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Peggy Sue: « Choir Of Echoes »

Les albums précédents de Peggy Sue étaient fleuris par un alt-folk sombre, ce troisième disque les voit se tourner vers une approche plus réaliste dans la façon dont les thèmes du doute, de la foi et de la religion sont abordés.

Pause, dextérité et harmonie sont les trois connotations qu’on pourrait appliquer à Choir of Echoes comme pour parfaire par le son ce que la pochette de l’album représente.

Par moments, le côté sombre est accentué comme sur la narration du « single » « Idle » ou le doo-wop irréel de « Electric Light ». N’oublions pas que le combo avait recréé sur son précédent opus Scorpio Rising et on comprendra que les territoires qu’il affectionne sont toujours enracinés dans des démons qu’il s’efforce, cette fois pourtant, d’extirper.

Le trio fait toujours appel à l’indie-folk noisy mais il s’emploie à l’agrémenter d’harmonies féminines à trois voix (« How Heavy The Quiet That Grew Between Your Mouth and Mine »), de rythmes aérés sur des guitares en distorsion (« Always Going »), de chants gospel comme sur le titre d’ouverture « (Come Back Around) »ou enfin de vocaux en boucle qui vous désagrègent en douceur comme sur le frappant « Two Shots ».

Choir of Echoes promène ainsi son climat de tension dans lequel il trouve un juste équilibre, avec une production qui vise à faire mijoter des tonalités qui seront transpercées par des voix. On trouvera dans ce dernier élément quelque chose de cinglant qui annoncent comme des voix de tête à un ensemble baignant dans le trouble sans que, pour autant, l’intérêt vacille ; c’est en cela que ce troisième album est un immense progrès pour ces musiciennes revitalisant ainsi le genre de l’indie-folk gothique.

★★★½☆
« Longest Day of the Year Blues »

 

31 janvier 2014 Posted by | Quickies | , , | Un commentaire

Chelsea Wolfe: « Pain Is Beauty »

Le monde de Chelsea Wolf est fait d’ombre et de lumière, et sa vision ne vacille jamais. Et sa musique pourrait se définir comme une lente valse entre les deux. Le titre de son troisième album, Pain Is Beauty, le résume à merveille et sa pochette en est fascinante. Wolfe semble frissonner en regardant vers la gauche tranchant avec l’allure impérieuse que pourrait lui conférer sa robe rouge. Les lettres sont clinquantes comme pour faire l’éloge de ces deux extrêmes qui sont les les pendants de notre nature, selon ses mots l’étrangeté et la façon dans la mythologie et nos ancêtres ont façonné notre personnalité.

Le disque ne cesse d’ailleurs jamais de muter, allant vers une direction puis vers un autre et atteignant souvent des proportions épiques. Chealsea Wolfe a souvent mis à profit son sens unique de metal folk et cette fois-ci elle rend encore plus indistinct le drone qui le caractérisait au point de fiser parfois le nihilisme. Il y a un sentiment de désespérance qui suinte en effet au travers de ces synthés en spirales et ce cette sensation de destin funeste qui s’enroule autour des titres, « Kngs » par exemple. « The Waves Have Come » reprend cette image de dénouement inéluctable avec un piano dramatique qui nous emmène en un voyage au cœur d’une âme dont l’environnement serait détruit par un désastre naturel ayant détruit le monde matériel.

Les plages bâties sur l’electro, « The Warden » par exemple, sonnent comme des chuchotements à la beauté glaçante étayés par des arrangements grandioses. « Sick » sera comme une pérégrination au sein de l’obscurité avec une ligne de basse en arpèges et des cordes tendues comme un arc sur lesquelles Wolfe peut délivrer ses vocaux les plus intenses et habités.

IL faudra oublier toute cohérence ici, si ce n’est constance d’une vision. Musdicalement le disque a abandonné sa teinture dépouillée pour virer vers un folk noir plus industriel. S’assemblent ainsi facilement ces notions obscurcies par l’inspiration de Wolfe et son intelligence à les mettre en place. Pain Is Beauty est un album atemporel, non pas simplement d’un point de vue sonique, mais parce qu’il secoue notre conception que nous pouvons avoir d’un monde qui se voudrait tranquillisant. La dissonance et les guitares entrechoquées en sont le prolongement naturel : en heurtant volontairement notre confort d’écoute elle défie celui qui s’abandonne dans le confort de la réassurance, Pain Is Beauty nous rapelle ainsi inlassablement que la Douleur est aussi source de Beauté. Plus qu’un disque de noise-rock claustrophobe, nous sommes confrontés à un opus où les tourments sont générateurs de ce quiil y a de plus poignant dans l’esprit humain, et peut-être aussi de plus pur dans sa noirceur immaculée.

21 octobre 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Un commentaire