The Acorn: « Vieux Loup »

The Acorn c’est, avant tout, un folkeux frénétique Rolf Klausener qui, parallèlement à son groupe, ne manque pas de projets parallèles. Vieux Loup est le premier album du Canadien depuis 2010 et il peut être vu comme un opus qui lui permet de fusionner toutes ses autres occupations en un opus qui se nourrit de folk, pop et electronica.

Alors que No Ghost jonglait entre tension à la Animal Collective et harmonies façon Grizzly Bear, Vieux Loup est plus subtil et en retenue. Il n’oublie pas ses racines folk mêrme quand il s’aventurent dans des territoire electro ; il n’est que d’écouter le « single » « Influence » à cet égard.

 

C’est pourtant quand il se montre moins expérimental que ses compositions ont le plus d’impact. « Palm Springs » est un rock vertigineux avec des chorus démesurés et le duo qui termine l’album, « Dominion » semble amener Vieux Loup vers une conclusion folk pleine de quiétude.

On hésitera donc entre les palettes ambient et les efforts poppy ; dans un cas comme dans l’autre The Acorn y a trouvé un équilibre dont on ne pourra qu’apprécier l’efficacité délicate.

***1/2

Circuit Des Yeux: « In Plain Speech »

Haley Fohr manie sa voix comme une couteau très aigusé sur le fil duquel elle a peur de se couper. Il est rare d’entendre une femme chanter avec un baryton mais il est encore plus rare qu’on le fasse avec une telle fluidité.

Son registre est celui du folk expérimental où elle crée un univers fait de ses émotions comme sur le premier « single » de son nouvel album In Plain Speech, « Fantasize The Scene ». La tension y est tendre et elle est totalement tenue en bride par la prononciation attentive de celle qui a pris pour pseudo Circuit Des Yeux.

D’une manière générale elle diffuse sur ses compositions une pincée de vibrato comme pour souligner la précision de son phrasé jusqu’au moment où il atteint une apogée en un crescendo qui durera et durera avant qu’elle ne se décide à laisser place à une explosion de guitares en drones et de percussions qui s’entrechoquent.

De cela émergera une force tranquille, presque existentielle,qui semble se repaître de cette solitude qui rend plus fort et qui s’agrémente des merveilleuse flûtes qui lui servent de décorum.

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