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Christopher Paul Stelling: « Labor Against Waste »

Il est malaisé d'être à la fois chanteur, guitariste et de faire son chemin. C'est pourquoi on ne pourra qu'apprécier le jeu en « finger picking », les textes et les compositions de Christopher Paul Stelling.

Si on ajoute une voix « habitée », voire hypnotique et un timbre on ne peut qu'être séduit par son répertoire qui conjugue folk-pop et rusticité.

Tout dans Labor Against Waste est affaire d'équilibre. On oscille entre confession et dramatisation, esprit d'une personne qui erre sans cesse au travers de son pays, bref un « road album » qui donne la sensation que chaque composition est joué « live » dans un endroit différent.

Il faut dire que telle a été la formation musicale de Stelling et qu'il lui est difficile de compter les soirées passées sur la route sur scène avec sa guitare. De ce point de vue il reprend la tradition du genre nourrie d'une vision de monde qui est le fruit de ses dérives.

Bref, avec sa voix de baryton, on ne pourra que penser aux troubadours classiques de la veine de Steve Earle et aux bluesmen légendaires comme Skip James et voir en cet album le début d'une histoire qui, sans doute, en appellera d'autres.

***1/2

11 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jake Xerxes Fussell: « Jake Xerxes Fussell »

Sur son « debut album » éponyme, Jake Xerxes Fussell sonne comme un explorateur. Il est vrai qu’il est le fils d’un folkloriste qui a fait des recherches documentaires sur la culture vernaculaire du Sud-Est des États-Unis et que, sur un autre registe, il a travaillé avec des bluesmen et joué dans des groupes country.

Il a étudié également les cultures du Sud à l’Université du Mississippi et a enregistré avec le Révérend John Wilkins avant de sortir ce premier opus produit par le guitariste William Tyler et avec Mark Nevers comme ingénieur du son.

Toutes ces activités lui ont donné une curiosité de vagabond, chose qu’il a parfaitement su traduire dans ce premier disque qui chemine de manière lache et détendue au travers des idiomes folk et blues.

« Let Me Lose » embrasse la liberté qu’engendre ces pérégrinations, cette faculté qu’elles permettent de mettre de côté les fardeaux dont on n’a pas besoin de s’encombrer au moyen d’un rythme en shuffle et d’un travail de guitare en roue libre. « Star Girl » est un refrain pastoral doux amer auquel la pedal steel et la voix posée donne ce climat de solitude si approprié qui contrastera joliment avec un « Raggy Lady » enlevé et poussiéreux ou l’atmosphère ombragée de « Boat’s Up the River ».

Jake Xerxes Fussell se promène ainsi à travers ces traditions mais leur offre également de nouveaux horizons. Il y a, certes, quelque chose de presque scolaire au coeur de son approche mais avec la connaissance qu’il possède du folk et du blues et l’influence de Tyler et des autres qui le poussent à aller plus loin, il y a toujours un sentiment de découverte que pourrait procurer des cheminements entamés au hasard des routes qui donne un esprit particulier à l’album.

Malgré cette longue histoire, Fussell parvient à émerger en tant que nouvelle voix, fraîche et vitale ; un chanteur et musicien qui semble ne pas avoir son pareil pour porter cette torche loin et longtemps.

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1 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Danny Kroha: « Angels Watching Over Me »

Depuis le milieu des années 80, Danny Kroha fait partie du paysage de la scène musicale de Detroit. Que ce soit en tant que leader de groupes garage-punk comme The Gories à avec un trio de « party rock » Danny & The Darleans. Avec ces combos ainsi que d’autres il s’est bâti une réputation grâce à une approche de la composition viscérale et des performances « live » diaboliques. Il est en outre doté d’une voix unique et d’un jeu de guitare qui donne l’impression qu’il transforme en or tout ce qu’il touche.

Angels Watching Over Me est le premier disque qu’il sort sous son propre nom, mais ça n’est en rien un véritable « debut album » eu égard à sa longue carrière. Tout au long de ces 16 plages, Kroha se tourne vers une musique plus « roots », le folk, le blues et le gospel, la plupart des morceaux étant tirés du domaine public et interprétés avec cette patte rocailleuse qui définit ses penchants vers le rock.

Le côté americana se verra mis en exergue avec une intsrumentation traditionnelle (basse washtub, dulcimer, banjo, harmonica et une guitare à une corde nommée « diddly-bow ») et des procédés d’enregistrement rudimentaires. La plus grande partie du disque est capturée « live » avec un seul micro pendant des sessions intenses effectuées dans une maison vide.

Plutôt que de s’efforcer à véhiculer une climat vintage artificiel, les chansons sont interprétées de manière directe avec une voix qui semble avoir subi les assauts du temps. Les standars du blues sont récités comme en drone (« Before This Time Another Year », « Walking Boss ») mais avec une tension toujours sous-jacente alors que des passages plus enlevés comme « Rowdy Blues » font preuve d’une énergie qui se refuse à tout raffinement.

Lma seule composition originale sera « Run Little Children » une diatribe bluesy débordante où une électricité sinistre empruntée à Howlin’ Wolf perce comme libérée. Bien qu’éloigné de la puissance sonique de ses autres productions, la présence de Kroha permet d’édifier allègrement un pont entre ces sélections folk-blues traditionnelles et les générations de rockers qui s’en sont inspirés. C’est un disque captivant et utile ne serait-ce que pour alimenter notre devoir de mémoire musicale.

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28 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Angus & Julia Stone: « Angus & Julia Stone »

Il est normal que cet album soit éponyme dans la mesure où ce duo frère et sœur australien avait décidé en 2010 de poursuivre chacun une carrière solo après deux disques folk-blues couronnés de succès dans leur pays natal.

Celui-ci s’est fait après bien des atermoiements et, si le légendaire Rick Rubin n’avait pas insité pour le produire, il est possible qu’il n’ait jamais vu le jour. Rubin a cette réputation d’être capable de recharger les batteries de musiciens dans le creux la vague (Johnny Cash et sa série de American Recordings, Black Sabbath et 13) mais avec Julia et Angus il n’a pas la possibilité de recapturer et de réinventer de vielles compositions. Le duo n’a pas non plus besoin de se retrouver en tête d’affiche aussi Angus & Julia Stone n’est pas véritablement un « come back album » mais plutôt un nouveau début plus clinquant et presque luxueux.

La dynamique vocale du duo reste en grande partie sans changements : la voix de Julia reste hésitante et comme étouffée alors que celle de Angus véhicule toujours manque, douleur et semble fatiguée du monde. Les guitares acoustiques folk ont été remplacées la plupart du temps par des six cordes électriques aux échos pensifs et la production de Rubin est avant tout là pour remplir les blancs par des pianos à vous faire frissonner dans le dos et des overdubs eux aussi remplis d’échos.

Rien pourtant ne sonne trop produit ou chargé et Rubin laisse le champ libre aux Stones et à leurs procédés ce qui s’avère être une bonne alchimie. La tension sur des titres comme « A Heartbeat » ou « Grizzly Bear » ne sonne ainsi nullement forcée ou préfabriquée mais, au contraire, réelle et vécue. Il est dommage, par contre, que cette tension ne court pas tout au long du disque et que les quatre ou cinq derniers morceaux soient quasiment interchangeables

Le résultat final en est un exercice de style plutôt qu’une tentative à donner du corps aux chansons. Les Stones parviennent pourtant à se distinguer de la plupart des récents duos folk du même type (The Civil Wars, The Lone Bellow) en s’écartant du chemin préétabli et souvent prévisible de l’Americana. Grâce à Rubin ils réinventent presque un nouveau paysage musical, même si celui-ci manque de véritable originalité.

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7 septembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Fink: Hard Believer »

Le danger d’un artiste qui travaille avec succès sur différents style est que ses fans en viennent à s’attendre à quelque chose de révolutionnaire à chaque fois. Un autre péril est de tomber dans la schizophrénie générique et que vous ne soyez plus jamais certain de la voix avec laquelle vous vous exprimez.

Fin Greenall fondateur du trio folk/blues Fink « bénéficie » de ces deux privilèges dans son nouvel album, Hard Believer, dans lequel se côtoient malaisément un répertoire « americana » menaçant et des titres dans lesquels il est question de réflexions personnelles lugubres en grande partie.

La chanson titre et « Pilgrim » sont de superbes miniatures atmosphériques ; des petites poèmes où les mots sont rares mais suggestifs, un rythme bien cadenassé et des accords de guitare tendus joués de façon ouverte et de plus en plus brute. Un des récents projets de Greenall avait éét de composé la bande son de 12 Years A Slave avec John Legend, et les deux compositions partagent cette même ampleur cinématographique qui s’intégreraient parfaitement aussi à l’univers des films les plus sombres frères Coen. « White Flag » partage cette même tonalité mélancolique héritée du Sud avec se langueur balayée par la poussière même si l’intensité y est, ici, plus atténuée.

Ensuite, les chansons deviennent plus personnelles et spécifiques au niveau des textes si ce n’est à celui de la musique. Ona la sensation d’entrer dans un univers de « singer-songwriter » plus britannique par exemple dans « Shkespeare » où il est question de la relation du chanteur avec Roméo et Juliette, morceau qui sert de prétexte à cette observation sociale dont il est l’héritier et d’autres titres comme « Truth Begins » ou « Keep Falling » sont des explorations personnelles intéressantes mais sans le poids poétique que peut avoir « Pilgrim ». 3Too Late » et « Looking Too Closely » sont même assez insipides et vagues sans cet élément de suggestion sècheet laconique du début de l’album.

Le jeu de guitare de Greenall est plaisamment tendu mais le climax n’y apparaît qu’avec fragmentation. Les meilleurs moments se suffisent à eux-mêmes mais dès que les compositions perdent leur focalisation, imagerie et interprétation ne sont pas en état de les faire fonctionner.

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12 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Neil Young: « A Letter Home »

La carrière solo de Neil Young s’étale sur près de 45 ans et elle se scinde, schématiquement, ent deux types d’albums. Il y a les rockers proto grunge comme Rust Never Sleeps ou Ragged Glory et les disques folk-rock plus subtils du style Affter The Gold Rush ou Harvest.Ces quatres productions sont des classiques, des monstres même, mais Young, malgré une probité qu’on ne peut remettre en question, n’a pas été le plus consistant des artistes si on considère des choses comme Everybody’s Rockin, Re-act-tor ou Life.

Juste après le vintage Psychedelic Pills, le chanteur change à nouveau de registre avec un A Letter Home qui se situe dans la tradition folk-blues de Young et comme si le titre de l’opus se voulait un retour aux sources. Son chant si unique et mélancolique s’accompagne d’une guitare acoustique, d’un piano et d’un harmonica pour réaliser un album de reprises, autre regard vers le passé, qui ne pourront que susciter une certaine fierté quand on connaît l’esprit patriotique qui rassemble les Américains.

On y trouve des titres de Dylan, Tim Hardin et Bert Jansch auquel Young donne un traitement si basique et « roots » qu’ils auraient très bien pu avoir été enregistrés dans une pièce, au coin d’une cheminée et sur un rocking chair.

En fait, les sessions ont été réalisées dans une cabine d’enregistrement vinyle telle qu’il en existait à l’époque, un Voice-O-Graph datant de 1947. Young a donc tenté de donner un parfum vintage authentique mais il semble essayer si fort que, par moments, il n’est pas loin de la parodie. Y avoir rajouté des craquements et, sur la chanson titre, des bribes de monologues ne fait rien non plus pour restituer cett atmosphère du temps jadis.

Les versions du « Girl From The North Country Fair » de Dylan ou de « Crazy » de Willie Nelson sont plutôt réussie mais le disque souffrira d’un manque de variation dans son approche. A Letter Home, n’apporte, en fait pas grand chose et ressemble plus à un disques composé de chutes de studio ou de demos qu’autre chose. Il ne restera donc, à l’issue de son écoute, que la certitude qu’il ne peut s’adresser qu’aux inconditionnels de Neil Young essentiellement.

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26 mai 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Dawn Landes: « Bluebird »

L’album qui a donné une certaine notoriété à Dawn Landes, Fireproof en 2008, se parait de nombreux effets et changements stylistiques qui donnaient des textures particulières mais judicieuses à un répertoire folk-blues imprégné également de country. Les chansons n’étaient pas toujours à la hauteur mais, pour cette chanteuse du Kentucky résidant à New York, elle fournissaient un contraste qui fonctionnait plutôt bien.

Bluebird se débarrasse de tous ces artifices de studio et de ces différents genres et se veut un album folk traditionnel dans toute sa sobriété. Les cordes sont employées avec parcimonie et ne sont jamais envahissantes sauf quand elles se font sirupeuses au point de gâcher les bien jolis arpèges de guitare de la chanson titre. Ajoutons-y un pizzicato et on obtient un morceau larmoyant au possible accentué par des ballades au piano de de type « Diamond Rivers ».

Malheureusement ce sentiment sera prédominant tout au long de l’album. On peut le comprendre dans la mesure où il s’agit d’un disque survenant à l’issue d’une rupture qui n’est pas anodine puisqu’elle est centrée sur la fin du couple qu’elle formait avec Josh Ritter.

Hélas, alors que les plus fameux « break up records » (Blood on the Tracks ou Rumours) parviennent à capturer les diverses émotions qui parsèment le chagrin, Bluebird chemine de façon monocorde sans que la tonalité soit autre que celle de la résignation.

Ce manque de dynamisme mettre sous l’éteignoir les meilleurs titres : « Oh Brother » dont le climat folk des Appalaches sera sapé par les cordes, « Love Song » joli country folk où piano et guitare s’entremêlent de manière luxuriante ou, enfin, « Heel Toe » blues électrique dépouillé où six cordes et claviers rivalisent de retenue.

Poduit par Thomas Bartlett fameux pour son travail avec The National, Sharon Van Etten, Rufus Wainwright ou Antony & The Johnsons, et qu’on a connu plus inspiré, Bluebird est un disque intimiste, trop peut-être, dans lequel le plus déprimant n’est pas ce qui est arrivé à Landes mais ce qui est advenu de son songwriting

**1/2.

19 février 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

John Butler: « Flesh & Blood »

Quatre ans se sont passés depuis April Uprising le dernier album de ce combo australien qui, aussi bien (voire mieux, que les « natives » joue une musique folk-blues teintée de rock, de funk, de soul et d’Americana. Fleh & Blood a été enregistré voilà un an pourtant et, depuis, le batteur est parti tout comme le beau-frère de Butler, Nicky Bomba, qui a décidé de de concentrer sur ses propres projets.

La marque de ce dernier demeure présente sur ce disque qui, comme les précédents, mélanges jams et ballades acoustiques plus structurées.

« Spring to Come » ou « Only One » sont, à cet égard de compositions enlevées magnifiquement construites et d’autres titres rappelleront ce que John Butler fait de mieux, « Living In The City », rock funky avec sa guitare électrique insistante et une scansion proche du rap ou « Devil Woman » capablee faire pâlir d’envie The Black Keys.

Longtemps, on a cantonné The John Butler Trio à un registre compétent certes mais sans cette capacité de composer un titre mémorable. L’instantanéité de « Only One » pourrait enfin pallier à cette insuffisance et permettre à Butler une plus grande audience.

Notons également des textes moins directs et plus ambigus : « Wing Are Wide », le laid-back « Bullet Girl » ou « Youn  and Wild » avec même une virulence socio-politique sur « How You Sleep At Night ». Flesh & Blood se terminera sur une ballade, « Yours Free » bâtie sur une pulsation électronique et enregistrée sur le téléphone mobile de Butler.

Ajoutons une production (Jan Skubiszewski) qui rajoute quelques petites touches de programmation tout en permettant au disque de garder cette émotion brute qui nous est si chère chez Butler.

★★★☆☆

13 février 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire