No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Lumineers: « III »

Vraie sensation aux États-Unis ce groupe de tendance folk-rock effectue ici son retour. Pour son disque sobrement intitulé III” les Américains racontent une histoire où, formellement, chaque morceau sera accompagné d’un clip, formant un long-métrage relatant l’histoire d’une famille à travers différentes générations. Le film a d’ailleurs été entièrement diffusé lors du Toronto International Film Festival.

Le cœur de l’histoire est celui d’une famille de la classe moyenne et le disque va se diviser en trois chapitres. Le disque se divise en trois chapitres, le premier se consacre à Gloria Sparks. Et il est fait d’une entrée en matière tout en douceur avec « Donna » ; un piano entêtant qui nous embarque immédiatement dans une atmosphère mélancolique. Cette première partie relate l’histoire d’une mère addict, avec des paroles plus sombres que ce que l’on a pu connaître de la formation auparavant. La chanson « Gloria » signera la fin de cette partie de concluant sur la fuite du personnage.

Suivra un bond en avant on se se retrouvera ensuite aux côtés du petit-fils, Junior Sparks. Jeune homme qui vit sa première rupture et il habite avec un père violent. Encore une fois, les textes sont plus durs, notamment sur « Leader Of The Landslide » où il est question de folie et d’alcool et, là encore, le dénouement se résoudra par une fuite.

L’ultime chapitre fait référence au père de Junior, Jimmy Sparks. Le début de son histoire, « My Cell », est probablement la plus jolie ccomposition de l’ensemble. Elle véhicule un climat un sentiment fataliste, que le fond de piano rendra encore plus prégnant. Son histoire est claire : le fils de Gloria a suivi le même chemin. Le dernier titre « Salt And The Sea »est révélateur :le sel et la mer doivent cohabiter et l’un ne peut se passer de l’autre.

Ce projet, sur fond de folk, est certes nouveau mais on y retrouve ce qui fait la particularité de The Lumineers : la voix cassée, parfois poussée et accompagnée de choeurs de Wesley Schultz, la guitare rythmée, les notes au piano. Si l’atmosphère est plus lourde par rapport à ce à quoi le groupe nous a habitués, on retrouve la patte des artistes. C’est le cas sur « Gloria », qui fait référence à une femme alcoolique, mais qui repose sur un instrumental reconnaissable entre mille.

Cerise sur le gâteau, III comprend trois titres bonus. Des morceaux assez diversifiés, quipermettent de terminer l’écoute sur une note plus colorée, comme « Soundtrack Song ». Une bonne façon de conclure une œuvre qui marque un tournant dans la carrière de The Lumineers. Loin de se reposer sur ses lauriers, The Lumineers frappe un grand coup et nous emmène dans une histoire atypique qui devrait lui permettre de renconter un plus large public.

***1/2

17 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Duncan Evans: « Prayers For An Absentee »

Le seul titre de gloire de Duncan Evans est d’avoir, sous le pseudonyme de Henry Hyde Bronson, joué dans A Forest Of Stars. Prayers For An Absentee est son deuxième album solo, faisant suite à Lodestone publié en 2013, alors qu’il faisait encore partie de AFOS.

Prayers Of An Absentee se présente plutôt comme une collection de huit chansons Folk Rock finement ciselées. Chacune possède sa propre identité, liées par une voix dans les fréquences médium et légèrement maniérée. Il se dégage de l’ensemble un feeling 70’s, lorgnant parfois vers les 80’s. Les mélodies ne sont pas tape-à-l’oeil, que cela soit au niveau musical ou vocal et, étant conscient que sa vioix n’est pas son meilleur atout, il ne la force pas, préférant miser sur les modulation et l’émotion même si, parfois, cela peut être surjoué (le refrain de « Us And Them And You And Me »). Le premier nom à venir à l’esprit sera à cet égard, celui de Nick Cave, du fait de la chaleur du timbre, enveloppant.

La guitare, électrique ou acoustique, mène la danse, les titres sont plus longs que les standards, habituels ; on tourne quasiment systématiquement au-delà des 5 minutes, avec des structures simples, des refrains facilement identifiables, même si il y a peu de chance qu’on puisse s’y identifier. Les arrangements sont discrets mais bien présents, claviers, chœurs, chant féminin… Sur « Trembling », les compteurs s’emballeront et l’influence Prog Rock seventies se era sensible, avec un long solo de guitare final, rappelant à la fois « Freebird » ou « Hotel California ».

Prayers For An Absentee n’est clairement pas l’album de l’année, mais il est le reflet de la passion qui anime Evans. À défaut d’être d’une originalité folle ,il aura le mérite d’être sérieusement et honnêtement excécuté.

***

7 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Altin Gün: « Grece »

L’orchestre néerlandais Altin Gün (« Âge d’or » en turc) ne sonne comme personne d’autre — en tout cas personne d’autre en 2019, puisque ses fondateurs professent allègrement leur fascination pour la scène folk/rock psychédélique turque des années 1960 et 1970, à nouveau émulée sur ce deuxième album.

Et c’est du bonbon pour les oreilles et les mollets : leur rock dégoulinant plonge aisément dans le funk psychédélique, voire le disco sur le premier extrait, Süpürgesi Yoncadan, où s’illustre le chanteur, claviériste et oudiste (sa version turque est un saz) Erdinç Ecevit.

On préférera encore les pépites interprétées par la Stambouliote d’origine Merve Dasdemir, resplendissante sur la mélancolique « Leyla », endiablée sur le funk frénétique « Soför Bey », spirituelle sur la ballade « Derdimi Dökersem » qui souligne la dimension folk de leur répertoire.

***

6 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Strumbellas: « Rattlesnake »

Avec ce quatrième album, les folk rockeurs canadiens ont voulu offrir un ensemble de chansons chargées en optimisme sur un Rattlesnake qui résente neuf morceaux. Après trois ans d’attente depuis Hope sorti en 2016 on aurait pu s’attendre à un nombre de titres plus important. Pas d’inquiétude pourtant, le choix qualitatif est, ici intelligent et ecteur de riches émotions.

Un changement de direction par rapport aux anciens albums est à constater. Le dernier arrivant est moins sombre que ses aînés. Un léger tournant qui n’a rien de surprenant et qui avait déjà été initié lors des plus récentes sorties comme dans « Salvation », le premier titre a avoir été dévoilé. Insouciant et plein d’espoir, il représente bien l’esprit de Rattlesnake. Les morceaux s’enchaînent et il est difficile de ne pas les accompagner en entonnant cs refrains.

Alors que l’entame est prpice à la danse, la fin sera un peu plus calme. Chaque chanson sera différente, certes, mais l’atmosphère enthousiaste restera la même : des mélodies qui mettent en valeur chaque instrument, des arrangements qui véhiculent sentiment de plénitude avec des morceaux comme « I’ll Wait » ou « All My Life ».

Sincères dans leurs mélodies, les Canadiens le sont aussi dans leurs textes. Entre chansons d’amour et celles qui donne du courage, il y a de quoi faire plaisir aux fans de folk rock ensoleillé. L’entraînante « Running Scared (Desert Song) » est sûrement celle qui entre le plus dans la tête, « We All Need Someone » est une chanson douce et remplie d’amour, « We Were Young » provoquera un sentiment de nostalgie, et « One Hand Up » sera le titre pop par excellence alors que « High » transfigurera le tout en se métamorphosant en meilleure chanson idéale qui aurait opu être tirée d’un film.
The Strumbellas peut être fier de l’hatmonie dont Rattlesnake fait preuve ; fait pour rassembler et partager, il est maintenant certain que tout le monde sera à même de chanterad’une seule voix ces morceaux quand il sera question de concerts.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tiny Ruins: « Olympic Girls »

La genèse de Tiny Ruins est un projet en solitaire solitaire, celui d’Hollie Fullbrook, artiste britannique vivant en Nouvelle-Zélande.Elle y est escortée de  Cass Basil (basse), Alex Freer (batterie) et Tom Healy (guitare) qui assistent la jeune femme depuis son « debut album » un  Some Were Meant For Sea plutôt folkqui a a laissé place, ensuite, à des ambiances plus contrastées sur Brightly Painted One.

Tiny Ruins  essaie, sur ce troisième opus, à trouver un équilibre qui caractérise aujourd’hui sa musique, entre pénombre et rayonnement intense. C’est donc dans la continuité que s’inscrit Olympic Girls, un troisième album où l’acoustique des débuts semble arriver à un stade plus abouti avec l’espoir de situer le combo dans les hautes sphères du folk-rock international.

Cinq ans séparent ce nouvel enregistrement du précédent, pourtant Hollie Fullbrook est loin d’être restée inactive. La chanteuse a d’abord collaboré à New-York avec une légende de la « Kiwi Pop », Hamish Kilgour (cofondateur de The Clean avec son frère David), pour un mini-album à la beauté abrupte (Hurtling Through). C’est ensuite David Lynch, fan auto-proclamé de Tiny Ruins, qui a enregistré et produit le troublant « Dream Wave », un single figurant dans la bande originale du troisième volet de Hunger Games supervisée par Lorde. Des tournées à travers le monde en compagnie de Calexico, Sharon Van Etten ou The Handsome Family ont enfin permis aux membres du groupe de gagner en assurance et en cohésion. Là où trois petites semaines de travail avaient suffi à mettre en boîte Brightly Painted One, la formation d’Auckland a dédié une année entière à l’élaboration de cet Olympic Girls que précède une réputation particulièrement flatteuse.

Figure de proue du renouveau folk féminin néo-zélandais avec Nadia Reed et Aldous Harding, Hollie Fullbrook trouve ici le cadre instrumental parfaitement adapté à ses mots tranchants et sensibles. D’une nature vulnérable propre à cette catégorie de singers-songwriters traumatisés par les œuvres de Leonard Cohen et Nick Drake, l’écriture écorchée de Tiny Ruins se révèle, ici, encore plus aventureuse.  Ainsi, une guitare électrique vient régulièrement troubler le calme apparent des lieux, et esquissant d’audacieux motifs redevables au folk-rock anglais d’autrefois. Parfois mystérieuses (« Holograms »), occasionnellement fantaisistes (« One Million Flowers »), régulièrement mélancoliques (« School Of Design) », ces chansons ont enfin le souci permanent de l’a justesse (le melloton de« Kore Waits in the Underworld »). Avec Olympic Girls, Tiny Ruins semble plus que jamais parée pour décrocher lune médaille qui ne serait ni en bois, ni en chocolat mais sur une des plus hautes estrades.

***1/2

31 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Steve Gunn: « The Unseen in Between »

Le folk-rock a généré un tel nombre d’artistes au cours des âges, entraînant un manque flagrant d’originalité dans de nombreux cas, qu’on est souvent méfiant à l’idée d’en découvrir un de plus. Le plaisir est donc décuplé lorsque ce préjugé est invalidé par l’une ou l’autre perle rare : Steve Gunn qui, dans le cas présent, nous offre un très bel album introspectif.

Bien que l’auteur-compositeur de Philadelphie en soit à une demi-douzaine d’albums, on constate à chacune de ses parutions un sens du renouvellement qui lui permet d’éviter de ressasser ad nauseam une formule éculée.

En effet, en émaillant sa musique d’influences free jazz, blues et psyché, Steve Gunn va au-delà des genres. Avec Tony Garnier à la production (le bassiste de Bob Dylan), Gunn s’inspire ici de mélodies répétitives aux consonances africaines (« New Familiar » ou emprunte ici des instrumentations americana rock FM (« Lightning Field », « Vagabond ») ou remanie là une pureté folk pour ensuite la sublimer (« Luciano ») « Morning is Mended » lui, nous baignera dans une lumière soyeuse et opèrera comme une sorte de rappel en approchant la fin de l’album. Le tout culminera ainsi grâce à la voix du guitariste, une lassitude simple et tranquille générant quelque chose de mystérieux et, en même temps, rafraîchissant.

Trois ans après l’excellent Eyes On The Lines, The Unseen in Between est le fruit d’un artiste curieux et humble qui assemble à sa façon ses influences variées. Et comme toujours dans des cas comme celui-ci, la qualité est là et bien là.

***1/2

21 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Jennifer Castle: « Angels Of Death »

Interprète, parolière, compositrice de talent, Jennifer Castle construit son corpus chansonnier depuis plus d’une décennie. Elle propose une approche country folk, parfois mâtinée de gospel, toujours inscrite dans cette esthétique éprouvée sur toutes les terres de l’Amérique en plus de prêter sa voix à des projets ou groupes fort différents de son approche.

Le thème central de cet album est la mort, ses implications sur le comportement humain, l’humeur, la mémoire, la spiritualité, ou même les effets de la disparition d’autrui sur le processus de création.

Superbement écrits, les textes ici chantés expriment des réflexions sans prescrire, reviennent sur des épisodes autobiographiques – dont la mort de sa grand-mère pendant qu’elle tournait aux États-Unis.

Dans le sillon de Dylan et Cohen, la poésie chansonnière de la Torontoise peut aussi évoquer les écritures sacrées en guise d’ornement littéraire et non de croyance affirmée.

Élégamment, poétiquement, la chanteuse passe en revue les étapes du deuil (choc, douleur, dévastation, colère, tristesse, dépression, acceptation), dépeignant un univers bien personnel autour du décès des vivants, carburant fossile d’une pensée créatrice.

***1/2

5 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Anna St. Louis: « If Only There Was a River »

Nous voilà devant un chant incantatoire. Avec sa voix lâche et pleine de groove son « fingerpicking » attentif et l’entrelacement délicat de ses mélodies très folk-country américain (mais jamais plaquées), Anna St. Louis pourrait être une sorcière nomade qui s’arrêterait, avec sa monture, pour faire irradier la chaleur sèche d’un feu de camp du Midwest.

If Only There Was a River, premier album de la musicienne du Kansas désormais installée à Los Angeles, fait à la fois ancien et moderne dans sa manière de manier le folk. Anna St. Louis chante en boucles et en itérations un croisement de solitude, d’apprivoisement, de désir et de liberté, qu’on pourrait comparer à un amant — irrésistible, mais prompt à se dérober.

Âme souple et agile ;alors qu’on s’imaginait une simplicité sobre, ses mélodies prennent soudain flamme et corpulence : des tambours (« The Bells »), des violons (« Water) », de la guitare électrique (« Wind »), même du wurlitzer (« If Only There Was a River ») forment une matière soyeuse et confiante, juste assez audacieuse. Un ravissant début.

***1/2

21 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Lucy Dacus: « Historian »

Lors de l’été 2016, lorsque No Burden a été lancé, beaucoup de personnes se sont extasiées sur Lucy Dacus une auteure-compositrice-interprète originaire de Virginie et n’ayant à l’époque que 22 ans.

Historian, son deuxième opus, nous propose de revisiter l’histoire et le fait de splendide manière, en restant fidèle à son héritage folk-rock mais en le réinventant d’une façon toute personnelle.

L’artiste nous confie ses désillusions amoureuses et son désarroi face au manque d’empathie qui caractérise aujourd’hui les relations humaines. Musicalement le répertoire est celui de chansons douces amères.

On pourrait rester à la surface d’une observation superficielle si on mésestimait le subtil travail de réalisation effectué sur ce disque, particulièrement au niveau des arrangements qui prennent tout leur sens au fil des écoutes.

L’explosivité d’un titre comme « Timefighter » est, à cet égard, éloquente. En outre, on ne pourra que noter at acquiescer à une alternance entre l’intense et le paisible, entre « le chaud et le froid », qui fait de ce Historian une parution déjà essentielle de l’année. Parmi les meilleurs morceaux de cette émouvante création, on prêtera l’oreille à l’introductive « Night Shift » qui, à la mi-parcours, retentit irrésistiblement. Les sonorités, aux accents délicatement soul, dans « Addictions » capteront, de leur côté, l’attention tout comme le mélange cordes et guitares de « Nonbeliever ».

Lucy Dacus se montrera bouleversante avec un hommage à sa grand-mère décédée sur « Pillar Of Truth » et conclura en beauté avec un « Hisorians » pourvoyeur de ces frissons sarcastiques lui permettant de nous envelopper dans un « I am at peace with my death ! I can go back to bed ».

Voilà une artiste est d’une franchise confondante. Avec de simples morceaux rock, juste assez soignés, juste assez stipatouillés elle s’élève aisément au-dessus de la mêlée. Lucy Dacus a choisi le folk rock afin d’en découdre avec le virilisme d’une autre époque et ainsi passer d’importants messages sociaux et politiques. La démarche est tout à fait admirable et il est chaudement conseillé de suivre sa trajectoire.

****

19 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Okkervil River: « In The Rainbow Rain »

In The Rainbow Rain présente la nouvelle mouture de Okkervil River puisque c’est le premier album sorti par son leader, Will Sheff avec les nouveaux musiciens qui l’ont accompagné depuis 2017 quand il a commencé à ouvrir pour le tournée de The War on Dugs.

Cette collaboration n’est pas étrangère au nouveau son du groupe même si celui-ci demeure toujours rivé dans un folk-rock rock combinant climats west-coast américain, rock FM et pop britannique héritée des années 80.

En revanche une grande partie de la hargne explosive qui caractérisait le combo a désormais disparu, remplacée qu’elle est par une atmosphère beaucoup plus édulcorée voire lénifiante.

« Don’t Move Back to L.A » passera un peu la rampe et un seul moment d’émotion se produira quand Sheff s’époumonera dans la dramaturgie en crescendo qui accompagne « Human Being Song ».

L’instrumentation, elle-même est quelque peu inappropriée en particulier un saxo indigent (« Family Boy ») et l’on a trop souvent l’impression que le disque est interprété par un « cover band » qui aurait repris tous les tics de Okkervill sans les maîtriser.

In The Rainbow Rain est l’album inassimilable d’un combo devenu émasculé.

**

26 octobre 2018 Posted by | Chroniques qui gueulent | | Laisser un commentaire