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@c: « Espaço, Pausa, Repetição »

L’abstraction en musique, n’est pas une inconnue dans l’oeuvre de Miguel Carvalhais et Pedro Tudela alis @c tant chaque album tire son sens de l’environnement dans lequel il se déplace, virtuellement ou réellement à travers les enceintes, créant des zones mobiles au croisement du conceptuel et de la poésie.

Conçu pour une exposition à la Faculty of Fine Arts de Porto, Espaço, Pausa, Repetição n’est qu’un rendu parmi d’autres, de par sa conception chargée de formules aléatoires et de possibilités infinies, toutes découpés en minuscules tronçons qui ressuscitent eu travers d’un florilège de contact entrelacés.

L’histoire de l’électro-acoustique et de la musique contemporaine se voient réécrites via le travail de @c, trouvant avec Espaço, Pausa, Repetição, une certaine forme de finalité radicale et irrévocable, à l’image des Dadaïstes dans l’Art, dont le point culminant est l’utilisation du mode random pour effacer toute trace passée et ne laisser au présent que le loisir de courir derrière un futur en zigzag.

***1/2

22 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Qasim Naqvi: « Teenages »

Qasim Naqvi est connu comme batteur du groupe Dawn of Midi mais, lorsqu’il n’officie pas dans le groupe, ia réalisé des bandes-sons intrigantes en tous genres mais jamais publiées sous forme de un véritable album. Celui-ci paraît enfin « officiellement » et il se nomme Teenages.

Le ompositeur américano-pakistanais nous entraîne dans des contrées minimalistes où les influences ambient sont mises en avant. C’est à coup de loops hypnotiques et de sonorités électroniques laissés en plan qu’il nous accueille, que ce soit sur l’introduction nommée « Intermission » ou bien même « Palace Workers » et « No Tongue ».

On a l’impression que ces bidouillages tentent de communiquer avec nous, l’auditeur et peut aussi bien impressionner que frustrer que ce soit sur « Mrs 2E » ou sur le véritable titre de gloire de 18 minutes que « Teenages » constitue et qui clôt ce bien curieux premier opus.

**1/2

8 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Overlookers: « Teenage Wet Dreams »

La variété des paysages traversés sur cet opus des Overlookers met fin au clinquant rutilant des tubes hypnotiques que sont « Driving fast » ou encore « Prom Night ». Ce deuxième, avec sa ligne mélodique synthétique bien nostalgique, renvoie aux réussites de Ladytron. La voix est belle et cette future pop attire comme le cuir des sièges. Sa version vocodée, transfigurée en « Porn Night », est également une belle réussite.

Dans ce même registre, on aime « Disillusion », comme du Mesh en moins tonique, en plus atmosphérique. C’est la première plage nocturne de ce disque, au sample gémissant et aux breaks en forme de syncope mentale, d’absence momentanée. Un titre qui évite le tubesque, privilégiant son climat et qu’on associera donc au « Speak to the Devil (remix) » présent sur l’EP. Il est immédiatement suivi du très beau slow « Give Me More » où le numéro de crooner du vide atteint son apogée. Sexy et triste (« I feel so empty »), on associe les rythmiques finales au bruit des glaçons qui s’entrechoqueraient dans un verre de scotch, enfoncés à l’arrière de la voiture, à l’arrêt, alors que s’éteignent une à une les lumières du drive-in. « Speak to the Devil » sous sa nouvelle version étire ses synthés sur des bribes de mélodies horrifiques.

L’esprit est ensuite chamboulé par ces autres titres, plus surprenants. Ainsi, « Moogadillac » qui virevolte sur un boogie dépravé, morceau fantaisiste, guilleret et grotesque, une demi-blague digne des Residents, qui trace sa route, écoute après écoute. On aimera moins l’enlevé « No Delight » dont l’intention pop orchestrée doit être saluée, mais pour lequel la forme pêche un peu tant a voix, bien posée, n’a pas l’intensité rêvée et reste figée dans son cadre.

Deux interludes se glissent dans la boîte à gants : « Inhale » quasi instrumental, mené par une voix de femme qui fait la réclame d’un produit miracle pour une respiration magnifiée ; « Porn Night », bien placé en écho, qui offre un boulevard à ce « Teenage Wet Dreams » qui donne son titre à l’album.

C’est le titre le plus émouvant : numéro de lover froid, voix parfaite, calage sur les émotions, musique en apnée, enrichie de détails qui glissent comme la main sur le levier de vitesse (en deux temps pour un peu plus de cinq minutes) ou une caresse prenante sur les genoux. Un rêve qui passe, l’air de rien.

Les paroles sont dans un esprit délicieusement érotico-estudiantin où des gamins paumés n’attendent que la traque des pucelages (lorsque la Prom Night devient enfin la Porn Night) ou les accidents de la route qui les feront vivre un peu plus fort. À moins que les ruptures violentes ne mettent précocement fin au jeu…

Bien tunné sur ses quatre roues, piloté de main de maître, le Muscle Car The Overlookers dévoile plus de charmes que de force brute et c’est tant mieux tant il a de quoi filer droit.

***1/2

12 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Alexandra Spence: « Waking, She Heard The Fluttering »

Les textures sonores sont au centre du travail d’Alexandra Spence, matières premières qu’elle travaille en collectant les field recordings pour les assembler au sein d’une narration auditive, qui véhicule sont lot de sensations personnelles.

Walking, The Heard The Fluttering est une oeuvre électro-acoustique qui aime venir bousculer nos repères, accumulant les couches ou les enchainant pour construire un voyage intérieur bercé par le souffle de vocaux susurrés, de grésillements latents ou d’ondes martelées dans un espace indéfini, capables de se voir pris dans un tourbillon échappé d’un jardin zen.

Alexandra Spence est à l’écoute d’un au-delà qui se cache derrière chaque instant de notre quotidien, cherchant constamment à devenir invisible. L’artiste reconstruit à la manière d’un ethno-musicien, un monde microscopique, dans lequel notre énergie circule, embrassant les bribes de poussière qui forment un tout en équilibre. Une oeuvre intime à la beauté universelle.

***1/2

8 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Fennesz: « Agora »

C’est au casque et avec un équipement minimum, que Fennesz a enregistré son nouvel album Agora. Ce qui de prime abord semblait être frustrant pour l’artiste, s’est révélé source d’inspiration.

Depuis 5 ans, l’autrichien n’avait plus donné de nouvelles, comme happé par ses propres atmosphères tourbillonnantes. Agora sonne donc comme le retour de celui dont beaucoup attendaient avec impatience une nouvelle salve sonique.

Les titres qui composent l’album résonnent comme une odyssée ambient comme seul lui sait les concevoir, agencés autour de nappes planantes et de rugosité aimantée. Les effets circulent dans l’espace, cherchant à percer les portes d’un Eden caché par un mur de son aérien.

Fennesz signe un album aux rebondissements souterrains, tournoyant autour de loops subtilement désaxées où les cambrures se font abrasives. Un retour majestueux.

***1/2

4 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Apparat : « LP5 »

Sasha Ring alias Apparat, compose depuis ses débuts, un univers qui conjugue intériorité et sensations en retenue, oeuvrant à marier pop et électronique dans un écrin de velours, qui n’est pas sans rappeler les albums solo de Thom Yorke.

Plus connu pour sa participation avec la formation Moderat, née de la collaboration aux cotés de Modeselektor, Sasha Ring reprend son travail en tant qu’Apparat pour raviver les éléments d’une musique qui aime expérimenter et faire voyager, faisant flirter instruments électroniques et organiques sur des tapis de rythmiques à l’ébullition douce mais intense.

LP5 tente de renouer avec les débuts de l’artiste, de par la diversité des sons superposés, qu’ils soient issus de machines ou de véritables instruments, des cordes en passant par les cuivres, guitare ou piano, donnant naissance à des atmosphères qui poussent plus au chill qu’au dancefloor, esquissant des titres à la quiétude reposante ou habités de soubresauts élégants, pointant discrètement du coté de l’IDM (Interlligent Dance Music), le tout survolé par sa voix androgyne.

Sans être son album le plus abouti, Apparat cherche à s’extraire de la machine dancefloor qu’était Moderat, pour revenir à des paysages plus intimes, débarrassés du superflu, plongeant vers des profondeurs gorgées de lumières suaves, bercées par des mélodies caressantes, n’oubliant pas de faire danser nos âmes sur le titre de fin « In Gravitas ».

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

June Chikuma: « Les Archives »

Connue entre autres, pour la composition de la musique du jeu vidéo Bomberman, la japonaise June Chikuma voit son album culte Divertimento, qu’elle avait sorti sous le nom d’Atsushi Chikuma, être réédité sous le titre Les Archives.

Celui-ci se voit agrémenté de trois titres bonus, conférant à l’ensemble un objet indispensable de par son coté inclassable, mélangeant percussions aux origines multiples, touches de cordes samplées et concassées, synthés fondus sous la chaleur de dérangements constants. Vous l’aurez compris, cet album de June Chikuma est une pierre précieuse, un objet de tous les désirs dont la réédition est une bénédiction.

Il y a une profusion d’idées qui aiment se percuter et créer des déraillements créatifs, les instruments groovant sur des pistes recouvertes d’une huile luisante aux vertus jubilatoires. Les expérimentations de June Chikuma sont en permanence en mode sortie de route, jouant avec les entassements jusqu’a devenir une ode au ludique et à l’avant-gardisme qui ne se prend pas au sérieux en mode cartoonesque. Sortis il y a plus de trois décennies, les titres composant Les Archives sont d’une incroyable virtuosité, dont l’originalité se fond avec l’innovation. Vital.

****

25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Matmos: « Plastic Anniversary »

Couple sur scène comme à la ville, Martin Schmidt et Drew Daniel forment Matmos depuis plus de deux décennies, explorant à coups de performances et de concepts les possibilités de transformer tout et n’importe quoi en musique.

Avec Plastic Anniversary, le propos est de faire sonner tout objet composé de la matière énoncée dans le titre, du bouclier anti-émeute de la police en passant par les couvercles de poubelles, les bouteilles, etc.

L’aire de jeu est vaste et Matmos sait en exploiter les possibilités, offrant un concentré de titres plutôt rythmiques qui laissent échapper entre les sons percussifs, quelques litanies étranges et flottantes.

Plastic Anniversary résonne comme le reflet de notre société aujourd’hui débordant de tribalité urbaine, avec son énergie dévorante et ses dérives de sur-consommation, engendrant une accumulation de matières polluantes et d’effacement existentielle, asphyxiant le monde sous des couches de pétrole modifié, pour le plus grand plaisir du duo américain, qui sait y puiser la matière première pour ce nouveau projet à l’engagement politique fort.

***1/2

20 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

William Basinski : « On Time Out Of Time »

Depuis quatre décennies, William Basinski compose une oeuvre hantée par la mélancolie, qui aime flirter avec l’intériorité de l’âme, laissant derrière elle la poussière de sa propre disparition, à l’image de son travail The Disintegration Loops.

Avec On Time Out Of Time, l’artiste tutoie l’immensité de l’espace, conçu à partir du LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory) qui a permis de capter le son de la fusion de deux trous noirs.

Ici, le temps une fois encore, semble fuir et sombrer dans un grand vide interstellaire, où le froid recouvre la chaleur de notre monde. Le noir étalant sa couleur jusque dans les profondeurs de l’infini. Un album intense de par son minimalisme évocateur et sa poésie céleste.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Recent Arts: « Skin »

Le producteur Tobias Freund et la vidéaste Valentina Berthelon forment le duo Recent Arts, qui combinent magistralement images et son, créant un univers futuriste dérivant sur des nappes célestes aux allures de trou noir absorbant.

Skin est l’aboutissement de leurs recherches et de leur travail, axé sur la jonction des corps et les mouvements giratoires des esprits, mariant abstraction flottante et poésie avant-gardiste propulsée par le chant en suspension de Barbie Williams.

La beauté et la force de leur travail résident dans le mariage des Arts et des approches, la musique semblant devenir images et vice-versa.

Les ambiances déployées au fil des titres, installent un tissu de vibrations hypnotiques tissant leur toile d’araignée, piégeant l’auditeur via un minimalisme sombre qui percute nos sens sans prendre de gants.

Recent Arts fait danser les machines sur des mélodies soyeuses, tachées d’encre noire et de sang psychique à la dimension surnaturelle.

***1/2

12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire