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Palehound: « Dry Food »

Élévée à Boston, Ellen Kempner, ou Palehound, entame son « debut album », Dry Food, sur une tonalité de guitare brinquebalante à l’exemple des deux premiers titres « Molly » et surtout un déjanté « Healthier Folk ». Elle accompagne cela d’une imagerie qui va avec (« Too stoned to take an antibiotic ») et qui immédiatement exige qu’on y prête attention.

Il n’est en effet question que de dents serrées, de cicatrices dans le cerveau, le tout accompagné d’un groove qui semble tellement dénué d’effort qu’il nous apparaît comme une chose allant de soi. »Cinnamon » évoque un groove spectral et tout le climat de Dry Food naviguera dans ces eaux nocturnes et oniriques.

« Dixie » est si doux qu’il résonne avec intensité et force et « Cushioned Caging » sera un clair-obscur digne des heures les plus tardives. Tout est ici douloureux et interne mais tout parvient à faire briller une lueur qui nous éclaire vers un chemin.

Kempner manie le doux et le tendu avec maestria, l’introspectif en est sa pierre angulaire ; c’est le seuil commun qui nous fait naviguer au sein du trouble intime et du gothique.

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19 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Emily Jane White: « Blood / Lines »

Blood / Lines est censé être une compilation de plus de cent esquisses écrites par la chanteuse. Le fait que le terme « demo » ne soit pas employé indique en quoi c’est un album impressionniste au possible et que les métaphores y sont visuelles.

Il est certain que Emily Jane White s’est éloignée de ses racines métal et punk et qu’aujourd’hui son esthétique est devenue proche d’artistes comme P.J. Harvey, Hope Sandoval ou Cat Power.

L’entame à la guitare est confiante, la voix cristalline et semble orchestrer le tout. Elle est enveloppée par des percussions, des cordes et du piano sur « My Beloved » alors que « Faster Than The Devil » est peuplé de mélodies fantomatiques en multi-tracking et d’une guitare à l’écho omniprésent avant que des cordes ne s’enflent pour donner ampleur à cette composition propulsée par une ligne de basse ferme.

On retrouvera la même assurance dans le galop qui emportera les guitares en reverb d’un « Thorougbred » qui contribue à nouveau à insérer une atmosphère gothique à l’album, tout comme un « Wake » qui oscillera entre piano percutant et giboulées de cordes.

Les accords en majeur de « Dandelion Daze » renchériront pour ce qui s’avère être une chanson de haine alors que « Holiday Song » et « The Roses » brilleront pas leurs changements de tonalités et la complexité de leurs arrangements.

Soulignons, enfin les textes dont les sous-entendus cachés captiveront ceux qui y prêteront attention et laissons le charme de ces mi-rêves mi-cauchemars agir dans ces espaces où même les silences qui ponctuent les morceaux résonnent et se font l’écho de ces lignes de sang qui parsèment ses bâtisses abandonnées et ces amours en déliquescence qu’elles ont abritées.

★★★☆☆

27 janvier 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire