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Funeral For A Friend: « Chapter & Verse « 

Cela fait 11 ans que Funeral For A Friend essaie de se défaire de l’étiquette hardcore qui a défini son premier album, Casually Dressed and Deep in Conversation. C’était pourtant un opus qui faisait honte à cette scène britannique mais on ne peut reprocher à nos Gallois de chercher un éclectisme exemplifié par Memory and Humanity avant que Conduit en 2013 ne les capture en un retour vers l’énergie et la passion.

Cette renaissance se confirme avec un Chapter & Verse qui s’ouvre sur un registre dramatique, celui d’un « Stand By Me for the Millionth Time » accompagné par les vocaux gutturaux de Matthew Davies-Kreye. Ce titre donne le temps des 35 minutes qui vont suivre, du hardcore punchy et agressif mais toujours mélodique.

« You’ve Got Bad Case of Religion » est une autre démonstration de cette montée d’adrénaline qui caractérise un groupe qui, outre la religion comme ici, s’en prend également à la politique du genre (« You Should Be Ashamed of Yourself ») et à l’inégalité des sexes (« Modern Excuse of a Man »).

Ce qui donne efficacité à ces attaques est que les thèmes sont examinés à partir de points de vue où le personnel se mêle à l’universel ce qui leur donne un poids qui n’est jamais didactique et moralisateur.

Chapter & Verse n’est pourtant pas un « concept album » mais il est aisé de discerner des parallèles entre certaines chansons comme « Pencil Pusher » évoquant la routine des horaires de travail ou « 1 % » et « Inequality » qui interviennent ici en contrepoint de cette corvée de la vie quotidienne supportée par tour un chacun.

Cette évolution vers ce type de problématiques convient très bien au groupe d’autant que les refrains de telles compositions ont des chorus sur lesquels il est aisé de chantonner. C’est en ce sens que cet opus confirme la philosophie constante de Funeral For A Friend : ils ont toujours été partisans du mouvement, ici ils conjuguent musique et textes articulés, intelligent set nuancés (un bien joli « Brother » à l’acoustique brute de décoffrage) . Comme quoi le hardcore n’est pas uniquement réservé à ceux des « headbangers »qui seraient  sans cervelle.

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18 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Gauntlet Hair: « Stills »

Sur leur premier disque, éponyme, ce duo originaire du Colorado semblaient avoir appris leur art en écoutant Animal Collective ou Yeasayer tant il dirigeait sa « noise pop » dans une direction assez excentrique. Stills est de ce point de vue l’album « sophomore » idéal dans la mesure où il les voit approfondir ce cheminement en lui donnant une dimension plus sinistre, électronique et proche du « goth pop ». Ils ont en effet puisé dans le post-punk et la musique industrielle des années 80 et 90 pour créer un monstre, menaçant certes, mais aussi plein d’une verdeur joyeuse.

La première comparaison serait avec un Trent Reznor encore jeune et en plein processus de maturation : l’atmosphère est devenue plus sonique qu’auparavant, avec du « fuzz » et de la « reverb » bien sûr mais ces effets sont placés aux bons endroits afin de ne pas occulter les objectifs de l’album.

Ceux-ci sont de créer des atmosphères plus tumultueuses, avec d’immenses effets de synthés mais la guitare fluide de Andy Rauworth demeure l’élément-clef. C’estr sur elle que vont se greffer des séquences de percussions inhabituelles à la Pink Floyd, des vocaux sensuels mais étouffants façon The Church ou The Cult (un « New to It » plein de béatitude ou des « G.I.D. » et « Waste Your Art » plein de mordant).

Tout cela souligne la diversité d’un album qui échappe aux canons du rock industriel et de la pop ; en lui donnant un semblant d’exultation il revitalise un genre, celui de la « noise pop », qui s’écarte avec bonheur des schémas traditionnels que nous connaissons peut-être un peu trop avec No Age ou autres Japandroids.

★★★½☆

31 juillet 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire