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Goldfrapp: « Tales of Us »

Le nouvel album de ce duo glam pop marque un changement radical par rapport à leur marque habituelle de disco « stadium rock » vers une direction plus, titre aidant, intime et un son plus cinématographique. Tales of Us est en effet un assemblage assez séduisant de dix titres, composant des études de caractères basées sur le film noir, des livres et des textes de chansons. L’atmosphère y est pesante mais légère en termes de paillettes, le tout amalgamé de manière exquise rappelant à la fois Jacques Brel, Bon Iver et Leonard Cohen. Sur ce sixième disque, Goldfrapp sonnent de façon plus douce et retene, laissant le monde de la pop glamour loin derrière eux.

Le contraste est évident avec leur dernière production, Head First en 2010, qui était ouvertement construit sur le mode commercial de tubes electropop. La comparaison avec Lady Gaga était peu flatteuse, aussi Alison Goldfrapp s’est empressée de déclarer en quoi son dernier opus ne la satisfaisait pas et blâmant pour cela la pression de son label (à l’époque EMI) et une production hâtive car celle concluait le dernier disque de leur contrat.

Ici, Tales of Us est dominé par des guitares acoustiques, des arrangements à cordes dépouillés et des vocaux voilés et haletants. Chaque plage est le portrait poétique d’un personnage fictif et l’ensemble évoque immanquablement une humeur pastorale. Un seul titre, « Thea » fera référence à leur passé electropop alors que le reste des compositions se ra constitué de ballades ombrées comme « Clay » qui relate la romance maudite de deux soldats gays en temps de guerre. « Simone » semblera inspiré par Kate Bush et narrera l’histoire d’une femme trouvant son amant au lit avec sa fille ; tout un univers aux antipodes de leur pop ludique d’avant. Il est assez plaisant d’entendre Alison Gollfrapp sonner de manière aussi expressive et en même temps détendue, ce qui procure un contrepoint appréciable par rapport au mysticisme sombre de sa thématique.

Voici un opus qui est la parfaite bande-son d’une période qui est marquée par ces climats automnaux et gris qui sembleraient ne jamais s’éteindre au point qu’on hésiterait pas à s’y plonger.

★★★½☆

16 octobre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire