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Meitei: « Komachi »

La musique du japonais Meitei se nourrit des traditions de son pays mais aussi de sa modernité, alliant références aux mangas et à l’ambient abstraite, gorgés de poésie et de délicatesse bucolique.

Komachi est un hommage à sa grand-mère, décédée à l’age de 99 ans, porteuse d’histoires à jamais emportées avec elle, dernier lien entre ce qui fut et ce qui reste, jardins auréolés de mélancolie vaporeuse et de matière impalpable.

Meitei s’inscrit dans la grande tradition des créateurs de mondes oniriques, habités de créatures fantastiques, êtres surnaturels surgissant des profondeurs d’une nature mutante aux clairs-obscurs envoutants, où chaque note, chaque rythme est une ombre qui se déplace dans l’esprit de forêts ancestrales.

La beauté sait se faire discrète pour subjuguer nos sens sur la longueur, dévoilant ses multiples facettes à travers le jeu de miroir ensorcelants.

****1/2

24 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sandro Perri: « Polmo Polpo »

Polmo Polpo c’était un drôle de nom pour un groupe post-rock dans lequel oeuvrait le Canadien Sando Perri , un drôle de nom sous lequel on a découvert Sandro Perri à l’aube des années 2009. In Another Life n’est ni plus ni moins que son quatrième album solo : aventure qu’il poursuit ici sur un registre toujours aussi intimiste.

Stuart Staples, il n’hésite pas à étirer les morceaux, à se laisser embarquer dans des compositions aux allures folktronica ambient dont l’atmosphère rappellera à la fois les musiques de Brian Ferry ou David Sylvian.

Sandro Perri nous offre là quatre ballades amoureuses d’un raffinement absolu où la simplicité et sophistication se conjuguent avec talent. Un petit bijou miraculeux.

****

23 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

The Low Anthem: « The Salt Doll Went to Measure the Depths of the Sea »

On a rarement, entendu pop aussi délicate que celle de The Low Anthem en ce début d’année 2018. 5e album du groupe, The Salt Doll Went to Measure the Depths of the Sea renvoie à Bon Iver et autre Sufjan Stevens, avec cette même fragilité dans les mélodies et les refrains, cette même douceur dans le phrasé et dans les voix, cette même application à ne froisser aucune note, à toujours aller vers plus de candeur et de beauté discrète.
Entre arpèges de guitares, sonorités électroniques, piano et arrangements légers mais superbes, le groupe américain signe là un disque de folktronica brillant, sans doute son plus bel album à ce jour, en tout cas le plus touchant, le plus vibrant.
***1/2

16 octobre 2018 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Tuung: « Songs You Make At Night »

Le collectif londonien Tuung est l’ensemble le plus emblématique du « folktronica » un genre qui combine guitares acoustiques délicates et electronica immaculée. Le combo officie dans ce registre depuis le début des années 2000 et son dernier album, Songs You Make At Night, voit le combo se reformer avec son line-up original et le retour de l’un de ses membres, le compositeur Sam Genders qui avait poursuivi une carrière solo l’espace d’un an.

Le groupe renoue ici et de manière confiante, avec l’excellence , à savoir folk discrète et programmation studieuse des éléments électroniques. Le groupe est, en effet, à la fois traditionnel mais également mû par une volonté d’aller de l’avant. Leur mode de composition sera donc fait de six cordes en finger picking qui puissent au plus loin dans l’histoire du folk britannique tout en tentant de donner une résonance plus moderne en saupoudrant leur répertoire de samples qui ne risqueraient pas de froisser une oreille habituée à Radiohead ou Blur.

Le groupe est toujours aussi habile à trouver un équilibre entre ces deux pôles et à peaufiner de somptueuses chansons folk et à les décorer d’arrangements électroniques qui les embellissent encore plus (« Crow », « Battlefront » ou un superbe « Evaporate »).

L’autre versant, les titres les plus axés sur l’electronica restent fermement directs et immédiats et ce, grâce au travail vocal  en falsetto clair et sans prétention de Genders et Becky Jacobs.

Bien qu’il soit dépourvu de passages réellement mémorables et de morceaux qui vous impactent véritablement, Songs You Make At Night est un opus où textures et dynamique excellent : chaque item est minutieusement mis en place, tel un travail d’horloger dont le fruit serait des guitares qui s’entremêlent aux percussions et aux guitares.

Il ne faudra pas non plus négliger le rôle de Phil Winter aux samples dans la coloration globale de l’album, une tonalité à la fois tactile, aérienne et organique qui n’est pas pour rien à véhiculer un charme tout britannique au disque. Tuung s’est taillé une niche dont il est le précurseur et la référence ; le folk pastoral ensoleillé et rural du 21° siècle, un siècle qu’on imaginerait volontiers ainsi tapissé.

****

16 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Mark Kozelek & Jimmy Lavalle: « Perils from the Sea »

Perils From the Sea est censé constituer un effort collaboratif entre Mark Kozelek (Sun Kil Moon, Red House Painters) et Jimmy Lavalle (Album Leaf). Elle est construite très simplement : le slow core « folktronica » des RHP sur lequel Kozelek fonde ses ruminations et Lavalle qui y a imaginé un nouveau décor (lignes de synthés, rythmiques bricolées, accords de guitares mélancoliques).

Autant le dire, le résultat est frustrant et monotone. Le slow core omniprésent est un rempart contre toute implication qu’on pourrait avoir car tous les éléments sont retranscrits de façon linéaire comme s’il s’agissait de résister à tout changement.

Les fans des Red House apprécieront cette plongée nostalgique à condition de s’ouvrir à l’électronique de Lavalle ; les autres devront endurer cette rigidité minimaliste sur des titres s’étalant autour de huit minutes.

La métamorphose de Kozelek est assez peu réjouissante tant il est passé d’un folk passionné et aux superbes arrangements à une remise en cause de sa carrière précédente dont il s’est moqué à force d’auto-effacement plutôt que d’auto-référencement. Sur Perils from the Sea il n’y a pratiquement aucun « songwriting » et les histoires sont récitées comme s’il s’agissait de vulgaires anecdotes. Les mélodies, simplistes, dirigent le rythme et elles progressent labirieusement au travers de la nonchalance que leur imprime Lavalle. Parties sont les lignes de guitares mélodieuses et aucune connexion semble ne s’établir entre les deux artistes. Au total, cet album est comme une feuille de papier scindée en deux et sur laquelle chacun aurait écrit des parties différentes ; on était en droit d’attendre mieux de ce qui affirme être une collaboration.

★★☆☆☆

9 décembre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire