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Mikal Cronin: « Seeker »

Mikal Cronin est un membre en règle du Freedom Band, groupe qui accompagne Ty Segall en studio et en concert. Cronin est également un auteur-compositeur doué qui a déjà fait paraître trois albums en carrière : les excellents MCII et MCIII.

En mode solo, l’Américain est nettement moins lourd que Segall. En fait, Cronin enrobe toujours ses chansons dans un habillage influencé par la power-pop, recelant quelques pointes de rock garage. Après quatre années d’absence, le multi-instrumentiste est de retour avec un quatrième album studio intitulé Seeker.

Enregistré et mixé par Jason Quever (meneur de la formation indie-pop Papercuts), interprété avec l’aide de ses acolytes du Freedom Band, ce nouvel album marque un important changement de cap dans ce qu’il nous a toujours proposé. Et ce n’est pas étranger au fait que le Californien d’origine a connu les affres de la déception amoureuse, ce qui l’a poussé à se réfugier dans un chalet afin d’écrire et de composer ces dix nouvelles chansons.

Dans ses introspections, Cronin sonde intensément son esprit afin de percevoir la lumière au bout du tunnel, même s’il sombre parfois dans une vengeance un peu puérile (« Free It All »).

Musicalement, l’artiste nous offre un disque en parfaite cohérence avec ses incertitudes. En revanche, Seeker est un opus de transition qui souffre d’une direction artistique imprécise.

On y entend des influences folk-rock à la Tom Petty (« Show Me » en est un quasi-pastiche) ainsi qu’une incursion dans un rock arabisant à la Led Zep (« Shelter) ». Cependant, Cronin garde en vie les explosions sonores aux accents garage qui le caractérisent si bien (« Caravan ») et puisque l’homme est un maître mélodiste – et qu’il n’a rien perdu de son talent – les ballades pianistiques « On the Shelf » et « Sold « lui vont comme un gant.

D’autres chansons font également le travail. Malgré la ressemblance mélodique indéniable avec « Dear Prudence », « I’ve Got Reason « est fougueuse et parfaitement accrocheuse. « Guardian Well « possède un je-ne-sais-quoi de Neil Toung & Crazy Horse et malgré les lamentations de Cronin, la power-pop orchestrale « Feel It All » est une véritable pourvoyeuse de frissons.

Seeker est loin d’être exécrable, mais le virage artistique n’est pas tout à fait assumé pour être pleinement satisfaisant. Cronin n’a rien perdu de son talent. Pour lui, il s’agit maintenant de solidifier les assises de cette nouvelle direction musicale.

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28 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Richard Dawson: « 2020 »

Ce musicien est originaire de Newcastle en Angleterre. Il a déjà publié deux superbes albums : Nothing Important (2014) et Peasant (2017); disque qui l’a révélé à un public plus large. Depuis ses tout débuts, l’inclassable « folker » incorpore à sa musique des influences de blues, de folk africain, et de prog-rock. Ainsi, il s’intéresse même au Qawwali; musique jouée dans les sanctuaires soufis au Pakistan et en Inde qui fut popularisée par Nursat Fateh Ali Khan, le défunt maître pakistanais. Dawson est un musicien compétent et cultivé.

Littérairement parlant, il est l’un des meilleurs paroliers du Royaume-Unii si ce n’est le meilleur. Sur Peasant, entre autres, l’auteur nous présentait 11 personnages différents, répartis en autant de chansons, qui racontaient leurs histoires personnelles selon leur propre perspective. Il est un maître pour saisir les préoccupations de l’Anglais dit « moyen ».

Tout ce magnifique ouvrage se poursuit avec le 6e album dans la carrière de ce « songwriter » de génie. 2020 fait une entrée fracassante dans cette année musicale. Ce nouvel album est un portrait irrécusable d’une Angleterre en profonde mutation, au bord de la débâcle sociale et qui ne trouve plus ses repères.

Le pays dépeint par Dawson met en valeur des individus éprouvés par de sincères préoccupations (conflits, désirs inassouvis, etc.). Ces hommes et ces femmes snobés, mis au rancart par une élite médiatique, politique et économique et qui, aujourd’hui, se tournent vers l’extrêmisme pour se faire entendre…

Des fonctionnaires insatisfaits rêvant de jours meilleurs, des coureurs angoissés, d’humbles locataires incapables de dénicher un logement à prix abordable, des immigrants agressés sauvagement sous l’oeil complice de la police, des tripeux de foot qui rêvent d’être le prochain Lionel Messi et des propriétaires de tavernes victimes d’inondations répétitives (conséquences brutales des changements climatiques), tous ces personnages respirent l’infortune.

Dawson est un storyteller, un vrai, sincèrement préoccupé par la condition humaine plutôt que par le jmoi-je si caractéristique de notre époque.

Dans « Fulfilment Center », l’artiste nous offre une épopée d’une durée de 10 minutes qui raconte l’histoire d’un ouvrier, bossant sur une chaîne de montage et totalement aliéné par son travail qui, derrière sa machine, est touché par la grâce,en une sorte de révélation semblable à une épiphanie.

Musicalement, malgré l’instrumentation classique (guitares, synthés, basse, batterie), les compositions de Dawson sont tortueuses et inventives. L’homme nous surprend toujours avec un accord sorti de nulle part, un changement de rythme atypique ou une inflexion vocale dissonante. Et que dire de ces mélodies fortement inspirées du folklore anglais ? Tout ce talent s’exprime avec une facilité déconcertante, et ce, sans jamais verser dans la ringardise.

Virtuosité, éloquence, humour noir, authenticité (pas celle promue par le merveilleux monde du marketing), ce gars-là a toutes les qualités requises pour être l’un des plus importants artistes folk de notre époque… et Dieu sait que les mièvres prétendants à cette couronne sont nombreux.

Aussi, si vous avez envie de prêter l’oreille à un album aussi roboratif que sincère, ce 2020 pourrait bien être une album folk rock digne de figure sur votre table de chevet.

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15 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Skinny Lister: « This Story Is… »

This Story Is est un mélange de rock folk estampillé UK, très sympathique, entraînant, et donnant un sentiment d’axaltation. Ses 14 titres nous ramènent aux bons souvenirs des années 80, quand les groupes anglais sortaient pléthores de titres furieusement simples, mais diablement efficaces.
Au regard des thèmes développés, on comprend bien en fait, que les histoires de This Story Is… sont une série de tranches de vie, réalistes et disparates : la vie d’un toxico, l’acte d’un pyromane qui a mis le feu dans l’appartement du chanteur, la perte d’un ami suite à un suicide, mais aussi la libre circulation des armes aux US, l’histoire d’une fausse alerte à la bombe nucléaire ou une erreur d’essence à la pompe !
Le quintet londonien emmené par le duo de chanteur originel Dan Heptinstall et Loma Thomas, aborde tous ces thèmes avec tout autant de légères variations folk rock, et réussit cette combinaison  doucement et parfois délicieusement caustique sur quasiment tout l’album.
**1/2

9 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Lumineers: « III »

Vraie sensation aux États-Unis ce groupe de tendance folk-rock effectue ici son retour. Pour son disque sobrement intitulé III” les Américains racontent une histoire où, formellement, chaque morceau sera accompagné d’un clip, formant un long-métrage relatant l’histoire d’une famille à travers différentes générations. Le film a d’ailleurs été entièrement diffusé lors du Toronto International Film Festival.

Le cœur de l’histoire est celui d’une famille de la classe moyenne et le disque va se diviser en trois chapitres. Le disque se divise en trois chapitres, le premier se consacre à Gloria Sparks. Et il est fait d’une entrée en matière tout en douceur avec « Donna » ; un piano entêtant qui nous embarque immédiatement dans une atmosphère mélancolique. Cette première partie relate l’histoire d’une mère addict, avec des paroles plus sombres que ce que l’on a pu connaître de la formation auparavant. La chanson « Gloria » signera la fin de cette partie de concluant sur la fuite du personnage.

Suivra un bond en avant on se se retrouvera ensuite aux côtés du petit-fils, Junior Sparks. Jeune homme qui vit sa première rupture et il habite avec un père violent. Encore une fois, les textes sont plus durs, notamment sur « Leader Of The Landslide » où il est question de folie et d’alcool et, là encore, le dénouement se résoudra par une fuite.

L’ultime chapitre fait référence au père de Junior, Jimmy Sparks. Le début de son histoire, « My Cell », est probablement la plus jolie ccomposition de l’ensemble. Elle véhicule un climat un sentiment fataliste, que le fond de piano rendra encore plus prégnant. Son histoire est claire : le fils de Gloria a suivi le même chemin. Le dernier titre « Salt And The Sea »est révélateur :le sel et la mer doivent cohabiter et l’un ne peut se passer de l’autre.

Ce projet, sur fond de folk, est certes nouveau mais on y retrouve ce qui fait la particularité de The Lumineers : la voix cassée, parfois poussée et accompagnée de choeurs de Wesley Schultz, la guitare rythmée, les notes au piano. Si l’atmosphère est plus lourde par rapport à ce à quoi le groupe nous a habitués, on retrouve la patte des artistes. C’est le cas sur « Gloria », qui fait référence à une femme alcoolique, mais qui repose sur un instrumental reconnaissable entre mille.

Cerise sur le gâteau, III comprend trois titres bonus. Des morceaux assez diversifiés, quipermettent de terminer l’écoute sur une note plus colorée, comme « Soundtrack Song ». Une bonne façon de conclure une œuvre qui marque un tournant dans la carrière de The Lumineers. Loin de se reposer sur ses lauriers, The Lumineers frappe un grand coup et nous emmène dans une histoire atypique qui devrait lui permettre de renconter un plus large public.

***1/2

17 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Duncan Evans: « Prayers For An Absentee »

Le seul titre de gloire de Duncan Evans est d’avoir, sous le pseudonyme de Henry Hyde Bronson, joué dans A Forest Of Stars. Prayers For An Absentee est son deuxième album solo, faisant suite à Lodestone publié en 2013, alors qu’il faisait encore partie de AFOS.

Prayers Of An Absentee se présente plutôt comme une collection de huit chansons Folk Rock finement ciselées. Chacune possède sa propre identité, liées par une voix dans les fréquences médium et légèrement maniérée. Il se dégage de l’ensemble un feeling 70’s, lorgnant parfois vers les 80’s. Les mélodies ne sont pas tape-à-l’oeil, que cela soit au niveau musical ou vocal et, étant conscient que sa vioix n’est pas son meilleur atout, il ne la force pas, préférant miser sur les modulation et l’émotion même si, parfois, cela peut être surjoué (le refrain de « Us And Them And You And Me »). Le premier nom à venir à l’esprit sera à cet égard, celui de Nick Cave, du fait de la chaleur du timbre, enveloppant.

La guitare, électrique ou acoustique, mène la danse, les titres sont plus longs que les standards, habituels ; on tourne quasiment systématiquement au-delà des 5 minutes, avec des structures simples, des refrains facilement identifiables, même si il y a peu de chance qu’on puisse s’y identifier. Les arrangements sont discrets mais bien présents, claviers, chœurs, chant féminin… Sur « Trembling », les compteurs s’emballeront et l’influence Prog Rock seventies se era sensible, avec un long solo de guitare final, rappelant à la fois « Freebird » ou « Hotel California ».

Prayers For An Absentee n’est clairement pas l’album de l’année, mais il est le reflet de la passion qui anime Evans. À défaut d’être d’une originalité folle ,il aura le mérite d’être sérieusement et honnêtement excécuté.

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7 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Altin Gün: « Grece »

L’orchestre néerlandais Altin Gün (« Âge d’or » en turc) ne sonne comme personne d’autre — en tout cas personne d’autre en 2019, puisque ses fondateurs professent allègrement leur fascination pour la scène folk/rock psychédélique turque des années 1960 et 1970, à nouveau émulée sur ce deuxième album.

Et c’est du bonbon pour les oreilles et les mollets : leur rock dégoulinant plonge aisément dans le funk psychédélique, voire le disco sur le premier extrait, Süpürgesi Yoncadan, où s’illustre le chanteur, claviériste et oudiste (sa version turque est un saz) Erdinç Ecevit.

On préférera encore les pépites interprétées par la Stambouliote d’origine Merve Dasdemir, resplendissante sur la mélancolique « Leyla », endiablée sur le funk frénétique « Soför Bey », spirituelle sur la ballade « Derdimi Dökersem » qui souligne la dimension folk de leur répertoire.

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6 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Strumbellas: « Rattlesnake »

Avec ce quatrième album, les folk rockeurs canadiens ont voulu offrir un ensemble de chansons chargées en optimisme sur un Rattlesnake qui résente neuf morceaux. Après trois ans d’attente depuis Hope sorti en 2016 on aurait pu s’attendre à un nombre de titres plus important. Pas d’inquiétude pourtant, le choix qualitatif est, ici intelligent et ecteur de riches émotions.

Un changement de direction par rapport aux anciens albums est à constater. Le dernier arrivant est moins sombre que ses aînés. Un léger tournant qui n’a rien de surprenant et qui avait déjà été initié lors des plus récentes sorties comme dans « Salvation », le premier titre a avoir été dévoilé. Insouciant et plein d’espoir, il représente bien l’esprit de Rattlesnake. Les morceaux s’enchaînent et il est difficile de ne pas les accompagner en entonnant cs refrains.

Alors que l’entame est prpice à la danse, la fin sera un peu plus calme. Chaque chanson sera différente, certes, mais l’atmosphère enthousiaste restera la même : des mélodies qui mettent en valeur chaque instrument, des arrangements qui véhiculent sentiment de plénitude avec des morceaux comme « I’ll Wait » ou « All My Life ».

Sincères dans leurs mélodies, les Canadiens le sont aussi dans leurs textes. Entre chansons d’amour et celles qui donne du courage, il y a de quoi faire plaisir aux fans de folk rock ensoleillé. L’entraînante « Running Scared (Desert Song) » est sûrement celle qui entre le plus dans la tête, « We All Need Someone » est une chanson douce et remplie d’amour, « We Were Young » provoquera un sentiment de nostalgie, et « One Hand Up » sera le titre pop par excellence alors que « High » transfigurera le tout en se métamorphosant en meilleure chanson idéale qui aurait opu être tirée d’un film.
The Strumbellas peut être fier de l’hatmonie dont Rattlesnake fait preuve ; fait pour rassembler et partager, il est maintenant certain que tout le monde sera à même de chanterad’une seule voix ces morceaux quand il sera question de concerts.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tiny Ruins: « Olympic Girls »

La genèse de Tiny Ruins est un projet en solitaire solitaire, celui d’Hollie Fullbrook, artiste britannique vivant en Nouvelle-Zélande.Elle y est escortée de  Cass Basil (basse), Alex Freer (batterie) et Tom Healy (guitare) qui assistent la jeune femme depuis son « debut album » un  Some Were Meant For Sea plutôt folkqui a a laissé place, ensuite, à des ambiances plus contrastées sur Brightly Painted One.

Tiny Ruins  essaie, sur ce troisième opus, à trouver un équilibre qui caractérise aujourd’hui sa musique, entre pénombre et rayonnement intense. C’est donc dans la continuité que s’inscrit Olympic Girls, un troisième album où l’acoustique des débuts semble arriver à un stade plus abouti avec l’espoir de situer le combo dans les hautes sphères du folk-rock international.

Cinq ans séparent ce nouvel enregistrement du précédent, pourtant Hollie Fullbrook est loin d’être restée inactive. La chanteuse a d’abord collaboré à New-York avec une légende de la « Kiwi Pop », Hamish Kilgour (cofondateur de The Clean avec son frère David), pour un mini-album à la beauté abrupte (Hurtling Through). C’est ensuite David Lynch, fan auto-proclamé de Tiny Ruins, qui a enregistré et produit le troublant « Dream Wave », un single figurant dans la bande originale du troisième volet de Hunger Games supervisée par Lorde. Des tournées à travers le monde en compagnie de Calexico, Sharon Van Etten ou The Handsome Family ont enfin permis aux membres du groupe de gagner en assurance et en cohésion. Là où trois petites semaines de travail avaient suffi à mettre en boîte Brightly Painted One, la formation d’Auckland a dédié une année entière à l’élaboration de cet Olympic Girls que précède une réputation particulièrement flatteuse.

Figure de proue du renouveau folk féminin néo-zélandais avec Nadia Reed et Aldous Harding, Hollie Fullbrook trouve ici le cadre instrumental parfaitement adapté à ses mots tranchants et sensibles. D’une nature vulnérable propre à cette catégorie de singers-songwriters traumatisés par les œuvres de Leonard Cohen et Nick Drake, l’écriture écorchée de Tiny Ruins se révèle, ici, encore plus aventureuse.  Ainsi, une guitare électrique vient régulièrement troubler le calme apparent des lieux, et esquissant d’audacieux motifs redevables au folk-rock anglais d’autrefois. Parfois mystérieuses (« Holograms »), occasionnellement fantaisistes (« One Million Flowers »), régulièrement mélancoliques (« School Of Design) », ces chansons ont enfin le souci permanent de l’a justesse (le melloton de« Kore Waits in the Underworld »). Avec Olympic Girls, Tiny Ruins semble plus que jamais parée pour décrocher lune médaille qui ne serait ni en bois, ni en chocolat mais sur une des plus hautes estrades.

***1/2

31 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Steve Gunn: « The Unseen in Between »

Le folk-rock a généré un tel nombre d’artistes au cours des âges, entraînant un manque flagrant d’originalité dans de nombreux cas, qu’on est souvent méfiant à l’idée d’en découvrir un de plus. Le plaisir est donc décuplé lorsque ce préjugé est invalidé par l’une ou l’autre perle rare : Steve Gunn qui, dans le cas présent, nous offre un très bel album introspectif.

Bien que l’auteur-compositeur de Philadelphie en soit à une demi-douzaine d’albums, on constate à chacune de ses parutions un sens du renouvellement qui lui permet d’éviter de ressasser ad nauseam une formule éculée.

En effet, en émaillant sa musique d’influences free jazz, blues et psyché, Steve Gunn va au-delà des genres. Avec Tony Garnier à la production (le bassiste de Bob Dylan), Gunn s’inspire ici de mélodies répétitives aux consonances africaines (« New Familiar » ou emprunte ici des instrumentations americana rock FM (« Lightning Field », « Vagabond ») ou remanie là une pureté folk pour ensuite la sublimer (« Luciano ») « Morning is Mended » lui, nous baignera dans une lumière soyeuse et opèrera comme une sorte de rappel en approchant la fin de l’album. Le tout culminera ainsi grâce à la voix du guitariste, une lassitude simple et tranquille générant quelque chose de mystérieux et, en même temps, rafraîchissant.

Trois ans après l’excellent Eyes On The Lines, The Unseen in Between est le fruit d’un artiste curieux et humble qui assemble à sa façon ses influences variées. Et comme toujours dans des cas comme celui-ci, la qualité est là et bien là.

***1/2

21 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Jennifer Castle: « Angels Of Death »

Interprète, parolière, compositrice de talent, Jennifer Castle construit son corpus chansonnier depuis plus d’une décennie. Elle propose une approche country folk, parfois mâtinée de gospel, toujours inscrite dans cette esthétique éprouvée sur toutes les terres de l’Amérique en plus de prêter sa voix à des projets ou groupes fort différents de son approche.

Le thème central de cet album est la mort, ses implications sur le comportement humain, l’humeur, la mémoire, la spiritualité, ou même les effets de la disparition d’autrui sur le processus de création.

Superbement écrits, les textes ici chantés expriment des réflexions sans prescrire, reviennent sur des épisodes autobiographiques – dont la mort de sa grand-mère pendant qu’elle tournait aux États-Unis.

Dans le sillon de Dylan et Cohen, la poésie chansonnière de la Torontoise peut aussi évoquer les écritures sacrées en guise d’ornement littéraire et non de croyance affirmée.

Élégamment, poétiquement, la chanteuse passe en revue les étapes du deuil (choc, douleur, dévastation, colère, tristesse, dépression, acceptation), dépeignant un univers bien personnel autour du décès des vivants, carburant fossile d’une pensée créatrice.

***1/2

5 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire