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Bloody Hammers: « The Summoning »

On a pas trop de mal à s’imaginer, en contemplant la pochette de ce cinquième album du duo américain Bloody Hammers, la teneur de ce disque ; un heavy doom bien rétro aux paroles inspirées des films d’horreur eighties. Le côté gothique très prononcé de Bloody Hammers est, toutefois, contrebalancé par une écriture assez pop et accrocheuse, qui garantit à chaque titre une écoute facile et agréable sans ce côté repoussoir qui finit par éclore de la vague revival, aux gimmicks et tics instrumentaux répétitifs.

Ainsi, le « Let Seepings Corpses Lie » qui nous accueille et se situe à la frontière du gothic rock et du heavy gothique, s’avère, malgré son côté un peu pompier (les claviers y jouent un rôle non négligeable), assez rafraîchissant

Le riff de « Now the Screaming Starts » nous rappellera à l’ordre : en effet, si l’accroche est toujours là, la datation au carbone 14 ne trompera personne. Mais, on verra très vite que la magie continuera d’opérer en particulier avec l’accroche mélodique de la chanson-titre. Ce sera, au bout du compte, une raison de vouloir continuer plus loin. Ce voyage durera environ 45 minutes, pas trop longtemps pour ne pas nous lasser et pour que le feeling gothique prenne le pas sur l’outrage et l’affectation qui le duo frôle mais auquel il parvient à échapper.

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19 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Cat’s Eyes: « The Duke of Burgundy »

Cat’s Eyes est un duo formé de Rachel Zeffira et de Faris Badwan (The Horrors) dont The Duke of Burgundy, leur deuxième album, musique originale du film de Peter Strickland du même nom.

En contraste avec leur premier opus éponyme, l’electro pop a été remplacé par des compositions orchestrales habitées et inspirées de la musique baroque.

Le film raconte l’histoire d’une femme chasseur de papillons et de sa relation SM avec son amant. Pour une œuvre qui s’abstient de tout jugement et adopte la narration libre, Cat’s Eyes est parfaitement parvenu à reconstituer la substance et l’imagerie d’une histoire située au 19° siècle.

Le titre d’ouverture par exemple se présente sous la forme d’un mélange délicat de flutes et de guitares acoustiques, de clavecin et de vocaux fins et épars avec des changements entre mélodies en mode majeur et mineur introduisant des textures qui se retrouveront tout au long de l’album.

L’alternance dans les modes exemplifie à merveille la dualité des émotions face au SM et, tout comme dans le film, la musique progresse au fur et à mesure où l’histoire s’étoffe. L’utilisation d’instruments à vent sur « Moth » véhicule le sens d’une innocence encore présente avant d’être suivie par « Door N°1 » qui offre une vision plus sinistre et sombre soniquement grâce à l’emploi du hautbois.

Le « closer » sera un « Coat of Arme » qui aura intégré parfaitement le climat de l’intrigue en utilisant cordes et choeurs pour véhiculer une atmosphère finale faite de cette hantise que l’on retrouve chez Danny Elfman ou Angelo Badalamenti.

Bien que ce ne soit que leur deuxième collaboration, la voix d’opéra de Zeffira et l’approche gothique de Badwan se mélangent d’autant plus harmonieusement que cette rencontre est plutôt inattendue. Les instruments classiques (clavecin, flute) prennent en charge l’imagerie alors que l’electronica va servir à illustrer l’atmosphère tourmentée qui résulte de ce conflit d’émotions et de désirs ; The Duke of Burgandy a ainsi admirablement illustré la tension dramatique et la substance émotionnelle que quiconque aura vu le film ne pourra que partager.

***1/2

3 mars 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire