans de hardcore. Le disque frappe dur mais est nuancé, ceci avec un équilibre parfait. Voilà un album qui fait évoluer le hardcore de la meilleure manière ; il est, décidément, bien au-dessus du coùmbo lambda.

***1/2

20 décembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Unwound: « Energy »

Unwound signifie, plus ou moins déroulé ; c’est un peu la façon dont ce groupe hardcore/punk débite sa musique sur cette compilation judicieusement intitulée Energy.

Originaires de l’état de Washington le trio a démarré sa carrière au débuts des années 2000 construisant peu à peu un son qui lui est propre au fil de tournées nombreuse de de plusieurs albums.

Justin Trosper est un vocaliste désinvolte et hurleur et ses lignes de guitares peuvent être aussi bien brûlantes et angulaires que plus éthérés, Sara Lund assure des percussions fluides et Vem Rumsey ancre le tout par un jeu de basse burdonnant.

Cette collection de 3 disques examine la carrière d’un combo maintenant séparé et permet de voir en quoi il a pu évolué et, sur le troisième opus nommé, lui aussi très habilement No Energy, s’éloigner de son post-punk viscéral et emprunt de colères.

C’est là qu’on peut être charmé par une avalanche de riffs qui demeurent carnassiers mais qui n’hésitent pas alors à flirter avec les mélodies. Ainsi » Petals Like Bricks », « Corpse Pose » et « Natural Disasters » pourraient presque être caractérissé comme pop-punk et, toujours dans ces mêmes eaux, on verra le trio s’aventurer vers des styles plus expérimentaux comme le « delay » , le dub et des sonorités plus free-form (« Swan », « Sensible » ou « Go to Dallas and Take a Left »).

On pourra ainsi apprécier ce déroulé de carrière où se trouveront quelques inédirs ; Unwound est finalement un groupe qui a, peut-être, eu tort de se déparer au moment où sa musique évoluait. C’est sans doute la rançon d’un music business en pleine mutation à l’époque.

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20 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Pissed Jeans: « Shallow/Trobbing Organ »

Quand on est musicien à plein temps, il y a de quoi être en colère quand la « vie normale » vous canalise. Pour Pissed Jeans ce sont des emplois banaux à Philadelphie alors qu’ils sortent des disques pleins de tourbe depuis plus de dix ans.

Succès n’aidant pas, même quand on est signé sur Sub Pop, le groupe a décidé de ressortir une compilation ses deux premiers albums : Slaoow et Throbbing Organ. On y trouve diverses choses, influencées par Mudhoney dont le groupe se dit fétichiste, mais certainement rien qui suscite désintérêt mais aussi une habile combinaison de dissonance et d’inventivité.

Prenons par exemple un « I Broke My Heat » sale à souhait. Il fait une embardée dont on ne sait d’où elle vient, s’empare de bruits puis les délaisse en faveur d’une narration ânonnée et crissante puis d’un feedback impossible à prendre en défaut. En fait les compositions de Pissed Jeans ne passent jamais en ligne directe ; le groupe a toujours joué avec les tempos et les textures. Ce titre en est une preuve embryonnaire.

Ici, à coté de matériel bonus datant de leurs débuts (« Throbbing Organ » et « Night Minutes » qui tous deux clôturent cette réédition) on trouve des plages propres à terroriser les chambres de teenagers comme un « Ashamed of My Cam » (honteux de mon sperme) qui est l’abrupt opposé d’un hymne tant ce genre y est déconstruit.

« Boring Girls » sera fun et rempli d’énergie irrévérencieuse et sur « Ungly Twin (I’ve Got) » on retrouvera le même climat de facétie allant dans tous les senss à chaque mesure.

Le tout peut sembler ludique et peu sérieux ; pourtant Pissed Jeans ne sont pas là pour la pose. La musicalité des guitares, toute primitive qu’elle soit, sonne comme un cri de loup primal et c’est de cette animalité dangereuse qu’est née l’excitation que procure le rock.

***1/2

15 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Zig Zaggs: « Zig Zags »

Zig Zags nous assènent un rock lourd, fait de distorsions, aux frontières du métal, du hardcore et du stoner rock. Il ne s’agit pas d’une musique qui se veut subtile mais plutôt de quelque chose qui figurerait en très bonne place dans une de ces innombrables « Battles of the Bands » si sourantes aux USA.

Avec des titres comme « Brainded Warrior », «  Tuiff Gay Hands » ou « I Am The Weekend », les morceaux de cet album éponyme sonnent comme si le groupe voulait se retrancher derrière une attitude imbécile voire débile, celle de personnages qui ne carburent qu’à la bière et aux joints et que montent leurs amplis bon marchés au plus haut niveau de volume comme si provoquer la douleur auditive était un but.

Tour ringard que cela puisse paraître, ces types-là ne plaisantent pas pour autant. Ils sont conscients de la crétinerie de ce qu’ils produisent mais ils n’en ont pas honte, bien au contraire. Le guitariste Jed Maheu, le bassiste Patrick McCarthy et le batteur Bobby Martin sont suffisamment soudés et musclés pour que Zig Zags nous procure une sacrée dose d’action , en particulier quand les effets distordus de Maheu se fondent à des lignes de basse qui semblent vouloir perforer les tympans.

De ce point de vue on ne saurait leur reprocher de hausser le temps de cet accords en clés mineures qui sont le fond de commerce du garage rock dans la mesure où ils parviennent à le les faire sonner comme si ils étaient tout droits sortis des systèmes sétéro d’une vielle bagnole et qu’ils étaient en train de redécouvrir cetet époque. Ajoutons la production de Ty Seagall qui fait de Zig Zags un album étonnamment frais qui plutôt que l’assourdissement véhicule la bonne humeur du low budget.

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7 juillet 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Trash Talk: « No Peace »

Il est difficile de rester indifférent à l’assaut sonique dont le groupe harcdore de Trash Talk sait faire preuve. Intituler ce sixième album No Peace est preuve de ce qui les caractérise avec, en bonus, une petite pointe de provocation.

Le combo se singularise par une musique extrême dont le terrain principal est la scène, des vocaux r lesquels on se demande à chaque fois si leur auteur, Lee Spielman, n’a pas été trop loin et des performances que bien des groupes ont été tentés d’émuler.

Ici, Trash Talk n’a rien perdu de l’urgence qu’on trouvait dans Eyes & Nine ou 119 mais sur des morceaux comme « Cloudkicker » (le titre le plus long puisque durant trois minutes) ils parviennent à apporter de nouveaux éléments à leur son.

No Peace se distinguera avant tout par une cohérence et ce sans que le groupe semble pourtant exercer la moindre retenue dans son interprétation : des compositions comme « Monochrome », « Locked Skin » ou « The Hole » jouent allègrement sur des tempos mineurs et s’éloignent de ce à quoi les combos de hardcore lambdas semblent être intéressés ; brouiller les genres et les sons plutôt que reprendre les choses à la base et faire leurs gammes.

L’album semble être ainsi conduit sans efforts et vouloir être écouté avec la même fluidité. De ce point de vue-là, le combo de Sacramento continue à marcher facilement sur le fil qui se situe entre collision musclée et production soignée ; on peut ne pas aimer mais on ne peut nier la qualité et el soin mis à réaliser No Peace.

**1/2

27 mai 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Black Flag: « What The… »

Il n’y a aucune raison, a priori, de faire la fine bouche devant What The… dans la mesure où c’est le premier album studio du légendaire groupe hardcore depuis 1985.

Le fait est pourtant qu’il sort au milieu des débats acrimonieux entre ses anciens membres, en particulier ceux qui ont choisi de tourner sous le nom de Flag sans son fondateur Greg Ginn. Les conditions ne sont donc pas idéales même si on note le retour du chanteur Ron Reyes qui était en quelque sorte le porte-parole de Black Flag entre 79 et 80.

Couverture hideuse, compositions au nombre de 22, l’ensemble a quelque chose d’étriqué. Les idées, l’inspiration et l’énergie sont plutôt fines et semblent usées jusqu’à la corde (de guitare bien sûr). « My Heart’s Pumping » donne le ton et le rythme de l’album ; quelque chose d’étranglé et de pincé sans qu’une notion de danger ou de chaos ne parvienne à se faire jour.

Me quand il se recycle avec vigueur comme sur « Wallow In Despair » et « This Is Hell » il est encombré par une section rythmique laborieuse et brinquebalante donnant la sensation qu’il souhaite donner aux fans de Black Flag ce qu’il pense être ce qu’ils veulent, bref en s’auto parodiant.

Finalement ce sera Reyes qui donnera à What The… son aura d’humanité, toute désespérée qu’elle soit. Sa voix demeure saignante même si sur certaines vocalises haut-perchées comme « It’s Not My Time To Go-Go » sa voix peine à s’accorder mélodiquement aux riffs rigides de Ginn.

Bien qu’ayant été éjecté du groupe, il semble qu’aujourd’hui il ait trouvé une occasion de brûler certains de ses démons, peut-être que ce qui a occasionné la perte du groupe sera aussi cause de son renouveau.

★★½☆☆

5 décembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Pissed Jeans: « Honeys »

Honeys est le quatrième album de ce quatuor d’origine ouvrière de Philadelphie. Pour un groupe dont les affinités se situent dans la contestation du monde actuel avec un répertoire axé sur le hardcore et le « noise rock », ce disque est beaucoup plus délicat à étiqueter. On y trouve toujours matère à les comparer à Black Flag ou aux Misfits, mais Honeys montre que le combo a décidé d’explorer d’autres genres avec, en premier lieu, une production plus ample et un son plus ouvert donnant un côté moins éjaculatoire à ses précédents opus, mais maintenant toujours ce dédain ironique qui transperçait au travers de ses compositions.

On trouvera, en outre, des éléments de « math rock », de post punk ou même de jazz alternatif ; évolutions qui sont d’autant plus à remarquer qu’elles s’inscrivent toujours dans le cadre de morceaux ne dépassant pas les trois minutes.

Les structures des percussions se font moins binaires et plus complexes et les riffs de guitares, tout aussi acérés qu’ils demeurent, sont plus élaborées, passant du métronomique à des moments où ils se fondent dans l’arrière-plan. En effet, la basse prend, sur Honeys, une importance inégalée enveloppant l’album et lui donnant une aura beaucoup plus menaçante qu’un simple son guttural pourrait transmettre.

Pissed Jeans restent néanmoins fidèles à une certaine idée du primal ; la tonalité garage est encore là et la production complémente les compositions de manière idéale en préservant un côté « vintage » qui sonne toujours aussi authentique et débarrassé des clichés.

Honeys donne le sentiment qu’il a été enregistré en analogique, sur un vieux lecteur de cassette et Pissed Jeans qu’ils domptent le passé pour mieux explorer le futur.

★★★☆☆

14 février 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire