Deftones: « Ohms »

25 septembre 2020

Par certains aspects, Ohms trouve que les Deftones retournent à leurs racines. Peut-être pas musicalement – il y a autant d’ADN d’Adrenaline et d’Around the Fur que d’autre chose, dans la mesure où le quintette s’appuie sur son vaste catalogue de références – mais certainement d’un point de vue créatif, car c’est la première fois qu’ils ont Terry Date derrière les planches depuis l’album éponyme de 2003. La relance de ce partenariat offre une combinaison idéale sur le nouvel album du groupe basé à Sacramento.

Il est important de noter que le quintette – Chino Moreno, Stephen Carpenter, Frank Delgado, Sergio Vega et Abe Cunningham – sont tous engagés et prêts à partir. L’attaque métallique d’ « Error » en est la preuve, s’élançant vers l’avant et entraînant l’auditeur dans son sillage, avec la guitare solo de Carpenter en vedette. S’il s’est senti un peu à l’écart du Gore de 2016, il ne perd pas de temps à faire sentir sa présence dans la suite du spectacle. L’ouverture sinistre et atmosphérique de « Genesis » laisse place à un riff punitif alors que lui, le bassiste Vega et le batteur Cunningham s’élancent à l’unisson. Le groupe a l’habitude de présenter les premières parties de ses albums comme des déclarations de mission et commence les choses avec aplomb, la fin explosive de la chanson s’écrasant sur « Ceremony » sans une seconde d’avance.

Le coup de poing qui donne le coup d’envoi de l’album met en évidence un groupe rajeuni – pour citer son premier album, il a connu une renaissance, en un sens, et aborde le disque avec le genre d’enthousiasme juvénile qui rappelle ces premiers jours et leur lien original avec Date. Ce n’est pas une mince affaire pour un groupe qui en est à sa quatrième décennie d’existence – les fans de longue date seront heureux d’apprendre que leur esprit inventif demeure. « Je n’ai plus de patience pour l’attente » (I have no patience now for expectation), rugit Moreno rugit sur l’oppressant « This Link is Dead », le souffle dans sa gorge, alors que la chanson s’élève vers un crescendo cathartique rappelant leur album éponyme, guidée par le trémolo de Carpenter et ses rythmes polyvalents. « Expectation » est une chanson qui a suivi le groupe depuis la sortie de leur troisième album White Pony, qui a eu une grande influence, mais ils n’ont pas hésité à la mettre en veilleuse – ces dix compositions sont fluides dans leur exploration du ton et du tempo.

« The Spell of Mathematics » éclate dans la vie avec une urgence bruyante et un mur de son imposant qui monte et descend instinctivement. À un moment donné, puis à un autre, Carpenter et Vega se livrent à une lutte musicale acharnée, l’accent alternant entre la guitare et la basse, et la chanson se transforme en une coda essentiellement instrumentale, soutenue par la batterie expressive de Cunningham – son approche compositionnelle est révélatrice de la nature collaborative du disque. Chaque membre se retrouve sous les feux de la rampe, que ce soit Delgado qui ramène « Pompeji », un moment fort en plusieurs mouvements, avec des touches fantomatiques qui sont dûment effacées par l’intensité de « This Link is Dead » qui a été brûlé par la terre, ou la performance énergique de Vega sur « Radiant City » qui ouvre le morceau et permet au chant caractéristique de Moreno de s’immiscer dans le refrain, comme alimenté par cune fusée.

L’album est structuré de telle sorte que ces chansons s’enchaînent les unes aux autres, que ce soit par des transitions bien exécutées ou par des morceaux reprenant là où leur prédécesseur s’est arrêté – la place pour respirer est offerte à l’intérieur de ces chansons caméléoniennes elles-mêmes, plutôt qu’ailleurs, ce qui permet une expérience d’écoute sans faille de 46 minutes. Si la mise en scène de « Genesis » encourage l’auditeur à faire le grand saut, la chanson titre est le moment de l’impact ; elle est plus directe dans son exécution que la plupart de ce qui l’a précédée, mais elle trouve le groupe qui part en l’air, ancré par des mélodies brillantes et un sens approprié de la finalité. « Le temps ne changera pas cette promesse / Cette promesse que nous avons faite / Nous resterons » (Time won’t change this / This promise we made / We shall remain) déclare Moreno avant que les projecteurs ne se posent à nouveau sur Carpenter, clôturant le disque par une reprise de son riff triomphant en majeur.

Avec Ohms, Deftones s’engage dans une nouvelle décennie avec des moments de lourdeur et de beauté céleste qui secouent l’os, tirant sur tous les cylindres et refusant de se reposer sur leurs lauriers, peaufinant leur signature sonore avec des touches expérimentales et abordant leur dernière œuvre comme une pièce autonome. Le monde qu’ils y créent est fascinant et imprévisible, car ils font preuve d’une volonté de mélanger les choses. Ils s’épanouissent dans un état de flux constant et leur neuvième album les trouve toujours aussi excitants.

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Geezer: « Groove »

6 juin 2020

« J’ai l’impression que je dois groover » (I’ve got a feeling I’ve got to groove), déclare le chanteur/guitariste Pat Harrington sur la chanson titre du quatrième album des New Yorkais Geezer. Le titre de l’opus – Groovy – révèle que leurs intentions sont en effet de groover guidées par leur mélange de bluesy stoner rock lourd et trippant. Un groupe qui, jusqu’à présent, est surtout associé à la jam comme moyen d’atteindre leur son. Ces chansons sont en effet le fruit d’une année de jam d’idées, mais cette fois-ci, le groupe – Pat Harrington, le batteur Steve Markota, le bassiste Richie Touseull – a décidé de mettre en forme un ensemble de chansons issues de ces jams afin de mettre en valeur leurs brefs instants d’écriture.

Il ne fait aucun doute que Geezer sait comment évoquer des mélodies fortes car une poignée de ces chansons sont aussi brillantes que la pochette de l’album. Jetez un coup d’œil ; les nuances sont en effet une nécessité pour protéger les yeux. L’album s’ouvre au son du rythme de batterie de Steve pour faire vibrer les hanches, tandis que « Dig » précise que le titre de l’album n’est pas une fausse promesse. « Pouvons-nous creuser ? », demande Pat alors qu’il est difficile de se débarrasser d’un riff robuste et accrocheur trempé de duvet, tandis que Pat nous rappelle « Nous devons vivre pour aujourd’hui » (We got to live for today) C’est une bonne chanson d’introduction qui, après avoir été jouée plusieurs fois, pénètre dans votre esprit collectif et devient un petit bougre infectieux. Et il y a en effet d’autres de ces chants fâcheux et humbles.

En fait, les six premières des huit chansons du disque sont toutes enveloppées d’irrésistibles riffs de guitare et d’accroches. « Atlas Electra » »se pavane comme un ZZ Top marécageux et défoncé, tandis que la mélodie de la guitare rayonne de luminosité et de chaleur. Geezer vous emmène un peu plus bas sur « Dead Soul Scroll », « I feel like a target, I feel all alone » alors que le groupe reprend et se balance vers la fin aidé par le riff bluesy de Pat Harrington, qui semble avoir traversé un marais de Louisiane à reculons.

La musique conserve toujours un mélange de rock optimiste des années 70 et d’une ambiance de stoner rock marécageux. Une autre influence que vous pouvez entendre sur Groovy est celle des hard rockers Clutch de Washington DC, en particulier leurs travaux antérieurs. Mais, là où Neil Fallon et ses attaquants sonores rythmés de Washington DC adorent se lancer à toute allure, Geezer, lui, opte pour un plod mid-tempo, comme les hommes d’âge moyen très contents qui quittent un bon restaurant et pourraient mettre le pied sur l’accélérateur pour se laisser aller de temps en temps.

Avec « Dig », les deux autres chansons qui s’épanouissent avec éclat sont l’insomnie intitulée « Awake » et l’addictif optimisme du morceau-titre, un rock des années 70 qui sera parfait pour jouer à haute voix tout en conduisant le long d’une glorieuse côte ensoleillée avec le vent dans les cheveux, et l’optimisme des bons moments à venir.

Le groove se décline en différents tempos et « Slide Mountain » s’y glisse facilement comme un doux dimanche matin. Alors que Geezer complète son hommage au groove en laissant ses anciennes tendances au jamming sortir du bang pendant les neuf minutes plus lourdes, le lent et stupéfiant « Black Owl ». Les deux dernières ne sont peut-être pas les points forts du disque, mais elles apportent une brume de stoner nuageuse et familière dans la procédure.

Il est juste de dire que Geezer ne sont pas des pionniers. Ils laissent cela à d’autres groupes, mais ils semblent connaître leurs limites et travaillent très efficacement dans le cadre de celles-ci. Le changement d’approche de la majeure partie de ces chansons s’est avéré une bonne idée bien exécutée car Groovy est le parangon du disque qu’on ne peut pas ne pas aimer.

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The Goners: « Good Mourning »

26 mars 2020

En bref, The Goners sont l’un des groupes de garage-rock les plus cools et les plus drus q’il a été donné d’entendre depuis de nombreuses années. Si on fait abstraction de Uncle Acid and the Deadbeats. Le groupe suédois est composé d’anciens membres de la royauté du stoner rock Salem’s Pot et de membres d’Yvonne. La puissante combinaison de musiciens ressemble à un groupe de garage/punk rock expérimenté (et énervé) de la fin des années 70.

En se penchant sur ce premier opus intitulé Good Mourning, il est clair que le groupe a bien préparé le terrain pour le ton, le feeling et le groove avec des guitares lourdes, une production low-fi et une batterie absolument punchante. L’approche bricolage du groupe est évidente et on dirait que ces gars ont fait le tour du quartier plusieurs fois. Un album avec ce genre d’autorité est rare dans le monde de la musique d’aujourd’hui et tous les yeux devraient être tournés vers eux dans un avenir proche.

Le morceau d’ouverture intitulé « Are You Gone Yet » est clairement l’un des principaux titres de l’album. De la’interprététion de tueur au solo de guitare qui déchire l’oreille en passant par le rythme punk féroce, ce morceau personnifie vraiment le groupe comme une unité sonore. « High Low and Never in Between » offre des sonorités et des sensations très sombres, proches de celles des films d’horreur. Le morceau est chargé de sombres changements d’accords mineurs et d’un ensemble de paroles macabres sur le meurtre et « World of Decay » offre un swing sinistre et des paroles obsédantes entourées de guitares boueuses qui clôturent parfaitement les premières pistes.

Au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans l’album, « Down and Out » prend un virage stylistique au bout de trois minutes avec un interlude éclectique à la manière du Moyen-Orient, emmenant le public dans un trip acide avant de reprendre l’anarchie sonore totale des cymbales crash lavées et des couches infinies de solos de guitare pour un crescendo final sérieux.

Vers la fin de l’album, un morceau écrasant intitulé « You Better Run » remet l’album en quatrième vitesse avec un riff punk lourd suivi d’un interlude à la mi-temps à la Black Sabbath après le premier chorus. Pour conclure cet incroyable premier album, un morceau très sombre intitulé « Dead in the Saddle (Dead Moon) » s’ouvre sur le son d’un vent hurlant et d’un riff de guitare féroce tiré directement du livre de riffs psychobilly.

Si vous êtes fan des Matadors et recherchez de nouvelles vibrations garage/indie/punk, ne cherchez pas plus loin avec ce Good Mourning incroyable et palpitant

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Flat Worms: « Into The Iris »

16 décembre 2019

Flat Worms avait fait une entrée pour la moins fracassante avec un premier effort discographique il y a deux années de cela. Le trio californien est, depuis, devenu un nouveau poids lourd sur la scène garage rock. Un an après leur EP, les voici de retour avec Into The Iris.

En l’espace de six compositions, Flat Worms dégaine leur garage-rock noisy et doucement psychédélique qui continue à faire des ravages. Le trio balance la sauce dès les premières notes de l’introduction intitulée « Surreal New Year » prenant des allures post-punk plus métalliques ainsi que le sidérurgique « Plastic At Home » et le rentre-dedans « Shouting At The Wall ».

Les riffs acérés ainsi que les rythmiques tourbillonnantes sont les principaux atouts de ce nouvel EP bien noir et insistant qui le confirme avec « Scattered Palms… » et la conclusion bien cathartique intitulée « At The Citadel ». Avec Into The Iris, les Californiens arrivent à s’imposer avec leur son métallique mêlant acier et acide.

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Warmduscher: « Tainted Lunch »

26 octobre 2019

Composé de membres des formations dei Insecure Men, Paranoid London, Fat White Family et Childhood, Warmduscher reviennent avec ce troisième album Tainted Lunch, toujours sous la houlette de Dan Carey, et qui monte encore d’un cran dans le déjanté particulièrement addictif.
Ici, toujours le même principe : celui de ne strictement pas en avoir. Nous arrivons tout de même à démêler ce joyeux sac de nœuds en identifiant ce qui fait en partie le son de chacune des formations : rock garage bien hallucinogène, electro vintage et autres beats funky.
Que dire des invités de haute volée: Iggy Pop introduit en bonne et due forme le disque en nous énonçant clairement ses « Rules Of The Games ». L’iguane de son timbre toujours étonnamment sexy pose le décor, et il est alors impossible de ne pas suivre cette recommandation.
Le titre suivant offre un enchaînement quasi parfait : « Tainted Lunch » débute sur un pur morceau punk, aussi court qu’efficace. S’en suivent les deux singles révélés depuis cet été et qui représentent la quintessence de l’album : « Midnight Deeper » puise dans les influences métal chères à la fin des 80s, d’où sûrement la référence dans la vidéo au meilleur (ou pire) de Spinal Tap. « Disco Peanuts », quant à lui, prendra le parti du beat electro crade et libidineux à souhait. Les cris rauques de fin de titre sont dignes d’une interdiction aux moins de seize ans, autant vous dire que l’appel à la débauche est ici assumé.


« Feel It Don’t Spill It », « Grape Face » et « Blood Load » persistent dans le rock garage qui nous rappellent les influences des éléments fondateurs, ici Lias Saudi et Saul Adamczewski qui ne cessent d’enfanter des projets brillants et de les abandonner aussi rapidement car il y a toujours d’autres fleurs à butiner.

La caution hip-hop bien 80s nous est délivrée avec « Dream Lotion » qu’on croirait tirée d’un des premiers albums de Run DMC. Le second invité est Kool Keith, le rappeur-producteur new-yorkais sur un « Burner » très réussi et qui sonne même trop sérieux par rapport au reste du tracklisting. En particulier quand ce morceau est suivi par la bouillie sonore et gutturale de « Chimp ».
« Precious Things » nous balladera enfin au rythme d’un rock mariachi qui fleure bon le désert californien et « Tiny Letters », qui clôture le disque, s’assimile à une chanson d’amour faussement motown et tellement à contre-pied de tout ce qui a précédé qu’elle demeure fatalement dans les esprits.
Le voyage est chaotique, l’auditeur est baladé de-ci de-là pour son plus grand plaisir. Rien de comparable à cet ovni crade et sublimement azimuté, qu’on adorera autant qu’on détestera tant ici le compromis est impossible.

***1/2


The Paranoyds: « Carnage Bargain »

16 septembre 2019

Après L.A. Witch, Bleached et Death Valley Girls, voici venir de nouvelles concurrentes en matière de surf-garage californien. Il s’agit du quatuor féminin The Paranoyds quis vient tout droit de Los Angeles et qui s’est formé il y a maintenant trois années.. Après une poignée d’EPs qui a fait parler d’elles, les musiciennes prennent les devants avec un premier album, Carnage Bargain.

Ce qui fait l’originalité de The Paranoyds, c’est une musique pleine de fraîcheur et d’énergie. Les Californiennes savent aussi bien conjuguer les influences surf-rock que garage rock avec une pointe de psychédélisme digne de B-52’s. Cela donnera des morceaux entraînants comme « Face First » en guise d’introduction efficace mais également un imparable « single » « Girlfriend Degree » qui viendra poser leurs bases féministes ainsi « Egg Salad » et morceau-titre qui saura évoquerla verve de The Breeders.

De nombreuses eutres bonnes surprises seront à déceler au menu de ce Carnage Bargain. On y décèle les influences krautrock et motorik sur « Hungry Sam », le surf-rock mélodique de « Courtney » ou le riot grrl stoner de « Laundry » et de « Heather Doubtfire »avec ses dernières secondes instrumentales psychédéliques complètement réjouissantes. Le duo guitare/orgue trippy fait des merveilles et donne aussi naissance à des moments jubilatoires comme la conclusion digne des B-52’s qu’est « Ratboy ». Pour un premier album, The Paranoyds étonne et détonne et on ne serait pas surpris si le groupe californien atteignait les sommets dans les jours à venir.

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The Paranoyds: « Carnage Bargain »

6 août 2019

Groupe de filles basé à Los Angeles, The Paranoyds pratique un rock tapageur, parfois punky (« Egg Salad »), qu’accompagnent des synthés simples et qu’ornent, comme sur le titre en question, des breaks posés là où il faut. Avec ce Carnage Bargain, les Américaines bastonnent de suite et, ainsi, « Face First » va distiller un rock efficace et singulier dans la mesure où les claviers y prennent une part égale à celles des guitares et de la rythmique et où mélodiquement, le combo dégagera un petit côté riot girl loin d’être déplaisant, avec des dérapages sonores bienvenus. L’éponyme « Carnage Bargain » confirmera la crédibilité et la fiabilité du combo. « Girlfriend Degree », aux voix qui se complètent, est tout aussi emballant. Concis et sans chichis, mais bien conçus, les morceaux de l’album ont du coffre. « Bear » se fera bruitiste avec une énergie qui n’est pas de la pose tant le rock qui jalonne le disque est d’un rouge vitaminé.

Les guitares, tout au long, seront imaginatives, simples sans être creuses mâme que le propos est plus adouci qur un excellent « Courntney » aux choeurs brillantissimes. Une fois cette différence bien formulée,resteront alors deux morceaux pour enfoncer le clou. « Laundry » s’y prêtera en cognant avec force et « Heather Foubtfire » seraun exemple d’oscillation entre coups de semonces et beaks plus lestes et affutés. Avec ce Carnage Bargain, The Paranoyds laissent derrière elles une trace sonique délivrée avec un brio qui ne devra pas être mésestimé tant il est peut être porteur pour l’après.

***1/2


Don’t Upset The Bear: « Don’t Upset The Bear »

4 août 2019

Ces cinq Américains originaires de la Côte Est  ont décidé de ressortir les pédales fuzz et de ré écouter à outrance des artistes comme Ty Segall ou The Black Box Revelation . Imitant sans copier, Don’t Upset The Bear apporte cette petite note de soleil venant du Surf Rock monté sur un canevas garage et/ou presque grunge dans l’idée.

Une voix nasillarde accoupler à de solides et honnêtes instrumentations finirons sans doute de convaincre les plus récalcitrants que cet album est un digne successeur de ces groupes 70’s qui faisait de la côte leur territoire d’expression.

Sable chaud donc, océans, farniente, mais en un peu plus pulcéré quand même, et parfois même, l’envie de danser sur la vague. Mention spéciale à l’énorme « Ligtht Sets Down » », morceau final en forme d’explosion qui vaut, à lui tout seul, la peine qu’on écoute le reste, un incroyable finish de huit minutes en forme de quintessence du genre absolument incroyable.

***1/2


Plague Vendor: « By Night »

1 août 2019

Les énervés  de Plague Vendor sont de retour avec un troisième album toujours chargé d’attitude punk, de riffs noisy et d’énergie alternative. Ce By Night est une jolie petite claque dans les tympan mais, malin, il ne se contente pas de ça. Le quatuor y injecte quelques effets mémorables (« Let me High / Low » et son delay en sont un bon exemple), des influences post punk (une certaine rigidité d’exécution), des traces grunge, et… du groove. Et tout ça fonctionne parfaitement bien ensemble, aboutissant à un album très court, mais qui réussit à donner à l’auditeur l’envie de remettre le couvert.

Plague Vendor donne à ses titres la chance de respirer, ne se cantonnant pas à un schéma couplet-refrain classique. Et son air désinvolte est un faux-semblant ; pour produire une musique aussi brouillonne en apparence que percutante à chaque assaut, ces gars-là en ont sous le cerveau et ont travaillé d’arrache-pied pour un album qui fait mieux que tenir la route.

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Pretty Vicious: « Beauty of Youth »

28 juillet 2019

Ce quatuor gallois sort enfin son premier album après avoir sillonné les routes depuis cinq ans et avoir été surnommés les nouveaux Oasis par le N.M.E.. Beauty Of Youth mérite donc une attention particulière pour qui est sensible au tempo du punk et à la distorsion abrasive.
Les musiciens ont accroché une autre influence à leur répertoire à savoir un garage-rock façon Foo Fighters, en conséquence la couleur sera annoncée d’emblée avec des guitares soniques (« These Four Walls ») et une énergie qui semble inébranlable. Le leader du combo, Brad Griffiths, semble vouloir se débarrasser de ses tourments à travers le cinglant « Are You Entertained ». Cependant Pretty Vicious sauront aussi se montrer plus modérés avec le bipolaire « Something Worthwile », où le pont calmera la tension accumulée.


Néanmoins, certains morceaux resteront animés par le teenage spirit. Que ce soit le simple riff de « Someone Like You » ou la ballade rock « No One Understands », on se laisse à penser que certains clichés ont la vie dure mais on ne pourra que reconnaître le talent des jeunes musiciens qui éclatent les tympans sur l’enchaînement « Force Of Nature/Lost In Lust » avec son solo de guitar hero des plus réussis

La conclusion du disque ne fera pas changer d’avis : Pretty Vicious a un futur prometteur et Beauty Of Youth ne fait pas mentir un patronyme qui gagnerait a être affiné par une production plus construite.

***1/2