Little Scream: « Speed Queen »

Il y a trois ans, une jeune auteure-compositrice-interprète s’était fait connaître non seulement parce qu’elle avait été signéee par Merge Records mais aussi en raison d’un opus, Cult Following, qui avait drainé attention et intérêt. Il s’agit de la native d’Iowa Little Scream qui, désormais montréalaise, revient enfoncer le clou avec Speed Queen.

Beaucoup de choses se sont écoulées ces trois dernières années et Little Scream est là pour témoigner. Laurel Sprengelmeyer a été consciente d’un changement sociopolitique qui ne présage rien de bon, ce Speed Queen veut en être le témoignange. Le disque débute avec le somptueux « Dear Leader » qui frôle de très près les sonorités Americana et qui étonne par soa verve satirique et une vision quelque peu catastrophiste des évènements.

Le voyage sociopolitique se poursuit avec d’autres titres envoûtants et entraînants « Switchblade » avec sa mélodie au saxophone aussi bien noire que joyeuse et « One Last Time » foù elle évoque vision de la créativité. Little Scream exprime son avis tout au long des compositions vacillant entre indie folk/alt-country et pop baroque avec entre autres « Disco Ball » qui porte bien son nom mais aussi « Forces Of Spring » et « No More Saturday Night ».

Elle réussit à interpeller son auditeur en se plaçant en tant que commentatrice sur le morceau-titre  mais aussi sur la conclusion intitulée « Privileged Child ». Speed Queen est un opus bien ancré dans son temps, peut-être même un peu trop ; il restera à voir si l’inventivité revendiquée par l’artiste survivra à l’écueil de l’instant, tout prégnant qu’il soit..

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Bonnie ‘Prince’ Billy: « I Made A Place »

Un nouvel album de matériel original de Bonnie « Prince » Billy, alias William Oldham ? Super, il est temps de sortir la boîte de mouchoirs et de passer la semaine au lit pour réfléchir à toutes les horribles erreurs de votre vie d’adulte. Bonjour monsieur le psy ! Celui-ci est en fait légèrement plus brillant que le reste de son catalogue. C’est encore introspectif et sensible, mais ce n’est certainement pas l’iceberg de la tristesse que représente quelque chose comme « I See A Darkness ». C’est aussi bon que ça ? Non, mais même si vous n’êtes pas déjà fan de Billy, I Made A Place vaut vraiment le détour pour tous ceux qui aiment la bonne musique folk et country.

Le disque démarre avec un morceau qui se sentirait comme chez lui sur le légendaire Brown Album de The Band. L’écriture de Oldham est en pleine forme, et d’après le son de ses paroles, il l’est aussi. Tout comme pour les premiers albums de Van Morrison, il y a un chaleureux sentiment de paix qui flotte autour du disque, comme si Oldham s’était finalement installé à la campagne après avoir donné un sens à tout cela. Avec une belle instrumentation, une écriture solide et un lyrisme drôle et plein d’espoir, I Made A Place en vaut la peine juste pour cette tranquillité d’esprit dans laquelle Will Oldham semble avoir fait son trou et trouvé une place.

***1/2