No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Chastity: « Home Made Satan »

Brandon Williams est de retour avec son projet Chastity qui lance un deuxième album en deux ans. En 2018, la formation avait proposé Death Lust, son premier album qui tirait des influences des Deftones et du rock emo plutôt artistique. Ses paroles racontaient les tribulations d’un jeune homme issu d’une banlieue canadienne.

Chastity en remet sur Home Made Satan, mais prend cette fois une avenue un peu plus pop pour livrer ses chansons. Ce qui ne veut pas dire que les moments bruyants sont complètement absents de cet album, mais c’est beaucoup moins lourd que le précédent.

« Sun Poisoning » est, à vet égard, un excellent exemple d’une certaine lourdeur rock que Chastity réussit à conserver tout en livrant le tout avec une sensibilité pop accrue. Ce qui n’est pas le constat qu’on fait sur « Flame »s alors que le côté indie-rock et pop prennent entièrement le dessus. Par contre, la mélodie de Williams est franchement efficace. Même son de cloche du côté de l’excellente « The Girls I Know Don’t Think So ». Celle-ci est un appel à l’ouverture d’esprit et à un peu plus de douceur entre les humains.

On retrouvera les thèmes qui lui étaient déjà chers sur Death Lust. La bataille constante contre l’anxiété, la quête du bonheur quasi impossible et la condition humaine en général. Il se fait aussi acerbe sur « Dead Relatives », une pointe directe à la droite conservatrice.

Last Year’s Lust est une pièce sur le combat contre la peur d’être soi-même et une célébration du besoin de prendre du temps loin du reste de la société. Au final, ce qui semble primé un peu partout sur Home Made Satan, c’est cette idée de besoin individuel et de respect de soi. Chastity est un artiste à surveiller si vous aimez le rock emo.

***1/2

20 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Somos: « Prison On A Hill »

Ce troisième album des ultra-talentueux Somos n’aurait dû sortir qu’en Octobre. La disparition tragique de leur guitariste a précipité la sortie digitale de Prison On A Hill, pour financer les funérailles de ce dernier. Un très beau geste de la part du label, et un hommage avec les derniers morceaux qu’il a aidé à composer. Somos a un son bien à lui, à base d’emo-rock, de pop-punk et d’indie-rock. Son prédécesseur, First Day Back, a été couronné de succès (en tout cas de la part des critiques). Prison On A Hill suit la même tendance en étirant les morceaux (sur le précédent, seuls trois titres dépassaient la barre des trois minutes) et y ajoutant des synthés qui fleurent bon la new wave. C’est bien simple, sur les 47 minutes que durent le disque, aucune n’est à jeter.

Emotions à fleur de peau, refrains addictifs passages atmosphériques, un travail magnifique sur les guitares et claviers, et une avalanche de tubes plus tard, le constat est simple : Prison On A Hill est le meilleur album de Somos. On pourrait aisément disséquer chacun des morceaux, tant ils regorgent de détails, de passages où on prend le temps de poser les ambiances sans se donner de limites. Et que dire de cette voix, proche de Morrissey ! Du tube « The Granite Face » en passant par « Absent and Lost » et son synthé énorme et cette basse qui cogne, ou encore faire un détour par la superbe  » »y Way To You » qui démarre tout en douceur avant de lâcher les chevaux et finir par le morceau le plus rentre dedans « Dreamless » (quelle baffe !). Le désormais trio déborde de créativité et on sent que la bande a mis tout son âme dans ce disque qui estun petit chef d’œuvre d’emo-rock à ne manquer sous aucun prétexte.

****1/2

15 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Strand of Oaks: « Eraserland »

Timothy Showalter continue de gravir les échelons à chaque album. En empruntant le pseudonyme Strand of Oaks, on avait laissé notre musicien adoré de Philadelphie avec un Heal touchant en 2014 et un Hard Love de très bonne facture trois ans plus tard. Mais quelque chose nous fait penser qu’avec son nouvel album Eraserland peut être considéré, à cet égard, comme une tentative d’atteindre un nouveau zénith.

Strand of Oaks a la particularité d’être placé entre Kurt Vile et The War on Drugs en raison de la fusion entre indie folk et southern rock à teneurs sntimentales. Showalter continue dans cette voie en y plaçant le curseur émotionnel au maximum. Avec l’aide du groupe My Morning Jacket il joue sur notre affect avec des compositions quasi-théâtrales mais émouvantes comme l’introduction majestueuse qu’est « Weird Ways » ou autres « Keys » et « Visions ».

Tout au long d’Eraserland, Strand of Oaks est en quête de rédemption et il le fait d’une sobriété éclatante. Que ce soit sur les ascensions dignes de Bowie qu’est « Hyperspace Blues » ou les influences dignes de Crazy Horse sur l’émouvante conclusion « Forever Chords », la rencontre entre Timothy Showalter et My Morning Jacket donne naissance à un moment d’exception. Au milieu de ces titres flamboyants et sentimentaux comme « Moon Landing », le natif de Philadelphie est beaucoup plus poignant sur cette ballades guitare acoustique/voix qu’est un « Wild and Willing »où il fait preuve d’une lucidité rare dans sa volonté d’avoir une vie paisible à l’approche de la quarantaine.

Strand of Oaks vient de signer son disque le plus émouvant et le plus audacieux de sa discographie. Il ne fait aucun doute que le natif de Philadelphie et le groupe de Louisville ont réussi à trouver une synergie plus que redoutable qui fait de ce Eraserland un ascenseur émotionnel redoutable et unique.

***1/2

26 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Spielbergs: « This is not the end »

On aurait tort de croire que ce combo est Américain mais, malgré son patronyme, et la musique qu’il déverse sur This is not the end ,Spielberg est un groupe norvégien, de celui qui aura bien biberonné au rosk alternatif US qui sait impeccablement nous distiller des titres qui, hormis, une plage de 7 minutes, ne traînent pas en longueur et ont le mérite de la concision efficace.

Variations des tempos, solos lumineux Spielbergs est en plus l’exception qui confirme la règle que pour ce genre de musique et d’album, il faut faire court ; 49 minutes, ça va, les gars n’en ont pas été avares.

Parmi les temps forts, on a « Five on it » qui transpire le Dinosaur Jr, « Distant star » et son côté hymne héroïque eighties, « We are all going to die » et son terrible gimmick de batterie, la survitaminée « Bad friend », le très efficace single « 4 A.M. », la semi-ballade « Forevermore ». Le groupe a récemment été désigné comme l’une des formations à suivre : pas étonnant quand on prenne en compte tous les bons moments dqu’il nous réserve. Reste à espérer qu’il ne se contentera pas de rejouer indéfiniment le même film et conservera intacte sa fougue à l’avenir.

***

20 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Pianos Become The Teeth: « Wait for Love »

Ce quatrième album de Pianos Become The Teeth poursuit la mue effectuée avec leur arrivée sur un nouveau label : oubliés le screamo et les mouvements rageurs, le groupe se consacre désormais à un rock plutôt émo agrémenté de longues plages contemplatives dignes d’un post-rock chanté. La distorsion choisie pour les guitares caresse les oreilles, majestueuses et douces, elles cajolent plus qu’elles ne bousculent. Parfois, le rythme s’accélère mais le chant de Kyle Durfey tempère les ardeurs et recouvre de ouate l’atmosphère. Le travail de production de Will Yip est, à cet égard, très soigné sait très bien mettre en avant leus talents dePianos Become The Teeth

.

Les musiciens de Baltimore arrivent à écrire de jolies chansons hors des canons habituels avec des ambiances particulières, rapidement installées et aussi vite remplacées par d’autres sans que l’auditeur ne se perde, tant la teinte de cet album reste, malgré le défilement des titres. Si on est en quête d’un album de rock électrique et capable de de prodiguer tranquillité, ce Wait for Love fera l’affaire.

***

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

FEVER333: « STRENGTH IN NUMB333RS »

Après un premier EP, FEVER333 remet le couvert avec STRENGTH IN NUMB333RS, leur « debut album ». Pour rappel, le line-up de la bande, c’est un peu le all-star band de l’emo/hardcore déjanté avec Jason Butler de Letliv., le guitariste de The Chariot et le batteur des fabuleux Night Verses. Et puis, pour couronner le tout, aux manettes de ce premier effort, on retrouve John Feldmann et Travis Barker. Et dès les premières notes, la production est énorme et met en valeur toutes les facettes de la bande : explosif et propre. De l’émo, du néo-metal, du hip-hop, vous entendrez tout ça chez FEVER 333, un opus chaotique mais ultra accesssible.

« Burn It » démarre sur les chapeaux de roue avec un riff digne de Rage Against The Machine pour arriver à un refrain emo en diable et surtout addictif en diable. La suite navigue entre passages hip-hop (« Animal », « One Of Us »), passages electro (la douce « Inglewood/3 »), post-hardcore (« Out Of Contro/3 »l et « Prey For Me/3 » qui renouent avec le Letlive.des grandes heures).

La folle ballade qu’est « Am I Here » prenra bien soin à proposer des refrains accrocheurs au possible quitte à empiéter sur les plate-bande de Linkin Park à certains endroits (le refrain de « The Innocent »’’ ou encore le final « Coup d’Etalk »).

Au final, on ne pourra que s’incliner devant les forces en présence et écouter en boucle cet album à la fois novateur et accessible d par sa section rythmique, ses riffs démentiels, ses mélodies imparable et ses vocaux ahurissants. La moindre des choses eu égard aux CVs le ses membres.

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

American Football: « American Football »

American Football fut un des premiers groupes à populariser le genre emo, et ce bien avant des groupes comme Jimmy Eat World Le quatuor de Chicago avait fait sensation en 1999 avec un premier album éponyme et, suite à cela, s’était séparé. Ses membres n’ont pas chômé pour autant ; Mike Kinsella, chanteur-guitariste a connu une carrière solo prolifique avec un side-project, Owen, qui n’a pas rencontré le succès escompté et les autres membres du groupe se sont lancés dans l’aventure The Geese.

17 ans plus tard, le quatuor a décidé de se réunir et de repartir à l’aventure avec un second album, éponyme lui aussi, afin de montrer qu’ils restent toujours les pionniers de l’emo.

« Where Are We Now ? » se questionne Mike Kinsella dès les premières écoutes de ce second opus. 17 ans après, rien n’a changé pour American Football: on retrouve les notes de guitare limpides, les mélodies hypnotiques et cette douce nostalgie qui plane à travers ces neuf nouveaux titres. Les amateurs du genre apprécieront à coup sûr les rythmes en 4/4 de « Home Is Where The Haunt Is » et autres « I’ve Been So Lost For So Long ».

En 37 minutes, on aura ainsi l’intime conviction qu’American Football a toujours quelque chose à dire et c’est ce qui fait plaisir à entendre. Mike Kinsella et ses compères affichent, en effet, une certaine sérénité lorsqu’il s’agit d’embarquer ses auditeurs dans des ballades quelque peu renversantes à l’image de « Born To Lose », « Give Me The Gun » et « I Need A Drink (Or Two Or Three) ».

Si l’on ajoute une production beaucoup plus chaleureuse et profonde qu’auparavant (l’influence de The King Of Whys n’est pas très lointaine), il y a de quoi se réjouir de cette reprise d’activité. Il suffira d’un dernier solo de trompette du batteur Steve Lamos sur la conclusion « Everyone Is Dressed Up » pour clore en fanfare cette cérémonie de retour plutôt bienvenue et tout sauf intempestive.

***1/2

4 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Weathered: « Stranger Here »

On peut être séduit par la forme d’un disque tout en étant peu réceptif à son message. Stranger Here, premier album des Américains de Weathered, est de ces disques qui peuvent laisser circonspect. En effet, leur rock alternatif avec une point d’emo est vraiment bien foutu. Une voix simple et juvénile qui charrie les émotions, une formule guitare – basse – batterie qui n’en fait jamais trop mais connaît assez son ouvrage pour nous emmener où elle veut sans efforts, des mélodies douces-amères comme on les aime, des moments plus enlevés, d’autres plus calmes.

Stranger Here  n’est pas un album ultime, comme ceux qu’on attend depuis des lustres car il émanerait d’un groupe en pleine progression. Mais il est de ceux qui insufflent de l’espoir aux petits groupes et aux musiciens du dimanche ; avec pas grand-chose, on peut accoucher d’un vrai bon disque.

Le hic, ce sont les textes, chargés d’une foi un peu encombrante pour qui n’en a cure. Ce qui est beaucoup plus gênant, par contre, c’est les entendre chanter certains titres avec conviction. Bien sûr, Weathered ne passe pas son temps à louer le seigneur, mais c’est un détail qui n’en est pas toujours un. Ce qui ne doit pas vous empêcher d’apprécier ce disque à sa juste mesure, et des titres aussi bons que « Lying in wait », qui fonctionne impeccablement en matière d’épiphanie.

***

13 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jupiter Styles: « Be Good »

Lorsqu’il n’officie pas chez Ratboys, Sean Naumann possède un autre side-project beaucoup plus radical qu’auparavant. Il s’agit de Jupiter Styles qui s’éloigne du mélange indie rock/country-folk pour aller chercher vers les sonorités plus emo et indie rock lo-fi comme l’atteste son premier album intitulé Be Good.

Voici donc dix morceaux qui ne dépassent jamais les trois minutes, à l’exception faite de l’émotif et passionnant « Life Like », où Jupiter Styles nous montre l’étendard de son talent avec des titres incisifs et allant droit au but de « Surefire Way » à « Over and Over » en passant par les intonations à la Dinosaur Jr. sur « The Same » et « Hour Ago ».

Avec l’aide de Dave Sagan de Ratboys (guitare, piano), Seth Engel de Lifetime Bells (guitare), Marcus Nuccio de Pet Symmetry (batterie) et de l’ex-Pinegrove Nick Levine, Sean Naumann est dans son élément tant son univers rappelle aussi bien Oso Oso que Superchunk (« Made A Moon ») mais aussi Joyce Manor (« Stick Around »).

Après une conclusion plus sobre et acoustique des influences alt-country nommée Baby Steps, Jupiter Styles s’achève sur une note plutôt prometteuse ave un opus qui inaugure que du bon pour un artiste qui prouve ainsi qu’il sait être polyvalent sans se perdre.

***

4 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Basement: « Promise Everyrthing »

Depuis leur EP Further Sky en 2014, Basement semblent avoir progressé en terme de composition ; Colourmeinkindness les a trouvés maniant bien équilibre entre douceur et grunge et on note ici un don plus affirmé pour la mélodie.

Les vocaux de Andrew Fisher tiennent un rôle significatif dans cette évolution dans la mesure où il abandonne les hurlements râpeux et embrasse un style moins agressif et qui sied plus au combo comme sur l’élevé « Lose Your Grip ».

Les accroches sont ici également plus fermes et assurés qu’auparavant en particulier « Aquasun » qui emprunte avec allégresse les tonalités radios des 90’s façon Jimmy Eat World.

La transition entre saccharine et amertume se fera sans à-coups entre « Blinded Eye » et « For You The Moon », preuve s’il en fallait que le « emo-rock » peut nous offrir encore des tonalités dynamiques et cohérentes.

***

14 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire