The Ministry Of Wolves: « Music From Republik Der Wölfe »

 

Misic From Republik Der Wölfe est la bande son théâtrale d’un projet de Alexander Hacke (Einstürzende Neubauten), Mick Harvey (co-fondateur de Nick Cave & The Bad Seeds), Danielle Piccioto (co-fondateur de Love Parade et membre de Crime & The City -olution), et Paul Wallfisch (directeur musical du Théâtre de Dortmund). Les morceaux ont été écrits spécialement pour une représentation sous-titrée A Fairytale Massacre with Live Music et tirée de certains contes « pré moraux » recueillis par les Frères Grimm.

Comment alors qualifier cette musique ? Elle est à la fois cabaret, perverse et drôle, théâtrale et mélodramatique, gothique bien évidemment et, dans l’ensemble, nocturne. On y trouve harpes, vibraphones, guitares électriques accompagnant ou se distanciant de textes écrits et chantés par Ann Sexton et chantés par Alexander Hacke le vocaliste de Die Haut.

Ce contraste est assez saisissant, tranchant et discordant même si les riffs sont souvent répétitifs et se veulent enchantersu ( le violon gitan de « Rumplestiltskin » par exemple).

Les vocaux ajoutent à ce contrepoint ; ils sont hurlements étouffés, aboiement contenus coupant comme les pointes de guitares ou de claviers qu’on entend ici et là et qui nous font nous interroger sur la nature du narrateur : est-ce lui ou un double ?

Cette perversité est délicieuse pourtant (le drone acoustique de la guitare de Harvey sur ‘The Frog Prince ») comme si une créature issue du monde de Disney se trouvait transposée dans un univers où règnerait le Théâtre Noir. On comprend alors en quoi des contes de fées peuvent se révéler des massacres et en quoi, déjà chez Brecht qui rôde en filigrane, on était déjà familiarisé avec les charmes de la décadence et de ce qui se dissimulait sous le merveilleux et la respectabilité bourgeoise.

***1/2

 

L’Éternel Nouvel Homme: Interview de Gary Numan

Chroniquer le dernier album de Gary Numan, Splinter (Songs from a Broken Mind) a été une occasion de revenir sur sa carrière ainsi que sur ses particularités qui le mettaient en marge du courant «  electro  ». Il réside depuis un an à Los Angeles ayant pu obtenir, grâce à de nombreux témoignages se portant garant de lui, un visa des autorités américaines sous la classification suivante  : alien of extraordinary ability (sic!) ce qui, quelque part, n’est pas totalement erroné. Il faut aussi ajouter que le nombre d’artistes ayant fait état de leur admiration pour lui (Bowie, Pince, Trent Reznor, Damon Albarn ou Tricky) a sans douté également aidé sa cause. Ajoutons qu’il va être le sujet d’un documentaire de Steve Read intitulé Gary Numan  : An Android in La La Land et on comprendra qu’il est fin prêt à faire le point sur ce qu’il en est pour lui.

Ce nouvel album est assez ravageur. On pourrait très bien imaginer un titre comme «  Here In The Black  » devenir un hit si il restait encore une infrastructure pour que des choses plus pointues trouvent leur place dans le «  mainstream  ». Est-ce que vous regrettez cette époque  ?

Merci beaucoup, je suis , en effet,plutôt content du disque. Je trouve lamentable que la musique qui se situe hors du «  grand public  » doivent batailler pour passer à la radio. Mais ça a été le cas durant toute ma carrière et je pense qu’il en a toujours été de même depuis qu’on a commencé à en jouer sur les ondes.

On donne au public un choix assez limité en termes de musique. La radio n’assure pas son rôle de service hormis quelques exceptions comme BBC 6 Music. Ce serait bien qu’il y ait plus de variations dans ce qui nous est offert pour élargir un peu les « charts » mais il faut se contenter de ce qu’on a. Ce qui serait bien surtout c’est d’avoir des diffusions de choses plus sombres et lourdes mais je ne pense pas que ça arrivera.

Il paraît que la genèse de cet album est vieille de sept ans. Cela veut-il dire qu’il a été fait enconjonction avec Jagged et Dead Son Risg ? Si c’est la cas, tout était-il clairement défini dans vote tête à l’époque ou avez-vous tout écrit puis décidé de réaliser ces trois disques plus tard ?

En vérité, après Jagged j’ai été victime d’une assez longue dépression. J’ai été sous traitement médical plusieurs années et je ne pense pas avoir écrit quoi que ce soit durant trois ans. Peu à peu, j’ai pu me défaire des médicaments et reprendre mes esprit. Je suis parvenu à réaliser quelques sessions mais elles étaient courtes et sporadiques. Je n’étais pas redevenu vraiment compositeur mais au moins je parvenais à faire quelque chose.

Progressivement, durant la deuxième partie de 2011, j’ai pu recommencer à travailler, grâce surtout aux efforts de Ade Fenton (manager de Numan), et à mener à bien le projet Dead Son Rising et à le sortir. Au début 2012, j’ai pu retravailler normalement et c’est à ce moment-là que Splinter a commencé à vraiment prendre forme.

J’en avais fait à peu près la moitié vers Octobre quand j’ai émigré à Los Angeles. C’était un pas énorme que je venais d’accomplir et ça représentait un nouveau départ dans la vie. J’étais très excité et j’ai travaillé avec beaucoup de tonus. J’ai pu ainsi terminer la dernière partie de l’album dans ma nouvelle résidence à L.A.

Ces trois albums ont une tonalité sombre et cinématographique : vous avez déjà émis l’idée de composer des B.O.s. Y-at-il eu quelque chose de concret par rapport à ça ?

Oui, j’ai commencé à travailler sur ma première musique de film avec Ade en décembre. Il s’agit d’une version spéciale d’un film animé nommé From Inside. Il s’agit d’un voyage en train cauchemardesque à travers un monde apocalyptique. C’est un truc très sombre.

J’ai vraiment hâte de mener cela à bien. C’est pour moi quelque chose de tranquille, sans stress et un premier essai dans ce domaine. Je suis très reconnaissant à son metteur en scène, John Bergin ainsi qu’à Brian McNelis de Lakeshore de nous fournir cette opportunité.

« Lost » est assez frappant par l’impression de vulnérabilité qu’il dégage. Ce titre traite-t-il de quelqu’un ou de quelque chose en particulier ?

C’est exact. Quand j’étais en dépression, ma femme Gemma en subissait une aussi, post natale. Elle en a été victime pendant sa seconde grossesse et ça a duré jusqu’à la troième et même un peu après. Ce fut un cauchemar pour elle et, malheureusement, comme j’étais moi-même en dépression, on a commencé à perdre notre proximité en nous disputant pour des choses dérisoires.

C’est arrivé à un point tel que j’ai même songer partir et c’est pendant cette période que j’ai écrit « Lost ». J’ai réfléchi sérieusement à quoi ressemblerait mon univers sans elle. J’ai été capable de laisser derrière moi tous les mauvais moments et de me souvenir de ce qu’elle représentait de spécial pour moi.

Je crois que quand vous commencez à vous disputer, toute l’amertume que vous ressentez occulte les sentiments que vous aviez, les choses qui sont fabuleuses chez l’autre. Vous oubliez pourquoi vous l’aimez. Écrire « Lost » m’a permis de m’en souvenir. J’ai terminé le morceau, suis rentré, lui ai montré ma tendresse et, à partir de ce moment, nous avons pu redémarrer.

Je ne peux pas dire qu’écrire « Lost » a sauvé mon mariage mais ça a servi à le reconstruire. C’est peut-être la chanson la plus importante que j’ai jamais écrite.

Cette phrase : « An Alien of Extraordinary Abilities » sonne comme le titre de votre prochain film. Avez-vous utilisé des témoignages de Bowie, Prince, Beck, Afrika Bambaata, Damon Albarn, J Dilla, Tricky etc. pour votre demande de visa ? Combien en avez-vous rencontré et de qui êtes-vous fan ?

Il est certain qu’on a eu toutes les recommandations qu’on a cherchées pour mon immigration. Quelques lettres ont été écrites par des gens extraordinaires comme Trent Reznor, Dave Navarro ou Alan Wilder. Comment ne pourrais-je pas leur en être reconnaissant ?

J’ai rencontré quelques uns des artistes que vous mentionnez, mais pas tous. C’est assez extraordinaire pour moi d’avoir des gens d’un tel calibre dire des choses élogieuses sur moi, mes influences et ma contribution à la musique. J’en suis très fier et ça a eu un impact positif sur moi et ma carrière.

Êtes-vous surpris que votre musique soit encore d’actualité, que tant de jeunes spectateurs viennent à vos concerts et que beaucoup d’artistes aujourd’hui vous citent comme source d’inspiration ?

Très surpris ; je n’avais jamais prévu d’écrire de la musique qui puisse être durable. J’ai toujours estimé que j’étais aussi « jetable » que tout autre artiste de musique populaire. Au fond, je m’amusais et essayais de trouver quelque chose qui me faisait plaisir sans chercher plus loin.

J’ai toujours considéré que, si j’aimais ce que je faisais, il y avait de bonnes chances que ça plaise aussi à d’autres. Franchement, je ne voyais pas au-delà. Êtres là où je suiset avoir un tel niveau de crédibilité me surprend plutôt, tout comme savoir que des musiciens me mentionnent comme influence.

Ma carrière a connu des hauts et des bas et je suis passé par de longues périodes où je pensais vraiment que j’étais mort et enterré. J’ai donc connu ces moments où tout n’était pas positif aussi j’apprécie d’autant plus le fait d’être arrivé là où je suis aujourd’hui et la façon dont les choses se sont développées.

Êtes-vous satisfait de votre film et êtes-vous parvenu à vous habituer à vous voir à l’écran ?

Android In La la Land est encore une œuvre inaboutie mais je suis très content de ce que j’ai pu voir pour le moment. Il est bien filmé, bien monté et je crois comprendre qu’ils m’ont filmé jusqu’à la fin de ma tournée anglaise en Novembre 2012. Puis s’est déroulé se déroule le long processus de la mise en place des séquences. Il devrait sortir bientôt. Je ne sais pas de quoi il sera fait mais j’en ai vu des passages assez incroyables

Vous avez ouvertement critiqué certaines de vos eovres de la fin des 80’s et du début des 90’s. Est-ce une période que vous ne pouvez plus écouter ou vous arrive-t-il de le faire et d’’en avoir une autre opinion ?

J’écoute rarement ma musique. En fait je n’écoute presque jamais de musique de qui que ce soit. Je ne pense pas pouvoir un jour reconsidérer certaines de mes opinions. Ce qui se passe est que, en ce moment, ce que je fais appartient à une certaine mouvance et qu’il y a eu des moments où c’était complètement différent. Je ne pense pas que vous pouvez mélanger tous ces éléments dans un seul spectacle et leur donner du sens.

Je choisis minutieusement ce que je vais jouer de façon à ce que le concert ait une « vibe » qui soit consistante. Certains vieux trucs fonctionnent, mais pas d’autres et je ne pense pas que j’étais au sommet de ma période artistique à la fin des 80’s. Pourquoi aurais-je donc le désir de les rejouer alors que je peux en choisir parmi plein d’autres qui sont excellents ?

Que pensez-vous de l’évolution de Nine Inch Nails sur leur dernier album ?

Je le trouve excellent, courageux et inattendu. Mais Trent Reznor est coutumier de cela, n’est-ce-pas ? Je suis intéressé par la façon dont ses fans de base vont réagir une fois le choc passé. Il y a peu de gens qui aient autant de bons sens que Reznor, remarquez aussi je suis parfaitement certain qu’il sait où il va.

Pourriez-vous rejouer ensemble si vous en aviez l’occasion ?

C’est à lui de le suggérer, honnêtement. Je lui suis déjà très reconnaissant de m’avoir permis de le faire à certains de ses spectacles. Si ça se produisait, ce serait la cerise sur le gâteau. J’ai un très fort rapport avec NIN mis je ne souhaite pas pousser la barre trop loin.

Vous pourriez peut-être collaborer en studio ?

Nous en avons déjà parlé aussi ça pourrait bien être possible. Quant à savoir quand,c’est une autre histoire. Trent est extraordinairement occupé la plupart du temps et je ne passe pas non plus mon temps à ne rien faire. Trouver le bon moment sera délicat pour nous surtout dans un proche avenir. Si cela peut se faire, je n’hésiterai pas à changer mes plans.

Quelques unes de vos compositions ont fait l’objet de reprises. En avez-vous des préférées ?

Je trouve que le version de « Cars » par NIN était assez spéciale, mais j’ai bien aimé aussi celle de Fear Factory. Les Foo Fighters et Marilyn Manson ont, tous deus, fait d’excellents choses de leur côté avec « Down In The Park » et Pop Will Eat Itself ont fait également un bon truc avec « Friends » il y a quelques années. Il y en a eu tellement que j’en oublie certainement beaucoup.

Et en ce moment, qu’écoutez-vous ?

Si je devais choisir un groupe qui m’impressionne ce serait Officers. J’attends avec impatience leur deuxième album.

Lower Dens: « Nootropics »

Mené par la chanteuse Jana Hunter, une native du Texas ayant déménagé à Baltimore, Lower Dens propose une musique aux croisées du « freak folk », de l’indie expérimental et d’atmosphères fantomatiques. Il serait aisé de les apparenter à Beach House, eux aussi de cette même ville, mais, là où ces derniers accentuent nostalgie et mélancolie, Lower Dens semble avoir choisi de montrer une face plus sombre, faite dune étrangetés se manifestant une production osée et leste, des reverb qui vont et viennent, des voix emplies d’échos et une électronique aux vagues sombres.

Celle-ci occupe une place importante dans Nootropics, accentuant un effet narcotique dont, et il est important de le souligner, il est obtenu sans les effets habituels du Gothique. Point de couches sonores où affleure la saturation, mais plutôt des arrangement dépouillés où la guitare semble comme détachée du reste, on pourrait dire croustillante, et forme un parallèle avec des assonances surgies de nulle part.

« Alphabet Song » va donc ouvrir l’album sur un climat méandreux, « Brains » semble inspiré de Neu donnant à l’album un climat qui va rester constant : angoisse et sentiment de ne pouvoir se situer, le tout étayer par des nuages de mélodies mauvaises dont les quelques langueurs sont autant de plongées vers l’affliction plutôt que l’apaisement. « Propagation » semble même encore plus vous tirer vers le bas (lower) avec sa fuzz guitare explosive et les deux parties de « Lion In Winter » alternent lits de synthés inquiétants et éléments pop presque faméliques noyés qu’ils sont au milieu d’une section rythmique faites de percussions électroniques et de basses de synthés rendant le titre presque dansant. Cette même section rythmique propulsera « Stem » vers urgence et inquiétude tout comme « Lamb », composition sombre et brillante qui passe de façon concise d’une construction de ce qui sonnent comme des versets avant de s’estomper, tellle un arc en ciel, dans une inéluctable désintégration.

Dépourvu de toute éclair, Nootropics est le bruit d’une combustion lente et dense. C’est le son de ce qui reste après un feu d’artifice avec une douce fumée de cendres flottant avec de descendre sur un paysage désert. Disque exigeant, il provoque des émotions peut-être indésirables mais qui délivrent un germe propice à de délicieuses exaltations et de somptueux frissons.

Tori Amos: Night of Hunters

Tori Amos a toujours su mener une carrière intéressant à la fois par son côté atypique et diversifié, et, en même temps, une certaine constante dans ses thématiques. En effet, ses albums ont été, le plus souvent « conceptuels » ( Boys For Pele, Scarlet’s Walk, The Beekeeper par exemple) et axés sur la condition féminine mais sans pour autant qu’on puisse y voir une posture militante et didactique. Bien au contraire, elle a toujours eu cette faculté de dresser des constats er d’explorer les mythologies ou le psychologisme de la Femme plutôt que de se prévaloir d’un quelconque féminisme. Cette richesse sera accentué par des textes cryptiques mais intelligents servant de base à une musique toujours inspirée.

Ce dernier élément n’a jamais été perdu de vue, encore moins sur Night of Hunters dans la mesure où c’est Deustch Grammophon qui l’a commissionnée pour réaliser ce nouveau disque à partir de diverses oeuvres de musiciens de Classique ( le chant grégorien Bach, Debussy, Satie, Moussorgski, etc).

Plutôt que de mettre en parole ces compositions, la chanteuse a choisi judicieusement de s’en inspirer librement et d’y transposer un univers qui, lui, demeure bien à elle puisque, tout au long de ses 14 plages, récit sera fait d’une femme ravagée par les tourments que les ultimes moments d’une relation amoureuse lui font subir.

Tout au long de ce périple affectif, il est question pour elle de trouver suffisamment de force intérieure pour se reconstruire et, par conséquent, de transcender son état. Son phrasé vocal, atout majeur chez elle, va donc, progressivement varier, passer de l’accablement dramatique («un « Shattering Sea » emprunté à Alkan ouvrant le disque) à une affirmation de plus en plus prononcée. Arrangé avec goût par John Philip Shenale qui accompagne le piano Bosendorfer habituel de l’artiste par des ochestrations délicates d’instruments à vent et à cordes, le rendu confèrera une atmopshère presque dépouillée propre à mettre en valeur états d’âmes et subtilités des compositions. Pizzicato de violon sur « Snowblind », arpèges de piano à peine appuyés (« Battle of Trees » tiré de Satie) ou harmonium sépulcral pour une supplique s’articulant, peu à peu, vers cette assonance qu’un jeu de pianos et de cordes presque imperceptible induit « Fearlessness » ; tout concourt à suggérer plutôt qu’à déclamer. Nous entrons ici dans le domaine des modulations vocales (on peut rendre grâce à la chanteuse d’avoir délaissé quelque peu des intonations parfois outrageusement démonstratives), épaulée telle qu’elle a pu l’être sur certaines plages par sa fille, des subtilités harmoniques (la merveilleuse progression d’un « Star Whisperer » tiré de Schubert alternant élans symphoniques et mesure) ou de cette énergie tamisée que l’élégante rend d’autant plus troublante « Cactus Practice ») voire sublime « Your Ghost »).

L’intelligence de cette œuvre sera, précisément, d’osciller entre deux pôles, celui de la sensiblerie presque enfantine par certaines inflexions de voix et d’une sensibilité plus mature que la subtilité des arrangements confère. On pourrait presque dire alors que, partant d’un histoire intime (mais pas nécessairement personnelle) Amos s’adresse à ce que ce type de situation a d’universel, et par conséquent pourrait être un récit aussi masculin que féminin. La chanteuse ne dément d’ailleurs pas ces assertions et c’est peut-être en cela que Night of Hunters s’avère une œuvre fondamentale dans sa carrière.

L’emprunt au Classique, indépendamment du répertoire sélectionné, est une avancée plutôt qu’une panne d’inspiration. Il semble avoir libéré la vocaliste dans la mesure où il lui permet d’explorer des chemins inédits et tout sauf (re)battus. En s’emparant d’un univers traditionnel, Tori Amos lui impose des mouvement presque expérimentaux. À cet égard sa démarche demeure novatrice, aussi bien en termes musicaux, que en tant qu’interprète. Le maniérisme qu’on pourrait parfois lui reprocher a ainsi disparu ; Night of Hunters en devient ainsi un album sobre mais efficace, habité et aussi inspirant, maîtrisé et infiniment splendide.