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Froth: « Duress »

En 2017, Froth était sorti des sentiers battus avec son album Outside (Briefly). Le groupe californien tente de se réinventer en passant de la pop psychédélique des années 1960 à des allures shoegaze et noise-pop, et ce, sans jamais aliéner son auditoire. En effet, certains éléments montrent que le combo souhaite rester dans cette veine pour Duress.

Ainsi, Froth marche sur les pas de son prédécesseur mais avec une pointe d’expérimentation en prime. S’ouvrant sur le captivant « Laurel » avec ses synthés analogiques et sa rythmique implacable et obsédante, le groupe de Los Angeles mené par Joo Joo Ashworth reste de nouveau égal à lui-même en ne laissant rien traîner. Il en est de même pour la pop psychédélique efficace de « Catalog » qui suit ou bien même le semi-instrumental bien menaçant et noisy nommé « A2 » avant que n’intervient le chant sur les dernières secondes qui ont de quoi faire frémir.

Donc plus expérimental et plus ambitieux que ça, tu meurs. Froth redéfinit les codes de sa musique avec précision et ingéniosité. Que ce soit sur les loops insolents du menaçant « 77 » conviant Isabella Glaudini suivi de l’interlude bien étange nommé « John Peel Slowly » où les samples et la noise ne font qu’un ou sur des moments plus libérés comme les allures Spiritualized de « Xvorth » ou celles plus Beach House de la dream-pop éthérée « Slow Chamber », l’audace des Californiens n’a plus à être questionnée. Froth continue de creuser le sillon afin de faire parler au mieux sa créativité et son originalité, et ce Duress en est la preuve concrète.

***1/2

12 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Brian Jonestown Massacre: « The Brian Jonestown Massacre »

Bon an mal an, ce magnifique givré d’Anton Newcombe revient inlassablement avec un nouvel album sous le bras. Et 2019 ne fait pas exception à la règle. Voilà la courte liste de ce que le bonhomme a produit dernièrement avec son véhicule de création, The Brian Jonestown Massacre : Aufheben (2012), l’incursion dans le krautrock Revelation, le superbe Musique de Film Imaginé en 2015, le tout aussi bon Third World Pyramid (2016), Don’t Get Lost (2017) et finalement, Something Else en 2018.

Newcombe est ici de retour avec un 18e album studio au compteur; une création éponyme constituée de chansons issues des mêmes sessions d’enregistrements que Something Else. L’homme était tellement inspiré qu’il a préféré lancer deux albums plutôt que de réunir toutes ces pièces au sein d’une seule et même production.

Évidemment, Newcombe joue de tous les instruments, mais le créateur est quand même épaulé par Sara Neidaf (batterie), Heike Marie Radeken (basse), Hakon Adalsteinsson (guitare) ainsi que Rieke Bienert qui est à l’avant-scène, vocalement parlant, dans l’excellente « Tombes Oubliées ». Pour cette énième création, Newcombe s’est inspiré de ses nombreuses lectures contextualisant la Première Guerre mondiale (1914-1918); un conflit qui sombre de plus en plus dans l’oubli et qui fut l’un des plus violents et meurtriers de l’histoire moderne.

Pour celui ou celle qui connaît bien The Brian Jonestown Massacre, cet éponyme ne surprendra personne. Sans atteindre les standards établis avec Musique de Film imaginé ou encore Third World Pyramid, la formation nous propose, encore une fois, un bon disque. On y retrouve quelques relents de blues rock psychédélique (« A Word ») et un peu de folk rock dépressif (« We Never Had a Chance »). Pour ce qui est du reste, Newcombe demeure dans sa zone de confort.

En revanche, ce disque n’est pas aussi « tripant » qu’à l’accoutumée. Pourquoi ? Tout simplement parce que le principal compositeur de la formation a de la difficulté à s’extirper de son schéma compositionnel… ce qui fait que certaines chansons peinent à se démarquer tant elles sont semblables les unes des autres.

Cela dit, les fans de la formation seront en terrain connu et y trouveront un certain plaisir à réentendre les tics musicaux de Newcombe. Parmi les meilleurs moments, on note l’entrée en matière titrée « Drained » ainsi que « Cannot Be Saved; » du Brian Jonestown Massacre pur jus. Coup de chapeau enfin à la conclusive « What Can I Say » qui donne sérieusement envie de plonger à nouveau dans les vapeurs narcotiques exhalées par Newcombe et ses acolytes ; une formation qui propose toujours et encore un voyage musical des plus agréables.

***1/2

5 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Electric Würms : « Musik, Die Schwer Zu Twerk »

Electric Würms est un effort collaboratif entre Wayne Coyne et Steven Drodz des Flaming Lips et Linear Downfall, un groupe expérimental psychédélique de Nashville. Coyne y joue de la basse, Drodz de la guitare et s’attelle à des choses qui ressemblent vaguement à des vocaux.

Musik, Die Schwer Zu Twerk est leur premier opus et il a une durée (29 minutes) qui le ferait être assimilé plus à un EP qu’à un véritable album. Son écoute réjouira tous les fans des Butthole Surfers et ceux qui se sont intéressés aux récents travaux électroniques schizophrènes de John Frusciante. Cette chose dite, le décollage s’impose naturellement.

Sur « I Could See The Clouds » la sensation sera celle qu’une tribu ancienne à mis la main sur une collection de vieux samples de Aphex Twin et, au milieu de cette atmosphère indéfinissable, les vocaux de Drozd apporte une couche moelleuse et lustrée assez paradoxale, un peu comme certains morceaux de Gorillaz quand ils s’échappaient du domaine du hip hop.

« The Bat » va rappeler le « Careful With That Axe, Eugene » du Floyd et « Futuristic Hallucinations » est un instrumental se révèlera encore plus langoureux avec ces accords distants au point qu’on se demande si on est encore dans la musique psychédélique ou le jazz « ambient » (le rythme inchangé de « The Second Time » rendu hypnotique par le tempo de la la percussion).

Plus d’énergie se manifestera dans « Transform ! » et sa ligne de basse ; ce sera le seul titre qu’on pourra apparenter à une chanson rock, tout halluciné qu’il puisse sonner.

Malgré son titre, on ne trouve dans Musik, Die Schwer Zu Twerk, quelque chose qui puisse voisiner avec le krautrock et s’il est une influence qui est revendiquée ce sera dans cette reprise du « Heart of the Sunrise » tirée de l’album de Yes Fragile en 1971.

On comprend que Electric Würms ont essayé l’étrangeté non pas pour le plaisir de l’être mais pour s’aventurer dans l’expérimentation. Qu’ils ys oient parvenus en termes d’inventivité est discutable ; peut-être leur manque-t-il tout simplement un peu plus de focus.

***

21 septembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire