Anderlin: « Lowborn »

22 août 2014

Si il faut partir autant que ce soit avec style ; c’est peut-être ce que se sont dit les membres de Anderlin au moment où ils ont enregistré leur septième et ultime album, Lowborn. De retour sur leur label initial, Tooth And Nail, il semble que ça a été l’intention d’un groupe qui, tout au long de ses douze années d’existence, s’est efforcé de maintenir une certaine attitude rock, à mi chemin entre la new wave et le screamo.

Le titre d’ouverture, « We Are Destroyer », a d’ailleurs cet héritage mais le groupe sait, graduellement, s’en défaire pour aborder des territoires plus calmes et subtils dès « Strange Ways » dont la cadence, plus mesurée, permet à celui qui s’en imprègne de s’approprier l’humeur de la composition (invariablement celle d’un être épris se mourant de se rappocher de son objet d’amour) et de faire coïncider tonalité et textes.

C’est ainsi que doit être perçu Lowborn, un aller-retour entre colère (un « Stranger Ways » explosif) et climats apocalyptiques impossibles à contrôler comme sur le bien nommé « Armageddon » ou « Losing It All » qui, tous deux, ambitionnent de nous rappeler qu’iil y a une fin à tout. On ne peut s’empêcher de penser alors que, passant de la déclamation théorique à quelque chose de plus personnel, le groupe fait le constat de ces douze années de perdues puisqu’il a décidé de se séparer.

Concrètement, chacun de ses membres a accepté un défi : celui de s’enregistrer lui-même comme pour faire un pied de nez au destin. Le résultat est à la hauteur puisque textes et vocaux se mêlent avec fluidité sans qu’on ait la sensation de subir un discours didactique. Chaque morceau entraîne l’envie d’accéder au suivant ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’essaie à conceptualiser une œuvre.

Il n’y aura rien ici qui décevra les fans de la première heure, si ce n’est le regret que l’aventure se termine, quant aux autres, ile ne pourront que regretter amèrement s’arriver si tardivement à une « farewell party » en forme de doigt d’honneur parce que jamais elle n’aurait eu lieu d’exister.

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Taking Back Sunday: « Happiness Is »

20 mars 2014

Taking Back Sunday étaient indubitablement des stars dans la scène « emo rock » du milieu des années 90. Le défi, désormais, est de pouvoir être en mesure de faire résoinner quelque chose dans une audience qui a, depuis, vieilli ou évolué vers d’autres choses.

Happiness Is est leur sixième album et le premier où le groupe est réuni sous son line-up original ainsi que celui qui le voit wsigné sur un label indépendant. TBS vont nous délivrer le même chose (de gros sons rock) d’une manière différente (les titres semblent plus ancrés sur le sol et organiques et moins véhiculés par l’émotion) ce qui, quelque part pour eux, est signe de maturité.

Pour signifier ce changement le disque va d’ailleurs débuter sur quelque chose d’inédit chez eux, un prélude plein de violons et autres sonorités qui va introduire le « single », « Flicker, Fade » un

choix assez étonnant car il est construit sur tout sauf un format de chanson rock.

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Le disque va même côtoyer des territoires où le « fun » sera de rigueur avec « Stood A Chance » et ralentira le tempo avec des petites ballades comme « All The Way » ou le nostagique « We Were Younger Then ».

L’adrénaline sera, bien sûr, toujours présente, mordante et saisissante sur « Beat Up Car », d’une puissance enchanteresse sur « Better Homes And Gardens ». On retrouvera donc un belle dose de ce que le groupe sait si bien faire, des titres de « anthemic rock » mais ces compositions stadium ne sont plus comme celles que l’on auraiet écrites dans ses 20 ans. Taking Back Sunday ont une vie bien réelle à assurer désormais et Happiness Is en est le signe. La frustration qui régnait dans les vocaux de Adam Lazzara et Jon Holan, respire encore ; elle a tout simplement acquis une nouvelle facette quand on arrive au stade d’une trentaine déjà entamée.

guitareguitare1/2


The Kickdrums: « Thinking Out Loud »

9 novembre 2013

The Kickdrums fait partie de ces ensembles composé d’un seul homme, Alex Fitts, et aussi de ces musiciens qui ont la tentation de mêler hip-hop et alt-pop. C’est un exercice qu’il pratique depuis longtemps (collaborations avec Kayne ou Kid Cudi) et sur ce premier album qui suit une série de EPs, l’exercice n’est pas vraiment loupé tant Thinking Out Loud parvient à rassembler plusieurs éléments en apparence hétérogènes ent sonnaont à la fois « emo » et punk-pop tout en y mixant une dose qui rappellerait un Beck plus « heavy » et moins désinvolte.

Sa voix, assez neutre, est rehaussée par des textures de claviers parfaitement mis en place, des rythmiques assez « punvhy » et couches après couches de guirtares pour obtenir un son qui tiennen la route techniquement.

Certaines des compositions bénéficient d’un traitement intéressant, « Can’t Hide LOve » par exemple avec ses breaks et l’essor de ses chorus, « I Know » avec ses beats hystériques et son riff de blues-rock ou « Fake Guns » dont l’énérgie est contrebalancée par un chorus « fun »..

Le morceau phare sera pourtant « Atonement » qui ouvre l’album et qui figurait déjà dans un EP avec des vocaux qui, pour une fois, des détachent du lot. Ajoutons quelques instrumentux , une instrumentation variée et électronique et une production plutôt hip-hop et on obtient un album qui offre par moments des riffs suffisamment fort pour propulser Thinking Out Loud où les désagrément n’obèrent pas la qualité de certains « beats ».

★★½☆☆

Owen: « L’Ami du Peuple »

5 juillet 2013

Le terme « emo » évoque ces teennagers qui, même passé l’âge, ne peuvent se destiner à abandonner leur rébellion adolescente. Sur ce nouvel album sous le nom d’oWen, Mike Kinsella va continuer à élaborer autour de ce genre, lui apportant une touche de maturité gracieuse souvent manquante chez ceux qui sont sur ce registre.

Tout au long de L’Ami du Peuple, il va donc méditer sur ce qu’est la douleur, admettre qu’il est en pleine confusion mais, plutôt que de s’y complaire, va en chercher le contraste, le contraire.

Comme toujours Kinsella va se révéler articulé, réfléchi et comme investi. Il est vrai qu’une assez longue carrière à Chicago (Cap’n Jazz, Joan of Arc ou Owls dans lesquels il jouait toujours aves son frère) ainsi que le fait d’être père et d’atteindre 40 ans lui permet de regarder autour de lui et de dresser un bilan personnel.

Sur « Love Is Not Enough » il va soupirer sur ce constat que certains gens abandonnent et que des bonnes pomme vont pourrir signe de ce changement qui se manifeste aussi musicalement avec l’introduction d’un peu d’électronique et de cordes donnant épaisseur à son style acoustique.

L’Ami du Peuple va donc résonner entre deux pôles : l’affliction sera toujours présente (« Who Cares » avec se guitare sinueuse qui semble vouloir opérer une perfusion, « Bad Blood » un morceaux aux accents bruts parlant de dislocation émotive ou le hanté « Blues to Black » et son introspection perçante sur le temps qui passe et l’amour qui s’en est allé.

L’autre versant du disque sera constitué des réponses qu’il a trouvées. Il devient crooner sur « Vivid Dreams » évoquant la cristallisation de ces moments où la douleur a fait place à la rémission et, à l’intérieur même des morceaux où semble oeuvrer le désespoir, il pavien t à glisser quelques interstices où le répit se fraye un chemin et où le doux amer semble faire envoler le voile de tristesse qui enveloppe « Bad Blood ».

L’Ami du Peuple se révèle bien être ce qu’il proclame ; il fond de sensibilité et non de sensiblerie et, ne verse pas dans l’acrimonie mais dans l’empathie. C’est un disque de vétéran faisant partager la lumière qu’il aperçoit au bout de son tunnel.

★★★½☆