No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Pond: « Hobo Rocket »

Nick Allbrock et son groupe, Pond, sont des mêmes origines, géographique et musicale, que le Tame Impala de Kevin Parker.

Hobo Rocketest, par conséquent, un disque « free form » où la béatitude va côtoyer l’expérimentation sonique avec un irrévérence totale à ce qui pourrait s’offrir à nos oreilles (le culte de l’intégrité artistique) mais aussi la volonté de nous la faire partager (on ne peut pas ne pas communiquer- ici communier- comme on dit).

Le fait que Pond et Imapla de soient développés à travers les mêmes courants montent alors que les mouvements des premiers ont une similitude presque incestueuse avec ceux de Parker. Parfois on se demande même quel groupe joue sauf que la difference notoire tient da,s le fait que Pond est un groupe presque « heavy », un peu de la même manière que les dernières manifestations de Flaming Lips ou les premières occurrences de Black Sabbath ou King Crimson l’étaient.

On pourrait comparer le son de « Giant Tortoise » à celui de Robert Fripp et Adrian Belew en pleine jam session avec Mogwaï par exemple, un morceau comme « Whatever Happened To The Million Head Collide? » est une jolie petite incursion dans un kaléidoscope où les Butthole Surfers se seraient acoquinés avec Deep Purple et « O Dharma » mâtinera Damon Albarn avec Queen avant de convoler avec un Gruff Rhys rejoint par Mercury Rev.

Hobo Rocket, tout « blissful » qu’il se veut, n’est pas dépourvu d’une intensité plus sombre. « Aloneaflameaflower » évoquera ainsi Cure et Bauhaus tout comme « Midnight Mass At The Market Street Payphone » marquera sa différence avec d’autres groupes qui se contentent d’émuler note par note leurs influences en parvenant, eux, à les dépasser. Il y a chez Pond une sorte de « freak out » que Frank Zappa n’aurait pas dédaigné et ça n’en est que pour le mieux. La chanson-titre sera, à ce propos, un « stomper » plus hawkwindien qu’Hawkwind lui-même tan,t il est parcouru par des divagations vocales qui semblent incohérentes.

Que dire de plus si ce n’est que Pond rockent pour leur plus grand plaisir, et qu’au fond d’eux-mêmes ils se contrefichent de ce qu’on pourrait en penser.

★★★½☆

5 septembre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Mogwai: « A Wretched Virile Lore »

https://i0.wp.com/www.soul-kitchen.fr/wp/wp-content/uploads/2012/10/mogwai-a-wrenched-virile-lore-215x215.jpgMogwai n’est pas un groupe pingre si on compte le nombre d’albums, de E.P.s et les « live » qu’ils ont sorti. Ce nouveau disque est un peu particulier dans la mesure où il s’agit de « remixes » des titres de leur dernier opus Hardcore Will Never Die, But You Will, mais ceux-ci ont été remaniés par des artistes qu’ils ont eux-mêmes sélectionnés.
A Wrenched Virile Lore est une «  vraie  » compilation de morceaux remodelés de façon exhaustive, si bien que certaines se monternt totalement émancipées des versions originales. Le choix n’ayant pas été d’émuler systématiquement Mogwai, et ce souvent avec bonheur, cela démontre à quel point la musique de nos Écossais peut être malléable et transposable dans d’autres styles que le son post-rock qui les caractérise.
Quelques artistes vont s’employer ainsi à explorer d’autres univers et à donner à certains titres une dimension spatiale (le synthé froid et le vocoder sur « 
White Noise » interprété par Cyclob), hallucinogène parfois (« How To Be A Werewolf » par Wander Harris), futuriste (« Letters To The Metro » signé Zombi), fragile (l’audacieux et délicieux remix de « Mexican Grand Prix » interprété par RM Hubert) ou mélancolique (un délicat « Too Raging to Cheers » servi par Umberto).
Il va de soin que la conséquence en est des remixes de prime abord assez surprenants et il faut parfois une certaine accoutumance pour les apprécier. Il faudra ainsi un peu de temps pour entrer dans la version planante et légère de « 
George Square Thatcher Death Party » délivrée par Justin K Broadrick ou dans celle, tech-hardcore et invraisemblablement survoltée, de « Rano Pano » livrée par Klad Hest . Toutes ces versions ne procureront pas une adhésion sans limites mais elles sont, la plupart du temps, incontestablement singulières et originales à l’image des concepteurs dont on voit que ça n’est pas le hasard qui a fait que Mogway les sollicite.
La construction, la matière et la versatilité des effets produits nous prouve, si tant est qu’on en avait besoin, que la musique des Écossais est bien plus qu’une progression d’accords sonores et bruitistes mais qu’elle est, au contraire, plus complexe et structurée qu’on pourrait le croire. 

Ces « remixes » sont, finalement, les bienvenus puisqu’ils permettent de réévaluer la musique de Mogwai et même de la révéler. On comprend finalement en quoi la démarche du groupe est cohérente, y compris dans cette manifestation qui nous est proposée.

3 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , , | Laisser un commentaire

Clinic: « Free Reign »

https://i0.wp.com/cdn.pastemagazine.com/www/articles/clinic-free-reign.jpg

En donnant un titre comme Free Reign à ce huitième album, en l’illustrant par une pochette pour le moins labyrinthique, il est clair que Clinic a pour volonté de s’affranchir de tonalités qui lui étaient propres mais qui, à l’instar de Bubblegum sorti en 2010, s’avéraient quelque peu répétitives.

Le changement se perçoit déjà dans la façon dont le groupe aborde ses compositions, assez variées, mais surtout en leur accordant une attention plus conséquente avec des titres qui atteignent souvent les cinq minutes et surtout l’agencement dont elles bénéficient. Celui-ci est fait de versatilités, de cette impression d’espace dans lequel on leur permet de respirer, de s’étendre mais sans se répondre.

« Cosmic Radiation » en est un exemple avec ses brisures et ses « freak out » sans que pourtant la ligne de crête mélodique ne soit égarée, et, même quand « Misty » introduit Clinic avec un schéma répétitif assez familier, la précision harmonique, la clarté des arrangements et des vocaux enveloppants en font, telle une courroie d’entrainement, un facteur d’adhésion, plutôt qu’une mécanique constamment huilée mais purement robotique.

Il en est de même pour un « Miss You » à la structure foncièrement identique mais, cette fois-ci, le groupe choisit une optique plus bruitiste avec feed back, voix désincarnées limite saturées et distortion qui, ce faisant, autoriser l’oreille à épouser non seulement un rythme mais toutes les ramifications que le traitement musical suggère.

« For The Season » juxtaposera avec pertinence saxo jazzy et climats chuchotés et presque rupestres et, sur un mode identique, un titre comme « You » aura toute latitude pour s’étendre avec une rythmique trottinante ponctuée d’effets spéciaux (entre autres un ocarina) lui servant de paysage sonore comme le ferait une toile de fond.

Au bout du compte, Free Reign s’avèrera un effort qui pourra satisfaire les fans habituels (« King Kong » est un mantra qui pourrait facilement infuser un effet de transe) mais qui devrait surtout lui permettre d’élargir sa base sans que l’on puisse lui reprocher une quelconque compromission.

3 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , | Laisser un commentaire

Pond: « Beard, Wives, Denim »

Quand on sait que Pond est un trio dont deux des membres jouent avec Tame Impala, on ne peut que s’attendre à des connotations psychédéliques. Ils y ajoutent néanmoins des tonalités très « free form » qui leur sont propres et avec Beard, Wives, Denim sorten tun quatrième album qui n’a d’ailleurs pas failli voir le jour et sur lequel leur nouveau label Modular s’est empressé de sauter.

L’analogie avec Tame Impala est évidente (mêmes articulations sur plusieurs couches musicales) mais l’entité Pond semble être plus désireuse d’expérimenter et de créer un son plus riche et, par conséquent, générateur d’émotions plus vives.
Cet esprit vient de leur choix d’espace d’enregistrement, une ancienne ferme située dans la campagne de l’Australie occidentale.
Beard, Wives, Denim se montre ainsi très versatile – un peu comme si le lieu privilégiait ce désir d’opérer sur le mode des « jam sessions » – et, sans que cela semble artificiel, virevolte de moments aussi frénétiques que le bruit d’un équarrisseur broyant tout sur son passage à de délicats interludes vocaux censés apporter accalmie dont on sait pertinemment qu’elle ne sera que toute provisoire.

«  Fantastic Explosion of Time » titre plein d’énergie (les Stooges rencontrant les Kinks) invite l’auditeur à être témoin de chorus endiablés se décomposant ensuite en éclats de guitare plus que « space ». Mêmes déferlements sur « Leisure Pony », « Elegant Design » ou « Moth Wings » alors que, a contrario, les percussions de « Sun and Sea and You » muterontnt avec fluidité d’un hymne triomphal en un développement suave avant que des riffs chaotiques inattendus prennent le pas et semble engloutir ce qui précédait. Dans l’arsenal de la « psychedelia » il ne faudra pas non plus omettre les rires et fragments de conversation ; ceux-ci sont abondamment utilisés sur « Dig Brother », mais jamais ils n’apparaitront comme une pièce rapportée et n’entameront donc pas l’aspect corrosif du morceau.
On ne peut pas non plus passer sous silence les longues parties instrumentales sur lesquelles le trio s’appuie avec bonheur en particulier quand il se promène dans le registre atonal, voire dodécaphonique (« Sorry I Was Under The Sky »).

Des voix feutrées mais chevrotantes, des accords désincarnés et tremblotants servent ainsi de toile de fond judicieuse à un « Mysrery » qui évolue alors entre climats cotonneux et feedback et fuzz radiocatifs. Ça ne sera, au bout du compte, que sur le dernier titre de l’album que l’on trouvera une unité de ton, l’acoustique et dépouillé « Blend Moreno » remplira alors son rôle de voie de sortie pour un disque que MGMT (avec qui Pond a tourné) doit regretter ne pas avoir réalisé.

Entre Tame Impala et Pond, on a au fond la rivalité de deux frères, une route parallèle dans laquelle le dernier, plus jeune, semble résolu à apprendre au travers de ses erreurs ; il n’en rendra que plus essentielle la possession de leurs deux derniers albums.

28 novembre 2012 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire