niiice.: « Never Better »

En l’espace de quelques EPs, niiice. est arrivé à se faire un nom dans son Minneapolis natal. Le trio post-hardcore compte garder ce titre de leader avec son nouvel EP intitulé Never Better.

Composé de cinq titres, niiice. compte tout balancer ce qu’il a sur le cœur. Never Better s’apparente ainsi à un disque de rupture et son mélange entre emo-punk et post-hardcore arrive à catalyser toute leur désespoir sur les redoutables « Snowboard » et « Love Handlez ».

Les hurlements rauques qui cohabitent au chant plus mélodieux survolent les riffs massifs de « Haterade » et comptent tout balancer jusqu’à la conclusion nommée « Minneapolis vs St. Paul: This Time It’s Personal » qui clôt ce Never Better de la plus belle des manières. Encore un peu et niiice. pourrait avoir de meilleurs jours devant lui.

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Black Beach: « Tapeworm »

Black Beach est une formation de Boston, Massachusetts, qui donne dans le punk et ses différents sous-genres. Le trio, composé de Steven Instasi, Ben Semeta et Ryan Nicholson, fait à peu près toujours autant de vacarme que peuvent le faire cinq musiciens enragés. Lancée au début du mois d’octobre dernier, leur plus récente offrande intitulée Tapeworm saura combler les amateurs de punk abrasif.

Dans une atmosphère tendue du début à la fin, Black Beach nous enfonce sans retenue dans les oreilles une douzaine de solides morceaux. Passant du punk au noise-rock, puis du post-punk au sludge, Black Beach nous livre ici un joyeux bordel sonore de quarante-cinq vigoureuses minutes.

Au fil que les chansons s’enchaînent sur l’album, le trio conserve sa passion pour les riffs qui martèlent et qui font aussi mal que de se cogner les orteils sur la table de chevet à quatre heures du matin.

Sachez, en effet, que cet album n’a rien pour vous réchauffer le corps avec de douces mélodies contagieuses. À l’aide d’une guitare qui, la plupart du temps, est grinçante et bruyante, une basse bien présente et fort efficace, une batterie qui pioche en masse et une voix parfois salopée par de la distorsion, la bande nous prouve qu’ils ne sont pas de fins mélodistes, mais plutôt une force de frappe brute. D’ailleurs, des titres de la nature « Sometimes This Body Lets Me Down », « Broken Computer », « Positive Feedback Loop », « Nervous Laughter » et « Southern State « vous le prouveront assez rapidement ;’assourdissant trio bostonnais ne fait pas dans la dentelle ni même dans le coton ouaté. À l’aide d’une réalisation simpliste et de chansons qui vont droit au but, ce Tapeworm est une véritable succession de déflagrations punk qui devrait plaire aux fans de Metz, Jesus Lizard, Pissed Jeans et Big Ups.

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Petrol Girls: « Cut & Stitch »

Le premier « single » de Petrol Girls il y a cinq ans était un cocktail molotov avec un allumette à incendier, littéralement, puisque la pochette était exactement ainsi, avec le nom du groupe gravé dans la bouteille. Mais plus encore, l’imagerie correspondait parfaitement à un groupe qui se décrivait lui-même comme un groupe « féministe post-hardcore enragé », longtemps enthousiaste et à court de patience. Brûlez tout, tout ; la révolution n’a jamais été simple.

La fureur du quatuor : le bassiste Liepa Kuraitė, le guitariste Joe York, le batteur Zock Astpai et la frontwoman Ren Aldridge ont continué avec le premier album intégral, un appel aux armes nommé à juste titre Talk of Violence. Cependant, l’EP The Future is Dark de l’année dernière montrait une maturité musicale et une introspection personnelle, une excellente transition vers la révélation d’un album Cut & Stitch par le groupe.

Refused a toujours été une influence sur les Petrol Girls, il est donc approprié d’affirmer que c’est leur Shape of Punk to Come qui allume le feu, une éclamation cqui est omme un communiqué de presse en hyperbole à prendre à nos risques et périls.  Les deux versions ont ajouté des textures qui s’étendent sur les rudimentaires du hardcore, montrant une capacité à penser en dehors des sentiers battus.

Sur Cut & Stitch, Aldridge a suffisamment confiance en ses idées pour ne pas avoir à les crier tout le temps. Sur l « Intro » de 75 secondes, pendant que le feedback du groupe s’intensifie en crescendo, elle entonne doucement ce que le son signifie pour elle. C’e sera la première d’une longue série de fois qu’elle laissera sa parole presque parlée livrer son message.

L’album traverse une poignée de titres « Interlude » qui présentent différentes parties de l’opus chacune plus jolie que la précédente. Le premier, « Interlude (Q&R) », est un moment de calme et d’acoustique qui pourrait être un sample d’un groupe hippie, même s’il ne l’est pas, et qui mène à « Big Mouth », qui contient un vrai sample.

Certaines personnes pensent que les petites filles devraient être vues et non entendues, dit la regrettée chanteuse Poly Styrene de X-Ray Spex, comme elle l’a dit sur leur premier « single » ; en effet sSon message de rébellion est toujours aussi valable et nécessaire aujourd’hui ; il s’inscrit parfaitement dans le ténor et le timbre du titre. Il est aussi complètement contagieux, avec un chœur énorme, parfait pour l’autonomisation d’une nouvelle génération de filles.

Le groupe a encore beaucoup d’autres moments assez accessibles pour qu’il ne soit pas difficile d’imaginer des stations de radio commerciales et alternatives pour les écouter. « No Love For A Nation » est l’un d’entre eux, avec York livrant un énorme riff alors qu’il transforme le morceau en duo avec Aldridge, les deux chantant relativement mélodieux. Il est lisse, syncopé, décalé et simple mais efficace, et se termine par des kazoos ironiques qui fustigent « My Country,’Tis of Thee » et probablement le pays pour lequel il a été écrit.

The Petrol Girls n’abandonnent pas complètement le côté vitriolique du groupe. Le titre douverture,  « The Sound » se déchaîne ainsi furieusement et avec justesse. Mais dans d’autres cas, ça n’est simplement que lacette d’une chanson : le chœur brillant de « Tangle of Lives » contrastera avec les ponts lents et presque jazzy, de « Monstrous » et « Talk in Tongues », ce dernier voyant York prendre le chant principal, swinguer comme sur le dernier album de Brutus.

Malgré tout, le plus grand départ se devra d’être « Skye ». Contre une tonalité mineure, Aldridge s’ouvre avec amour sur son chien du même nom. Vers la fin, la guitare se délabre jusqu’à devenir presque silencieuse, la laissant pratiquement chuchoter et soliloquer sur son son chiot perdu malgré ses diatribes contre le patriarcat.

Beaucoup de choses doivent se passer pour qu’un groupe émerge d’un genre de niche et capte l’attention du grand public, et la chance n’est pas la moindre de ces éléments. Tout ce à quoi on peut s’attendre de la part du groupe, c’est d’avoir une vision et de l’exécuter sans crainte et d’espérer que les gens le remarquent. Sur Cut & Stitch, les Petrol Girls ont fait plus que leur part.

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Defeater: « Defeater »

Defeater est un groupe américain tout droit venu de Boston qui joue dans la catégorie du hardcore mais le hardcore moderne que certains qualifient de mélodique
Pour situer le propos, on peut, sous cette appellation, penser à la descendance du punk de 77, les Dead Kennedys, Minor Threat,puis Suicidal Tendencies, Better Than a Thousand, et pour finir The Bronx, The Distillers, les débuts de A Fire Inside (AFI), The Nerve Agents et aussi tous les groupes ayant mis les pieds dans l’excellence au cours des années 2000.

Là on change de sonorité, on a une voix forte et véhémente tout à fait posée limite technique, qui gueule avec précision. On a de la dissonance volontaire aux niveaux des accords de guitare et une batterie percutée par un marteau piqueur.

C’est virulent, fidèle à la recette de ce fameux hardcore moderne avec des passages rapides (rares ou courts) et des parties beaucoup plus lourdes mais qui donnent envie de casser quelque chose.
En guise de comparaisons, on pourra rapprocher cet album de ceux sortis par The Haunted avec moins de contraste, un côté plus hardcore que métal voire Crime In Stereo.
Les paroles collent à l’humeur de la voix, ça suinte la frustration et la répugnance face à notre époque toujours plus
affigeante. L’adjectif « mélodique » prend alors tout son sens sur certains morceaux un peu plus nuancé que la majorité, on pensera notamment à « No Man Born Evil ». Si, au final ou au total, ce n’est pas nécessairement un album qu’on passera ou repassera avec entrain ou pkaisir, on ne pourra nier qu’il a un patentiel qui ravira les amateurs du genre.

***1/2

Control Top: « Covert Contracts »

La scène indie de Philadelphie continue d’être en pleine effervescence, preuve en est Control Top, un trio composé d’Ali Carter (chant, basse), Al Creedon (guitare) et d’Alex Lichtenauer (batterie) qui est prêt à frapper fort avec son premier album Covert Contracts.

A mi-chemin entre post-hardcore, no wave, riot grrl et post-punk, la musique bien électrique et tendue du combo se veut véhémente à souhait avec un son direct et bien crasseux que ce soit dans le domaine du lo-fi ou du hardcore.

On notera, à cet égard, des titres allant de l’introductif « Type A » à « Ego Deaf » en passant par les agressifs « Chain Reaction », « Unapologetic » ou autres « Betrayed ».

Entre les riffs noisy d’Al Creedon, le chant hystérique et incontrôlable d’Ali Carter qui hurle son incompréhension face à la société martèlements de batterie explosifs d’Alix Lichtenauer , le trio de Philadelphie va droit au but et refuse de s’adoucir. Avec une production 100% DIY et brut de décoffrage, Control Top viendra donner ses lettres de noblesse à une musique totalement jouissive dans la menière où elle incite à l’émeute.

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Beartooth: « Disease »

Caleb Shomo et sa bande sont de retour avec un troisième opus, Disease qui nous propose une musique énérvée comme il se doit pour une formation estampillée post-hardcore moderne comme l’est Beartooth. La formule ne change donc pas d’un pouce, et on a droit à un son metalcore à tendance rock’n’roll et teinté de pop-punk. Les tubes s’enchaînent, en commençant par le puissant « Greatness Or Death » avec son intro acoustique déboulant sur un riff en forme de mur sonique, « Disease » calmerara le jeu et spourrait s’avérer être un morceau ultra-tubesque.

On alternera donc entre titres ravageurs bien charpentés (l’excellent « Fire » » un costaud « Bad Listener ») et passages plus mélodiques comme « You Never Know », l’entêtant « Afterall » sur lequel plane encore l’influence de Jeremy McKinnon, ou encore « Believe » qui prend des allures de Fall Out Boy. Malgré le fait qu’il n’y ait rien à jeter, on notera un manque de variété certain, et une prise de risque inexistante et sur une production en béton mais sans surprises.
Le vocaliste nous cnarrera ses états d’âme au long de cette réalisation, qui, par une meilleure construction,sera néanmoins e un léger ton au-dessus de Aggressive leur précédent album.

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Gallows: ‘Desolation Sounds »

Le talon d’Achile de maints groupes hardcore est la monotonie. Avec Desolation Sounds, Gallows sont parveus à contourner l’obstacle en équilibrant mélodie et rugosité engageant celui qui écoute à un investissement et une attention allant du début à la fin de l’écoute.

La tonalité par rapport à leur premier album éponyme en 2012 a changé substantiellement dans la mesure où l’ancien leader de Alexisonfire, le guitariste Wade MacNeil avdésormais intégré le groupe. Le son est plus sinistre et dissonant et l’atmosphèrere morose est accentuée par des accords en mode mineur.

Les compositions navigueront entre intensité sauvage (« Leviathan Rot » ou Chains » sont des exemples de crescendos menées à la perfection) et passages étrangement beaux (« Cease To Exist » montre l’affinité du combo pour des approches plus mélodiques même si les guitares continuent à vous hanter).

McNeil est un chanteur suffisamment éclectique pour ménager ces transitions avec fluidité ; il a permis de créer ici un opus cohérent, puissant et versatile.

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Two Inch Astronaut: « Foulbrood »

Two Inch Astronaut est un groupe en perpétuel mouvement. Bad Brother, en 2013, véhiculait le son d’un combo muni de tout un stock d’idées et d’un équipement de studio convenable ; Foulbrood s’en empare, s’emploie à les cimenter, et dispose d’un meilleur matériel d’enregistrement. C’est un disque novateur, un hardcore qui sollicite votre attention dès la première accroche instantanée du titre d’ouverture.

Des morceaux comme le féroce « Part of Your SCene » nous montre leur habileté à taillader un son à partir d’un mélange de hardcore et de indie math rock affuté et que, si on peut les comparer à Jawbreaker et The Dismemberment Plan, Two Inch Astronaut se situe sur un plan bien à part par rapport à ces piliers de la scène emo-punk.

On pourra alors considérer « Dead White Boy » comme la base de ce qui serait le point d’orgue d’un de leurs concerts, un composition épique de plus de 7 minutes téméraire mais ne devenant jamais ennuyeuse. « The best part of getting old is that you know exactly what you want » entend-on ici ; c’est de toute évidence une profession de foi amenée avec force à une conclusion viscérale par des guitares grinçantes.

Foulbtood est la suite logique de Bad Brother et elle est autrement meilleure. Les textes sont plus compréhensibles, l’instrumentation serrée comme ça n’est pas permis et elle déborde du syndrome d’agressivité de celui qui veut tout foutre en l’air. « Cigarettes, Boys, And Mowies » est une lamentation subtile à propos de ces choses pour lesquelles on a perdu goût et les parties plus mélodiques (« Black Moon Nighstick ») seront également mieux articulées.

On retrouvera également l’impressionnant penchant qu’a le groupe pour nos déivrer des tempos inhabituels et des progressions d’accords atypiques dans un format qui demeure accessible aux fans de hardcore. Le disque frappe dur mais est nuancé, ceci avec un équilibre parfait. Voilà un album qui fait évoluer le hardcore de la meilleure manière ; il est, décidément, bien au-dessus du coùmbo lambda.

***1/2

Unwound: « Energy »

Unwound signifie, plus ou moins déroulé ; c’est un peu la façon dont ce groupe hardcore/punk débite sa musique sur cette compilation judicieusement intitulée Energy.

Originaires de l’état de Washington le trio a démarré sa carrière au débuts des années 2000 construisant peu à peu un son qui lui est propre au fil de tournées nombreuse de de plusieurs albums.

Justin Trosper est un vocaliste désinvolte et hurleur et ses lignes de guitares peuvent être aussi bien brûlantes et angulaires que plus éthérés, Sara Lund assure des percussions fluides et Vem Rumsey ancre le tout par un jeu de basse burdonnant.

Cette collection de 3 disques examine la carrière d’un combo maintenant séparé et permet de voir en quoi il a pu évolué et, sur le troisième opus nommé, lui aussi très habilement No Energy, s’éloigner de son post-punk viscéral et emprunt de colères.

C’est là qu’on peut être charmé par une avalanche de riffs qui demeurent carnassiers mais qui n’hésitent pas alors à flirter avec les mélodies. Ainsi » Petals Like Bricks », « Corpse Pose » et « Natural Disasters » pourraient presque être caractérissé comme pop-punk et, toujours dans ces mêmes eaux, on verra le trio s’aventurer vers des styles plus expérimentaux comme le « delay » , le dub et des sonorités plus free-form (« Swan », « Sensible » ou « Go to Dallas and Take a Left »).

On pourra ainsi apprécier ce déroulé de carrière où se trouveront quelques inédirs ; Unwound est finalement un groupe qui a, peut-être, eu tort de se déparer au moment où sa musique évoluait. C’est sans doute la rançon d’un music business en pleine mutation à l’époque.

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