No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Institute: « Readjusting The Locks »

Institute et un combo qui fait, sans atermoiements, dans le radical. Le groupe nous propose un garage-punk à l’ancienne qui ne pause jamais que ce soit sur son album précédent Subordination ou son tout nouvel opus, Readjusting The Locks.

Voici donc treize morceaux pour moins d’une demie-heure de musique qui va droit à l’essentiel. Moins personnel et plus politique dans le ton, le groupe d’Austin mené par Moses Brown continue de hausser le ton avec des titres résolument rock’n’roll allant de l’introductif « MPS » à « Anxiety » en passant par les expéditifs « Let Me Be » et « Roll Music » ou bien même « Shangri-La » et « Dazzle Paint ».

Ne changeant rien à leur recette, Institute mise tout sur l’efficacité et l’urgence dans leurs compositions, que ce soit sur « Mon Cherie » et sur « Indoctrination Set ». Readjusting The Locks fait passer la bonne demie-heure avec efficacité et précision et leur garage-rock’n’roll vintage reste consistant durant tout au long de son déroulé.

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16 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Amyl & The Sniffers: « Amyl & The Sniffers »

Prophète en son pays (l’Australie), le quatuor Amyl and The Sniffers n’est pas encore très connu par chez nous. On imagine que ce n’est que temporairemême si aucune radio, aucune télé n’en diffusera un titre. Pourquoi ? Parce que Amyl & The Sniffers est sale, brutal et irrespectueux. Et c’est même ce qui le rend si cool même si pas vraiment unique.

En effet, la formation pratique un punk rock direct et assez classique dans sa forme. Mais l’énergie de la dame lui apporte beaucoup. Ce premier album contient 11 titres qui donnent envie de sauter partout en faisant des doigts d’honneur ; une régression qui fait du bien, un plaisir simple qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, puisque l’an dernier, le combo a été embarqué par les Foo Fighters pour leurs premières parties.

Alors oui, ce groupe a un sacré potentiel et il pond des titres immédiats et sauvages, les interprête avec force et conviction, et emballe le tout d’un peu de fun et de subversion. Tout en faisant des clins d’oeils complices aux fans de bon gros rock. La formule parfaite ? Peut-être pas mais sacrément irrésistible.

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10 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Mystery Lights: « Too Much Tension! »

The Mystery Lights avait débarqué en puissance avec un premier album éponyme qui avait imposé le quintet de Brooklyn comme un combo essentiel de le scène rock (tendance « and roll »).

Son successeur,Too Much Tension ! mérite son point d’exclamation et la tension (l’attention) malgré une introduction synthétique qui n’annonce pas la couleur.

Mais les pemières amours sont de retour et The Mystery Lights va balancer la sauce avec des morceaux garage-rock’n’roll comme « I’m So Tired (Of Living In The City) », « Can’t Get Through My Head » et « Goin’ Down ». Se voulant être à la croisée de The Normal et Suicide ou encore de The Kinks et Television, Too Much Tension! prouve que le groupe n’a pas rendu les armes.

Toujours dans l’esprit rétro qui les anime, The Mystery Lights sait faire cohabiter riffs flamboyants et synthés venus d’ailleurs sur ces dix morceaux imparables. Résolument 70’s dans l’âme avec « Wish That She’d Come Back », « Thick Skin » ou bien même « Watching The News Gives Me The Blues », ce Too Much Tension ! affichera à merveille sa profession de foi et rendra un parfait hommage au garage-rock psychédélique d’antan avec une exigence assumée qui fait chaud au coeur.

***1/2

14 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ex Hex: « It’s Real »

Fin 2014, ce trio féminin est venu mettre une sacrée pagaille sur la scène indie rock américaine. Il répondait au nom d’Ex Hex et, cinq années plus tard, l’annonce d’un nouvel album du combo fait d’autant plus plaisir qu’elle et réelle à si on considère le titre du disque.

Une fois de plus, le trio de Washington déchaîne les foules et les ardeurs avec Leur indie rock demeure toujours teinté de garage-rock et hard-rock digne des années 1980 et met à l’amende des groupes plus testostéronés qu’elles. Impossible de ne pas bouger la tête à l’écoute des morceaux puissants mais mélodiques comme l’introduction nommée « Tough Enough » mais encore « Rainbow Shiner » qui posent les bases de façon solide. C’est musclé et explosif et Ex Hex ne déçoit toujours pas à cette attante qui pourrait être la nôtre au regard de leurs débuts.

Entre morceaux riches en riffs impétueux comme « Want It To Be True » avec ses jolis chœurs et autres « Diamond Drive » et « Cosmic Crave » et certiains, plus sucrés, rappelant quelque peu The Runaways comme sur « Good Times » et sur « Another Reflection », Mary Tiwony, Betsy Wright et Laura Harris nous offrent ce que l’on attendait d’eux. On ne remettra donc pas en cause leur énergie contagieuse et constante de bout en bout. S’achevant sur le glorieux « Talk To Me », It’s Real n’a peut-être pas l’impact inédit de son prédécesseur mais il s’agit d’un opus abouti, consistant et fougueux.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jim Jones And The Righteous Mind: « CollectiV »

L’univers de Jim Jones And The Righteous Mind est emprunt de soufre, de cyanure et d’obscures références mystico-religieuses donnant une certaine profondeur aux guitares et au son garage que le combo cultive depuis ses débuts. Les influences des Stooges (« Attack Of The Killer Brainz ») se mêlent à celle de Nick Cave (« Satan’s Got His Heart Set On You » et son refrain très Bad Seeds). Pionnier du revival garage, Jim Jones sous ses différentes incarnations est plus rock que Black Rebel Motorcycle Club et plus sombre que The Brian Jonestown Massacre.
Très fidèle en musique, après avoir travaillé avec le même producteur sur la plupart des albums de The Jim Jones Revue, c’est à nouveau Alex McGowan (Tricky, Mark Lanegan, Josh Homme…) que l’on retrouve derrière la console du deuxième album de son nouveau groupe. Parmi les musiciens invités, deux membres des Thee Hypnotics, groupe originel de Jim Jones il y a 20 ans. Mais la plus vieille invitée, c’est la guitare acoustique que Keith Richards utilisait dans les années 60s, et avec laquelle il a écrit la plupart des morceaux d’Exile On Main Street.


Enregistré à Londres, CollectIV avait tout pour prendre des accents du Mississipi, entre vieux blues et rock’n’roll, fermenté dans le métal, un peu comme si Elvis Presley s’amusait avec Lemmy de Motörhead (« I Found A Love »).
Mais l’album n’est pas qu’une anthologie de morceaux aux guitares tapageuses qui montent le mur du son d’un tattoo studio brique par brique. « Meth Church » et » Dark Secrets » offrent un calme intermède calme et envoûtant, sur lesquels la voix de Jim Jones change totalement dans un style crooner. « Meth Church » dont l’idée a germé en allant donner un concert de soutien aux victimes de la Grenfell Tower (une tour d’habitation qui a brûlé dans l’ouest de Londres) est empreinte d’une tristesse et laissera entrevoir l’humanité qui se cachent derrière les riffs du reste de l’album.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Chocolate Watch Band: « This Is My Voice »

1965, Los Altos, péninsule de San Francisco, voit la naissance de The Chocolate Watchband construit autour de Ned Torney (guitare) et Mark Loomis (guitare et claviers). Pendant les 4 premières années de leur courte vie, les Américains ont été l’un des leaders de la scène garage rock psychédélique en sortant quasiment un album par an jusqu’en 1969 et le clap final. Sauf que, fort d’un renouveau du style à la fin des années 90, le groupe s’est reformé autour de David Aguilar, un des chanteurs originels.
54 ans après la naissance du combo sort This Is My Voice, un nouvel album longuement pensé et composé. The Chocolate Watchband propose donc un voyage au son résolument vintage d’un rock suranné à la patine redoutablement accrocheuse pour les amateurs du genre. Le psychédélisme est également bien présent notamment dans « Judgement Day » qui débute sur des notes indiennes à la George Harrison pour ensuite retourner dans l’Amérique profonde avec un air d’harmonica que n’aurait pas renié le Boss Springsteen. Le climat planant s’installe dans le titre éponyme totalement halluciné et aux mélodies opiacées dont l’auditeur sera extirpé par des riffs tranchants de guitare. Après ce passage trance, le groupe revient à une atmosphère plus bluesy à la Rolling Stones dans « Trouble Everyday » au refrain très seventies.


Le pari est diablement risqué de proposer à la fin des années 2010 un album aussi dépouillé, aux arrangements qui sonnent live, et livré dans son plus simple appareil, car ici tout est fait de façon à donner une image artisanale aux compositions. Il s’agit de répondre parfaitement au cahier des charges du rock garage. Le style ne réclame aucun fard et aucun effet electro moderne comme dans « Talk Talk ». Le groupe pioche dans la world music notamment indienne comme évoqué précédemment en accentuant la fusion dans l’instrumental « Bombay Pipeline » où sitar et batterie se mélangent naturellement. Le style tutoie également le folk avec son « Desolation Rock » qui aurait parfaitement pu paraître dans les premiers albums de Bruce SpringsteenThe Chocolate Watchband puise allègrement dans les influences auxquelles ils ont contribué à donner naissance à l’époque, en lorgnant vers les Doors dans un « I Can’t Seem To Make You Mine » très Jim Morisson avec un chant plus qu’ habité et le son de l’orgue Hammond.

This Is My Voice est un album dont les sillons trouvent leur origine dans le rock garage des années 60-70 et The Chocolate Watchband est volontairement resté bloqué dans ces années. Saluons un combo qui redonne image et belle authenticité d’un psychédélisme que l’on croyait perdu à tout jamais.

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15 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Mike Donovan:  » How To Get Your Record Played In Shops »

Mike Donovan semble s’éclater depuis la séparation de son groupe Sic Alps. Le musicien a eu le temps de former un autre groupe, The Peacers mais c’est en solo qu’il a l’air de mieux s’épanouir et c’est d’ailleurs à ce titre qu’il revient avec How To Get Your Record Played In Shops.

S il est clair que l’on sent une influence digne de The Peacers sur des titres résolument garage-rock comme l’introductif « Great Unknowing », pour le reste, Mike Donovan se contente d’arpenter différents chemins comme les accents bluesy spleenesques de « Sadfinger » et de « Sugar Shaker » ou plus grungy avec « 3 Track Seizure » et « Top Shop » avec ses accords rappelant quelque peu les heures de The Peacers.

Avec son esthétique lo-fi, Mike Donovan ne révolutionnera peut-être pas la donne avec son dernier album mais saura la faire résonner plaisamment à toute oreille attentive.

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

The Molochs: « Flowers In The Spring »

Après un premier opus en 2017, America’s Velvet Glory , The Molochs sont retour avec un Flowers In The Spring qui voit le duo californien renouer avec leur garage-pop rétro à travers des titres ultra-romantiques et sucrés comme « A Little Glimpse Of Death », « Shadow Of A Girl » ou autres « Pages Of Your Journal ».

Une fois de plus, Lucas Fitzsimmons reste un fin mélodiste et sait varier les plaisirs comme bon lui semble entre des titres étrangement slacker placés en début d’album (« To Kick In A Lover’s Door », « I Wanna Say To You ») et d’autres plus orientés vers des influences dylanesques et velvetiennes (« And She’s Sleeping Now », « Wade In The Water »).

Rien de révolutionnaire donc mais plutôt une constance dans des influences ici résolument 60’s.

Des morceaux chaloupés et feel-good comme « Too Lost In Love » et « All The Things That Happen To Me » enfonceront ce clou et nous laisseront digérer ces références avec plus ou moins d’appétit selon notre gouverne.

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5 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Ty Segall: « Freedom’s Goblin »

Freedom’s Goblin est le 10° album en 10 ans de notre garae-rocker favori. Sa prolixité se dénombre aussi sur sa durée (19 plages et 75 minutes) le tout rempli d’explorations soniques et de ces caprices musicaux éphémères qui font partie de son essence. Seule différence, au lieu de les émietter sur divers projets, les voilà tous réunis sur un opus qui se veut gargantuesque.

Le titre d’ouverture, « Fanny Dog », démontre combien Segall s’est éloigné de ses débuts lo-fi subtils et nuancés. Ici, nous sommes conviés à une présentation triomphante et dramatique, nourrie de guitares cacophoniques et de basses pénétrantes le tout pour célébrer … l’intelligence de son chien (sic!). C’est une notule charmante car irrévérencieuse, en phase parfaite avec le propos du chanteur qui se sent ouvertement indifférent à la marche du monde et choisit de se concentrer sur le rock and roll, pur et dur.

Ne pas se montrer simplificateur consistera alors de nous abreuver de longs solos de guitare (« And Goodnight », « She, » ou « Alta ») mais le disque nous offre également es pauses acoustiques plus reposantes (« The Last Waltz », « The Lady’s on Fire » ou, a contrario, des basses sanguinolantes (« Talking 3 », « The Main Pretender »).

« Meaning », « Despoiler of Cadaver » et une reprise crasseuse du « Every 1 is a Winner » de Hot Chacolate assurera cette diversité dont se réclame l’artiste mais ce seront les passages les plus directs et tamisés qui procureront les plaisirs auditifs les plus gratifiants (« You Say All the Nice Things » ou « I’m Free ».)

«  5 Ft.Tall » représentera le passage audacieux indispensable à tout album du musicien mais l’ensemble de Freedom’s Goblin témoignera avant tout de l’assurance que peut avoir Segall à se plonger sans hésitation dans tous les abysses musicaux qui lui viennent à l’esprit.

Prolixe mais avant tout bourreau de travail malgré un semblant de désinvolture, Freedom’s Goblin est le nouvel opus d’un artiste qui n’hésite toujours pas à s’emparer sans vergogne du fameux slogan acid rock de la West Coast : « turn on, tune, in, drop out »).

***1/2

9 février 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Cherry Glazzer: « Apocalipstick »

Le troisième album de ce trio de Los Angels les voit enfoncer un peu plus le clou de son évolution garage-rock. Le titre d’ouverture, « Told You I’d Be With The Guys » en est une introduction exemplaire avec des riffs de guitare, simplistes certes mais super addictifs.
Si on y ajoute des percussions qui frappent au plus profond et au plus lourd de là où elles peuvent aller et les vocaux de Clementine Creevy expressant de manière on ne peut plus explicite un besoin de solidarité féministe on n’aura aucun doute (ni ralentissement) sur ce à quoi Cherry Glazzer aspire.


Quelques titres « uptempo », « Humble Pro », plus émollients (« Nuclear Bomb ») ou plus hantés (« Nurse Ratched ») affineront un tableau qui se fermera sur une chanson titre, impressionnante marée instrumentale de guitares et de basse en fuzz se chevauchant l’une l’autre.

Apocalipstick ne dément pas l’appellation dont il se pare ; il a la dextérité suffisante et l’attitude qui va avec ses ambitions.

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14 avril 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire