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Adam Coney: « Pavilion »

Jusqu’alors totalement inconnu, Adam Coney avait pourtant livré un premier album en 2014, salué par le magazine The Wire. Pavilion nous perme de nous adapter à la présence de Leo Abrahams et de nous raccrocher à quelque chose de plus palpable. De fait, la guitare du musicien, comme sa production et son mix, viennent apporter des éléments plus intéressants aux travaux d’Adam Coney.

Alors que ce dernier a composé et enregistré les neuf morceaux de cet album dans son home studio, la collaboration de Leo Abrahams rajoute une touche encore plus jazz à un ensemble qui évolue déjà, par ailleurs, dans une veine instrumentale.

Les déliés de six-cordes se déploient ainsi, soit dans une tonalité électrique et enlevée (le morceau-titre, « Dominion In Spin) », soit par un aspect acoustique (« The Sun Rattle »), parfois proche du banjo dans ses sonorités (« Siren »).

Aux côtés de cette guitare, dont Coney joue aussi, ce dernier ajoute une contrebasse et un piano électrique, pour des instrumentaux variés et riches, conduisant l’auditeur à être en permanence surpris, ne sachant à quoi s’attendre quand il passe d’une piste à l’autre.

En plus d’être surpris, on sera séduit par plusieurs propositions, telles cette rencontre entre contrebasse et accords de guitare pincés (« Of Eyes Clean »). Si l’Anglais peut se laisser aller, à quelques endroits, à certaines facilités (l’atmosphère un rien trop laid-back de « The Sun Rattle »), la manière qu’il a de croiser rock instrumental, jazz et matériaux électroniques mérite ici d’être saluée.

***1/2

3 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Spellcaster: « Inventory »

Issu de la scène expérimentale danoise, Holger Hartwig alias Spellcaster propose un premier album, Inventory, qui n’a de définissable  que sa propre singularité.

Faisant se collapser vocaux trafiqués et instrumentaux possédés, Spellcater nvente un langage à la croisée des genres, entre slow post-punk expérimental et noise r’n’b, spoken word défiguré et arabesques free à l’abstraction ambient conceptuelle.

S’il a hérité du déconstructivisme de sa formation Synd Og Skam, il a par ailleurs développé un sens du chaos qui doit autant au bouillonnement d’idées, qu’à l’acharnement de collages minutieux, intégrant la participation de plusieurs musiciens ou chanteurs à la création de son projet aux allures de magma en fusion.

Inventory demande une écoute attentive pour en apprécier ses diverses textures et sa richesse intrinsèque, bifurquant constamment sur des routes glissantes, désaxant ses mélodies de leurs axes pour leur offrir une beauté à l’usage du temps. Un opus inclassable aux atmosphères intrigantes. Très fortement recommandé.

***1/2

1 mai 2019 Posted by | Chroniques qui gueulent | | Laisser un commentaire