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Two Door Cinema Club: « False Alarm »

Le trio Irlandais est de retour avec un quatrième album, False Alarm, près de trois ans après Gameshow. Alors que leur deux premiers disques avaient été salués par la critique et ont également été des succès commerciaux et après avoir dévoilé trois « singles » et repoussé de sept jours la sortie de leur album, Two Door Cinema Club fait enfin sonner l’alame pour ce nouvel opus.
Le très funky/disco « Talk « est à l’image du groupe : électro pop et élégant. L’ADN du groupe y est bien représenté et ça fonctionnne. Le combo est, d’ailleurs, bien dans sa lancée et les morceaux de ce nouvel album sont imprégnés de son énergie, et donnent envie de sourire et taper du pied. Ainsi,« Dirty Air » et « Satisfaction Guaranteed » (qui traite de notre relation avec les réseaux sociaux) ont de solides accroches et invitent à venir danser.

A contrario, des titres tels que « Satellite » et « Once » présenteront un nouveau Two Door Cinema Club, différent de tout ce que nous avons pu entendre, voyageant entre Glass Animals, Phoenix et Tame Impala.
Tout au long de l’album, le chant d’Alex Trimble s’incarnera en toute volupté en s’adaptant aux différentes tonalités, allant de légèrement tamisé sur « Think » à une voix de tête maîtrisée sur « Already Gone ». En se positionnant dans cette ligne de mire, False Alarm arrive comme un risque certes, mais un risque rafraîchissant.
Cet album est un album unique dans la mesure où il divise le son du Two Door Cinema Club en deux, de la même manière qu’il divise les opinions. Si le travail consistait à créer un nouveau son aventureux pour mener à bien une transformation en devenir depuis Gameshow, alors le trio a assurément fait le travail. False Alarm est un album de régénération audacieuse et agressive qui ne manque pas même si il ne révoluttonnera pas le genre de l’électro pop.

***1/2

21 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Frenship: « Vacation »

Frenship est un duo éléctropop de Los Angeles sont le premier « single », « Capaize » a comptabilisé plus de 750 millions de « streams » dans le monde. Accompagnés d’Emily Warren, James Sutherland et Brett Hite présentent leur tout premier album nommé Vacation ; pourquoi pas un peu de vacances, après tout ?

A mi-chemin entre synthpop et électro-pop un peu grand public, Frenship tente de sortir du lot avec leurs compositions soufflant le chaud et le froid. Il en résulte donc des morceaux colorés et sentimentaux à l’image de « Breathe Deeper, See Brighter, Feel Better, Hear Now » qui ouvre le bal mais également d’autres issus de la même trempe comme « Remind You », « Keep You Close » et « Get Out My Way ».

Nul ne peut reprocher le talent indéniable de Frenship malgré son côté pop bubblegum qui persiste tout au long. Et cet aspect est indéniable sur des collaborations extérieures comme le groupe Bastille sur « Won’t Let You Go » ou bien même Yoke Lore sur « Wanted A Name ». Pour le reste, Vacation s’avère être un disque de coupure pour l’auditeu unopus correct qui ne fait pas démentir son titre.

**1/2

7 juin 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Ideomotor: « In and Out of Time »

Ce duo finlandais revendique des influences des années ’90, on n’en trouve, ici, que très peu de traces, au contraire des eighties dont le versant synthétique est largement revisité sur cet In and Out of Time.

L’opus se présente donc comme un album electro-pop occasionnellement musclé un peu à l’ancienne, avec une pop gonflée aux synthés aux airs occasionnel d’hymnes, ressemblant parfois à ce qu’on a apprécié chez , par exemple, The Killers (« Hold On »).

C’est efficace, assurément, surtout quand ils ajoutent un peu d’électricité comme sur « One Last Time » où on est carrément chez Interpol, avec un allant qu’on ne rencontre plus que rarement chez ces derniers.

On préfère d’ailleurs quand c’est plus flamboyant, avec le côté plaisir coupable qui est associé à cette frange peroxydée des années ’80 (« Do It Again », « Helsinki100 ») ou quand un morceau se relance sans accélérer comme sur « The Drift Pt.2 ») A l’opposé, quand le tempo ralentit, se fait un gros bourdonnement propice à apporter la lourdeur que cette lenteur requiert.

Sans celle-ci on est moins captivés (« Seven Days », « Interference »mais on pourra trouver « Makebeliever » très émouvant. On pensera, au bout du compte, que c’est trop convenu pour être convaincant en matière d’élégie et surtout que ce n’est pas là qu’ils donnent leur meilleur.

Il y aura pourtant suffisamment de matière à sourire ici pour rejouer souvent cet album qui, en terme de revival, est entraînant à souhait.

***

15 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tender: « Fear of Falling Asleep »

Tender est un duo electropop dont ce deuxième album semble vouloir accentuer les thématiques engendrées par leur premier opus, Modern Addiction, à savoir les relations amoureuses ainsi que la douleur, le doute et les insécurités qu’elles peuvent provoquer.

Le tout est enrobé d’une production bien ficelée censée donner naissance à des propos où les musiciens se révèlent, derrière des arrangements travaillés, honnêtes et vulnérables, et, de par cet alliage touchants dans ce qui est une introspection à cœur ouvert. Portés par la voix nonchalante et aérienne de James Cullen, les 10 morceaux du projet forment ainsi une collection de sentiments intenses concentrés en 40 minutes.

Si l’album est cohérent au fil des titres, on retrouve un contraste assez frappant entre les thématiques abordées et les sentiments qu’elles éveillent. En effet, Fear of Falling Asleep est imbibé d’émotions fragiles et torturées (« When They Come for You »), et de manière générale de toutes celles qui nous frappent tard le soir.

Par contre, Tender ont su les transmettre d’une façon plutôt réconfortante dans la mesure où, en exposant ces démons hors de la pénombre de la nuit, la terreur semble moins imposante et solitaire. Et s’avère, autant que faire se peut, exorcisée La condition humaine et les relations sont compliquées ; savoir que tout le monde est embarqué dans ce tourbillon est plus ou moins rassurant et a de quoi nous faire retrouver le sommeil.

Produit par Gianluca Buccellati, ce nouvel opus contient des petit bijoux tels que « Bottled Up » ou « Slow Love », qui sont de véritables bombes instrumentales. On notera la présence de lignes de basses funky qui viennent donner un peu de groove sur ces dernières ou sur « Closer Still » : ce savant mélange entre musique électronique, R&B et bedroom pop permet à Fear Of Falling Asleep de se singulariser et de lui donner une force non négligeable, preuve s’il en est que le duo londonien ne s’est pas à court s’dinspiration.

***1/2

25 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Vinyl Williams: « Into »

Le deuxième album de cet artiste multi-instrumentiste basé à Los Angeles vient d’un dénommé Lionel Williams qui n’est autre que le petit-fils du compositeur de musiques de films John Williams.

Il n’est pas, lui non plus, à cours d’idées même si il œuvre sur un mode plus excentrique s’appuyant sur d’une pop électronique enrubannée dans des beats déconcertants et des rythmiques fuyantes. En ajoutant des vocaux mixés très bas et par conséquent, à peine audibles, on obtient un résultat très prégnant en matière sonique.

Into est un disque sophistiqué vecteur de climats qui rendent rêveur avec des morceaux comme « World Soul » ou « Zero Wonder » qui dénotent une implication dans la pop française contemporaine (Air) ou Stereolab (la bossa nova « Axyomatic Mind » semble en être un héritière directe).

Le tout est fouillé, idéal pour une soirée paresseuse et les sentiments exprimés y sont si à la mode qu’ils en paraissent même trop clean. On déplorera le manque d’accroches et de pugnacité pour que cet opus de Vinyl Williams parviennent à nous agripper sauf sur « Eter-Wave-Agreement » qui nous fait déceler un potentiel musclé dont aimerait qu’ils soit plus prononcé.

**1/2

25 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Gwenno: « Y Dydd Olaf »

Y Dydd Olaf est le premier album solo de Gwenno, ex-membre des Gallois de The Pipettes un groupe avec qui elle avait connu un certain succès. Ici elle s’attaque à bien autre chose, un disque chanté principalement dans sa langue natale qui a pour ambition de délivrer ce qui fait frémir beaucoup de personnes, un « concept album ».

Ici, l’affaire est beaucoup moins ludique et plus politique puisqu’il s’agit d’une dystopie dans laquelle les robots ont pris le pouvoir. Tous les éléments étaient donc là pour que l’opus soit peu accessible mais aussi puisse souffrir de cette musique ampoulée qui aurait rappelé par exemple Tales From Topographic Oceans de Yes.

Si comparaison il doit y avoir ce devra pourtant être avec Mwng des Super Furry Animal, lui aussi chanté en Gallois. Le disque est subtil, construit de manière extrêmement complexe en termes d’arrangements et le message est véhiculé avec une telle passion, Y Dydd Olaf signifie Le Dernier Jour, qu’on n’a pas besoin de comprendre la langue pour s’en sentir investi et que certains titres comme « Chwyldro » (Révolution) bénéficient d’arrangements si subtils que jamais un slogan politique n’a pu sonner aussi fluide.

Musicalement l’electropop de Gwenno se rapproche des rythmiques de Kraftwerk période Autobahn,  y greffera des synthés amples et omniprésents sans être envahissants et, au total, Y Dydd Ola mêlera exaltation, colère et mélancolie avec une si belle démonstration qu’on ne sera pas loin de se réconcilier avec le concept et la richesse d’interprétation d’un album chanté dans un langage qu’on ne comprend pas mais dont on perçoit, néanmoins, la ferveur insurrectionnelle.

***

24 juillet 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

East India Youth: « Culture of Volume »

« Glitter Recession » était le nom du titre d’ouverture du premier album auto-produit de East India Youth, Total Strife Forever. Aujourd’hui, il semblerait que William Doyle, l’homme derrière ce patronyme, y donnait une description assez exacte du son auquel il aspirait.

Culture of Volume est peut-être un tantinet plus euphorique dans la mesure où il pétille et étincelle mais où l’auditeur y est constamment tenu à distance. Doyle chante sur bien plus de plages que son disque précédent le fait d’une manière qui dénote confiance ce qui pête à l’album une atmopshère cool mais à la fois réservée. Les compositions y sonnent plus chaudes mais leur créateur inspire la sensation de le savoir, et ce peut-être un peu trop.

Si les influences n’ont pas fondamentalement changéé, plus grande importance est portée à une electropop axée sur les synthés. Le « single », « Carousel », tout teinté d’onirisme et d’une accroche très pop qu’il puisse être, est indubitablement un titre new wave et, alors que Total Strife Forever devait beaucoup à des musiciens comme Phillip Glass et Jean-Michel Jarre, ce disque se rapproche des compositions les plus ambitieuse des Pet Shop Boys. Les morceaux phares en seront « Beaming White » qui sonne comme un amalgame de Neil Tennant et The National et un « Manner of Words » et son climat urgent s’étirant sur 10 minutes.

Plus assuré, l’album l’est aussi parce qu’il est mieux dirigé. Culture of Volume est moins erratique et fait preuve de plus de liant que l’opus précédent. C’est donc à la lueur de ce dernier qu’il faudra le considérer ; Total Strife Forever apparaissait-il comme un album difficile à appréhender ou ses fantaisies faisaient-elles partie de son charme ? Son « follow up » est par contre fluide, organique et apaisant ; à chacun de savoir si il y gagne au change.

***1/2

18 avril 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Purity Ring: « Another Eternity »

Megan James et Corin Roddick avaient collaboré sous le nom de Purity Ring pour nous délivrer un impeccable « debut album » en 2012, Shrines. Another Eternity voit le duo synthpop canadien s’orienter vers une direction plus accessible avec les vocaux de James moins passés aux effets de processeurs et pesant de manière plus lourde dans le mixage. Le résultat est de nous donner envie de les reprendre de façon festive en choeur comme si Purity Ring souhaitait attirer l’attention d’une audience plus large voire « mainstream ».

Il n’y a pas matière à en être véritablement surpris puisqu’ils ont fait le remix du Applause de Lady Gaga et que, à la différence de Shrines, les morceaux ici nous offrent des visions soniques plus hautes, imposantes et pleines de vista. Il est inévitable que certains morceaux évoqueront des comparaisons ; « Bodyache » avec Sia, « Flood On The Floor » suggèrera les ambitions grandioses de EDM et les nappes de David Guetta et « Sea Castle » fera penser à La Roux.

Purity Ring ne souhaite pas aliéner ses fans de la première heure mais il est clair qu’ils ont pour but d’élargir leur public. La pop électronique est ici presque immaculée et, tout en rappelant encore les influences house, electro et indie pop, nous avons droit à une collision assez harmonieuse de différents styles qui se fondent l’un en l’autre avec fluidité ne serait-ce que dans le passage d’un climat à un autre à chaque composition.

Ils parviennent ainsi à acquérir un son plutôt original dans la mesure où il porte la signature qu’on leur connaît, celle d’une présence énigmatique et mystérieuse. Les atmosphères y sont toujours aussi nocturnes, étayées par des vagues de synthés océaniques et les textes cryptiques de James ; Another Eternity justifie ainsi son titre dans la mesure où il nous fait naviguer au travers d’un album sans véritable boussole, semblable à une étoile du Nord qui se déroberait chaque fois à nos yeux.

***1/2

4 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire