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Chelsea Wolfe : »Birth of Violence »

La grande prêtresse est de retour pour le plus grand plaisir des disciples de rock gothique. D’album en album, l’auteure-compositrice-interprète a échafaudé son oeuvre avec une rigueur et une patience qui l’honore. Aujourd’hui, Chelsea Wolfe est devenue une référence vénérée de ce genre musical.

Après avoir intensément tourné au cours des dernières années, l’artiste ressentait un urgent besoin de renouer avec ses racines traditionalistes.

Après l’électro-folk tribal Pain Is Beauty – et deux disques assez lourds aux accents doom (Abyss et Hiss Spun) Wolfe lance aujourd’hui un nouvel album intitulé Birth of Violence; une référence à cette ambiance de guerre civile en gestation qui prévaut chez nos voisins du sud…

Enregistré dans son studio maison avec l’aide de son fidèle comparse, Ben Chisholm, Wolfe se fait accompagner dans ce périple apaisé par Jess Gowrie (batterie) et Ezra Buchla (violoncelle). Et c’est Chisolm qui s’occupe de bonifier les chansons de la dame avec de magnifiques claviers aériens et quelques rythmes électros. Ces contributions sonores sont mixées à l’arrière-plan afin de laisser toute la place à la guitare acoustique de Wolfe et à sa voix, superbement désespérée.

Malgré ce retour au folk, la noirceur demeure omniprésente dans les chansons de Wolfe. L’introductive « The Mother Road » est un hommage à la mythique Route 66 ,une route rurale déclassée en 1985 où quelques voyageurs / vagabonds auraient vécu une certaine « transfiguration ». Pour sa part, « Little Grave » est une chanson où l’artiste adopte la perspective d’un enfant sur le point d’être assassiné lors d’une tuerie de masse; ces massacres qui se multiplient depuis quelques années aux États-Unis.

En replongeant dans ce folk un brin fantomatique, Wolfe se rapproche de l’univers musical de Marissa Nadler une autre grosse pointure goth), au point où il devient plus ardu de la distinguer de sa consoeur. Ce Birth of Violence est un disque majestueux et contemplatif à la fois, elle qui nous avait habitués récemment à des sonorités plus abrasives.

Cette création demande un effort d’écoute de tous les instants afin de bien saisir les superbes arrangements de Chisholm. En plus des pièces mentionnées précédemment, on vous invite à prêter l’oreille à l’immédiate « Deranged for Rock & Roll « qui détone quelque peu par rapport au penchant vaporeux de l’album. « Be All Things » et « Erde » sont les chansons où vous pourrez apprécier l’interprétation sentie de Wolfe. Un seul bémol : la conclusive « The Storm « dans laquelle on peut entendre… un orage; un effet sonore utilisé de façon excessive dans le rock.

Un peu moins percutant que les précédents efforts, Birth of Violence nous permet d’apprécier Chelsea Wolfe dans un enrobage plus épuré. Cette purification ne change rien au constat que nous avions déjà fait : elle est l’une des meilleures chanteuses interprètes des USA, tous genres confondus.

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13 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Gemma Ray: « Psychogeology »

Gemma Ray est une chanteuse originaire de l’Essex au Royaume-Uni mais  elle vit depuis plusieurs années à Berlin où se trouve son propre studio. Très prolifique, elle sort aujourd’hui son 8ème album en 10 ans, une disque marqué par ses voyages et une atmosphère Folk gothique, aux touches rétro, particulièrement captivante.

Il y a quelque chose qui rappelle Ennio Morricone dans ses chansons, comme « Death Tapes » qui serait un morceau parfait pour un western. Le résultat est un enivrant voyage aux arrangements d’orgue et de cuivres qui confèrent à Psychogeology  une touche particulièrement épique.

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8 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Evening Hymns: « Spectral Dusk »

Spectral Dusk est le deuxième album de Evening Hymns,pseudonyme sous lequel Jonas Bonnetta, membre d’un collectif de musiciens canadiens, enregistre accompagné d’un groupe informel.

Ce disque est un hommage au père du chanteur, décédé en 2011, et, de toute évidence, son écoute n’est pas aisée. Chaque composition traite de sa relation avec la figure paternelle et fait partie d’un processus cathartique qu’il est toujours malaisé d’appréhender.

Il est un point sur lequel on peut néanmoins s’appuyer, c’est que le sujet est abordé pas simplement comme un travail de deuil mais aussi comme une célébration du passage de la vie et une ode à l’espoir.

Les titres sont flottants et donnent une impression d’espace et de flou qui laisse les choses dans le sous-entendu, donnant à l’ensemble une tonalité harmonieuse et sereine.

Enregistré dans une cabane isolée, Bonneta et son groupe ont pu créer ainsi une atmosphère propre à véhiculer chaleur et intimité naturelles, donnant à Spectral Dusk un brillant bénéfique.

S’ouvrant sur des bruits champêtres, « Intro » va glisser peu à peu dans un « Arrows » qui, sur un rythme palpitant comme un cœur, va nous amener vers des vocaux dénudés et de accords de piano rudimentaires. Ce dépouillement laisse ainsi amplement le temps de s’y immerger avant que l’intervention du groupe procure un contraste salutaire.

Le même procédé acoustique se retrouvera sur un « You and Jake » rappelant le « Who by the Fire » de Leonard Cohen pour évoquer chagrin et perte alors que les délicats arpèges de guitare sur « Cabin in the Burn » introduiront la description d’un passé ponctuée par des percussions appuyées et une note de guitare répétée pour véhiculer intensité et émotions.

« Spectral Dusk » résumera alors l’album à la perfection avec ce bruit de glaçon dans un verre ; les musiciens se retrouvent autour d’une boisson revigorante comme pour célébrer la fin d’un travail Spectral Dusk est en effet un disque accompli et réconfortant, et ceci pas simplement pour ses auteurs.

★★★★☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire