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The Cinematic Orchestra: « To Believe »

Douze années se sont écoulées depuis Ma Fleur, le dernier album du projet du duo britannique The Cinematic Orchestra. Assez pour se faire oublier… jusqu’à ce que l’on découvre les sept superbes compositions nouvelles de l’album To Believe. Convaincant retour ! Le plus épatant, c’est que Jason Swinscoe n’a absolument rien changé à sa formule depuis Ma Fleur, ce qui révèle le caractère intemporel de son travail.

Les orchestrations de cordes bien dosées (excellent travail du Californien Miguel Atwood-Ferguson), les rythmiques cool jazz tirant vers le house atmosphérique, les mélodies soul poussées par les voix de Moses Sumney sur l’acoustique et poignante chanson-titre, de Tawiah sur l’angélique « Wait for Now/Leave the World » et de la collaboratrice de longue date Heidi Vogel, dont on savoure la voix ambrée sur les douze minutes de « A Promise » en finale. Autre collaborateur favori, le poète et MC Roots Manuva s’avère à point sur la tendue « A Caged Bird/Imitation of Life », l’une des plus puissantes de To Believe.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gazelle Twin: « Pastoral »

Des premiers moments de « Folly » jusqu’aux mesures finales de « Over The Haills », Pastoral, le nouvel album de Gazelle Twin, le monstrueux alter-ego de Elizabeth Bernholz, ce à quoi nous sommes présentés n’est pas le charme bucolique de la campagne anglaise mais un tableau abrasif et profondément dérangeant dudit paysage.

Censé nous réconcilier avec une image « gentille » et un nationalisme courtois rythmés par les fêtes de villages et les écoles privées, l’usage d’une électronique rugueuse et de vocaux cassants intervient à point pour dénoncer les dangers infernaux qui se dissimulent derrière un « village green » idéalisé.

Rien d’idyllique dans cette présentation où apparaissent clowns diaboliques ou hooligans de football, le tout « servi » par ricanements ironiques et vitupérations. « Jerusalem » samplera des chants de footballeurs et les évocations champêtres sont passées au moule de la broyeuse industrielle pour contrebalancer la fausse apparence de quiétude présentée sur la pochette.

« Better In My Day »et « Little Lamb » sont les énoncés les plus exemplaires de l’album ; un couple de titres qu’on dirait composés pour une « rave ». Équilibre entre rage inamovible et flutes maniaco dépressives interprétées comme jamais elles auront pu l’être auparavant, il n’est nul endroit d’où on pourrait échapper à cet univers clasutrophobe. Le la vocifération de Bernholz hurlement de « Glory » n’est que répit au milieu de la noirceur oppressante et gothique et et les vociférations de Bernholz enjoignant l’auditeur de «  get out of here » sur le « single » « Hobby Horse » seront comme le bruit de dents se grinçant sous la douleur ou, mieux encore, le galop éffréné de sabots chevauchant le sol de nos sens.

****

 

28 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire