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Jim Jones And The Righteous Mind: « CollectiV »

L’univers de Jim Jones And The Righteous Mind est emprunt de soufre, de cyanure et d’obscures références mystico-religieuses donnant une certaine profondeur aux guitares et au son garage que le combo cultive depuis ses débuts. Les influences des Stooges (« Attack Of The Killer Brainz ») se mêlent à celle de Nick Cave (« Satan’s Got His Heart Set On You » et son refrain très Bad Seeds). Pionnier du revival garage, Jim Jones sous ses différentes incarnations est plus rock que Black Rebel Motorcycle Club et plus sombre que The Brian Jonestown Massacre.
Très fidèle en musique, après avoir travaillé avec le même producteur sur la plupart des albums de The Jim Jones Revue, c’est à nouveau Alex McGowan (Tricky, Mark Lanegan, Josh Homme…) que l’on retrouve derrière la console du deuxième album de son nouveau groupe. Parmi les musiciens invités, deux membres des Thee Hypnotics, groupe originel de Jim Jones il y a 20 ans. Mais la plus vieille invitée, c’est la guitare acoustique que Keith Richards utilisait dans les années 60s, et avec laquelle il a écrit la plupart des morceaux d’Exile On Main Street.


Enregistré à Londres, CollectIV avait tout pour prendre des accents du Mississipi, entre vieux blues et rock’n’roll, fermenté dans le métal, un peu comme si Elvis Presley s’amusait avec Lemmy de Motörhead (« I Found A Love »).
Mais l’album n’est pas qu’une anthologie de morceaux aux guitares tapageuses qui montent le mur du son d’un tattoo studio brique par brique. « Meth Church » et » Dark Secrets » offrent un calme intermède calme et envoûtant, sur lesquels la voix de Jim Jones change totalement dans un style crooner. « Meth Church » dont l’idée a germé en allant donner un concert de soutien aux victimes de la Grenfell Tower (une tour d’habitation qui a brûlé dans l’ouest de Londres) est empreinte d’une tristesse et laissera entrevoir l’humanité qui se cachent derrière les riffs du reste de l’album.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Chocolate Watch Band: « This Is My Voice »

1965, Los Altos, péninsule de San Francisco, voit la naissance de The Chocolate Watchband construit autour de Ned Torney (guitare) et Mark Loomis (guitare et claviers). Pendant les 4 premières années de leur courte vie, les Américains ont été l’un des leaders de la scène garage rock psychédélique en sortant quasiment un album par an jusqu’en 1969 et le clap final. Sauf que, fort d’un renouveau du style à la fin des années 90, le groupe s’est reformé autour de David Aguilar, un des chanteurs originels.
54 ans après la naissance du combo sort This Is My Voice, un nouvel album longuement pensé et composé. The Chocolate Watchband propose donc un voyage au son résolument vintage d’un rock suranné à la patine redoutablement accrocheuse pour les amateurs du genre. Le psychédélisme est également bien présent notamment dans « Judgement Day » qui débute sur des notes indiennes à la George Harrison pour ensuite retourner dans l’Amérique profonde avec un air d’harmonica que n’aurait pas renié le Boss Springsteen. Le climat planant s’installe dans le titre éponyme totalement halluciné et aux mélodies opiacées dont l’auditeur sera extirpé par des riffs tranchants de guitare. Après ce passage trance, le groupe revient à une atmosphère plus bluesy à la Rolling Stones dans « Trouble Everyday » au refrain très seventies.


Le pari est diablement risqué de proposer à la fin des années 2010 un album aussi dépouillé, aux arrangements qui sonnent live, et livré dans son plus simple appareil, car ici tout est fait de façon à donner une image artisanale aux compositions. Il s’agit de répondre parfaitement au cahier des charges du rock garage. Le style ne réclame aucun fard et aucun effet electro moderne comme dans « Talk Talk ». Le groupe pioche dans la world music notamment indienne comme évoqué précédemment en accentuant la fusion dans l’instrumental « Bombay Pipeline » où sitar et batterie se mélangent naturellement. Le style tutoie également le folk avec son « Desolation Rock » qui aurait parfaitement pu paraître dans les premiers albums de Bruce SpringsteenThe Chocolate Watchband puise allègrement dans les influences auxquelles ils ont contribué à donner naissance à l’époque, en lorgnant vers les Doors dans un « I Can’t Seem To Make You Mine » très Jim Morisson avec un chant plus qu’ habité et le son de l’orgue Hammond.

This Is My Voice est un album dont les sillons trouvent leur origine dans le rock garage des années 60-70 et The Chocolate Watchband est volontairement resté bloqué dans ces années. Saluons un combo qui redonne image et belle authenticité d’un psychédélisme que l’on croyait perdu à tout jamais.

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15 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Mike Donovan:  » How To Get Your Record Played In Shops »

Mike Donovan semble s’éclater depuis la séparation de son groupe Sic Alps. Le musicien a eu le temps de former un autre groupe, The Peacers mais c’est en solo qu’il a l’air de mieux s’épanouir et c’est d’ailleurs à ce titre qu’il revient avec How To Get Your Record Played In Shops.

S il est clair que l’on sent une influence digne de The Peacers sur des titres résolument garage-rock comme l’introductif « Great Unknowing », pour le reste, Mike Donovan se contente d’arpenter différents chemins comme les accents bluesy spleenesques de « Sadfinger » et de « Sugar Shaker » ou plus grungy avec « 3 Track Seizure » et « Top Shop » avec ses accords rappelant quelque peu les heures de The Peacers.

Avec son esthétique lo-fi, Mike Donovan ne révolutionnera peut-être pas la donne avec son dernier album mais saura la faire résonner plaisamment à toute oreille attentive.

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

The Molochs: « Flowers In The Spring »

Après un premier opus en 2017, America’s Velvet Glory , The Molochs sont retour avec un Flowers In The Spring qui voit le duo californien renouer avec leur garage-pop rétro à travers des titres ultra-romantiques et sucrés comme « A Little Glimpse Of Death », « Shadow Of A Girl » ou autres « Pages Of Your Journal ».

Une fois de plus, Lucas Fitzsimmons reste un fin mélodiste et sait varier les plaisirs comme bon lui semble entre des titres étrangement slacker placés en début d’album (« To Kick In A Lover’s Door », « I Wanna Say To You ») et d’autres plus orientés vers des influences dylanesques et velvetiennes (« And She’s Sleeping Now », « Wade In The Water »).

Rien de révolutionnaire donc mais plutôt une constance dans des influences ici résolument 60’s.

Des morceaux chaloupés et feel-good comme « Too Lost In Love » et « All The Things That Happen To Me » enfonceront ce clou et nous laisseront digérer ces références avec plus ou moins d’appétit selon notre gouverne.

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5 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Ty Segall: « Freedom’s Goblin »

Freedom’s Goblin est le 10° album en 10 ans de notre garae-rocker favori. Sa prolixité se dénombre aussi sur sa durée (19 plages et 75 minutes) le tout rempli d’explorations soniques et de ces caprices musicaux éphémères qui font partie de son essence. Seule différence, au lieu de les émietter sur divers projets, les voilà tous réunis sur un opus qui se veut gargantuesque.

Le titre d’ouverture, « Fanny Dog », démontre combien Segall s’est éloigné de ses débuts lo-fi subtils et nuancés. Ici, nous sommes conviés à une présentation triomphante et dramatique, nourrie de guitares cacophoniques et de basses pénétrantes le tout pour célébrer … l’intelligence de son chien (sic!). C’est une notule charmante car irrévérencieuse, en phase parfaite avec le propos du chanteur qui se sent ouvertement indifférent à la marche du monde et choisit de se concentrer sur le rock and roll, pur et dur.

Ne pas se montrer simplificateur consistera alors de nous abreuver de longs solos de guitare (« And Goodnight », « She, » ou « Alta ») mais le disque nous offre également es pauses acoustiques plus reposantes (« The Last Waltz », « The Lady’s on Fire » ou, a contrario, des basses sanguinolantes (« Talking 3 », « The Main Pretender »).

« Meaning », « Despoiler of Cadaver » et une reprise crasseuse du « Every 1 is a Winner » de Hot Chacolate assurera cette diversité dont se réclame l’artiste mais ce seront les passages les plus directs et tamisés qui procureront les plaisirs auditifs les plus gratifiants (« You Say All the Nice Things » ou « I’m Free ».)

«  5 Ft.Tall » représentera le passage audacieux indispensable à tout album du musicien mais l’ensemble de Freedom’s Goblin témoignera avant tout de l’assurance que peut avoir Segall à se plonger sans hésitation dans tous les abysses musicaux qui lui viennent à l’esprit.

Prolixe mais avant tout bourreau de travail malgré un semblant de désinvolture, Freedom’s Goblin est le nouvel opus d’un artiste qui n’hésite toujours pas à s’emparer sans vergogne du fameux slogan acid rock de la West Coast : « turn on, tune, in, drop out »).

***1/2

9 février 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Cherry Glazzer: « Apocalipstick »

Le troisième album de ce trio de Los Angels les voit enfoncer un peu plus le clou de son évolution garage-rock. Le titre d’ouverture, « Told You I’d Be With The Guys » en est une introduction exemplaire avec des riffs de guitare, simplistes certes mais super addictifs.
Si on y ajoute des percussions qui frappent au plus profond et au plus lourd de là où elles peuvent aller et les vocaux de Clementine Creevy expressant de manière on ne peut plus explicite un besoin de solidarité féministe on n’aura aucun doute (ni ralentissement) sur ce à quoi Cherry Glazzer aspire.


Quelques titres « uptempo », « Humble Pro », plus émollients (« Nuclear Bomb ») ou plus hantés (« Nurse Ratched ») affineront un tableau qui se fermera sur une chanson titre, impressionnante marée instrumentale de guitares et de basse en fuzz se chevauchant l’une l’autre.

Apocalipstick ne dément pas l’appellation dont il se pare ; il a la dextérité suffisante et l’attitude qui va avec ses ambitions.

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14 avril 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Uncle Acid & The Deadbeats: « The Night Creeper »

Il n’y a rien de plus réjouissant qu’un vocaliste ayant de la trempe et sur Uncle Acid & the Deadbeats, Kevin « K.R. » Starr élève le niveau de la scène psyche de Cambridge sur un mode que n’aurait pas renié Black Sabbath et qui est celui de la distorsion, du ricanement démoniaque et sexy.

Il est aisé d’imaginer un joker avec un doigt recourbé, un sourire sardonique alors qu’il noue énonce des récits de femmes aux mœurs étranges et de nuits où seul le meurtre a droit de cité. Une image naitrait celle d’un Lennon azimuthé ou d’un Ozzy obsédé par les pulp stories

Mais ce qui tranche chez Starr est son phrasé mélodique qui font de ce troisième opus une sorte de classique pour qui sait fondre en appréciant une belle mélodie. « Melody Lane », « Pusher Man » ou « The Night Creeper » en sont des spécimens exemplaires : riffs durs et groove se conjuguent et pourraient fort bien devenir des titres cultes et des cas d’école de chaos contrôlé et épique.

***1/2

13 septembre 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mike Krol: « Turkey »

Il faut considérer Mike Krol plus pour ce qu’il n’est pas que pour la manière sont il se représente. Avec huit éclairs de fuzzy pop déchirante, ce disque vous adresse un clin d’oeil rapide avant que vous ne repassiez à côté de lui. Pour cela la méthode est bien simple ; un instrumental au piano doux à vous plonger dans la contemplation. Bien sûr, pour brouiller un peu plus les pistes on a droit à ce marmonnement : « Je n’ai pas signé pour faire cette merde ». S’ensuit un rire et le disque s’arrête, tout net.

Quant à ce qu’il n’est pas ; eh bien considérons qu’il ne fait pas partie de l’engeance de ces petits morveux ayant à peine dépassé la trentaine et ayant décidé de faire un sacré boucan. En l’exemple un truc loufoque avec la pédale fixée sur le registre « metal », des accords de fous et une vélocité dont on ne sait si elle s’arrêtera.

« Les Than Together » apportera une touche luxuriante et mélancolique mais c’est un adjectif qui ne peut s’appliquer à un tel personnage. Le total est du garage rock frénétique frayant dans la stupidité assumée. Bref, c’est un album du feu de Dieu !

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6 septembre 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Sandwitches: « Our Toast »‘

Le garage rock à San Francisco est déclinant et hormis Thee Oh Sees ou Ty Seagall l’attention dont il était l’objet a nettement faibli. Sandwitches a sans doute pressenti la chose puisqu’il annonce, Our Toast, son album final.

Le groupe est réputés pour ses harmonies fantasmagoriques comme le titre d’ouverture, « Sunny Side » semble le confirmer. C’est un titre au piano, aisé à reprendre en coeur, suivi d’un « Play It Again, Dick » qui met en relief l’approche du combo : guitares surfs mélancoliques rythmant des ballades vaguement country.
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« Sleeping Practice » nous procurera des harmonies éthérées en sa conclusion donnant comme l’impression que The Sandwitches passe le relai à des artistes comme Chasity Belt ou Coleen Green.

Ce troisième opus est donc un chant du cygne, il en a l’aspect parfois monotone ; format similaire de chaque plage et passages instrumentaux « spacey » trop fréquents. Le temps n’est plus aux jams, on se demande alors pourquoi le combo nous quitte en entrant dans un tel territoire.

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10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Froth: « Bleak »

Depuis sa formation à Los Angeles, ce quatuor a généré pas mal d’attention avec leur fusion de lo-fi et de garage rock. Bleak est leur deuxième opus et ses neuf plages restent fidèles à un certain son « west coast » : mélodique et rais avec des riffs profonds qui sont parfaits pour accompagner une virée sur une highway déserte.

Un des morceaux phares sera « Nothing Baby » une lamentation en combustion lente qui semble annoncer, de par son tempo, la perte à venir d’un partenaire amoureux avec des tonalités sombres qui rappelleront The Jesus and Mary Chain. Le solo de guitare situé à la fin est mélodique et forme une transition adaptée aux rythmes plus enlevés qui suivront.

Le combo n’excelle pas uniquement dans les compositions rapides, le « closer », « Sleep Alone » est centré sur une tonalité acoustique et une recherche mélodique nuancée par un arrangement minimaliste et des vocaux en mode crooner.

Foth a créé un certain buzz autour de lui ; il capture à merveille la vibe estivale qui semble imprégner LA en permanence et, s’évitant le piège de le surproduction, il fait de Bleak un album essentiel du côté de Echo Park.

***1/2

30 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire