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Bully: « Feels Like »

Dans la cargaison des revivalistes du rock alternatif inspiré des 90’s, Bully ont un avantage certain, une arme secrète nommée Alicia Bognanno. C’est elle qui supervise en tant que chanteuse, compositrice, guitariste et productrice chaque aspect du « debut album » du combo, Feels Like ; c’est elle qui permet que celui-ci ne sonne pas comme un disque habilement confectionné en studio.

Feels Like est plutôt un opus fait de 11 morceaux injectés de fuzz nous rappelant avec une exaltation communicative les plus grands tubes des maîtres de l’époque : Nirvana, Hole ou The Amps.

Enregistré au studio de Steve Albini à Chicago où Bognanno a été stagiaire l’ADN est indiscutable mais Bully ne nous offre pas une resucée du alt-grunge/ La musicienne écrit des hymnes rock pleins et entiers, aux accroches de guitares percutantes et de textes sortis de ses tripes.

On choisira, pour exemplifier cette approche, « I Remember » ou le plus nuancé « Trash » ; les deux partagent ce côté direct et une démarche face à laquelle on ne peut discuter mais juste acquiescer.

***1/2

24 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Wolf Alice: « My Love Is Cool »

Il est des groupes qui concentrent, sous leur nom, matière à gloser. Se donner comme patronyme Wolf Alice ferait les délices d’un psy qui se dirait qu’il est un amalgame de férocité et d’innocence décalée ; s’il se doublait d’un linguiste celui-ci dirait que mettre « wolf » avant « Alice », comme pour inverser l’ordre des priorités entre le nom et le prénom, est signe que la Alice du combo ( Ellie Rowsell) ne fait aucunement mentir l’emphase qui est mise sur l’élément le plus brut de nos Londoniens. Elle est une vocaliste aussi à l’aise dans le registre folk enfant que dans celui d’une femme en furie et vindicative et, à cet égard, elle cristallise à elle seule cette pierre philosophale partagée par maints artistes qui est la réconciliation des contraires.

Il est vrai qu’ils ont que plusieurs EPs dont Creature Songs aidant, le quator avait montré comment il savait s’y prendre pour manier le sucré et l’épicé. My Love Is Cool est confirmation de cette habileté qui, même si elle n’est pas unique chez nombre d’artistes, est reflétée ici de façon originale et créatrice d’un son foncièrement explorateur.

À la limite du novateur on sera tout de suite dans le bain avec le titre d’ouverture « Turn To Dust » qui est suffisamment trompeur pour nous faire croire à quelque chose d’onirique en mode angélique avec a voix de Roswell multipliant les échos, nous plongeant dans un sentiment de sécurité avant que les percussions enlevées de Joel Amey ne nous réveillent pour nous monter ce sur quoi Wolf Alice excellent.

Ce sur qui leur appartient en propre est cette construction originale faite de tension et de relâchement qui semblent aller de soi comme sur un éthéré « Silk » et un «  You’re A Germ » qui manie à merveille vibe post-grunge et vocaux chuchotés comme pour charmer le cortex. « Giant Peach » affichera une longue intro instrumentale qui cumulera les deux et mettra en valeur les qualités de chaque membre du groupe avant de s’ébattre dans un rock pur et dur au même titre qu’un morceau comme « Fluffy ».

Les moments de calme, « Lisbon », « Swallowtail », n’en seront que plus évocateurs en ménageant une pause au milieu du chaos et, maîtres des tonalités et des textures comme ils le sont, Wolf Alice seront tout simplement éblouissants sur le shoegaze de « Soapy Water », la pop incandescente qu’est « Freaky » et le point d’orgue que constitue « The Wonderwhy ». Ce morceau ne sera pourtant point le final, mais il le pourrait diantrement, car il donne suite à une « bonus track » cachée qui reprends tous les éléments de Wolf Alice dans une approche « back to basics » qui semble indiquer que le groupe est déjà prêt à brouiller les lignes entre shoegaze mélodique et post-grunge effréné et que il est déjà parfaitement prêt à à faire s’entrelacer le tout là où bon rock ne saurait mentir ; une scène là où leur sens du séduisant, du ludique et du créatif ne pourront que trouver matière à expression.

****

17 juin 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sky Larkin: « Motto »

Katie Harkin introsuisait le deuxième album de Sky Larkin par ces mots : « Je sais que nous avons du potentiel. » Après Kaleide, Motto semble être le disque qui le confirme. Même si il ne semble pas différent de son prédécesseur, le trio de Leeds sa trouvé ici une nouvelle façon d’exprimer l’urgence et la vitalité. La vitalité façon Sonic Youth n’a pas disparu tout comme l’hyperactivité délirante de Los Campesinos, mais le groupe apparaît comme moins dispersé, concentré qu’il est sur la profondeur qu’il veut donner à ses titres.

Profondeur il y a, en effet : « Loom » sonne comme un hymne enjoué avec un refrain accrocheur mais la répétition de certains mots vous fait comprendre qu’il s’agit ici d’affliction donnant une résonance poignante à la composition.

Profondeur aussi dans le fait que Motto, à chaque écoute, nous fait découvrir une nouvelle plage qui deviendra notre favorite de l’album. . « Newsworthy » par exemple pourrait fédérer tout auditeur par sa cacophonie et son côté à bout de souffle.

.Les textes sont également mémorables ; « Treasury » est une pertinente réflexion sur le souvenir ou un « Overgrown » où ils s’associent à la musique pour signifier ce mauvais présage qui va confirmer le morceau. La guitare y est mordante tout comme sur « The Loyal Beat » où elle sera ponctuée par un riff imparable conduisant à un bienheureux chaos.

La fin de Motto voit Sky Larkin s’aventurer vers des atmosphères moins directes (« Tam » ou « Frozen Summer ») mais ils révèlent leurs charmes très rapidement. C’est sans doute ce que l’on définit de la manière suivante : « montrer son potentiel ».

★★★½☆

15 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire