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Apoptygma Berzerk: « SDGXXV »

Il y a un peu plus de vingt-cinq ans sortait Soli Deo Gloria, premier album d’Apoptygma Berzerk : encore marquée par de fortes influences EBM, la musique composée par Stephane Groth représentait alors un premier pas vers quelque chose de plus clair, plus dansant, que l’on appellera plus tard future pop. SDGXXV est donc un album anniversaire, qui se veut commémorer les débuts d’une formation devenue mythique depuis.
Il est vrai qu’en un quart de siècle, beaucoup de choses ont changé et après une réécoute à froid de
Soli Deo Gloria, le constat est quand même assez net : tout cela n’a pas forcément bien vieilli, certains synthétiseurs affichent leur âge, et la production manque d’ampleur…  SDGXXV offre dix-huit remixes rendant non seulement hommage à l’œuvre originale, mais qui permettent en plus de lui redonner une forme d’actualité. « Sacrilège » diront certains, mais le résultat mérite pourtant largement d’y prêter l’oreille.
Dans « Like Blood From The Beloved (Part 1) », Steven R Sellick donne ainsi au morceau une profondeur sans précédent, débarrassé de l’ambiance Bontempi d’il y a vingt-cinq ans, déployant une ambiance nettement plus futuriste que l’original.  Cette remise à neuf se fait d’autant plus sentir sur « Burning Heretic », avec des beats d’une ampleur qui manquent clairement dans la production d’époque, et un parti pris très EBM. On retrouve globalement cette excellente production sur la globalité de cette collection, ce qui lève un jour nouveau sur ce
Soli Deo Gloria, qui fut quand même un très bon album.

« Backdraft » nous est proposé dans deux alternatives, une première assez fidèle mais modernisée en provenance de « The Invicible Sprit »,  et une version plus dancefloor, un brin répétitive, remixée par Codex Empire. Tandis que « Stitch » est présent trois fois sur l’album, carrément, dans une version très dark electro par Crono Titan, puis dans une interprétation assez fidèle et minimaliste par Clock DVA, et enfin une version lourde et industrielle par Patched & Processed. Il est du coup étonnant de ne trouver qu’un seul remix de « Bitch », hante le dancefloor dans toutes les bonnes soirées dark, mais peut-être est-ce tout simplement que le morceau d’origine n’a guère besoin de replâtrage. Substaat s’y essaye ici avec une certaine réussite, sans vraiment s’éloigner de l’original… Et c’est au final ce qui ressort de l’ensemble : rien de bouleversant, on est en terrain connu d’un bout à l’autre.

Comme annoncé plus haut, cet album se veut un hommage, pas une révolution. En ce sens, SDGXXV s’adresse aux fans, qui écouteront avec plaisir ces excellentes réinterprétations de leurs morceaux favoris, tandis que la remise au goût du jour des sons pourra peut-être aussi attirer de nouveaux auditeurs rebutés par l’âge de l’œuvre originale.

***1/2

14 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire