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Bench Press: « Not The Past, Can’t Be The Future »

Tout droit sorti de Melbourne, en Australie, nous arrive une dose extrêmement contagieuse de post-punk un peu grinçant, infusé de garage-rock rempli de testostérones. En effet, bien qu’elle n’ait pas la formule pour plaire au plus grand nombre, le quatuor baptisé Bench Press saura sans doute stimuler agréablement les conduits auditifs de fans de groupes tels Fugazi ou Fountaines DC.

Après avoir fait parler d’eux pour les bonnes raisons — c’est-à-dire un premier album fort respectable qui a vu le jour en 2017 simplement nommé Bench Press ainsi que de solides concerts dans leur lointain pays natal et en Europe — les voilà de retour avec une production intitulée Not The Past, Can’t Be The Future. Le genre d’album qui est l’équivalent d’un violent coup de masse au plexus solaire, mais qui guérit autant qu’il fait mal.

L’offrande s’ouvre sur la très solide « Respite », sur laquelle le guitariste Morgan Griffiths est d’une efficacité redoutable. Et dès le départ, et ce jusqu’à la fin du disque, on remarque que la voix rocailleuse du chanteur, Jack Stavrakis, rappelle beaucoup celle d’Ian MacKaye de Fugazi. Les gens qui me connaissent bien savent que ce n’est absolument rien pour m’inciter à baisser le volume et ainsi protéger mon audition qui se fait de plus en plus défaillante. La remarquable « Good Guy », avec sa guitare simple, mais qui arrache autant qu’un dentiste de mauvaise foi, en est une autre qui frappe très fort.

Plusieurs autres chansons visent aussi en plein centre de la cible et récoltent des points bonus ; « Dreaming Again », « Amalgamation », « Baby Steps » et « Enough ». À vrai dire, plus les écoutes du disque s’accumulent, plus on réalise qu’il n’y a pas vraiment de chansons faibles et ça, c’est malheureusement de plus en plus rare sur un album de nos jours.

À noter aussi que la section rythmique du groupe, Lewis Waite à la basse, ainsi que Jordan Hicks à la batterie, est toujours dynamique et très compétente tout en étant la plupart du temps d’une simplicité désarmante. De l’excellente besogne de leur part.

Not The Past, Can’t Be The Future est un album constitué de onze redoutables brûlots qui vous donneront le goût d’y revenir plus souvent qu’à son tour. Et bien que ces trente-trois minutes de rock un peu enragé ne révolutionnent absolument rien, on peut affirmer sans aucune hésitation que dans le prévisible, on a entendu cent mille fois pire.

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18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tropical Fuck Storm: « Braindrops »

Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis le tonitruant A Laughing Death In Meatspace et, depuis, le combo a tenté de récolter le fruit des graines ainsi semées en enchaînant concerts et tournées. Concrétisation est désormais donnée avec un « follow-up » nommé Braindrops.

Ponctué de ruptures et de spasmes,se veut être un disque qui donne un vrai sens dà la notion de déclin. Celui de notre monde au rythme des fake news, des crises à tous les étages, et des réseaux sociaux désespérants de bêtise crasse. Au milieu de tout cela, Tropical Fuck Storm a décidé de faire front à sa manière.Le quatuor s’empare de la folie ambiante, puis la propage en diffusant par bouffées euphorisantes les contours d’un monde que traversent des agents du Mossad, des aliens, un débat houleux sur Twitter, et Eugene Landy, le médecin qui a drogué et manipulé Brian Wilson pendant des années.

Il faudra donc accepter de se perdre au milieu de cette suite de morceaux erratiques, peuplés de figures, d’images, de fictions. Ici, le rire et le désespoir se font entendre équitablement, tous deux accordés dans un même grand geste qui engloutit tout. Cet effondrement, on le ressent via des compositions à l’inquiétante étrangeté. Symptomatiques d’une entreprise de séduction toute particulière, « Paradise », « Who’s My Eugene? » ou encore « The Happiest Guy Around « nous aspirent autant qu’ils nous repoussent. De par son sens des effets et du dérapage, son incroyable alchimie entre beuglantes et voix féminines, Tropical Fuck Storm demeure sans conteste le groupe le plus indiqué pour nous aider à nous mesurer au marasme environnant

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24 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Black Keys: « Lets Rock »

Le duo guitare/batterie The Black Keys est enfin de retour avec son neuvième album studio, Let’s Rock, et après cinq ans d’attente à de demander ce que nous réserve le tandem à la suite de don décevant Turn Blue en 2014.

Le titre de l’opus semble indiquer que Dan Auerbach et Patrick Carney ont écidé de revenir aux sources et il est vrai que nous revient ici le vrai Black Keys des débuts, celle de l’époque de Attack & Release (2008), Brothers en 2010 ou El Camino (2011).

Let’s Rock se veut dévastateur et il y parvient sans peine. Il y a d’abord cette esthétique forte avec un intitulé et une pochette qui percutent. Pour l’anecdote, ce seraient les derniers mots prononcés par un condamné à mort sur la chaise électrique.  Faut-il y voir une manière de dénoncer la justice américaine ?  Peut-être toujours est-il qu’un titre de cette nature est un excellent moyen d’envoyer le bois et d’annoncer la couleur. soit, cet ensemble annoncer la couleur.

Ce retour aux sources sera même plus global tant on croit entendre à siverses reprises certains ancêtres du rock. On retrouvera la fougue de ZZ Top sur « Eagle Birds », la détente de Creedence Clearwater Revival sur « Sit Around And Miss You », l’ardeur d’AC/DC avec « Under The Gun » ou encore la folie des Rolling Stones sur « Get Yourself Together ».

Ces jolies références sont parsemées d’effluves plus ambient ou psychédéliques avec, notamment, « Walk Accross The Waters » et un clavier en fond sonore qui fleure bon la fin des 60’s façon Jefferson Airplane ou encore Jimmy Hendrix. Le duo n’en oubliera pas pour autant ses contemporains les plus proches avec un « Tell Me Lies »qui sonnera comme du Jack White.

Les douze morceaux composant Let’s Rock sont riches et prenants. La guitare à nouveau branchée et une batterie endiablée pour un retour au rock garage, bluesy qui font l’identité de The Black Keys. Une identité enfin retrouvée après une attente qui porte les plus beaux fruits.

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28 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Ausmuteants: « .​.​.​Present The World In Handcuffs »

Une fois de plus, les enfants terribles du punk australien continuent de frapper. On avait laissé Ausmuteants avec un Band of The Future des plus rutilants il y a maintenant trois années de cela. Cette année, le trio de Melbourne récidive avec un nouveau disque toujours aussi explosif nommé …Present The World In Handcuffs.

N’y allons pas par quatre chemins, Ausmuteants a décidé d’aller droit au but avec leur punk-rock incisif qui ne dépasse jamais les 2 minutes. Que ce soit « Favorite Cop », « Born Into The Badge » ou bien même « They Wanna Be Caught », le trio australien dézingue la police australienne qui abuse de leurs fonctions pour telle et telle raison. Et on n’est pas au bout de nos surprises car le groupe de Shaun Connor en balance une bonne couche avec une dose d’ironie sur « Find The Cop In Yourself », « Just Like You » sans oublier « Officer Steve ». Un bon disque pour porter haut et fort les calrons de la subversion musicale.

***1/2

28 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Night Beats: « Myth of a Man »

Night Beats est un groupe américain qui s’était jusqu’ici surtout fait connaître pour sa musique mêlant Garage Rock et Blues texan, état dont est originaire le chanteur Danny Lee Blackwel. Au fil des albums ils ont progressivement fait évoluer leur Rock terreux et énergique pour arriver à ce quatrième opus, « Myth of a Man », qui marque un tournant dans leur discographie.

Moins Blues, plus Soul, Night Beats semble avoir tourné son regard vers Nashville tout en conservant un jeu de guitare teinté de psychédélisme 70’s. A vrai dire, cet album s fait beaucoup penser à Arctic Monkeys, ou ce à quoi aurait pu ressembler son successeur s’ils étaient restés concentrés sur les guitares, notamment parce qu’il y a indéniablement quelque chose d’Alex Turner dans la façon de chanter de Danny Lee Blackwell. Une voix plutôt chaude, un petit côté crooner qui fonctionne à merveille sur des titres posés et particulièrement mélodiques tels que « (Am I Just) Wasting My Time ».

L’aisance du trio dans cet exercice de style confère à Myth Of A Man le son d’un autre temps, très 60’s à de nombreuses reprises (« Eyes On Me » ou « Stand With Me » dont l’introduction fait beaucoup penser à la version originale de « Layla »).

Ajoutons quelques titres vraiment marquants comme « Her Cold Cold Heart », le plus direct « One Thing » ou le beau final rêveur et magnifiquement orchestré qu’est « Too Young To Pray ».

Avec un pied du côté de Black Rebel Motorcycle Club, et un autre vers chez Jack Whit, voilà un bien jloli disque réalisé avec maîtrise et cœur, personnalité et complétude.

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29 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Warmduscher: « Whale City »

On a, récemment, découvert le supergroupe Insecure Men, cette fois-ci, c’est Warmduscher, un autre supergroupe qui apparait. Formé par les membres de Fat White Family et Childhood (mais comptant également les membres de Paranoid London), il effectue ici son grand retour avec son second opus intitulé Whale City faisant suite à leur Khaki Tears paru trois ans plus tôt.

Avec un line-up qui rétrécit, Warmduscher continue d’envoyer son énergie désaxé et déjanté avec ces onze nouveaux morceaux. Après une introduction nommée « Bright Lights » qui amorce le calme avant la tempête, le supergroupe fourmille de plusieurs idées comme le groovy « Standing On The Corner » comprenant une ligne de basse qui est riche en funk sur un tempo bien psychédélique comme on aime mais encore « I Got Friends » qui s’inscrit dans cette même lignée.

On notera l’interprétation bien fugace et funky de Clams Baker qui rappelle aussi bien Hanni El Khatib que des Beastie Boys qui survole les influences blues-punk de « Big Wilma » ou encore du fougueux « The Sweet Smell Of Florida » aux riffs de guitare bien gras comme on aime. Au milieu de titres rythmés, Warmduscher nous gratifie de ballades comme « 1000 Whispers » riche en écho mais encore la conclusion doucement psychédélique et rêveuse du nom de « Summertime Tears ». Moins excentrique que leur prédécesseur et leurs autres side-projects comme The Moonlandingz, Whale City définit avec brio le style musical original et le groove comme peu le savent faire.

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8 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Fist City: « Everything Is A Mess »

Le garage rock recèle parfois de belles petites pépites, quand il est mâtiné de surf-punk, c’est le cas pour le deuxième album de Fist City, Everything Is A Mess, un disque qui affiche sans états d’âme pop, puissance et détermination.

On y trouve urgence assumée (« Bad Trip » et« Hey Little Sister » qui indiquent que le combo a bien l’intention de nous vriller les tympans) ou contestation, chose qui ne peut aller que de soi avec l’éthique punk, comme sur un « Fuck Cops » qui parle de lui-même.

Venin et rage sont au programme et ne laissent aucun autre solution qu’écouter, chose que l’on retrouvait également chez leurs glorieux ancêtres, Sonic Youth. Everything Is A Mess est l’illustration sonore du chaos que nous subissons dans notre vie quotidienne ; une vie non structurée et une violence qu’on ne peut contrôlée.

Que l’album véhicule le désir d’y survivre ne rend leur fureur que plus appréciable et glorifiante.

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25 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Wax Witches: « Center of the Universe »

En dépit de l’impression qu’on peut avoir, Wax Witches est un projet solo, celui du leader de Bleding Knees Club, Alex Wall. Sorti d’une période d’ennui le pseudonyme affiché de fait pas justice à la musique car on pourrait parler, comme le fait d’ailleurs Wall, de titres lo-fi volontaites.

La véritable question est de savoir si Wall s’est trouvé dans une impasse et se voit atteint du « syndrome du deuxième album » après la sortie de Celebrity Beatings qui a connu un succès assez important. Il est vrai que les compositions étaient fun, extraverties et, la plupart du temps, habiles et, par moments, Center of the Universe semble donner l’impression qu’il s’emploie à recréer cette même vibe. Le problème c’est qu’ici il sonne comme un adolescent teigneux juste bon à débiter des chansons moyennes, affadissant plutôt qu’améliorant la manière dont elles sont délivrées.

L’album débute sur « Theme Song » ; une excellente démonstration de la façon dont on peut capter une audience avec des références aux voyages dans l’espace et autres aventures dans un titre qu, grâce à des samples et des guitares dynamiques, ne pourra pas éviter d’être comparé à un générique de « fun TV ».

Viendront également des morceaux comme « Poser », « Social Introvert » (sic!), et « Summer Sucks » et leurs riffs de guitares frénétiques sur fond de distorsion. « Twenty Sevenr » sera du même acabit musicalement mais sera une réflexion centrée sur le club de mythique « rock and roll death club ».

Sur « I’m Not Your Idol So I Shouldn’t Be Yours » on a droit à un duo vocal avec la sœur de Wall, Grace , rafraichissant par cette optique chantée mais aussi par une reverb lo-fi et un éclatant sens du funk.

Le revers de tout cela est l’impression d’une recette éculée avant d’avoir servi complètement. ON ressent ici quelque chose de compulsif et d’artificiel à reproduire une formule tout en voulant s’en éloigner. Au bout du compte on ne peut que constater que, autant Celebrity Beatings était intrépide, autant Center of the Universe joue la sécurité.

**1/2

 

18 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Tijuana Panthers: « Wayne Interest »

Les Tijuana Panthers aspirent à être considérés comme des artistes bizarres et même givrés. Ça n’est pas tant parce qu’ils s’exercent à différents genres (suf, garage, punk, pop) mais parce que leurs compositions peuvent être vraiment allumées et « fun ».

Wayne Interest confirme d’ailleurs cette image ; enregistré avec non moins que Richard Swift qui a aidé The Panthers à se lâcher de façon aussi sauvage que possible, si tant est que ça n’étais déjà pas le cas.

L’album n’a certes pas lap rétention d’aller plus loin ni de changer notre vie ; il vise simplement à nous arroser de riffs vicieux au parfum rétro, flirtant fortement avec l’énergie punk ou le garage rock et saupoudré de sessions tex-mex qui arracheraient un sourire à Tarantino.

« NOBO » est un des titres phares, évoquant un supposé artiste qui n’est qu’un glandeur et quei se moque des gens se levant tôt le matin. En accord avec le sujet, le morceau a une atmopshère remplie d’ébriété qui sait s’interroger aussi sur le style de vie du groupe avec cette phrase : « Où estè-ce que tu trouves ton argent ? »

Tiojuana Panthers ont le don de jopuer avec différents genres et Wayne Interest en est la confirmation : « Money Jar » est épicé de vocaux post-punk , « Car Crash » rappellera le doo-wop des 50’s et ils maîtrisent parfaitement la gestion du psychédélisme charmeur avec « Everybody’s Happy Nowadays ».

Confiants et assurés, ils exécutent leurs chansons le sourire aux lèvres ; celui-ci devrait être contagieux et ne pas nous empêcher de déguster ces moments.

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12 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Black Keys: « Turn Blue »

 

Le panache, plus ou moins provocateur, est un trait depuis longtemps associé au rock and roll. De là dérive cette assomption que les rockers sont plutôt « virils ».

Pourtant malgré le succès de El Camino en 2011, les innombrables apparition à la télévision et le succès planétaire de leur single « Lonely Boy », The Black Keys semblaient toujours un peu émasculés. Certes Dan Auerbach pouvait multiplier les riffs comme un malade et hurler tel un loup à la nuit mais son partenaire, Patrick Carney, avait tendance à se monter modeste et discret.

Turn Blue aura déjà un mérite, mettre fin à cette idée. Enregistré au Sunset Sound Studio de Hollywood il s’affiche non plus comme la Plymouth Grand Voyager que le duo avait mis sur la pochette de El Camino mais plutôt comme une scintillante Lamborghini peinte en jaune vif.

Le disque est luisant, il est fluide et sophistiqué et The Black Keys sont suffisamment malins pour utiliser toutes les recettes qui peuvent leur tomber sous la main.

 

Le « single » « Fever » affiche un rythme disco à la pulsation infatigable à un « In Time » semble avoir emprunté à la synth-pop de Charli XXC (en particulier au chorus de « I Love It ») jusqu’à la chanson titre, un soft-rock salace, qui montre que Turn Blue affiche le son d’un groupe qui semble avoir toutes les clefs en main.

La mot résumant le tout restera le « feeling » car le disque est également un album cqui brouille les pistes. On y trouve peu de ce blues rock décharné qui les a rendus célèbres hormis sur « It’s Up To You Now ». Un morceau comme « Wainting On Words » pourrait figurer sur un album de Robbie Williams et le titre terminant Turn Blue, « Gotta Get Away » pourrait presque passer pour du Elton John. Pour terminer le panorama on trouvera de la disco avec « Year In Review » et un « In Our Prime » dont l’humeur est aussi changeante que celle d’un ado caractériel.

Quelques touches de synthés sont sans doute liées à la collaboration de Danger Mouse, bref Turn Blue se veut un attrape-tout qui baignera dans un climat enfiévré et ensoleillé. On peut y voir un disque californien par essence mais actualisé et sensible aux nouveaux sons. Il en cultive le côté « laid back » mais sait parfaitement le parsemer de ces grains plus épicés hérités de la « club scene ».

***1/2

12 mai 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire